Me voici de retour, avec un chapitre ridiculement petit, où il ne se passe pas grand chose...mais je promets que ça va bientôt changer!

Un énorme merci à tous ceux qui m'ont laissé des reviews, à Anadyomède, Maryhe, Kloria, Mangli, Eleonore-dem et Aurélie Malfoy! J'avais un peu peur en postant cette histoire, mais vous avez été super sympa! Love you all

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Ginny fut réveillée par de l'eau froide qu'on lui jetait à la figure, contact désagréable s'il en est. Elle ouvrit péniblement les yeux, pour découvrir un deuxième année penché sur elle, l'air terrorisé dans sa robe de chambre beaucoup trop grande, un verre d'eau vide à la main. Elle émit un grognement :

− Qu'est-ce qui s'est passé ?

Elle se passa la main sur l'arrière du crâne qui la faisait souffrir pour y découvrir une énorme bosse, probablement due à sa chute. Pendant ce temps, le gamin avait rassemblé assez de courage pour répondre à sa question :

− J'ai entendu un hurlement. Je suis descendu et je t'ai trouvée par terre.

− Il n'y avait personne d'autre dans la pièce ?

Il la regarda d'un air ahuri :

− Non, bien sûr que non, il est trois heures du matin !

Ginny, perplexe, mâchouillait ses lèvres. Le garçon plissa les yeux d'un air soupçonneux :

− Toi, qu'est-ce que tu faisais ici à trois heures du matin ?

Un sourire tordu déforma les lèvres de la jeune fille :

− Je n'arrivais simplement pas à dormir. Je ne sais pas ce qui s'est passé. Tu ne diras rien, n'est-ce pas ?

Son ton innocent ne sembla pas l'amadouer : les yeux du gamin se plissèrent encore un peu plus, si c'était possible. Il flairait avec délices quelque chose de louche dans cette histoire. Ginny n'avait aucune envie qu'il aille raconter partout comment il l'avait trouvée. Aussi ne lui laissa-t-elle pas l'occasion de répondre :

− Après tout, je pourrais aussi te demander ce que tu fais debout et habillé à trois heures du matin. Une petite promenade pour prendre l'air, peut-être ?

En effet, un bout d'uniforme dépassait de son peignoir trop grand. Le gamin rougit violemment. Ginny poussa son avantage, et dit d'un ton mielleux :

− Sauf que bien sûr le règlement interdit de se promener dans les couloirs après le couvre-feu. Mais tu sais certainement cela ?

Elle observait le gamin perdre de plus en plus contenance devant elle. Il s'agitait nerveusement sur ses jambes. Elle acheva :

− Donc, silence, et j'en ferai autant. Dans le cas contraire, tu sais que les préfets sont mes amis, n'est-ce pas ? A bon entendeur…

Sans lui laisser le temps de répondre, elle se leva et, plantant le gamin toujours immobile, se dirigea d'un pas légèrement vacillant vers son dortoir. Le chantage n'était peut-être pas une vertu très griffondor, mais il se révélait bien pratique dans certaines situations. Ginny avait bien conscience que sur certains côtés, sa conscience morale présentait de sérieuses lacunes. Ce n'était pas pour rien que le Choixpeau avait un moment hésité à la mettre à Serpentard − tout comme Percy et Fred, d'ailleurs. Un des secrets honteux de la fratrie.

Allongée sur son lit, elle essaya de s'endormir, mais sans succès. Son esprit ne pouvait s'empêcher de revenir sur la voix mystérieuse qu'elle avait entendue. Elle avait décidé de considérer cette voix comme réelle : sinon, elle n'avait plus qu'à supposer qu'elle devenait folle, et cette idée ne l'enthousiasmait pas démesurément. Comme il n'y avait personne dans la pièce, elle devait bien en conclure que cette voix lui parlait à l'intérieur de sa tête. Mais ce qui la troublait le plus, c'était qu'effectivement, elle avait l'impression de connaître cette voix. Plus elle cherchait à mettre un nom dessus, plus ce nom s'échappait. C'était comme si elle se heurtait à quelque chose, une sorte de porte close derrière laquelle se trouverait la réponse ; et plus elle y pensait, plus son mal de tête revenait et gagnait en puissance. Ce ne fut qu'à l'aube que le nom jaillit de sa mémoire, comme une évidence, mais qui n'avait rien pour la rassurer : il semblait que Lord Voldemort essayait d'entrer dans sa tête.

