Cult Potter

Note de la traductrice : Ni Harry Potter, ni l'histoire ne m'appartiennent, je ne fais que traduire.

« italique » : Pensées

italique : Accent sur un mot

« Gras italique » : fourchelangue

« Gras » : souvenirs/flashback/répliques de films


Chapitre 2 : Identité

Edith était assise en haut d'un des jeux de l'aire, balançant ses pieds pour étirer ses muscles. Elle avait grandit ces derniers mois, alors le placard à chaussure semblait encore plus confiné qu'avant. Sa patiente envers sa minuscule chambre devenait de plus en plus rare ; même si la présence de l'ancien gang de Dudley à la maison avait poussé Vernon et Petunia à lui donner des repas plus réguliers de peur d'être découverts, ils étaient toujours aussi horribles avec elle.

Duncan grimpa jusqu'à elle et lui offrit une tasse de chocolat chaud ; c'était un des rares jours où sa mère était suffisamment sobre pour donner un peu d'affection à son fils. Edith l'accepta avec un sourire et prit une gorgée, appréciant la chaleur que la boisson lui apportait.

« Je hais les maths. » Grogna Piers ; il était perché sur un toboggan, luttant avec les devoirs que leur avait donné leur professeur la veille. « Quelle est la valeur de x ? En quoi est-ce important ?! Pourquoi est-ce qu'ils ne peuvent pas juste sauter ce jeu de 'cache-cache' et simplement utiliser les nombres dès le début ? »

« Qu'est-ce qui te pose problème ? » Demanda Edith.

Piers rampa jusqu'à elle et posa son livre sur le sol entre eux. La rouquine examina la question un moment avant d'expliquer une nouvelle fois l'équation au garçon qui avait des soucis d'apprentissages.

« Comment fais-tu pour comprendre tout ça si facilement, Montre ? » Demanda Matt quand elle eut fini. Il était dyslexique non diagnostiqué, ses parents le pensaient juste 'fainéant'.

Les garçons l'appelaient toujours ainsi, mais avec moins de moquerie dans leur voix. De plus, ils n'avaient pas exactement tort, n'est-ce pas ? Elle était un monstre.

Edith haussa les épaules. « Je dois passer pas mal de temps seule, alors j'utilise les maths pour passer le temps. » Elle prit une autre gorgée ; elle ne mentionna pas que le 'temps seule' était en général quand sa tante et son oncle l'enfermaient en dans son placard. Pas besoin d'en parler.

« Hé, Piers ! » Duncan se tendit quand Dudley piétina le manège pour arriver vers eux ; il se plaça entre Edith et son cousin. Edith s'empêcha de sourire, quelques mots gentils ou chaleureux et il la protégeait sans même qu'elle le lui ait demandé.

« Qu'est-ce tu veux, Dudley ? » Grogna Piers, ennuyé d'être distrait alors qu'il arrivait enfin à la fin de la page. Son père lui avait promis de déjeuner à McDonalds s'il parvenait à rester au-dessus de la moyenne.

« Miss Hannington est à la bibliothèque, et sa voiture est au parking ! Allons jeter des œufs dessus ! » Dit Dudley. Il détestait leur professeur de maths parce qu'elle l'empêchait toujours d'aller en récréation quand il commençait à embêter les autres étudiants, surtout Edith.

« Je suis occupé, là. » Répondit Piers. « J'ai pas envie, en plus. »

Dudley le dévisagea. Il avait tenté de se réinsérer dans le gang plusieurs fois depuis l'Incident, mais l'emprise d'Edith sur eux avait tout changé. Duncan ne voulait tout simplement plus être vu avec lui, parce qu'il s'était attaché aux manières calmes et amicales d'Edith (Dudley criait tout le temps quand ils se faisaient prendre en train de vandaliser quelque chose, même si c'était sa faute). Piers et Matt, quoique plutôt loyaux, avaient ignoré Dudley de manière flagrante plusieurs fois à la demande d'Edith.

« Pourquoi pas !? » Hurla-t-il, sa voix devenant aigüe et gémissante.

