Auteur : Nat. Pardon pour mes absences prolongées sur mes fics longues, mais mon emploi du temps est particulièrement chaotiques depuis quelques semaines et je n'ai pas le temps de travailler sur quelque chose de suivi.

Disclaimer : Tout est à moi, je suis le vénéré Tolkien ! …en rêve, parfois. Le reste du temps, je suis seulement Nat et rien du Seigneur des Anneaux ne m'appartient. Quand au concept de cette fic, il n'est pas de moi et j'ignore qui en a eu l'idée en premier. Elle est inspirée des fics anglaises qui rassemblent une série de paragraphes drôles, tristes ou juste informatifs sur un ou plusieurs personnages.

Warning : Allusions à des évènements des trois livres du Seigneur des Anneaux, à Bilbo le Hobbit et au Silmarillon. Il est préférable d'avoir quelques notions de base sur chacune des trois œuvres concernées.

Comme d'habitude et malgré tous mes efforts (pour une fois sincères) pour respecter les caractères des personnages, j'ai bien peur de tomber encore à un moment ou à un autre dans l'OOC. Mis à part ce léger et insignifiant détail, j'ai du mal à voir ce qui pourrait choquer.

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"Graine de jardinier" et autres fragments

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16) La première fleur dont le petit Sam s'occupa, du haut de ses quatre ans, fut une marguerite rachitique tenant plus de la pâquerette fanée que d'autre chose, que le vent avait apportée par hasard dans son jardin. Le bambin pris de pitié pour la chétive fleur arracha les mauvaises herbes qui l'étouffait (ainsi que la pelouse, mais personne ne songea à le lui reprocher), l'arrosa dès que la température lui paraissait excessive, emprunta un peu de l'engrais organique qu'utilisait son père pour le potager afin de l'aider à se fortifier et vint tous les matins lui parler et l'encourager à devenir grande et belle.

Trois semaines plus tard, la splendide marguerite le dépassait d'une bonne tête.

L'Ancien invita aussitôt Bilbon Sacquet à trinquer à la première réussite botanique de son fiston et clama sur toutes les collines que ce petit gars-là avait la main la plus verte de tous les Hobbits du Quartier et allait devenir le meilleur jardinier jamais vu en Comté.

Le modeste Sam en rosit de plaisir pendant plusieurs jours.

17) Comme presque tout le monde, Arwen aime beaucoup qu'on lui fasse des compliments. Elle baisse modestement les yeux et remercie d'un sourire poli son interlocuteur. En revanche, elle déteste qu'on lui déclare qu'elle est la plus belle femme qui soit au monde.

Ceux qui disent cela n'ont pour la plupart jamais vu Celebrían –et cela l'afflige de réaliser depuis combien de temps elle est séparée de sa mère bien-aimée (qu'elle ne reverra probablement jamais). Les autres l'ont tout simplement déjà oubliée –et il n'y a pas de mot pour décrire à quel point cela est impardonnable.

Cela fait mal, bien sûr, mais l'Etoile du Soir est trop aimable et trop bien élevée pour pinailler sur des termes censés lui faire plaisir. Alors Arwen serre les dents, baisse les yeux pour qu'on n'y lise pas sa tristesse et sourit poliment.

Et son interlocuteur ravi croit qu'elle le remercie.

18) Gandalf n'avouera pour rien au monde le nombre d'années qu'il a passé à s'entraîner avant de pouvoir, sans l'intervention discrète de ses pouvoirs magiques, faire des bateaux avec les ronds de fumée de sa pipe. Pas même pour un plein tonneau de feuilles de Longoulet du meilleur cru.

Quoique, en y réfléchissant bien…

19) Lorsque le vieux Maître d'Esgaroth sur le Long Lac se fut enfui avec l'or des Nains et que l'on dut choisir un nouveau Maître, tout le monde s'accorda à dire que cela n'était pas une grande perte.

Plusieurs mois plus tard, tout le monde s'accorda à dire que, si le vieux Maître était beaucoup moins humain (et beaucoup plus radin) que le nouveau, lui au moins s'y entendait en termes d'affaires.

Quant aux corneilles, toutes s'accordent à penser que les Hommes sont d'éternels insatisfaits.

20) Orophin aime plus que tout déambuler aux frontières de la Lórien dans le calme de la nuit. On ne sait pas vraiment pourquoi il l'apprécie autant, on ne sait pas trop à quoi il pense en marchant; on sait simplement qu'il aime ça.

