Bonsoir tout le monde,

Ayant un peu de temps, je vous poste le chapitre 2 afin que vous puissiez vous faire une idée plus précise de ce que sera cette histoire. J'essaierai de vous poster une suite par jour, selon mes disponibilités évidemment.

Merci de me lire et n'hésitez pas à me dire vos avis ;)

Je vous souhaite une bonne lecture ;)


Je me réveillai doucement légèrement groggy.

Mes paupières me paraissaient horriblement lourdes et mon corps tout entier réclamait du sommeil. Pourtant j'essayai de m'efforcer à ouvrir les yeux et surtout à les garder bien ouverts. Une lumière éblouissante me donnait la nausée chaque fois que mes pupilles la rencontraient. Il me fallut plusieurs minutes pour pouvoir me redresser correctement et inspecter la pièce dans laquelle je me trouvais.

Elle était plutôt spacieuse mais ne comportait aucune fenêtre. Une armoire se trouvait dans le coin à gauche du lit et en face de moi se dessinait une porte invisible façonnée dans la pierre. Prudemment, je posai un pied par terre, puis le deuxième. Le tournis me prit et je fus obligée de me prendre la tête entre les mains. Mon dieu que je maudissais ce fumier.

Je respirai profondément et entrepris de me lever ce qui me provoqua un léger vertige. Après plusieurs secondes sans bouger, je fis un pas en avant et constatai que ma tête me faisait de moins en moins mal. L'effet du sédatif se dissipait en même temps que j'explorai ce taudis. Car j'appelai ça un taudis et non une maison. Tous les murs étaient glacés et sales, et une ambiance inquiétante s'en échappait.

-Enfin réveillée ! S'exclama une voix que je connaissais désormais bien.

Je me retournai pour faire face à ce pourri et balançai mon poing en direction de son ventre. A une vitesse impressionnante, il stoppa mon poignet et me tordit le bras dans le dos.

-Pas de ça avec moi, Beauté ! Sinon je serai obligée de t'attacher pour te révéler tout ce que je sais.

Révéler tout ce qu'il savait ? Voilà qu'il venait de piquer ma curiosité au vif. Je cessai immédiatement de me débattre et attendit qu'il relâche son emprise.

-Vous êtes un rapide ! Lui lançai-je en me frottant le poignet.

Il sourit tout en commençant à s'éloigner dans la direction opposée à la chambre mais ne répliqua rien.

-Tu viens ! Prononça-t-il en se retournant vers moi.

J'hésitai. Comment lui faire confiance alors qu'il m'avait enlevé ? D'un pas non assuré, je me décidai à marcher vers lui et à le suivre. Qui ne tentait rien, n'avait rien après tout. Nous arrivâmes dans ce que je qualifierai de petit salon rustique. Dans geste de la main, il me désigna un pouf sur lequel je pris place.

-Sais-tu qu'environ soixante-dix adolescentes par an disparaissent sans qu'on ne les retrouve ?

Évidemment que je savais cela. Il m'était déjà arrivé de faire des enquêtes sur des jeunes filles disparues. D'ailleurs, aucune n'avait abouti à un résultat. Aussi bien positif que négatif.

-Pour être précise, il y en a eu soixante-dix neuf l'année dernière.

-Combien en a-t-on retrouvé ?

La question avait fusé me prenant au dépourvu. Je cherchai dans ma mémoire les derniers rapports que j'avais lus.

-Euh … huit il me semble.

-C'est peu ! Fit-il remarquer.

Oui c'était peu. Il pouvait le dire. Mais les disparitions n'étaient pas des enquêtes faciles. La jeune fille avait très bien pu fuguer comme se faire kidnapper. Les pistes n'étaient pas faciles à trouver et souvent le dossier était bouclé sans même qu'on est retrouvé la disparue.

-Et du côté des garçons ?

-Vingt-cinq sur trente-six ont été rendu à leur famille. Mais ce ne sont que des chiffres approximatifs.

-Vous n'êtes pas si incompétent que ça finalement, déclara-t-il en souriant.

Je lui lançai mon regard le plus noir possible et son sourire s'élargit.

-Le prend pas comme ça, je ne parlais pas pour toi.

-Dites ce que vous savez qu'on en finisse au plus vite ! M'énervai-je doucement.

Il se leva et m'observa du coin de l'œil. L'expression de son visage avait changé et il arborait maintenant une mine plus que sérieuse.

-Je suis à la recherche de votre tueur depuis maintenant un peu plus de deux ans, confia-t-il. Je le traque sans relâche mais il réussit toujours à me filer entre les doigts. Il tue car c'est un besoin chez lui. Il n'arrive pas à se contrôler et part dans un autre pays chaque fois qu'il se sent menacé. Jusqu'ici, trois occasions m'ont permis de remonter jusqu'à lui … mais quand j'arrivai la fille était déjà morte et lui envolé.

