Note: Un énorme merci à tous ce qui m'on lu, aux revieuweurs, aux gens qui m'ont conseillés.


Chapitre 2: Lina Lupin


L'astre lunaire presque plein, brillant de mille éclats, éclairait de sa lumière la chambre où Lina avait été conduite pour la nuit.

Etalée sur la largeur du lit, elle lança un regard circulaire à la pièce où elle se trouvait. Une simple chambre, avec un lit, un bureau et une commode.

Sa seule particularité en était la couleur. D'un pourpre, voir rose foncé, qu'elle détestait, beaucoup trop fillette à son goût. Elle espérait ne pas y rester trop longtemps.

Le lendemain matin, à l'heure du petit déjeuner, Dumbledore annoncerait leur arrivée, en épargnant les détails et elle devrait alors faire la répartition. Elle doutait. La jeune fille allait passer sous le Choipeau pour la première fois. Elle connaissait bien Poudlard, ses amis lui en avaient beaucoup parlé, mais jamais elle n'y avait étudié.

Elle connaissait Harry depuis sa tendre enfance, mais elle ne l'avait vu pour la première fois qu'il y a sept ans, lorsque sa mère et elle avait rendu visite à Sirius Black, son bien aimé parrain et le père d'Orion Black, le presque frère d'Harry. Elle avait grandi au rythme de leurs lettres et des retours éclairs de son père, qui alternait la vie entre l'Angleterre et les Etats-Unis, où elle habitait loin du chaos que faisait régner Voldemort.

Elle se rappellerait toujours, de la première fois qu'elle avait vu ce garçon aux yeux si verts et l'autre, aux yeux bleu océan. C'était la première fois que leurs parents se retrouvaient tous ensemble depuis quinze ans...

Elle se chassa ces idées de la tête. Elle ne voulait pas repenser à son passé bien douloureux, ni à Sirius ou à sa mère.

La répartition lui revint en mémoire. Bien sûr, Harry et Hermione seraient renvoyés à Gryffondor, mais elle... Si le Choipeau en décidait autrement ?

Soudain, Lina eut une incroyable envie d'être rassurée. Harry et Hermione avaient été placés dans des chambres annexes, mais ce n'est pas avec eux qu'elle aurait voulu partager ses doutes et ses peines.

L'adolescente voulait parler à Orion, malgré le fait que cela soit impossible. Harry, Orion et Lina formait un trio qui ressemblait bien à un célèbre autre, mais elle se confiait toujours mieux au jeune Black.

Une larme coula sur la fine joue, toute la pression des dernières heures remontait dans sa gorge et Lina sanglota douloureusement.

Soudain, tout lui revint à l'esprit et en fixant un point invisible sur le plafond magique du lit, elle se souvenait.

Flash Back

Nous étions tous là. Notre sang se glaçait déjà dans nos veines, la baguette en main et le corps tendu à l'extrême, nous avancions la tête haute vers l'ennemi. Cette nuit là, se jouait l'avenir de milliers de sorciers, de Moldus et de créatures. Chacun avait choisi son camp.

Le Bien contre le Mal.

Harry Potter contre Voldemort.

Cette nuit là, tous nos voeux et espoirs allaient partir en fumée ou s'exaucer. C'était LA nuit où tout allait finir. Je tournai la tête à droite. Hermione, Minerva McGonagall et quelques Aurors. Je tournai la tête à gauche. Orion, Harry, mon père, les professeurs.

Derrière moi, j'entendais les pas lourds des créatures qui nous avaient rejoint. Les Centaures, à mon plus grand étonnement, des Elfes, des Fées et même quelques animaux de la Forêt Interdite. Nous marchions en ligne droite, fixant l'horizon.

Dans quelques minutes, la bataille la plus importante de la communauté sorcière allait commencer.

Nous nous arrêtâmes. Je regardai Harry poser la main sur sa fine cicatrice, puis il cria :

- Ils arrivent !

