Coucou tout le monde !
J'avais dit que le chapitre un ne tarderait pas et j'ai tenu parole ! Ceci est un premier chapitre introductif pas très long et en somme qui sert plus à mettre les personnages en lumière mais je vous promets que les choses seront bien plus intéressantes par la suite !
Chapitre 1
Une histoire de karma
Quelques mois plus tôt...
Charlie Lemon n'avait jamais été une enfant difficile. Elle avait toujours accepté docilement les ordres, se pliant à la volonté des adultes qui l'entouraient, obéissant sagement. Elle n'avait jamais piqué de grosses crises, résultat d'un caractère belliqueux ou sanglant. Au contraire, Charlie fuyait les ennuis, préférant la réflexion à l'action. Pourtant, en cette matinée d'octobre, Charlie Lemon avait atteint un point de frustration extrême qu'elle-même n'aurait jamais pensé atteindre un jour.
Son chat avait disparu mais là n'était pas vraiment le problème. Son chat disparaissait tout le temps. Il s'agissait juste de la goutte d'eau qui avait fait déborder le vase, déjà bien trop rempli à son goût.
La vérité tenait en un seul mot : les Serpentards. Charlie ne leur avait jamais rien fait, mis à part peut-être exister mais pour eux, cela semblait être une raison nécessaire pour faire d'elle l'une de leurs trop nombreuses victimes. Il faut dire qu'elle réunissait tous les critères : petite pour ses seize ans, Serdaigle – ce qui faisait qu'elle n'avait ni le courage des Gryffondors pour leur tenir tête et leur rendre la monnaie de leur pièce, ni la meute de Poufsouffle unis derrière elle pour la protéger – et enfin non des moindres, elle était Née-Moldue.
Du moins, son père était un Né-Moldu. Pour sa mère, il était un peu plus dur de l'affirmer, étant donné que cette dernière était morte deux ans après sa naissance. Elle ne savait pas grand chose à son sujet mis à part la certitude que cette dernière ne venait ni d'une famille Née-Moldue, ni Sang-Mêlée. Charlie était donc une Sang-Mêlée en théorie, née d'un papa Né-Moldu et d'une maman Sang-Pur mais pour les Serpentards, cette subtilité semblait trop compliquée à assimiler.
Ils aimaient bien se moquer d'elle, les Serpentards. Ils faisaient des jeux de mots débiles avec son nom de famille, sur sa carrure, ses origines. Aujourd'hui, ils s'étaient particulièrement surpassés. Ils avaient réussi à lui arracher son sac de cours, jetant un peu partout dans le château ses notes. Charlie avait passé le reste de l'après-midi à courir après Peeves, l'esprit frappeur, afin qu'il lui rende sa dissertation de Potions et à convaincre Mimi Geignarde que ses cours de Sortilèges n'étaient pas des mouchoirs.
Voilà pourquoi, alors que Charlie marchait vers la Salle Commune de Serdaigle, son énervement était à son paroxysme. Si son karma n'avait pas été aussi mauvais, et si elle avait eu la force, elle serait sûrement repartie à la recherche de son chat. Mais l'envie n'y était pas, ce soir. Tout ce qu'elle désirait était de se laisser tomber sur son lit, de s'enrouler dans sa couette et de s'endormir très vite, de sorte qu'elle ne soit pas obligée de parler avec ses congénères de dortoir. Pas qu'elle ne les aimait pas, attention ! Mais Charlie avait toujours été une solitaire, préférant la compagnie des livres à celle des êtres humains. Elle n'était pas non plus détestable au point d'être tout le temps seule, à vrai dire, elle entretenait des rapports cordiaux avec presque tout le monde, exception faite des Serpentards. Elle était juste incapable de donner un seul nom quand on lui demandait si elle avait des amis. Elle avait des camarades, des connaissances, point.
Elle avait toujours été réservée. Parler en public, sortir de son petit monde, cela l'avait toujours terrorisée. Les moqueries à répétitions des Serpentards ne l'avaient pas vraiment aidée à prendre confiance en elle, et petit à petit, intérioriser était devenu une devise. Elle intériorisait beaucoup, trop peut-être. Parfois, l'envie lui venait de craquer, de crier un bon coup et de pleurer. Ce soir, plus que jamais. Mais elle ne le faisait pas. Elle se retenait, ravalant la bouffée de tristesse qui l'envahissait et faisant d'elle une personne un peu plus résignée chaque jour.
Résignée était sûrement le mot qui définissait le mieux Charlie. Elle avait depuis longtemps arrêté de croire qu'elle pourrait faire changer les choses. Elle se défendait pourtant, se mettait en colère, criait mais les choses étaient ainsi et quoi qu'elle dise, cela ne changeait rien. Ou pas grand chose. Bien sûr, elle continuait de rouspéter contre les Serpentards, mais plus par dignité que par réelle conviction. De toute manière, s'ils avaient voulu arrêter, ils l'auraient déjà fait, non ?