-Ca explique vos empreintes sur les lieux des crimes, articulai-je pensive.

-Tu as tout compris Beauté !

Mon esprit était embrumé par les aveux fait.

-Pourquoi je vous croirais ?

-Tu n'as pas à me croire … juste à me faire confiance.

Un rire amer sortit de ma gorge.

-Alors là, ça risque d'être difficile !

D'une démarche contrariée, je le vis s'avancer vers moi et s'accroupir afin d'être à ma hauteur.

-Écoute-moi bien, d'autres filles sont en ce moment même entre ses mains. Tu ne peux même pas imaginer ce qu'elles sont en train de subir ! Alors je te supplie de me faire confiance !

Il avait dit ces phrases avec une telle sincérité que mes poils s'étaient dressés me faisant parcourir un long frisson dans le dos. Et si ce qu'il disait était vrai ? Après tout, il semblait savoir de quoi il parlait et semblait également en savoir beaucoup plus que les forces de l'ordre elles-mêmes. Ma décision était prise.

-Que voulez-vous de moi ? Interrogeai-je alors d'une voix plus sûre.

-De l'aide.

L'aider ? Le mot s'était abattu sur moi telle une massue. Pourquoi venait-il me demander ça à moi ? Des personnes plus qualifiées, il pouvait en trouver dans toute la ville. Néanmoins, une certaine fierté s'emparait de moi en y repensant.

-Comment ? Demandai-je alors, curieuse.

Je le vis sourire avant qu'il ne se retourne et commence à se diriger vers une armoire.

-Tu le sauras au moment venu …

-Attendez, je n'ai pas dit oui ! Rectifiai-je. C'était une simple question …

-Mais qui te dit que tu as le choix ?

La stupéfaction put aussitôt se lire sur mon visage. Comment osait-il m'imposer ça ?

-Moi ! Le défiai-je en m'approchant de lui.

Il se retourna et me fixa intensément de ses grands yeux verts.

-Ton choix ne vaut strictement rien Beauté, annonça-t-il doucement en croisant les bras sur sa poitrine.

-Ah oui ? M'emportai-je. Alors laissez moi vous dire une bonne chose, vous voyez cette porte tout au fond du couloir ? Je vais la prendre et partir d'ici sans vous demander votre avis !

Sur ces paroles, je marchai en direction de la sortie, d'un pas décidé et énergique. Je m'attendais à ce qu'il m'arrête mais il n'en fit rien. Au lieu de ça, je sentis son regard me suivre. Arrivée au bout du couloir, j'empoignai la clenche et tirai la porte. Aussitôt, un air glacial s'engouffra et un frisson me parcourut le dos.

-Si ça peut vous rassurer, je ne dirai rien sur votre « cachette », lui confiai-je en voyant qu'il se trouvait maintenant derrière moi.

Je n'avais entendu aucun de ses pas marteler le sol. Pour être discret, il l'était.

-Je sais pertinemment que tu ne diras rien …

-Qu'est-ce qui vous permet d'affirmer une telle chose ?

Il ricana avant de me pointer ce qui se trouvait derrière la porte du doigt. Instantanément je compris et je sentis à la fois la colère et le désespoir s'emparer de moi.

-Si tu arrives à retrouver ton chemin alors je te tire mon chapeau !

La nuit avait pris possession des lieux et un noir profond avait envahie les alentours. En plus de ne rien voir, une pluie torrentielle s'abattait avec fracas sur le sol et rendait la visibilité plus nulle qu'elle ne l'était déjà. Résignée, je refermai la porte et retournai dans le petit salon où m'attendait de nouveau Vince. Il était droit au milieu de la pièce et avait poussé la table basse qui encombrait le milieu, laissant ainsi un grand vide.

-Vu que tu n'as d'autres choix que de rester là, on va pouvoir commencer ton entrainement ! M'expliqua-t-il en voyant mon regard interrogateur.

J'étais à présent face à lui, les mains sur mes hanches pour montrer mon mécontentement.

-Entrain …

Je ne pus finir mon mot. D'un geste franc, il m'avait envoyé son poing au visage et je me retrouvai par terre sous le choc.

-Non mais vous êtes malade ! M'écriai-je en me massant la joue.

Tout en me relevant, je le vis se mettre en position de combat.

-Tu apprendras à encaisser !

Son assurance commençait sérieusement à me taper sur les nerfs. J'allais lui montrer de quoi j'étais capable et que je n'allais pas juste encaisser les coups.

-Vous êtes trop prétentieux, lui soufflai-je en imitant sa posture.