« Parce qu'on a toujours des ennuis quand on est avec toi. » Répliqua Matt avec une irritation condescendante. « Puis tu nous aboie dessus pour 'tout foutre en l'air' et t'attirer des ennuis. »

Le visage de Dudley vira au mauve ; un signe clair qu'il était prêt à imiter les crises de colères de son père.

« Pourquoi vous voulez rester avec le Monstre, sales traitres !? Elle est rien, c'est un monstre ! Je vais le dire à papa ! Elle vous a tourné contre moi ! »

« Non, Dudley, c'est de ta faute. » L'informa Edith, sa voix devenue froide. Elle était fatiguée de l'attitude de son cousin. « Et si tu devenais un homme et acceptais les conséquences de tes actes pour une fois dans ta vie ? »

Dudley lui sauta dessus. Duncan le frappa à l'estomac, le jetant au sol. Piers et Matt descendirent du jeu et le rejoignirent, frappant Dudley du pied et du poing. Edith ne fit aucun geste pour les arrêter ; elle se contenta de boire son chocolat chaud en regardant avec flegme.

Ça continua quelques minutes, jusqu'à ce que Dudley, amoché et égratigné, quitte le parc. Piers ricana et se frotta les mains.

« Quelle blague. » Marmonna-t-il.

Edith acquiesça. Sachant que Tante Petunia et Oncle Vernon ne laisseraient jamais ça passer, elle demanda : « Matt, je peux avoir deux tickets de bus et un autre de ciné ? Je pense qu'on mérite tous un peu de répit après un boulot difficile. »

Matt la fixa une seconde avant d'hocher la tête et de sortir son porte-monnaie. Prenant l'argent avec un mouvement de tête et une poignée de main, Edith fit signe aux trois garçons et se dirigea vers l'arrêt de bus.

Elle monta dedans juste avant que Vernon n'explose dans l'aire de jeu vide.


« Tu sais que j'obtiens toujours ce que je veux... »

Edith s'adossa contre so siège, ses yeux ne quittant pas l'écran où Kylo Ren interrogeait la jeune vagabonde Rey. Le septième Star Wars venait de sortir, et elle était profondément intriguée par le nouveau Sith.

Kylo Ren... Ben Solo... partageait quelques similitudes avec son grand-père Anakin. Mais d'une certaine manière, il était encore plus énigmatique. Bien qu'il ait un tempérament impulsif – la scène où il détruisait littéralement le système de contrôle lui vint en mémoire – il avait basculé dans le Côté Obscur de son plein grès.

Anakin y avait basculé afin de sauver la vie de Padme, mais Kylo semblait être sombré dans l'obscurité volontairement... il y avait une complexité caché derrière son masque qu'il tentait de toutes ses forces de dissimuler. Il était convaincu que le Côté Obscur était le seul moyen d'obtenir le pouvoir dont il avait besoin...

Edith pensait qu'il n'avait qu'à moitié raison. Clairement, les Sith étaient trop mauvais pour maintenir un empire. Ils n'inspiraient aucune loyauté, en dehors des enfants ayant subi des lavages de cerveau et d'autres monstres qui voulaient le pouvoir pour leur propre vanité. Si les Rebelles les avaient pas défait, l'Empire se serait écroulé sur lui-même, déchiré par des dissensions parmi ses chefs.

Pourtant, on ne pouvait nier que la République était remplie d'abrutis sans cervelles (ne pas écouter la Princesse Leia ? Vraiment ?) et les Jedi avaient été un groupe de sociopathes fanatiques sans émotions. Il y avait du pouvoir dans le Côté Obscur, un pouvoir incroyable.

Edith savait pourtant que Kylo Ren oubliait quelque chose d'important – tu ne peux pas être que Sombre. La route pour arriver à un véritable empire nécessitait autant l'Obscurité que la Lumière. La loyauté et l'amour autant que la peur et le respect.

Elle se demanda si Rey pourrait l'aider à réaliser ce fait.

Ses pensées politiques de côté, Edith était fascinée par ce que Kylo était capable de faire avec la Force. Anakin pouvait simplement l'utiliser pour étrangler des subordonnés imbéciles, alors que l'Empereur pouvait lancer des éclairs, mais rien d'autre on dirait.