En arrivant près de la porte menant à la Salle Commune des Serdaigles, elle eut la surprise de constater que quelqu'un l'y attendait.
- Evans, salua-t-elle la rousse.
Lily Evans était dans la même année qu'elle, Préfète également bien qu'à Gryffondor. Elle avait une splendide crinière rousse et de jolis yeux verts en amande. C'était l'une des meilleurs élèves de leur promotion et bien que Charlie eût en horreur ses crises de nerfs publiques – qui arrivaient très souvent quand Potter était dans le coin – elle appréciait sincèrement la jeune fille même si entre elles, les relations se limitaient à quelques échanges de banalités.
- Lemon, je voulais savoir si tu as quelque chose de prévu ce soir ?
- Euh...non.
Elle le sentait mal. Elle s'était levée du mauvais pied ce matin et la journée n'était pas encore finie pour elle.
- Parce que j'ai promis à Marie McDonald de l'aider en Métamorphoses et le contrôle est dans deux jours, continua Evans visiblement mal-à-l'aise avec la situation. Alors, je me demandais si tu pourrais me remplacer pour ma ronde de ce soir...
La phrase resta en suspens dans l'air plusieurs secondes avant que Charlie n'en comprenne pleinement le sens.
- Oh... lâcha-t-elle enfin.
- C'est oui ? demanda la Gryffondor, inquiète.
- Oui... oui, je le ferai, hocha la Serdaigle en lui adressant un petit sourire forcé.
Evans dut en prendre conscience car elle se dépêcha d'ajouter :
- Ne t'inquiète pas, je te revaudrai ça. Lupin t'attendra dans le Hall à 20h30. Merci, Lemon.
La Gryffondor la salua avant de partir, laissant Charlie seule. La jeune fille soupira un grand coup. Qu'est-ce qu'elle disait, le karma !
.
À 20h25, Charlie descendit dans le Hall. Lupin l'attendait déjà, adossé à un pilier. C'était l'autre Préfet des Gryffondors. Les cheveux châtains, il soignait son allure et ceci malgré des pulls élimés aux coudes. Il avait une silhouette élancée plutôt athlétique, assez trompeuse quand on savait qu'une fois par mois au moins, il était admis à l'infirmerie en raison de graves problèmes de santé. Il avait par ailleurs, un surprenant regard doré. En la voyant arriver, il lui adressa un petit signe de tête pour la saluer.
Ils commencèrent leur ronde dans le silence, remontant les étages un à un sans jamais croiser personne. Charlie commença à observer son camarade, plus pour s'occuper que par réel intérêt. Sentant sûrement son regard sur lui, Lupin commença à gigoter, gêné.
- Alors... hm.. j'ai entendu dire que les Serpentards n'ont pas vraiment été sympas avec toi aujourd'hui, lâcha-t-il soudain en se tournant vers elle.
La phrase surpris Charlie qui pour le coup, ne trouva rien d'autre à faire que rougir.
- Rien de grave, vraiment, marmonna-t-elle entre ses dents.
- Tu es certaine ? Parce que je sais comment ils peuvent être, tous en groupe, ça peut être impressionnant...
- Ouais, c'est vrai, tu es leur victime favorite, railla la jeune fille.
Elle se stoppa dans sa marche, surprise elle-même parce qu'elle venait de dire et le ton employé.
- Je suis désolée, souffla-t-elle. Je ne voulais pas être désagréable... c'est juste que je ne t'ai jamais vu te faire embêter par eux... en fait, c'est même plutôt l'inverse.
- C'est bon, balaya Lupin d'un geste de la main, je comprends. En fait, je voulais juste te dire que s'ils recommençaient, tu pouvais toujours me le dire. Je pourrais t'aider.
- Toi ?!
Lupin acquiesça et devant l'air incrédule de la jeune fille leva un sourcil interrogateur.
- Ne le prends pas mal Lupin mais... les Serpentards sont cinq. Toi, tu es... toi et moi, je ne te serais d'aucune utilité en cas d'affrontements physiques... non pas que je remette en cause tes capacités physiques...je ne le fais pas, mais sans être faible... tu n'es pas vraiment la personne la plus en forme de toute l'école !
Cette fois-ci, Lupin éclata de rire permettant ainsi à Charlie de respirer de nouveau, chose qu'elle ne faisait plus depuis qu'elle avait terminé sa tirade. C'était le problème quand on passait plus de temps avec les livres qu'avec les gens. On oubliait comment s'adresser à eux, mettre les formes, être civile.