Je vis un fin sourire ébranler ses lèvres avant qu'il n'envoie un coup de pied. Aussitôt, je réagis … mais un poil trop tard. Je le reçus au-dessus des hanches et alla m'écraser sur le mur qui se trouvait non loin de moi.

-Putain !

Ce fut la chose que je trouvai à dire. Il était fort, rapide et ce combat semblait ne lui produire aucun effort. Sa respiration était inchangée et il se tenait exactement au même endroit depuis le début.

-Remets-toi en position ! L'entendis-je m'ordonner.

-Et pourquoi ?

Je me tenais contre le mur, haletante. La violence des coups me surpassait.

-Je ne veux pas d'une empotée au combat pour m'aider à vaincre ces gens ! Alors soit tu viens t'entrainer et tu te bas … soit c'est moi qui viens à toi !

-Cruel dilemme ! Ricanai-je en m'avançant au centre de la pièce.

A peine fus-je arrivée devant lui qu'il m'attrapa par le bras et me projeta par terre d'un croche-pied rapide. Une douleur aiguë élança tout mon dos et ma respiration se coupa. Comment faisait-il pour que je n'arrive pas à répliquer et surtout à le toucher. Il m'avait déjà eu trois fois et moi zéro. Alors que j'essayais de reprendre un souffle correct, je vis Vince me tendre sa main. Je la pris et me relevai tant bien que mal.

-Je me suis peut être trompé à ton sujet, confia-t-il en se frottant le menton et en m'examinant.

-Vous trichez ! Lâchai-je.

Je n'avais trouvé que ça comme excuse… Ou plutôt la colère qui habitait mon corps en cet instant voulait se manifester et cette phrase était celle qui convenait le mieux.

-Vous ne me laissez pas le temps de me préparer !

-Parce que tu crois que quand on sera face à ces tueurs, ils te demanderont si tu es prête ?

J'ouvris la bouche pour répliquer mais je la refermai ne sachant pas quoi dire. Il venait de marquer un point.

-On continue ! Décréta-t-il d'une voix ferme.

J'avais pertinemment entendu son ordre mais un détail me chiffonnait…

-Attendez ! Vous avez dit « ces tueurs » ? Vous savez qui ils sont et où ils sont n'est-ce pas ?

Je vis son corps se relâcher et ses poings s'abaisser.

-Comme je l'ai déjà insinué, je sais en effet qui ils sont … mais je ne sais pas où ils se cachent !

-Je croyais qu'il n'y en avait qu'un ?

-Le tueur est l'organisme qui est composé de plusieurs personnes …, m'expliqua-t-il alors.

o0o0o0o0o

Allongée dans un lit –et pas des plus confortables d'ailleurs- je réfléchissais. J'avais voulu en savoir plus mais Vince m'avait clairement dit que j'en savais déjà trop et qu'il m'en dirait plus quand je l'aurai mérité …

J'étais légèrement sous le choc en apprenant que plusieurs personnes étaient responsables de ces meurtres et il avait jugé bon de me dire d'aller me coucher pour que je sois, un minimum, en forme pour la séance de demain. Mais je n'arrivais pas à fermer l'œil. Mon cerveau était en ébullition et ma tête me faisait mal. Non, en fait tout mon corps me faisait souffrir dès que je bougeais. Vince n'y allait pas de mains mortes. Trouvant une position correcte, je fermai les yeux et à ma grande surprise réussis à m'endormir.

De l'eau glacée s'abattit sur mon visage et je me réveillai en sursaut. Mon dieu que j'étais fatiguée … et maintenant totalement gelée. Mon regard embrumé et noir se jeta immédiatement sur l'auteur de cette mauvaise blague.

-Habilles-toi ! Une dure journée nous attend !

Ma bouche était ouverte. Il avait vraiment un culot hors norme. Se souciait-il seulement du bien être des personnes ? J'en doutais fortement. Quand il sortit de la pièce, je me levai tout en réprimant un bâillement.

-Ca vous arrive souvent de réveiller les gens de cette manière ? Lui demandai-je en le rejoignant dans le salon.

-Tu portes les mêmes habits qu'hier, non ?

En effet, je portais les mêmes qu'hier mais c'était uniquement de sa faute. Je n'avais pas une valise de prévu sur le palier avec écrit dessus « Me prendre si vous souhaitez m'enlever ». Je levai les yeux au ciel tout en soufflant bruyamment.

-A qui la faute ?

Un sourire que je commençais à bien connaitre apparu sur son visage.

-Bien dormi au moins ?

-Figurez-vous que non.

-La nuit prochaine sera réparatrice alors.

Bon sang qu'il m'exaspérait. Plus de doute, il se fichait totalement des gens.

