Disclaimer : Au sein de cette histoire, je manipule les personnages et l'univers de Twilight qui appartiennent à qui de droit.

Rated : On effleure quelques thèmes lourds, mais ça va aller )

Note : Vous pouvez venir me retrouver sur la page FB « Les petits textes et autres défis de Diri » !


Chapitre 1 :

Elle leva les yeux et s'observa dans un miroir. Sa peau était grasse et terne, comme si elle avait été particulièrement malade ces derniers jours. Ses cheveux n'étaient pas beaucoup mieux, mais ils allaient parfaitement avec ses paupières rougies et gonflés. Si elle descendait prendre le petit déjeuner avec cette tête-là, Charlie s'inquiéterait. Il aurait raison d'ailleurs, mais elle ne comptait pas lui en laisser l'occasion. Elle nettoya sa peau jusqu'à la faire rougir pour mettre quelques couleurs sur ses pommettes, puis elle passa de l'eau froide sur ses paupières. Sa brosse glissa entre ses cheveux, s'accrochant aux nœuds qu'elle brisa sans remord.

Elle était épuisée. Elle n'avait qu'une envie, c'était de retourner s'asseoir et d'observer le ciel face à elle. Entendre au loin de le cri des enfants, le bruit des voitures qui passaient par là et voir les feuilles se détachaient des arbres avec lenteur. Elle voulait cela et pourtant, elle se préparait à descendre, à sourire, à faire semblant tout cela pour que Charlie ne voit pas à quel point sa vie s'était effondrée.

Il y a encore quelques mois, elle s'apprêtait à devenir une vampire végétarienne qui n'aurait jamais le moindre problème d'argent. Elle vivrait dans une famille heureuse et joyeuse. Jasper ne souffrirait plus de son état d'humaine et de l'odeur de son sang, alors la crispation de son visage disparaitrait et il pourrait se laisser aller dans le bonheur ambiant. Emmet ferait des blagues idiotes qui les feraient rire malgré eux, sous le regard assassin de sa chère et tendre. Rosalie lui avait tant dit que ce qu'elle n'aimait pas, c'est qu'elle soit humaine. Elles trouveraient un terrain d'entente. Elle apprendrait à danser avec Alice et peut-être même à aimer le shopping. Esmée et elle passerait des heures à discuter de la rénovation d'endroits merveilleux et tout ce qui peut devenir beau dans ce monde. Peut-être que dans quelques années, elle s'amuserait à discuter photographie ou philosophie avec Carlisle. Tous ensemble ils feraient le tour du monde. Elle découvrirait les fonds sous-marins inconnus de tous. Elle visiterait les plus vieux vestiges encore debout et s'émerveillerait de tout. Et puis, il y aurait Edward. Elle pourrait passer la main dans ses cheveux, embrassait ses joues, ses lèvres, l'embrasser de partout, l'entendre dire « je t'aime ». Elle pourrait …

Elle se regarda dans le miroir et vit les larmes qui s'étalaient sur ses joues. Elle les rinça rapidement, pour éviter qu'elles ne marquent sa peau et s'efforça de penser qu'il allait falloir trouver d'autres plans pour l'avenir, d'autres personnes à aimer et les oublier, eux, tout comme elle devait l'oublier, lui.

Elle se répéta, comme un mantra, qu'elle allait devenir bibliothécaire, professeur ou peut-être journaliste pour un quelconque magazine. Elle gagnerait assez d'argent pour s'offrir un chez-elle et s'éloigner de toute humanité de temps à autre, pour un week-end. Elle vivrait. Sans bonheur et sans joie, mais peut-être également sans peine. La seule question qui lui restait coincée dans la gorge, la seule question à laquelle elle aurait pouvoir répondre « oui », c'était …

- Est-ce que ça en vaut la peine ?

La réponse qui lui vient fut celle qui lui venait chaque matin, quand elle s'observait dans la glace … Pour Charlie et pour sa mère. Au moins quelques années. Au moins quelques mois … Au moins quelques semaines, quelques jours ou peut-être même juste quelques heures. Oui, juste une heure de plus. Ce n'était pas grand-chose une heure de plus, ne pouvait-elle pas le leur accorder ? Si. Elle pouvait. Une heure après l'autre, elle le faisait, depuis des mois.

Elle se retourna et failli hurler en le voyant. Un vampire se tenait là, dans l'embrasure de la porte de sa chambre et il la regardait de ses yeux de tueur. Des yeux de sang. Elle plaqua sa main contre ses lèvres et sa première pensée fut que tout compte fait, une heure de plus allait peut-être être impossible. Elle entendit Charlie s'affairait en bas et se demanda comment parvenir à faire en sorte que le vampire l'épargne.

