Hello !
Voici le deuxième chapitre, bonne lecture :)
Il y a quelque chose de formidable lorsque l'on est en guerre : le taux de suicide est nul. Incroyable, non ? Les gens sont trop occupés à sauver leur vie ou celle des autres, qu'ils ne pensent même plus à la simplicité : se supprimer. C'est assez ironique. Le plus ironique, c'est qu'en général, c'est après la guerre qu'il y a le plus fort taux de suicide. Ces gens qui s'étaient tellement battus pour sauver leur peau, au dépend même parfois de celle des autres, ne supportent plus de vivre après autant d'horreur. C'est même bête, non ? Toujours est-il, que tant qu'on a pas vécu de guerre, on ne sait pas comment c'est. Chaque guerre est unique, aucune n'est semblable. La guerre, je trouve ça fascinant, pas vous ? Cette volonté de se détruire, cette fidélité pour son camp, cette loyauté même, et tous ces lâches aussi, qu'elle est belle la nature humaine. Mais oublions ça un petit moment.
Souvenez-vous de ce dont je vous ai parlé précédemment, par rapport au début. Eh bien, je ne sais pas très précisément quand mon histoire a commencé, mais puisqu'il faut bien commencer par quelque chose, je me lance. C'était la rentrée à Poudlard, ma sixième année. Rogue avait été nommé directeur suite à la mort de Dumbledore, mais aucun mangemorts n'avaient réussi à s'infiltrer dans l'école, ce qui était une bonne nouvelle : Poudlard était toujours un endroit sûr. Harry avait voulu partir pour une raison qui m'était inconnue, et bien sûr, Ron et Hermione avaient voulu partir avec lui. Ils avaient finalement trouvé un accord : étant majeur, ils étaient retournés à l'école avec moi, et s'absenteraient à chaque fois qu'ils en auraient besoin. C'était rassurant de savoir qu'ils seraient quand même toujours là, et pas loin dans un endroit inconnu. Et j'aimais aussi cette idée, puisque cela voulait dire également qu'Harry aurait souvent besoin de réconfort lorsqu'il rentrerait de ses missions, et qu'il ne me repousserait pas.
Même après plus de six ans, j'étais toujours aussi irrémédiablement amoureuse de lui. Et malgré les nombreuses fois où il m'avait repoussé, je m'accrochais toujours autant à lui. En fait, ce n'est pas tout à fait là que mon histoire a commencé. Avançons de quelques mois, je crois que c'était en novembre. Je ne savais toujours pas pourquoi le trio partait, mais j'étais leur complice : je les aidais à sortir de l'école, et quand ils revenaient, parfois des semaines après, je les aidais à regagner l'enceinte de l'école. Je leur fournissais aussi des alibis, une grande tante souffrante, ou un petit stage à l'étranger. On ne le savait pas encore, mais Rogue était de notre côté. Il acceptait ce petit manège sans broncher. Je crois même qu'il nous couvrait, assurant au Lord qu'on ne sortait pas de l'école. Toujours est-il qu'un soir, alors qu'ils allaient fuguer une nouvelle fois et que je les aidais, on a été surpris. Et pas par n'importe qui : Malfoy. Aussitôt il avait sorti sa baguette, et alors que je sortais la mienne, j'avais crié :
- Allez-y, je m'occupe de lui !
Ils s'étaient exécutés, et pendant près d'une demi-heure, j'avais livré un combat acharné contre le Serpentard. À bout de souffle, nous avions cessé notre combat, devenu vain et inutile : aucun de nous n'avait l'avantage sur l'autre. J'étais assise contre le mur, et il était à côté de moi. Aussi étonnant que cela puisse paraître, on était là, assis côte à côte, comme de vieux amis alors qu'on venait de se livrer en duel. Et puis, il s'est relevé, et m'a tendu la main. C'est là que tout a commencé.