-Vous n'avez rien à manger ?

-Nous mangerons ensemble dans une heure … En attendant, faisons le point en ce qui te concerne …

Alors que j'allais lui demander ce qu'il entendait par là, je vis ses yeux verts me scruter de la tête au pied.

-Petite, ça peut être un avantage comme un inconvénient, commença-t-il. Cheveux noirs et yeux noirs, ça apporte un côté charmeur et pourquoi pas envouteur. Un visage fin ainsi qu'une silhouette parfaite, en gros, tout ce qu'un homme demande. Et pour finir, un tempérament explosif … ce côté-là, il faudra le travailler un peu si tu ne veux pas te faire tuer dès les premières secondes !

Je restai ébahie par ce que j'entendais. Décidément, il était vraiment sans gêne.

-Je ne vous permets pas ! Dis-je en fronçant les sourcils et en me passant la main dans les cheveux.

-De ?

-Mais ce que vous venez de faire ! Vous me traitez comme une bête que vous comptez vendre !

Il prit place sur un sofa et croisa les jambes tout en levant les bras au ciel en signe d'excuse.

-Crois-moi, ce n'était nulle mon intention …

Ce côté gentil me perturbait énormément … J'en oubliais presque que j'étais ici contre ma volonté. Presque !

-Il faudrait que je rentre si vous ne voulez pas que la ville entière soit à ma recherche, lui signalai-je alors d'une voix confuse.

- Ne t'inquiète pas pour ça et cesse de me vouvoyer tu veux !

-Pardon ?

-On va passer plusieurs mois ensemble alors j'aimerai bien que tu arrêtes avec tes 'vous' !

-Comment ça je ne dois pas m'inquiéter ? Précisai-je d'une voix plus forte.

Il regarda sa montre et se leva sans me répondre en se frottant les mains.

-On va pouvoir y aller !

-Oh non ! Nous n'irons nulle part tant que je n'aurai pas eu une explication !

Après m'avoir lancé un bref regard lourd de sens, il se dirigea vers une commode et ouvrit le tiroir situé en bas. Il fouilla dedans et en sortit un bout de papier qu'il me donna quand il passa à côté de moi.

-Maintenant on y va !

Il était déjà pratiquement dehors lorsque je lus ce qu'il y avait d'écrit. Un hoquet de surprise s'échappa alors de ma bouche sans que je m'en rende compte.

-Mais vous êtes vraiment un grand malade en fait ! Articulai-je enfin en le poursuivant. Pourquoi avoir dit que j'arrêtais tout ? Je ne veux pas !

-Crois-moi, c'est mieux ainsi Beauté …

Alors là, il battait le pompon. Qu'il m'enlève et me séquestre passait encore … mais qu'il décide de mon avenir je ne l'acceptais pas.

-Conduisez-moi immédiatement au poste !

-Non !

Son ton avait été catégorique et particulièrement froid. Un frisson était même apparu dans le creux de mon dos mais je ne me démontai pas.

-Non ? Très bien, vous pouvez rêver pour que je vous aide.

-Je peux choisir une autre personne pour le faire sauf …

-Faites donc ça ! Le coupai-je durement.

-Sauf que comme j'allais le dire, celle qui m'aidera se verra l'honneur de bosser avec moi !

Malgré la colère qui m'habitait, je ne pus m'empêcher d'émettre un petit rire moqueur.

-Vous parlez d'un honneur ! Qui voudrait travailler avec un homme qui vit dans une maison aux murs aussi froids que son cœur ?

Je vis son regard s'assombrir et ses traits se durcirent … Mais je ne regrettais absolument pas mes mots. Il l'avait cherché. Nous marchâmes donc en silence jusqu'à une voiture qui ne payait vraiment pas de mine. La carrosserie était abîmée par endroit et paraissait plutôt ancienne. Un bleu foncé la recouvrait et les vitres étaient teintées en noir.

-Monte ! M'ordonna-t-il d'une voix glaciale.

Instinctivement j'obéis et m'engouffra à la place du mort comme disait la plupart des gens. Le siège se révélait plutôt confortable et l'intérieur largement mieux entretenu que l'extérieur. D'un blanc parfait, le tableau de bord pouvait presque éblouir. Je bouclai ma ceinture quand j'entendis le moteur gronder et la voiture démarra en trombe.

A suivre...


Fin du deuxième chapitre. Et comme je suis sympa, je peux vous révéler que la pauvre Maggie n'est pas au bout de ses peines avec Vince... mais qu'elle ne compte pas lui rendre la tâche trop facile non plus xD

J'espère que ça vous a plu et que vous trouverez nos deux héros attachants par la suite ^^

A la prochaine,

Tanutwo