Kylo, par contre, stoppait des tirs de blaster en plein air, lévitait des gens et lisaient leur esprit. En fait, plusieurs des choses qu'il pouvait faire semblaient familières...

Au contraire de ce que sa tante et son oncle tentaient de lui faire croire, Edith était bien consciente des choses bizarres qui arrivaient autour d'elle. Se trouver un instant au sol puis le suivant sur le toit d'un bâtiment... être capable de se cacher des yeux de son oncle... ce n'était pas normal. Il y avait aussi les personnes étranges qui semblaient la connaître ; comme cet homme avec un chapeau violet qui s'était incliné devant elle dans le supermarché. Petunia les avaient poussé dehors elle et Dudley avant qu'elle ne puisse demander quoi que ce soit l'homme, mais l'incident était resté gravé dans la mémoire de la jeune fille.

Qu'est-ce qu'être un Monstre voulait dire ?

Plus elle regardait Kylo Ren, plus Edith voulait essayer quelque chose... c'était fou d'y penser, mais un instinct commençait à bouillir en elle jusqu'à ce qu'elle ne puisse plus l'ignorer...

Edith attendit jusqu'à ce que le film soit terminé pour retourner son attention envers son sac de popcorn à moitié vide. « C'est absurde. » Pensa-t-elle, mais elle le plaça sur le siège et recula de quelques pas.

Levant la main exactement comme Ren l'avait fait dans le film, Edith imagina le sac s'élever. Pendant un moment, rien ne se passa... jusqu'à ce qu'elle ressente une étincelle à l'intérieur d'elle-même, et le paquet jaune commença à flotter au-dessus du sol.

Elle haleta. Le sac tremblait à quelques centimètres du sol ; elle plissa les yeux en le fixant, tentant désespérément de le garder aussi longtemps que possible. Il s'éleva de plus en plus haut, les plus petits morceaux de popcorn qui étaient tombés le suivant.

Edith observa le sac volant avec émerveillement, quand un grand éclat de rire lui échappa.

Elle avait des pouvoirs mystiques.

Quand son rire augmenta, sa concentration se brisa et fit retomber le sac au sol. Pressant ses deux mains contre sa poitrine, Edith sentit une étrange et vivifiante impression de compréhension monter en elle. Elle était un monstre, un monstre mystique.

Glissant son sac sur son épaule, Edith quitta le cinéma tremblante d'excitation. Elle voulait savoir ce qu'elle était capable de faire.

Elle s'arrêta dans une ruelle, une idée lui venant plutôt soudainement. Pourquoi avait-elle des pouvoirs ? Était-ce dû au hasard ? ...Ses parents avaient-ils été mystiques, eux aussi ? Et qu'est-ce que Vernon voulait-il dire par 'monstre' ? Est-ce pour ça que Petunia ne parlait jamais de sa mère, puisqu'elle avait été magique mais pas Petunia ?

Edith leva les yeux vers le ciel. C'était nuageux, et le soleil commençait à se coucher. Elle ne pensait pas qu'elle devrait rentrer, pour l'instant – il était très probable que ce ne soit pas encore sûr.

Résignée à vagabonder, Edith décida de se diriger vers la maison de Duncan. Sa mère était si apathique envers ce qui l'entourait, qu'elle laisserait l'étrange rouquine dormir sur son canapé sans rien demander si Duncan insistait un peu. Il était suffisamment éloigné de chez les Dursley pour qu'il soit improbable qu'elle soit découverte avant d'avoir pu prendre une bonne nuit de sommeil.


Edith était encore éveillée sur le canapé longtemps après que Duncan et sa mère se soient endormis – heureusement que c'était samedi soir.

En fait, elle se concentrait pour faire léviter plusieurs objets : des livres, la télécommande du téléviseur, le calendrier 2010 que Duncan avait encore pour une raison ou pour une autre – ce gamin avait un côté doux malgré son amitié avec Piers et Matt.