- Je pensais à moi et mes amis, avoua Lupin quand il se fut calmé. Mais merci de t'inquiéter pour moi.
- Oh... oui, bien sûr, lâcha la jeune fille en se sentant soudainement très bête.
Lupin faisait partie d'un quatuor de Gryffondors qui s'étaient surnommés eux-même les Maraudeurs. Les quatre étaient inséparables et il était rare de ne pas les voir ensemble. Menés par James Potter, le leader de la bande, et son meilleur ami Sirius Black, ils s'étaient forgés une solide réputation de fauteurs de troubles et briseurs de règlements, faisant des blagues dont les Serpentards étaient la plupart du temps les victimes. Charlie n'avait jamais vraiment parlé avec eux, les trouvant trop bruyants et extravertis à son goût et ne supportant pas vraiment le groupe de filles qui avait tendance à les suivre un peu partout et glousser bêtement.
Elle ouvrit la bouche pour demander à Lupin si les groupies étaient comprises dans le lot car elle n'y tenait pas vraiment quand un éclat crème sur le rebord d'une fenêtre la stoppa brutalement.
- Fantôme !
- Fantôme ?! s'étonna Lupin pendant qu'elle se précipitait vers son chat.
L'animal était nonchalamment allongé, la regardant d'un air supérieur de son magnifique regard ambré. Charlie le prit dans ses bras, le chat se laissant faire sans émettre la moindre protestation.
- J'ai passé ma journée à me demander où il pouvait être, soupira le jeune fille. J'ai l'impression qu'il n'arrête pas de disparaître depuis que je lui ai donné ce nom. Ça doit être le karma...
En y repensant, c'était stupide de nommer son chat Fantôme mais sur le moment, cela lui avait paru approprié. Son animal de compagnie ne miaulait jamais, le silence semblant être la seule règle qu'il respectait. Il ne ronronnait pas non plus. Au début, Charlie s'était inquiétée, se demandant si son chat était normal, s'il était malade ou pire s'il ne l'aimait pas.
- Tu sais quoi ?! intervint Lupin qui observait la scène d'un air amusé. Tu n'as qu'à le ramener dans ton dortoir, je terminerai la ronde tout seul.
- Tu es sûr ?
- Oui. C'était déjà très gentil de ta part d'accepter de remplacer Lily au pied levé.
Charlie dut se retenir de ne pas lui sauter au cou. C'était le seul point positif de cette journée mais cela avait suffit à lui redonner un tantinet d'espoir. Peut-être que finalement, le karma n'en avait pas complètement après elle !
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Le lendemain, Charlie se leva d'un pas de conquérant. Du moins, c'est ce dont elle essaya de se convaincre jusqu'à ce qu'elle remarque l'heure sur son réveil et qu'elle remarque qu'elle avait traîné au moins trente minutes de plus au lit que prévu. Apparemment, le karma n'en avait pas fini avec elle ! Elle attrapa ses cours et se précipita vers la Grand Salle en espérant qu'il reste du bacon pour elle. Malheureusement, le problème avec les malédictions, c'est que quand elles vous tiennent, elles ne vous lâchent plus ! Charlie avait toujours eu des problèmes avec ses pieds. La maladresse s'était inscrite dans ses gènes à l'âge de ses premiers pas et depuis ne l'avait plus quittée. Il aurait été étonnant, qu'aujourd'hui, avec la poisse qu'elle traînait depuis hier, elle ne se prenne pas les pieds dans les marches d'un escalier. Se faisant la remarque que si elle arrivait à ne pas se casser une jambe d'ici ce soir, elle aurait gagné sa journée, Charlie se releva avec toute la dignité qui lui restait.
- On était tellement pressée qu'on n'a pas vu la marche mon petit citron ?
La voix la fit se figer sur place au même moment que résonnaient les rires gras de ses persécuteurs. Elle se força à respirer et plaqua un sourire factice sur son visage.
- Rosier, le salua-t-elle dans ce qu'elle espérait une voix froide et assurée.
Derrière lui se trouvait sa bande habituelle. Wilkes, Mulciber, Avery et un peu en retrait Rogue. Charlie avait toujours été lucide sur la dangerosité de ces personnes. Elle ne s'était pas non plus bernée d'illusions quand au fait que, dès qu'ils en auraient l'occasion, ils chercheraient à lui nuire. Elle avait juste bêtement espéré que ce jour arrive le plus tard possible.
- Charlie, ça va ?