Alistair, car ce vampire inconnu à l'air profondément antipathique, c'était Alistair, observa les réactions de l'humaine. Il était prêt à intervenir et à la kidnapper sur le champ si elle faisait mine de crier. Sinon, il s'en tiendrait au plan de Carlisle. Tout son instinct lui criait de la vider de son sang … Troisième maison, une fenêtre entrouverte, suivre le battement cardiaque le plus proche, … Tout y était, tout le scénario de ses meurtres et pourtant il restait immobile à attendre de voir si elle allait hurler ou pas. Elle n'hurla pas. A la place, elle parla d'une voix douce et mesurée :

- Qui êtes-vous ?

Il haussa des épaules pour lui signifier à quel point ce détail était sans le moindre intérêt. Il était … il était le bouffon de l'histoire, la baby-sitter très investie dans sa mission et qui aurait rêvé de perdre sa protégé dans les bois pour que les longues dents la dévorent. Mieux valait peut-être ne pas se présenter.

- Aujourd'hui, dans ton école, il y aura une annonce de faites. Le stage d'échange avec l'autre école qui est proposé depuis longtemps, un donateur permet à tout le monde de le faire. Tous ceux qui le veulent s'inscriront. Tu diras à ton père que tu as besoin de t'éloigner d'ici et que ça pourrait te faire du bien. Tu t'inscriras pour le premier départ et tu partiras avec moi.

- En échange vous ne ferez rien à ma famille ?

Il l'observa un instant, puis posa son regard sur l'escalier d'où s'élevait la voix de l'homme, il fredonnait un air connu. Alistair acquiesça simplement avant d'ajouter :

- Prépares des affaires chaudes, quelques rechanges, une bonne paire de chaussure, ce que tu as besoin pour ton hygiène.

- Alors, vous n'allez pas me tuer…

L'espace d'un instant, elle parut déçue, puis elle se reprit et demanda d'une voix morne :

- Est-ce que je pourrais téléphoner à ma famille ?

- Oui.

Alistair s'étonna de sa docilité apparente, de son flegme, du peu d'inquiétude qu'elle dégageait, … Cette fille était prête pour la mort, tout simplement et peut-être faisait-il une erreur en ne la lui accordant pas. Il s'éloigna et murmura assez fort pour qu'elle l'entende :

- Ne préviens personne. Sinon, je t'emmènerai de force. Ça me va aussi.

Puis, grâce à sa vitesse, il disparut simplement. Il s'éloigna rapidement de l'endroit et de la puanteur des loups qui y vivaient. Il quitta la ville et même la région. Ce n'était pas ici qu'il ramasserait la demoiselle en détresse. Il allait lui laisser prendre le bus avec tous les autres, puis l'avion. Il serait d'ailleurs dans l'appareil, non loin d'elle, puis en descendant, l'accompagnateur laisserait les élèves partir dans les différentes familles. Il serait un père de famille, heureux d'accueillir une jeune correspondante.

Il avait ri, devant le plan farfelu de Carlisle. Le vampire comptait qu'avec son argent, car c'était lui le généreux donateur, énormément de personnes ne partent. Le voyage avait lieu demain. Le professeur serait débordé. Le temps qu'il comprenne, l'humaine serait loin. La petite voyante avait assuré que l'accompagnateur serait peu sérieux et ne ferait pas de suivi avant la fin du séjour. Ils avaient trois mois pour disparaitre. Trois mois durant lesquels les Cullen traqueraient, puis il faudrait prendre une décision, car l'humaine ne pouvait rester seule et sans protection. D'ailleurs, elle ne pouvait pas non plus rester humaine.

Alistair finit par arriver à la voiture qu'il avait loué et qui lui servait de QG le temps de régler quelques détails. Il avait fait des courses. Lui qui détestait la compagnie avait dû supporter les magasins et leurs foules. Ce n'était pas les soldes, ni un jour où les boutiques étaient particulièrement fréquentées, mais il avait si peu l'habitude. Un enfant avait fait un caprice près de ses oreilles et des envies de violence avait fait rage en lui. Non pas envers l'enfant, mais envers cette femme qui levait la main sur lui, pour lui montrer à quel point elle était en colère. Ce n'était rien, rien qu'une fessée. Rien qu'une mère se défoulant sur un plus faible. Il haïssait l'humanité mais à chaque fois qu'il s'y frottait, il se rappelait pourquoi. Les animaux avaient plus de respect les uns envers les autres que les êtres humains et les vampires. Sales espèces.

Il avait néanmoins trouvé ce qu'il désirait. Il avait posté le tout par colis, afin de les récupérer à destination, puis, enfin, il avait pu hiberner quelques heures comme un vieil ours, grincheux et mal réveillé qui ne comprenait pas pourquoi son monde se trouvait soudain prit dans un tel mouvement.