Quand Ginny se réveilla quelques heures plus tard secouée par l'une de ses camarades, elle était de très mauvaise humeur. La perspective d'être en retard n'arrangea rien à la chose. Elle s'habilla en vitesse, prit à peine le temps de se peigner et descendit quatre à quatre les escaliers de son dortoir. Dans la salle commune l'attendait Michael Corner, son petit ami. Dès qu'il la vit, il l'apostropha :

− Allez Ginny, dépêche-toi, on va être en retard pour le cours de McGonagall !

Puis, lorsqu'elle fut arrivée à sa hauteur :

− Tu devrais voir ta tête, on dirait que t'as été piétinée par un hippogriffe ! T'es sûre que ça va ?

Ce n'était vraiment pas la chose à dire, et elle le lui fit savoir avec un sourire venimeux :

− C'est gentil de t'inquiéter, Michael, mais je te rassure, ce n'est que passager. Pas comme pour toi malheureusement. Salut !

Ce n'était peut-être ni très subtil, ni très élaboré, mais c'était la première chose qui lui était passé par la tête. En tout cas c'était assez méchant, puisqu'elle savait très bien que Michael était complexé par son physique − sans réelle raison d'ailleurs, à part un nez légèrement crochu. Ginny, sans lui accorder un regard, le dépassa d'un air hautain et sortit de la salle.Quelques heures plus tard, à déjeuner, son humeur s'était déjà sensiblement arrangée. C'est pourquoi elle accueillit avec un sourire presque chaleureux Hermione, même si celle-ci traînait derrière elle Ron. La jeune fille s'assit juste à côté d'elle et, tout en commençant à se servir, entama la conversation:

− Comment était ta matinée ?

− Ca peut aller. J'avais Transfiguration et Botanique. Harry n'est pas avec vous ?

Elle se mordit aussitôt la langue. Pourquoi fallait-il toujours qu'elle s'inquiète de ce que Harry faisait, du lieu où il se trouvait, des gens qu'il fréquentait ? Ca devenait une obsession (enfin, c'en était une depuis longtemps…)

− Il ne devrait pas tarder. Je crois qu'il est allé poster une lettre.

Puis, entre deux bouchées, Hermione demanda d'un air anodin :

− Il paraitrait que tu es de mauvaise humeur aujourd'hui…

− Médisances infâmes, répondit Ginny d'un air dédaigneux en piquant une olive.

− Alors Michael a du commettre un crime terrible pour se retrouver dans cet état après t'avoir croisée… Il n'arrête pas de jeter des regards pitoyables vers notre table.

− Sa peine n'est pas encore finie. Il peut moisir encore un peu.

− Ne le laisse pas moisir trop longtemps, sinon il ne restera plus grand-chose de lui quand tu y reviendras… Tu pourrais aussi envisager la clémence ?

− Hermione, tu es une incurable romantique. Ta faiblesse te perdra, dit Ginny qui ne put pourtant empêcher ses lèvres de se retrousser un peu sur les côtés.

Elle prit un air inspiré et déclara :

− Dans un souci de justice, je vais peut-être lui accorder une audience supplémentaire. On verra si cela me pousse à revoir mon verdict.

Puis, avec un sourire, elle se leva de table et alla taper sur l'épaule de son petit ami, qu'elle entraîna hors de la salle.Avant même le cours de potion, ils étaient réconciliés, ce qui se manifestait, entre autres, par moult baisers langoureux. Cependant, le soudain silence des élèves autour d'eux et une certaine tension dans l'atmosphère leur firent relever la tête. Le professeur Rogue les toisait, une lueur inquiétante dans le regard. Ginny se sentit se recroqueviller sur elle-même d'instinct, et attendit la remarque cinglante qui ne pouvait tarder :

− Mr Corner, je vous prierai de cesser de…baver sur votre camarade. Mlle Weasley, si vous recherchez ce genre d'attention, je ne peux que vous conseiller de vous procurer d'urgence un crapaud ou une limace.

Rogue leva un sourcil condescendant en examinant Michael, qui avait laissé sa bouche ouverte sous le coup de la terreur :

− Quoique votre confusion reste compréhensible.

Il eut un rictus, et Ginny baissa la tête en attente de la fin de sa tirade :

− Si vous voulez bien laisser de côté vos hormones pré pubères en effervescence pour un moment, peut-être pourrions-nous commencer le cours. Vous serez bien sûr libres de tenter d'améliorer votre pitoyable performance dès que vous aurez franchi le seuil de cette classe.

