Bonjoir ?

Disclaimers : Rien de moi sauf l'histoire. Je ne touche rien.

Pairing : soupçon de KakaIru


Plic, plac, ploc. Un genjutsu saisissant


Ca vous arrive parfois de vous sentir comme si vous aviez perdu votre couleur ? Votre identité ? D'avoir peur de devenir terne et de ne pas être aussi vibrant et énergique que les autres …

Kakashi marchait lentement dans la rue. Il se dirigeait, le plus simplement du monde, vers ce bout de pierre qui servait de mémorial à ses défunts amis à son défunt père et sa courageuse femme. Il avait quelque chose de différent aujourd'hui, quelque chose de triste. Il ne savait pas l'expliquer c'est comme si tout était là mais qu'en même temps, rien n'y était. C'est comme si le problème venait de lui sans vraiment y venir. C'est comme quand vous rentrez dans une pièce un endroit qui vous est familier. Vous savez exactement ce qui compose cet endroit. Vous êtes capable de le visualiser parfaitement mais ce jour-là, quelque chose cloche. Vous y entrez, comme à votre habitude mais il y manque quelque chose. Et vous connaissez tellement bien cet endroit, que cette chose qui a disparu, vous ne pouvez la retrouver. Elle est dans votre souvenir, dans tous vos souvenirs mais à ce moment, vous ne pouvez déceler l'anomalie. Vous ne pouvez que vous y faire et attendre. Attendre d'avoir besoin de ce petit bout de pièce qui s'est envolé attendre de vous souvenir de ce petit bout de pièce qui s'est envolé. En ce jour, c'était l'impression qu'avait Kakashi. A l'intérieur de lui, dans sa petite pièce, il manquait quelque chose. Une chose qui lui est vital mais dont il ne se souvient plus l'existence. Un blanc, un oubli, tout et rien à la fois.

Il est là, en face de la pierre. Il attend. Il prie. Il se souvient d'eux mais ne se souvient pas de ça. C'est une pensée virulente, destructrice, agaçante au possible et tellement, mais tellement accaparante. Il ne peut plus penser à quoi que ce soit. Il n'y arrive plus parce qu'il n'est pas complet. Il s'en va. Il s'en va d'ici. Il ne peut pas y rester, il n'en a pas la force. Une légère pluie tombe. Plic, plac, ploc. C'est le bruit des gouttes sur le sol. Plic, plac, ploc. C'est le bruit de ses larmes sur le sol. Plic, plac, ploc. C'est le bruit silencieux de sa détresse saisissante. Il ne pleure pas vraiment. Il l'a cru. Ou peut-être que si, il a pleuré. Il ne sait pas. Il ne veut pas savoir. Tout ce qui lui importe c'est cette chose. Qu'a-t-il oublié ? C'est si frustrant. Il méprise ce sentiment qui s'empare de lui. Il marche sous l'eau. La pluie fine ne l'est plus. Elle est drue, elle est sauvage, elle fait mal. Elle claque sur sa peau et son corps. Nuée de petites aiguilles, les gouttes le meurtrissent sans le blesser. Plic, plac, ploc. C'est le son de ses pas dans les flaques. Il ne cherche pas à s'abriter, il ne cherche pas à accélérer, il marche, sans but précis.

De vous ennuyer de vos amis mais d'avoir peur qu'ils vous trouvent plat …

Il arriva devant un immeuble sans teinte particulière. Sans couleur, sans signe distinctif. Sans rien pour faire de lui en endroit unique. Il est banal, il est plat. Comme lui. Lui il a tué. Il a du sang sur les mains comme beaucoup d'entre eux mais lui encore plus. Il est le pire, ou le meilleur. Question de point de vue, évidemment. Il reste encore longtemps planté là, à regarder le ciel au-dessus de lui. Avant, il fixait une des portes. Elle est marron claire, une simple poignée. Elle ne laisse rien présager quant à son intérieur. Il aimerait bien y aller mais il ne savait même pas où il était. Dans l'immeuble, le son d'une porte que l'on ouvre se fait entendre et, passant à travers sa porte, le jônin le voit sortir. Lui. Il le fixe, fronce les sourcils et repart à l'intérieur.

De commencer à vous isoler…

Dommage, se dit le ninja aux cheveux gris. Il se retourne et repart dans une autre direction, peut-être son chez lui. Plic, plac, ploc. C'est le son des goûtes tapant contre son crâne. Mais ce n'est pas son crâne. Ce n'est même pas un crâne. Non. Un parapluie. Il se retourne.

« Kakashi-san… »

Il plisse l'œil et pivote la tête.

Et de vous dire que les choses risquent de se placer par elles-mêmes…

« C'est moi ? »

Iruka fronce encore les sourcils. Une question, ou une affirmation ? Il ne sait pas vraiment. Lui non plus ne doit pas le savoir. Il tend la main.

« Venez. »

Le plus grand baisse son œil et zyeute sur la poigne qu'on lui tend. Il secoue la tête.

« Non. »

Iruka ne comprend pas.

« Pourquoi ? »

Sur le coup, il ne dit rien. Il est surpris. Il n'est jamais surpris.

« Parce que. »

Son interlocuteur relève un sourcil. Cette réponse ne le satisfait pas.

Mais souvent, ce n'est pas une si mauvaise idée que ça de prendre du temps pour vous …

« Je dois y aller. »

Le plus âgé part. Il reprend sa marche lente et monotone.

« Vous n'êtes pas là où vous pensez être, Kakashi-san. »

Il ne se retourne pas. Il ne recule pas. Il écoute et dit :

« Je reviendrais. Sûrement »

Il n'avait pas la certitude que l'autre l'avait entendu mais ça ne lui faisait rien. Tant-pis, se dit-il. Il haussa les épaules et continua.