En arrivant au lycée, Bella Swan se posait exactement la même question. Pourquoi son monde bougeait-il à ce rythme ? Elle n'avait pas encore fait le deuil de ses rêves, elle commençait à peine à en reconstruire d'autres, en tentant de se les imposer jusqu'au dégoût et voilà qu'un illustre vampire inconnu débarquait dans son univers pour lui annoncer qu'il la kidnappait, mais gentiment, puisqu'il lui fournissait une excuse et qu'il lui laisserait appeler ses parents.

Quel lien avait-il avec les Cullen ? Elle refusait de croire qu'il n'en avait aucun. Etait-ce Victoria qui l'avait envoyé ? Mais pourquoi se donner autant de mal ? Non, ça devait être les Cullen bien qu'elle ait du mal à imaginer Edward lui envoyer un vampire aux yeux de sang. Pourquoi ne l'avaient-ils pas appelé ? … La haïssaient-ils à ce point ?

Plusieurs camarades arrivèrent en lui parlant de la formidable rumeur qui s'élevait de partout, ce voyage hors de prix que seuls quelques un avaient pu s'offrir : un donateur le leur avait payé ! Jessica imaginait déjà à quoi ressemblerait son beau correspondant ! Elle le rêvait grand, blond, musclé, peut-être un surfeur, mais intelligent aussi ! Pour s'accorder avec elle. Cyniquement Bella imagina le vampire inconnu sur une planche de surf et se demanda si une paire d'yeux terrifiant gênerait vraiment Jessica ? Car sinon, ce vampire semblait correspondre à ses critères. Il avait un plan pour la capturer… Un plan … Elle eut envie de pleurer mais tenta de se prêter au jeu et de ne pas éclater de rire en voyant l'air déconfit des garçons qui n'étaient pas dans les mots des canons de beauté qu'elles décrivaient. C'était un jeu idiot et sans doute complexant, alors qu'il n'y avait pas de quoi. Après tout, malgré ce qu'elle disait, Jessica n'avait d'yeux que pour Mike et Angela pour Ben et peut-être également pour son appareil photo ! Elle promettait d'ailleurs de ramener des milliers de clichés et elle le ferait sans doute.

Bella s'avança jusqu'au pupitre d'inscription, un professeur à l'air ravi expliquait les modalités du voyage. Il fallait l'accord parental pour le lendemain. Le premier départ était demain. Comment convaincre Charlie de cela ? Avec un air enjoué, ravi, rêveur, un véritable rôle de composition en sommes. Elle passa la journée ailleurs, comme chaque jour depuis qu'il était partie, depuis qu'il l'avait abandonné dans les bois. Une heure après l'autre, la journée s'écoula.

Le soir, Charlie arriva alors que sa valise était déjà faite. Des vêtements chauds, des baskets de randonnées, les plus stables qu'elle possédait, son téléphone, son mp3 avec quelques centaines de titres et puis le nécessaire de toilettes. Elle prit deux livres qu'elle ajouta à son paquetage, au cas où on lui laisse accéder à ce genre de distraction. Après tout, il ne comptait pas la kidnapper le temps d'un week-end.

- Charlie, ta journée s'est bien passée ?

Bella s'efforça de prendre une voix joyeuse qui contrastait tristement avec ses yeux éteint. Charlie déglutit tout en se demandant si elle n'avait pas encore perdu du poids. Ça en devenait inquiétant. Si elle l'avait fait pour ressembler aux demoiselles photoshopées des magazines, il aurait été en colère. Seulement, ce n'était pas le cas. Elle avait perdu tout appétit et les cauchemars minaient son sommeil, la laissant épuisée et à bout de nerf.

- Oui, très bien et toi ?

- Il s'est passé un super truc au lycée aujourd'hui.

Machinalement, le père s'assit, inquiet de la suite des évènements. Les Cullen étaient-ils de retour ? Elle ne survivrait pas à un nouvel abandon de leurs parts et ils n'étaient pas fiables ! Il pria pour que ce ne soit pas cela. Il pria pour que son enfant soit épargnée … car s'ils étaient là, il ne pourrait les chasser sans la blesser tout autant qu'eux l'avait déjà fait.

- Tu te souviens, le voyage dans un autre état, dans les familles d'accueils.

- Oui, tu m'en avais parlé. Les stages d'observation, c'est ça ?

Bella acquiesça, c'était des stages qui avaient l'air passionnant et qui avait une très bonne réputation. Ils étaient destinés à la future élite …

- Un riche donateur a payé le stage à tout le monde.

- Oh ! Mais c'est super ça ! Tu vas pouvoir y participer, voir de nouvelles têtes, découvrir des tas de choses !

Charlie semblait ravi et enthousiaste. A croire que cela lui pesait de ne pas avoir pu le lui offrir. Elle se fit la réflexion que le convaincre ne serait pas si difficile.