Ces deux mots firent tomber un silence encore plus profond qu'auparavant et après des secondes interminables, l'armée de Voldemort se trouvait à quelques mètres de nous. Ma première réaction fut d'avoir peur. Immensément peur. J'eus envie de m'enfuir en courant, de me réveiller, de me dire que ce n'était qu'un mauvais rêve.

Je regardai mon père, qui lui avait toujours la tête haute, puis Orion, une lueur de vengeance et de rage dans les yeux. Il vengerait son père.

Et je sus.

Je me battrai à en mourir.

Devant moi, s'étalaient sur la longueur du parc, des centaines de créatures. Voldemort trônait au centre, entouré de Mangemorts, de loups-garous dont Greyback, de géants, de vampires.

La pluie commençait à tomber, des éclairs zébraient le ciel et l'orage éclatait, mais rien ne pouvait me détacher de ce spectacle. J'attendais le coup d'envoi, le moment où j'allais m'élancer vers l'ennemi, j'attendais ce que je guettais depuis plusieurs semaines, la fin de notre attente.

Et puis un éclair vert traversa la plaine du parc et vint frapper un Auror de plein fouet.

La bataille venait de commencer.

Je ne me souviens pas en détail des cinq minutes qui suivirent, mais lorsque mon cerveau se reconnecta, je me battais en duel avec un Mangemort.

Autour de moi, des sorts arrivaient de partout, des verts, des rouges, des bleus, des mortels et surtout des Impardonnables. Je lançai un Avadakevadra, sans effort, comme si ce geste était banal et l'adversaire s'écroula dans la boue. Je me retournai, évitai un rayon rouge et me mis à courir.

Je cherchai des personnes familières, mais autour de moi, il n'y avait que des cadavres. La brume qui s'était installé avec la pluie m'empêchait de voir correctement. Malgré les gouttes froide, mon corps brûlait à l'intérieur et le goût âcre du sang qui coulait à la commissure de mes lèvres me donnait envie de vomir.

Je me dirigeai vers l'entrée de Poudlard. Sur mon passage, mes larmes commencèrent à couler, l'adrénaline me coupait le souffle.

Sur le sol, je remarquai Luna, la directrice McGonagall et des dizaines de corps sans vie. Je priai pour que mon père n'en fasse pas partie. Il me semblait être à la moitié du parc lorsque je les aperçu, Harry d'abord en combat avec Voldemort, puis Orion aux prises avec un Mangemort, et pour finir Hermione, jonchant le sol, inanimée.

Harry fut désarmé et le Seigneur des Ténèbres lui lança un sort qui m'était inconnu. La suite se passa comme au ralenti.

Je lançai un éclair rouge sur Voldemort, Orion prit en pleine poitrine le sort destiné à Harry, il s'écroula et sans m'en rendre compte, j'hurlai déjà son prénom. Arrivée à ses côtés, je pris sa main et mes larmes creusaient des cillions interminables sur mes joues. Harry était reparti dans la bataille non loin et je restai là, au côté de mon meilleur ami.

- Ma Lina, me dit-il, écoute-moi, cette guerre nous allons la perdre, il faut te mettre à l'abri...

- Non, non, pleurai-je, je ne partirai pas sans toi !

- Je meurs Lina, toi, tu dois poursuivre ta destinée. Prends, dit-il en me tendant une potion de couleur sable, boit et pense fort à Harry. Cette potion t'emmènera à l'endroit où tu dois te trouver. Tu me fais confiance, hein, Lina ?

Il répétait sans cesse mon prénom.

- Je te fais confiance.

Il cracha du sang et ses doigts se desserrèrent des miens. Je gémis.

- Orion, reste avec moi, s'il te plait !

-Adieu, 'na, chuchota-t-il dans un spasme douloureux, avant de s'éteindre, tel une bougie d'anniversaire que l'on aurait soufflée.

La pluie s'était mise à tomber de plus belle. Je toisai le monde autour de moi et tout en lâchant la main de mon ami, j'ouvris la potion. J'avalai le contenu et pensai fort à Harry. J'eus le temps de sentir le flacon d'échapper des mains avant de sombrer dans un noir complet. Une sensation de froid, puis plus rien.

Fin Flash Back

Après ça, elle se retrouvait avec son second meilleur ami au temps des Maraudeurs.

