Vicky et Mégane arrivèrent en retard au cinéma.

- Désolé Mesdemoiselles, mais le film a déjà commençé depuis plus d'une heure, vous allez devoir attendre la prochaine séance, leur précisa la caissière.

- Et c'est dans combien de temps?

- Demain à 13 heures.

Vicky regarda Mégane et lui dit:

- C'est pas grave, on ira une autre fois.

- On fait quoi alors?

- Il y a pas grand chose d'ouvert le soir, on va simplement attendre que James vienne nous chercher, je pense que c'est plus sûr. Je l'appelle.

- Laisse, je vais le faire. Toi, tu vas refaire ton maquillage, on dirait qu'il a coulé.

Vicky se regarda dans son miroir de poche et approuva. Elle partit en direction des toilettes, en regardant Mégane qui était en train de composer le numéro de son frère.

Au lieu de se remaquiller, Vicky se repassa dans sa tête les propos que tenait sa mère plus tôt dans la soirée: "Si tu veux bien t'entendre avec James, il faut bien t'entendre avec sa famille, surtout sa soeur, qui à mon avis est un peu spéciale, pour moi c'est une rebelle, et ces gens là n'attirent que des ennuis."

Mégane n'était pas comme ça, elle faisait du bien autour d'elle, Vicky en avait la certitude car elle le sentait.

Au moment où elle pensait cela, Mégane déboula dans les toilettes, l'air paniquée. Vicky prit peur...

- Qu'est ce ...

Mégane la coupa en lui faisant signe de se taire, et jeta rapidement un coup d'oeil à l'extérieur:

- Qu'est ce qu'il y a? murmura Vicky.

- Les racketteurs, ils sont dans le hall.

Vicky blêmit, elle s'approcha de la sortie des toilettes et regarda dans l'embrasure de la porte: elle reconnue Joy trempée, qui prenait des boissons fraîches au distributeur pour ses collègues assis plus loin sur des sièges dans le hall. Jeffrey prit sa canette de coca et se la posa sur son entrejambe pour calmer la douleur, mais comme cela ne suffisait pas, il prit celle de Jack, qui râla. Jeffrey poussa un soupir de soulagement.

- Je vais me sécher, vous m'attendez là. Dit Joy.

Vicky prit peur et dit rapidement à Mégane:

- Joy se dirige vers nous!

Où se cacher? Prises de panique, elles se cachèrent dans le même WC et montèrent sur la lunette du WC pour qu'on ne puisse pas voir leurs pieds par dessous la porte. Joy entra avec le même état d'esprit que d'habitude:

- Marre des deux idiots du village, même pas capable de bloquer quelqu'un. A cause d'eux, je dois refaire mon maquillage.

Elle se posta devant le miroir et sorti sa trousse de maquillage, manque de chance pour Vicky et Mégane, elle était devant la porte de leur cachette.

Joy profita de sa fausse solitude pour se parler à elle même:

- Heureusement que la connerie n'est pas contagieuse, sinon je serais déjà infectée depuis longtemps.

Dans leur planque, Vicky avait Mégane serrée tout contre elle et cela la mettait mal à l'aise. Mégane remarqua que Vicky était tendue, et lui glissa doucement :

- Ne t'inquiète pas, la première fois est toujours la plus flippante.

Vicky rougit en comprenant la plaisanterie et lâcha un petit rire tout en souriant à Mégane. Joy n'entendit rien, trop occupée à parler à son double du miroir. Elle commença à dire tout haut se qu'elle pensait de Vicky:

- Si je chope cette gouine, je me fais un sac à main avec sa peau.

Elle conclue en disant:

- En fait, je pense que je la haît autant que mes parents, peut-être plus.

Ce dernier propos n'étonna pas Vicky, qui se disait que de toute façon, elle devait n'aimer personne et que personne ne devait apprécier sa compagnie de toute façon.

- Voilà! Mon maquillage est flambant neuf! Maintenant, où ils ont foutu leur séchoir?

Joy chercha des yeux l'appareil, et le trouva au fond de la salle. Elle se dirigea donc vers ce dernier. Vicky et Mégane virent l'opportunité de partir. Elles attendirent que l'appareil démarre et, le moment venu, Mégane entrouvrit la porte et jeta un coup d'oeil:

- C'est bon la voie est libre, elle nous tourne le dos.

Elle fit signe à Vicky de sortir. Rapidement, elles atteignirent la porte d'entrée des toilettes, et repèrèrent Jack et Jeffrey qui avaient posé leurs canettes et s'amusaient désormais à parier aux dés. Jeffrey lança les dés qui annonçèrent dix:

- AhAh! Onze, j'ai gagné! Jubila Jeffrey.

- Non, tu as un neuf! Rétorqua Jack.

- Apprends à compter et tu pourras me contredire.

Concentrés par leur jeu, ils ne virent pas Vicky et Mégane atteindre la sortie. Mégane s'arrêta et dit à Vicky:

- Attends moi deux secondes.

Elle se dirigea discrétement vers les deux canettes encore intactes des deux joueurs de dés, toujours aussi concentrés, prit celle de Jeffrey, la secoua, la reposa là où elle l'avait trouvée et revint sur ses pas:

- C'est bon, on peut y aller.

Elles sortirent enfin du cinéma. Une fois sur le trottoir elles soufflèrent un bon coup:

- Pourquoi t'as secoué sa canette?

- Pendant qu'il me tenait dans le parc, il m'a peloté...

- Et?

- Disons que là, je l'ai refroidi.

A l'intérieur, Jeffrey et Jack continuaient leur jeu et, cette fois-ci, les dés annonçaient six:

- Sept! encore gagné! hurla Jeffrey.

- Ce n'est pas cinq? T'as une chance pas possible.

- Eh oui, c'est la chance du pro!

Pour fêter sa victoire, Jeffrey prit sa canette, et se retrouva trempé après l'avoir ouverte. Il perdit alors son sourire, se tourna vers Jack et lança, menaçant:

- Si tu dis quoi que ce soit, je te fais manger les dés.

Vicky et Mégane avaient vu la scène, elles se regardèrent et explosèrent de rire. Vicky lâcha, presque nerveusement:

- Tu me fais du bien, Mégane, et c'est cela qui me plaît le plus chez toi.

Mégane souriat et Vicky fit de même. C'est alors que James arriva au volant de son étincelante voiture:

- Alors les filles? La soirée s'est bien passée à ce que je vois.

Elles acquièsierent en coeur, montèrent dans la voiture qui démarra.

Au cinéma, Joy, une fois séchée, sortit des toilettes et s'étonna de trouver Jeffrey trempé de coca:

- Qu'est-ce t'as fait avec ta canette Jeffrey?

- J'en sais rien, je l'avait laissé...

Joy le coupa d'un signe de la main:

- En fait, je m'en fout. Ce n'est pas mon problème, le vrai blème, c'est qu'on a pas gagné assez d'argent aujourd'hui, et donc demain il va falloir faire deux fois plus.

- Comment on va faire? demanda Jack.

- J'y arrive... demain, c'est la rentrée des classes, ok?

- Hein? Dirent les deux garçons.

- Vous connaissez pas.

- Ah! respirèrent les garçons.

- Donc ce qu'on va faire, c'est qu'on va se poster devant le lycée et plumer tous les blaireaux qui entrent et sortent, ce qui devrait nous faire un max de thune.

- Oh yeah! S'exclamèrent les garçons.

A SUIVRE...