- Ouais c'est vraiment super, mais le départ est demain et ça dure trois mois, je comprendrais que tu préfères que je reste là …

Faire semblant d'avoir l'air triste ne fut pas difficile et immédiatement, son père la réconforta, lui expliquant qu'elle devait faire ses expériences et profiter de cette chance. Il signa le papier nécessaire et lui demanda si elle avait tout le nécessaire pour son départ. Tout n'était pas encore fermé à cette heure si, ils pouvaient aller dans la ville d'à côté en coup de vent pour prendre le nécessaire. Elle rit devant tant de joie, tout en refusant, elle avait tout ce dont elle avait besoin. Pour la première fois depuis longtemps, ils passèrent une bonne soirée.

Le lendemain, elle était dans un train, puis elle grimpa à bord d'un avion avec le reste de sa classe. Parmi les passagers, elle remarqua son futur ravisseur. Le vampire était là, des lunettes cachant la couleur inhabituel de ses yeux. Il semblait mal à l'aise et passait son temps à regarder autour de lui, comme s'il était traqué.

Craignait-il que les Cullen ne lui courent après ? Ou avait-il peur d'un autre groupe ? Elle n'en savait rien, mais elle ressentit une joie perverse à le savoir inquiet. Peu importe qu'il ne veuille que son bien ou qu'il la dévore, il perturbait sa vie et qu'il en souffre était une bonne nouvelle. Elle s'installa confortablement pour l'heure et demi d'avion qu'ils avaient à effectuer. Durant tout ce temps, elle observa le vampire. Il semblait complètement paranoïaque et tout autant désintéressé d'elle, comme s'il ne la connaissait pas, comme si elle n'était pas là à cause de lui.

Elle nota qu'il portait les mêmes vêtements que la dernière fois qu'elle l'avait vu et qu'il ne transportait qu'un sac à dos un peu usé. Il ressemblait à un baroudeur. Rien de rassurant. Quand leur accompagnateur passa près de lui, il engagea néanmoins poliment la conversation. Il indiqua être le père de la jeune « Holly » et qu'il rentrait d'un voyage d'affaire. Il sortit une carte qui avait l'air hautement professionnelle et lui demanda s'il s'agissait bien du groupe d'élèves venant de Forks. Il était rentré par ce vol pour être sur place pour accueillir la correspondante. Le discours était préparé. Le vampire souriait, il éblouissait totalement cet homme qui était censé veiller sur eux. L'avion se posa avec quelques rebonds et ils descendirent jusqu'à l'aéroport. Les nuages étaient lourds au-dessus de leurs têtes mais le vampire n'avait pas l'air de vouloir s'attarder, il s'approcha effectivement d'elle et murmura, d'une voix furieuse et angoissée :

- Prend tes affaires et suis-moi.

Bella fit un signe de tête et un petit geste de la main en direction de ses amies, puis elle le suivit. Elle marchait vers l'inconnu et peut-être même vers la mort. Ce n'était pas grave … Rien ne l'était après tout. Ils se rendirent sans le moindre mot à la station de location de voiture et le vampire sortit une carte de paiement. Elle nota qu'il attrapait le boitier maladroitement et qu'il hésitait avant de taper les chiffres, comme s'il cherchait à comprendre comment cela fonctionnait. Elle se demanda l'âge qu'il avait.

Est-il plus jeune ou plus vieux que Rosalie ? Rosalie avait un air de noblesse dû à une très haute estime de soi-même … en tout cas au premier abord. Mais elle gardait cette curiosité et cette adaptation à ce qui l'entourait … Peut-être simplement à cause du mode de vie proposé par Carlisle qui les forçait à rester en contact avec tout ça. Les non-végétariens avaient peut-être plus de difficultés ? Elle paria sur le fait qu'il était plus vieux que Rosalie, à cause de cet air déphasé, mais plus jeune que Carlisle ou même Jasper qui avait un air posé qu'il ne possédait pas. Mais encore une fois, peut-être était-ce juste une question de milieu de vie ?

Elle s'inquiéta néanmoins un peu à l'idée de monter dans une voiture avec lui s'il ne savait pas faire un simple code sur une machine. La personne à l'accueil ne sembla pas le remarquer puisqu'elle lui faisait de grand sourire tout en tentant d'attirer son regard dans son décolleté. A croire que tous les vampires faisaient ce genre d'effet … Il ne la regarda pas ouvertement mais elle put voir la crispation de sa mâchoire et comprit qu'il était effectivement tenté : par ses veines. Il récupéra néanmoins les clefs du véhicule et l'attrapa par le bras pour la conduire rapidement jusqu'au siège passager. Elle eut à peine le temps de déposer ses bagages à l'arrière.

L'instant d'après, ils étaient partis …

Note de fin : Alors, alors ? Qu'en pensez-vous ?