Lina sur son grand lit à baldaquins, pleura encore longtemps avant de sentir deux bras puissants s'enrouler autour de sa taille. Elle leva la tête et reconnu les yeux caractéristiques d'Harry. Il lui murmura encore quelques paroles réconfortantes à l'oreille et elle se calma enfin.

- Ça va aller ? Lui demanda le jeune homme, perplexe.

- Ne t'inquiète pas Harry, c'est juste que je viens de me rendre compte, que Orion ne reviendra pas.

- Je... Il a pris le sort qui m'était destiné.

- Tu n'es pas responsable.

- Tu devrais me détester.

- Jamais !

Un silence gênant pris place dans la petite pièce.

Lina tourna son regard vers la fenêtre où brillait encore fièrement la lune.

Elle murmura, plus pour elle que pour Harry :

- Dans trois jours, ce sera la pleine lune.

- Ah...

Le Survivant sembla chercher ses mots :

- Tu sais... je ne sais pas comment nous sommes arrivés ici, mais ce que je pense, c'est que c'est une grande occasion et que j'en profiterai au maximum...

Les deux adolescents se regardèrent dans les yeux, cherchant à entrevoir l'âme de l'autre. C'est à ce moment privilégié qu'un oreiller atterrit malencontreusement sur la tête de Lina. Elle ne comprit pas tout de suite, puis elle se tourna vivement et découvrit Hermione accoudé à son armoire. Une brusque lueur de défi passa dans ses yeux et elle s'empara du dit oreiller pour frapper à son tour la Gryffondor.

Débutait dans la chambre pourpre une magnifique bataille de polochons et ce n'est que tard dans la nuit que nos trois commères s'endormirent dans leurs chambres respectives, sous l'oeil attentif de la lune.


De l'autre côté de l'école, quatre garçons tenaient un conseil assez étrange. Assis sur leurs lits, tout en mangeant des confiseries en tous genres, ils discutaient de ce qui s'était passé le matin même.

- Mais enfin Cornedrue, tu as bien vu ses yeux verts, moi je suis sûr que la tigresse est sa mère, trancha Sirius du chocolat plein la bouche.

Le dénommé Cornedrue extermina son meilleur ami du regard.

- Lily n'est pas une tigresse, tonna-t-il, au fait Remus, elle a l'air bien sauvage ta fifille, continua James, un sourire moqueur aux lèvres.

Remus, qui lisait un bouquin, Sorts et Sortilèges de 7èmes années, répondit par un grognement très distingué qu'il voulait sans doute dire, "James, mêle-toi de tes Strangulots".

En changeant de sujet, les Maraudeurs discutèrent de ce que les voyageurs temporels avaient dit, de leurs prochaines blagues et de la répartition du lendemain.

- C'est un Potter, obligé qu'il soit avec nous à Gryffondor, avait déclaré James, avec confiance, fait que Peter approuva d'un virulent coup de tête.

Étrangement, ils avait vite admis qu'Harry pouvait être le fils d'un d'entre eux.

Après cette longue discussion, ils éteignirent les lumières et se couchèrent. Le silence régnait dans le dortoir des septièmes depuis trois minutes lorsque la voix de Sirius résonna :

- Dites, elle est mignonne Hermione, non ?


Encore dans un autre endroit du château, marchait de long en large un très vieil homme, à la longue barbe blanche et aux yeux pétillants de malice.

Dumbledore réfléchissait. Qu'arrivait-il dans le futur pour que ces jeunes gens aient besoin de fuir dans le temps ? Il y avaitun rapport avec cette mystérieuse prophétie ?

Harry possédait une puissance, et la jeune Lupin une aura particulière.

Albus passa une main dans sa barbe et se promit de garder un oeil sur ces trois étrangers.

Demain, après la répartition, il en saurait déjà plus.

C'est sur cette pensée que le dernier occupant de Poudlard réveillé, sans compter Rusard le concierge et sa chatte Miss Teigne, se leva de derrière son fauteuil, chipant au passage un bonbon au citron, avant de quitter son bureau.