« Je suis Carrie White. » Songea Edith avec amusement. Elle possédait un exemplaire de cette histoire qu'elle avait volé à la bibliothèque ; c'était son livre préféré.

À présent, tout ce qu'elle avait à faire était d'éviter le bal de promo et tout ce qui avait un lien avec les cochons, et elle irait bien (théoriquement). Elle ne pouvait pas danser de toute façon alors elle ne raterait pas grand chose.

Évidemment, elle connaissait très bien la Loi de Murphy, alors elle tenta de ne pas trop y penser.

Finalement, Edith commença à s'endormir. Elle se retrouva à flotter dans l'obscurité, assistant à une série d'évènements troublants et un flash de lumière verte familier...

« Lily ! Lily il est ici, vas t'en, emmène Edith, je vais le retenir ! »

La voix était distante – son père ? Elle n'en était pas sûre. Un instant plus tard, une femme aux cheveux roux foncés arriva en courant dans la chambre, fermant et verrouillant la porte derrière elle. Elle pouvait sentir une présence oppressante dans l'air, et elle devenait de plus en plus puissante à chaque minute.

La femme attrapa les barreaux de son berceau, la regardant avec des yeux pleins de larmes.

Elle n'avait jamais vu personne la regarder comme ça ; même les garçons n'étaient jamais aussi intenses – ce n'était pas chaleureux et aimant, sans la moindre peur dans le regard.

C'était la première fois que quelqu'un regardait Edith avec un amour inconditionnel.

« Edith, écoutes moi... maman t'aimes... papa t'aimes... Edith, tu dois survivre... sois forte... »

La porte explosa, révélant un homme en noir avec un masque argenté en forme de crâne. Lily se plaça entre sa fille et l'homme... Edith se releva dans son berceau, incapable d'intervenir, regardant avec confusion et horreur quelque chose arriver qu'elle ne pouvait pas encore comprendre...

« Pas mon bébé ! S'il vous plait, pas ma fille... »

L'homme en noir ricana, faisant frissonner Lily. « Je pensais que les Gryffondors avaient plus de courage que ça... »

« Tuez-moi à sa place ! » Sanglota Lily, implorant, avançant avec ses mains relevées pour montrer qu'elle était sans défenses. « Tuez-moi à sa place, s'il vous plait, pas mon bébé... laissez ma fille vivre... »

« Idiote... écartes-toi maintenant, et je vous laisserais vivre... »

« Non... pas ma fille... pas ma Edith... » Lily leva la main et ses yeux verts brillèrent de magie. « Vous n'aurez pas ma petite fille. »

« Alors qu'il en soit ainsi... AVADA KEDAVRA ! »

Edith cria pour la première fois... le flash de lumière verte qui hantait ses cauchemars depuis sa petite enfance... quand tout devint clair, le corps de Lily était immobile au sol. Edith rampa vers elle et tenta de toucher son épaule, mais sa main passa à travers...

La silhouette en noir traversa la pièce... Edith leva les yeux pour le voir debout en face de son berceau.

Sa version bébé regarda sa mère, se demandant pourquoi elle ne bougeait pas, ne réalisait pas qu'elle était très proche de la rejoindre. L'homme leva sa baguette et la pointa sur son front. « Avada Kedavra ! »

Les yeux d'Edith s'écarquillèrent. Un bouclier rouge s'était formé autour d'elle, arrêtant le sortilège vert et absorbant son énergie. Une seconde plus tard, le faisceau fut renvoyé sur l'homme.

Celui-ci poussa un hurlement de douleur alors que son corps se désintégrait ; la chambre se remplie de lumière blanche qui ne baissa pas. Edith mit sa main sur ses yeux, grimaçante, quand elle réalisa qu'elle pouvait entendre des brides de conversations...

« … s'est endormie alors qu'on survolait Bristol... »

« … la laisser ici ? … observé ces moldus... les pires qui soient... »

« … l'endroit où elle sera le plus en sécurité... même si je pouvais, je ne le ferais pas... cicatrices peuvent être utiles... »

« … bonne chance... Edith Potter... »

« Hé, Edith... Edith... hé Edith, c'est le matin ! Réveilles-toi ! »

Edith grogna et se retourna. Duncan était à côté d'elle, ses yeux marron remplis d'inquiétude. La jeune rouquine avait des courbatures et regarda autour d'elle, encore à moitié endormie. À un moment dans la nuit, elle était tombée du canapé.