« Je serais là. »

Il avait crié. Il lui avait crié sa réponse. Il avait entendu. Il l'avait entendu. Il reviendra. Il l'attendra. Ni plus, ni moins.

Car pendant que vous êtes seul, si vous cherchez vraiment fort à l'intérieur de vous…

Il se reconcentra sur lui, sur ce petit bout de pièce qui lui manquait. Qui était cet homme. Pourquoi lui avait-il dit qu'il reviendrait ? Kakashi, les idées toujours – presque toujours – bien arrêtées, ne savait plus quoi penser. Qui était-il ? Il regarde derrière lui, il ne pensait pas avoir autant marché. Il est dans la forêt. Mince, pense-t-il. Il est arrêté au milieu d'un chemin. Devant lui, des enfants jouent. Un blond, un brun et … une rosette ? Une fille aux cheveux roses. Ils lui sont familiers mais il ne sait pas vraiment qui ils sont. Le blondinet se tourne vers lui.

« Z'êtes pas là où vous pensez être, Kashi-sensei. »

Le garçonnet repart. Il n'a pas huit ans et il l'appelle Kashi-sensei. Personne ne déforme son prénom, c'est un fait. Alors pourquoi lui pourquoi cet enfant en particulier l'a-t-il fait ?

« Naruto ! »

Un homme a crié. Kakashi se retourne. Minato. Minato ? Qui est Minato ? Minato est mort. Qui est-il ?

« Tu n'es pas là où tu penses être, Kakashi. »

L'homme lui sourit.

« Où suis-je ? »

Le petit Naruto – plus petit que celui qu'il connaissait – le bouscula.

« Z'êtes pas là où vous pensez être ! »

Il répète encore ça. Une constante ? S'il n'est pas là où il doit être, où est-il ?

« Où suis-je ? »

Il les suit. Enfin. Il ne les suit pas vraiment. Ils ont déjà disparus. Comme des nuages. Ils étaient des nuages. Le bloc d'appartements apparaît. Il fixe la porte marron claire.

« Venez. »

L'homme de tout à l'heure passe à côté de lui, tapant son épaule de sa main. Il répète :

« Venez. »

Kakashi le suit. Il n'a rien d'autre à faire.

Vous allez finalement retrouver votre couleur. Votre énergie. Votre passion. Votre identité.

Ils rentrent dans l'appartement. Tout est clair, tout est sobre. Sur le meuble où sont posées les clés, un petit livre orange a été abandonné là. Sur le canapé, deux vestes vertes des ninjas de Konoha. Sur le meuble télé, quatre photos. Lui et son équipe en tant que genins. Lui et son équipe de genins. L'homme et ce Naruto. L'homme, lui et les deux autres morpions qu'il a vu tantôt. Etrange, pense-t-il.

« Qui es-tu ? »

Le brun le regarde. Oui. Il est brun. Ce détaille le surprend. Il ne sait pas pourquoi, il le surprend.

« Tu es à la maison, Kashi. »

Kashi se renfrogna. C'était la deuxième fois. Ce surnom. Il n'est pas sûr de l'aimer. Pas non plus sûr de le détester. Il est … surprenant. Encore.

« Je suis … à la maison ? »

L'autre s'approche, entour son cou de ses bras, hoche la tête et dit :

« Tu dois te réveiller Kakashi Hatake. Tu es à la maison maintenant. »

Et les autres le remarquent aussi.

Il acquiesce.

« A la maison. »

Il est très important de prendre du temps pour vous. Pour vous connaître. Pour vous redécouvrir. Pour chercher vos passions, pour chercher ce qui vous allume dans la vie.

Il se sent basculer en arrière pourtant, il ne bouge pas. Le sol de bouge pas. Ce n'est pas le sol. Ce n'est pas son corps. Son esprit ? Oui, c'est son esprit.

« Je ne suis pas au bon endroit. »

Iruka tourna la tête d'un côté puis de l'autre.

« Non. Tu dois rentrer. Maintenant. »

Il fronce les sourcils.

« Tu as dit que j'étais à la maison. »

Il hoche, cette fois, la tête.

« Oui mais ton esprit doit rentrer. Dans ton corps. »

Il ne comprend pas. Il ne comprend plus rien.

« Pourquoi est-ce que je tombe ? »

Iruka lui sourit.

« Tu ne tombes pas, tu t'allonges. »

Plissement d'yeux.

« Allez ? Ferme les yeux ou souviens-toi de nous, Kashi. »

Tout disparaît.

Ne restez pas isolé trop longtemps. On a tous une couleur magnifique en nous et le monde entier meurt d'envie de la découvrir.

Il a des difficultés. Il ne saurait pas se situer. Où était-il ? Il se fichait du reste. Doucement, il ouvre les yeux. Une tête blonde apparaît devant lui. Des orbes bleus le scrutent.

« Je confirme. Il est réveillé ! »

Une horde de « hourra » sonores se fait entendre. L'argenté tourne la tête de chaque côté. A droite, Naruto. Devant, Sasuke et Sakura. A gauche, Iruka. Il demande silencieusement : que se passe-t-il ?

« Tu as passé une semaine dans un genjutsu qui pouvait à tout moment te tuer. Le père d'Ino a passé une semaine à te maintenir dans un entre-deux monde. Là où j'ai dû aller te chercher, gros bêta.

- Merci. »

Il ne dit rien d'autre, il a compris. Il est dans son monde. Son monde plein de couleurs et de vie. Son monde où il ne pleut pas des plic plac ploc à s'en arracher les cheveux. Sa couleur ? Du rouge, évidemment.

FIN


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