Avec un mouvement de cape, il entra dans le laboratoire, suivi des élèves silencieux. Ginny recommença à respirer normalement, et jeta un regard à son petit ami qui était toujours figé sur place, hébété. Elle lui donna un coup de coude pour le sortir de sa torpeur et ils allèrent s'asseoir au fond de la classe. Rogue était installé de façon nonchalante à son bureau et avait déjà fait apparaître les instructions au tableau. Il déclara d'un ton las :

− Ceux d'entre vous qui savent lire peuvent se rendre compte que nous allons aujourd'hui préparer la potion Munimentio. Je vous ferai la grâce de ne pas vous demander à quoi elle sert.

Il marqua une pause, puis, avec un soupir, il enchaîna, comme s'il récitait une leçon ennuyeuse :

− La Munimentio n'est pas, comme la plupart des potions, destinée à être avalée. Elle doit être étalée sur la peau, qu'elle permet dans une certaine mesure de protéger. En effet, elle constitue un film transparent qui rend insensible aux brûlures et aux grands froids, ainsi qu'aux acides de certains ingrédients utilisés notamment en potions. Elle est mentionnée dès l'Antiquité dans le mythe de Jason, comme vous l'ignorez certainement : Médée, pour sauver le héros qui devait dompter un taureau fait d'airain brûlant, l'enduisit de cette potion. La Munimentio a par la suite été largement utilisée lors des différentes chasses aux sorcières au Moyen-âge pour se protéger contre les flammes des bûchers. Les rares d'entre vous qui réussiront cette potion pourront l'utiliser lors des prochains cours pour s'éviter quelques blessures. Allez chercher vos ingrédients.

Tous les élèves obéirent avec une promptitude qui arracha une ombre de sourire au professeur. Lorsque Ginny arriva devant l'étagère, il manquait la moitié des ingrédients. Rogue lui fit signe d'aller chercher ce qu'il lui fallait dans l'autre classe.

Dans l'autre classe, les ingrédients étaient rangés dans une sorte d'armoire. Ce qui servait de porte était en fait une glace de Vision, qui était censée montrer au-delà des apparences. Ginny commença à se servir, le plus lentement possible pour ne pas avoir à revenir tout de suite dans le cours de Rogue. Mais soudain l'impression d'une présence étrangère, comme la nuit dernière, se fit sentir. De nouveau elle ressentit un malaise, et elle crut deviner comme un effleurement de sa conscience. Sous le coup de la panique, sa respiration s'accéléra, et sa vue sembla s'obscurcir. Dans le miroir, elle aperçut une forme sombre par-dessus son épaule. Violemment, elle poussa la glace qui en se refermant sur l'armoire, se brisa. Une main la saisit brusquement pas l'épaule et la retourna.

− Vous allez bien, Mlle Weasley ?

C'était Rogue. Il la regardait en fronçant les sourcils, l'air pas vraiment inquiet, mais plutôt intrigué et suspicieux. Ginny répondit précipitamment :

− Oui, bien sûr, professeur, excusez-moi pour le retard et pour le miroir, je suis désolée.

Rogue semblait loin d'être convaincu, son trouble était trop visible. Elle était livide. Il s'écarta néanmoins pour la laisser passer, et la suivit dans la classe.

Ginny alla s'asseoir à côté de Michael et le laissa commencer à préparer les ingrédients. Elle ne se sentait pas capable de manipuler un scalpel sans se couper. Pendant ce temps, Rogue avait repris la parole :

− La préparation de la Munimentio met en contact des éléments qui réagissent violemment entre eux, c'est pourquoi elle peut se révéler assez dangereuse.

Il s'arrêta quelques secondes. Lorsqu'il reprit, ses yeux ne quittaient pas ceux de Ginny :

− Si quoi que ce soit d'étrange arrive, dites-le-moi.

Puis, en se détournant :

− L'absence de quelques spécimens dans cette classe à la stupidité abyssale me remplirait évidemment de joie, mais l'administration pourrait trouver à y redire.

Ginny se tortilla sur sa chaise, mal à l'aise. Elle n'était pas sûre qu'avoir attiré l'attention d'un ex-Mangemort aux sympathies plus qu'incertaines ait été une bonne chose.

A la fin du cours, elle se jeta hors de la classe pour chercher à la bibliothèque un livre sur la possession et la télépathie. Toute à son trouble, elle ne remarqua pas son professeur de Potions la suivre des yeux, l'air pensif.