« Edith ! » S'exclama Duncan, posant ses mains sur ses épaules. « Qu'est-ce qu'y a ? Tu tremblais et tu pleurais en dormant. »

Edith secoua la tête. « Non, ça va... j'ai fait un cauchemar, c'est tout. »

« T'es sûre ? »

« Ouais, je suis sûre. » Edith se releva lentement, s'étirant en même temps. Duncan se dépêcha de se remettre debout. « Quelle heure est-il ? »

« Onze heures. » Répondit Duncan. « On... on devrait retrouver Piers pour déjeuner, pas vrai ? Mais si tu te sens pas bien... »

« Je vais bien. » Insista Edith. C'était faux, elle allait plutôt mal, mais il ne comprendrait pas même si elle essayait de lui expliquer. Ce n'était pas un rêve... c'était une série de souvenirs fragmentés, remontés à la surface par l'éveil de sa magie... « Allons-y. Ce ne serait pas sympa de faire attendre nos amis. »


Le déjeuner se passa plutôt calmement ; Piers était heureux d'avoir réussi à garder sa moyenne de math élevée. « Vous auriez du voir le visage d'Hannigan quand elle m'a rendu ma copie, on aurait dit que j'avais deux têtes. » Sa confiance avait augmentée, alors il mangeait avec voracité.

Edith écoutait leur conversation d'une oreille, son esprit était à des années lumières de là. Quand ils finirent de manger, elle dit au revoir à ses compagnons (elle ne les considéraient pas encore comme des amis, mais 'minions' était un peu trop cruel, d'après elle. Ça impliquait qu'elle n'était pas gentille avec eux ou qu'elle leur ferait du mal) et retourna chez son oncle et sa tante.

S'arrêtant à la porte, Edith sentit la montée d'appréhension familière à l'idée d'entrer dans cette maison abusive. Mais, elle se souvint en faisant léviter quelques cailloux dans le jardin, qu'elle n'était plus sans défense à présent. Et elle avait des questions qui avaient besoin de réponses.

Tournant la poignée, Edith entra, enlevant son manteau. La maison était en bazar, sans doute le résultat d'une autre des crises de colères de Dudley – il en avait de plus en plus depuis qu'Edith avait 'volé' son gang.

Vernon arriva de la cuisine en se dandinant. « Je vous ai déjà dit, sales rats, le loyer sera payé à la fin de la sem... » Il se stoppa et fixa Edith un instant, ses yeux de porcs s'écarquillant en un mélange de choc et de fureur.

« Toi. Fermes la porte, tout de suite. »

Edith obéit, son cœur battant la chamade. Elle ne pouvait plus faire marche arrière maintenant.

Une seconde plus tard, Vernon lui sauta presque dessus, la main levée pour la frapper. « Comment as-tu pu oser blesser Dudley, espèce de monstre répugnante. »

Instinctivement, Edith tendit la main avec l'intention de le repousser. Mais au lieu de s'écrouler sous le poids de ses coups, elle entendit un bruit sourd et Petunia hurla.

Elle releva les yeux et observa son travail : Vernon avait été jeté à l'autre bout de la pièce par une force invisible, brisant un bureau sous son poids et un pot de fleur cassé sur la tête.

Edith sentait la magie courir dans ses veines. Elle reconnaissait sa présence maintenant, et sourit méchamment à son oncle. Si Vernon avait pu articuler, il aurait dit que son sourire était 'celui d'un coyote qui avait trouvé une gazelle boiteuse'.

La différence de pouvoir devint de plus en plus évidente quand Edith leva la main vers le plafond, y mettant toute sa concentration. Vernon commença à être soulevé du sol, criant et se débattant vainement. Edith le regarda flotter vers le lustre, son sourire devenant encore plus cruel alors qu'elle observait sa lutte futile.