Le soulagement de la jeune fille dut se lire sur son visage alors qu'elle se tournait vers le – pardon, les nouveaux venus. Lupin et accessoirement ses trois amis Maraudeurs, Potter, Black et Pettigrow. Si le dernier était rondouillard et petit d'aspect avec des yeux larmoyants, les deux autres en tant que joueurs de Quidditch de leur maison avaient des carrures plus athlétiques. Potter et Black, tout les deux bruns, étaient musclés ce qui pouvait toujours s'avérer utile en cas d'affrontement. Non pas que Charlie s'en soucie, elle comptait partir en courant à la première occasion.
- Oui, oui, Rosier m'aidait juste à ramasser mes livres, lâcha-t-elle en se tournant vers Lupin. Pas vrai ?
- Évidemment.
Le ton surfait de ce dernier ne trompa personne. Il était évident que lui et ses petits amis ne tenteraient rien aujourd'hui mais que ce n'était que partie remise. Sur un dernier signe de tête à l'adresse de Charlie, Rosier fit signe à sa bande de se retirer. Restée seule en compagnie des quatre garçons de Gryffondor, Charlie trouva un intérêt soudain pour ses chaussures.
- Soit t'es complètement stupide et dans ce cas je ne sais pas ce que tu fais à Serdaigle, sois tu es très courageuse et alors tu devrais être à Gryffondor, mais en tout cas le Choixpeau a dû se tromper lors de ta Répartition, commença Potter.
- Pardon ?! fit Charlie en relevant la tête, confirmant au passage la première hypothèse de son interlocuteur.
Black dut se faire la même remarque car il ricana d'un petit air méprisant.
- Je pencherais pour la première supposition.
- Sirius, le reprit Lupin. Comment tu te sens Charlie ?
Si elle fut surprise que Remus l'appelle par son prénom, elle n'en montra rien et ravie de détourner la conversation sur un sujet autre que sa prétendue stupidité, enchaîna d'un hochement de tête.
- Bien, je suppose. J'imagine que je vous dois une fière chandelle d'être passés pile au bon moment dans ce couloir...
Elle se mordit la lèvre, hésitant un bref instant mais se dit qu'elle pouvait le faire, après tout.
- Merci... Remus.
Ce dernier lui adressa son plus beau sourire tandis que Black reniflait d'un air de profond ennui.
- Je... Je devrais y aller, marmonna-t-elle pour cacher son embarras face à ce genre de comportement. J'ai cours et j'aimerais bien avoir quelque chose dans l'estomac avant de commencer la journée...
- C'est ça va-t'en !
Charlie, qui avait déjà commencé à tourner les talons, interrompit son geste à l'entente des paroles. Bizarrement ces quelques mots chuchotés de manière absolument pas discrète lui faisaient bien plus mal que toutes les moqueries réunies des Serpentards au cours des dernières années. Black ne la connaissait pas, ils n'avaient jamais échangé ne serait-ce qu'une parole avant aujourd'hui. De quel droit se permettait-il de la traiter de la sorte ? Soudain la frustration accumulée des derniers jours s'amassa dans sa petite tête. Elle en avait marre !
- Pour qui tu te prends Black ? Tu te crois mieux que tout ces Serpentards, que t'es différent d'eux ? Redescends ! Tu vaux pas mieux ! Eux au moins ils connaissent le nom de leurs camarades de promotion ! Tu veux que je te dise : tu fais pitié ! Tu crois que parce que t'es super populaire, que tu as plein d'amis et d'admiratrices, que parce que tu as des cheveux noirs qui bouclent tout bien comme il faut avec ton air négligé, tu peux te permettre de faire ce que tu veux ? T'es pas sur un piédestal ! Les gens sont pas là pour exaucer tes désirs alors leur adresser ne serait-ce qu'un peu de considération me paraît être un minimum !
Elle s'arrêta pour reprendre sa respiration et prit conscience du visage figé du jeune homme. Sa mâchoire semblait tellement contractée qu'il lui semblait entendre ses dents grincer de protestation. Black fit quelques pas dans sa direction et Charlie ferma les yeux, regrettant déjà son moment d'emportement. Ce type avait bien trop d'orgueil et de rancune pour ne pas lui en faire voir de toutes les couleurs !
Il se stoppa à deux pas d'elle, la fixant de haut-en-bas avant de déclarer d'une voix si froide qu'elle en donna des frissons à Charlie :
- C'est bon, t'as fini Lemon ?
Charlie hocha la tête, le remord se mélangeant au sentiment de honte, et soudain s'enterrer sous terre et passer le reste de sa vie cachée lui parut être une très bonne alternative. Elle fit alors la chose la plus sensée qui lui traversa l'esprit.
Elle se mit à courir le plus vite possible afin de mettre le plus de distance possible entre elle et Black.
J'espère que vous avez apprécié ce début et à très vite ! En attendant, vous pouvez toujours laisser un petit mot ! ;)
E.D