« Arrêtes ! » Hurla Petunia, se cachant dans les escaliers. « Tu-tu vas t'attirer des ennuis ! Tu n'as pas le droit de-de- »

« De QUOI ? » Répliqua Edith, tournant la tête vers sa tutrice. « De faire ça ?! »

Vernon fut plaqué tête la première contre le plafond. Edith le laissa tomber comme un sac de briques, obèse le sac de briques, sur le sol, du sang perlait son front.

Edith le regarda grogner et pleurnicher, et soudain toute la haine qu'elle ressentait contre cet homme monta en elle et se manifesta comme sa magie. Elle l'attrapa et le jeta à nouveau à travers la pièce, détruisant au passage la collection de vases de Petunia. Vernon gémit alors qu'il devenait une sorte de balle de ping-pong humaine, balancé d'un mur à l'autre de la maison.

« ARRÊTES ! Arrêtes, tu vas le tuer ! » Sanglota Petunia.

Finalement, sa nièce se calma, laissant un homme en pleur et couvert de sang sur le sol. Elle se tourna et monta rapidement les escaliers. Petunia gémit et rampa loin d'elle.

« Arrêtes quoi ? » Répéta Edith, ses yeux brillant de haine. « Je ne l'ai même pas touché. »

« Tu-tu uti-utilises cette... cette magie monstrueuse. » Répondit Petunia, tressaillant quand Edith avança d'un air menaçant au mot 'monstrueuse'.

« Magie ? » Edith rit sans humour. « La magie n'existe pas. » Siffla-t-elle, répétant intentionnellement ce que ses 'tuteurs' ne cessaient de lui dire depuis qu'elle était une jeune et naïve enfant.

Petunia baissa la tête. « Si, ça existe. Ma-ma sœur avait de la magie. Quand on était enfant, elle-elle est allé dans une école exprès... il y a toute une société de ces mon-mo- de ces gens là dehors. »

Edith la fixa pendant un instant, les yeux dilatés, son air de prédateur restant gravé sur son visage. « Oh. Vraiment ? » Cracha-t-elle. Plusieurs objets autour d'elle commencèrent à flotter, Petunia cria de peur. « Alors, dis-moi, comme font une sorcière et un sorcier pour mourir dans un accident de voiture ? »

« Ce-ce n'était pas un ac-a-accident de voiture. » S'étrangla Petunia. « Ils... ils ont mis en colère un-un sorcier criminel et-et il les a tu-tué. »

« Hmm. » Edith réfléchit quelques instants avant de grogner. « Et quand allais-je découvrir la vérité ? Quand allais-tu me admettre ce qui est vraiment arrivé à mes parents ? »

« O-on ne comptait pas te le dire ! Cet-cet endroit – c'est anormal – ce n'est pas pour des gens normaux. On voulait l'éradiquer de chez toi ! »

Edith renifla. Elle croisa les bras et montra d'un signe de tête les nombreux objets qui lévitaient autour d'elles. « Eh bien, vous avez échoué ! » Ricana-t-elle moqueusement.

Se tournant vers le placard sous l'escalier, Edith ouvrit la porte et commença à retirer ses possessions. Les objets tombèrent au sol, causant à sa tante de sursauter.

« Je vais m'installer dans la deuxième chambre de Dudley. » Informa Edith en direction de sa tante. « C'est la mienne, maintenant. Emmènes-moi mon dîner directement là-bas, j'ai pas mal de choses à lire. »

Elle passa à côté de sa tante, qui tenta faiblement de protester avant d'être contrainte au silence par un regard assassin lancé dans sa direction. Une fois qu'Edith eut disparu dans sa chambre, Petunia finit par descendre les escaliers pour aider son mari blessé.

Vernon avait un bras cassé et perdu une grande quantité de sang. Petunia inventa qu'il avait été attaqué par un gang de motars ; comme elle l'avait fait à tellement de reprises pour excuser les blessures d'Edith les quelques fois qu'elle avait du l'emmener à l'hôpital.

À présent, elle priait pour que la lettre d'Edith arrive enfin... si seulement cette terreur pouvait quitter leur maison.