C'est une raison largement suffisante pour qu'Haldir le charge systématiquement des patrouilles nocturnes frontalières.

21) Après des dizaines de batailles sanglantes, de morts cruelles et d'années passées à rechercher désespérément l'affection d'un père qui refuse de reconnaître sa valeur, Faramir ne s'attendait absolument pas à ce que la phrase qui l'émeuve le plus lui vienne d'un drôle de petit bonhomme au regard franc et loyal, un peu grassouillet et haut comme un enfant.

Faramir aime beaucoup Pippin, mais il n'oubliera jamais Sam de la Comté.

22) Les personnes qui souffrirent le plus de la dégénérescence physique et mentale de Theoden-Roi ne furent pas Theodred, Eomer, Eowyn, un quelconque garde ou Theoden lui-même. Ce furent les petits, les effacés, les simples serviteurs chargés de le nourrir, de l'habiller, de le laver et de s'occuper de tous ses besoins –quels qu'ils fussent.

Mais ce n'est pas cela que retiendront les archives du Rohan, naturellement.

23) Bilbon Sacquet était peut-être vieux, mais il n'était pas encore gâteux pour autant. Il ne lui fallut pas longtemps pour se rendre compte que, lorsqu'il prenait place dans la Salle du Feu de Fondcombe, les Elfes ne parlaient que dans le Langage Commun et choisissaient soigneusement leurs sujets de conversations –évitant bien évidemment toutes leurs anecdotes peu reluisantes. Il lui fallut encore moins de temps pour s'apercevoir que leurs langues se déliaient avec une facilité prodigieuse dès qu'il semblait piquer du nez.

Bilbon aurait pu se sentir vexé de la retenue de ses hôtes et de leur manque de confiance en lui.

Il préféra apprendre à faire semblant de dormir –et à rire en silence.

24) Lorsqu'il est fatigué et découragé, Gildor se surprend à envisager d'abandonner ses errances et à envier les conditions de vie de ses amis sédentaires. Il se dit qu'il aimerait bien avoir le confort de la maison d'Elrond, les richesses des cavernes de Thranduil, la sécurité du palais de Celeborn ou la tranquillité de la demeure de Círdan.

25) Lorsqu'il assiste, seul au milieu d'un pays désert, au lever éclatant d'un soleil teintant les nuages de couleurs fantastiques ou à la ronde silencieuse d'une lune brumeuse baignant de mystère des paysages inconnus, malgré tous les dangers de sa vie aventureuse, Gildor plaint sincèrement ses amis sédentaires.

26) Merry et Pippin sont inséparables.

Quand ils font une bêtise, par exemple lancer une fusée sans autorisation pendant la fête d'anniversaire du vieux Bilbon ou voler des légumes dans le champ du voisin un brin paranoïaque, ils la font ensemble. Quand ils sont punis pour ladite bêtise, ils le sont ensemble.

Quand ils décident de quitter leur rassurante Comté pour accompagner un ami dans un périple dangereux et incertain, ils le décident ensemble. Quand ils espionnent des conseils secrets auxquels ils ne sont pas conviés, ils les espionnent ensembles.

Quand ils pleurent la perte d'un guide et protecteur, ils pleurent ensemble. Quand ils se sacrifient pour sauver un ami, ils se sacrifient ensemble. Quand ils s'enfuient dans une forêt étrange et périlleuse, ils s'enfuient ensemble. Quand ils combattent contre les forces des ténèbres, ils combattent ensemble.

Et quand ils prêtent serment d'allégeance à un puissant seigneur des Grandes Gens, ils le font aussi ensemble.

Merry et Pippin sont inséparables. Même à des centaines de lieues de distances l'un de l'autre.

27) Le Troll de la Moria n'avait pas de nom. Les Gobelins qui avaient tué sa mère et son père et qui lui avaient mis des chaînes autour du cou l'appelaient simplement le Troll. Cela n'attristait pas le Troll : il ne savait pas que quand ils vivent entre eux et en liberté, les Trolls se donnent des noms.

28) Même après plusieurs années d'une amitié sincère et de nombreuses visites du prince de Vertbois-le-Grand à la Montagne Solitaire, Gimli ne s'explique toujours pas pourquoi Legolas sifflote en souriant dès qu'il voit des Nains armés de pioches descendre dans les mines.

Rapport à une quelconque blague idiote des Elfes sur les Nains, sans aucun doute.

29) Lorsqu'Erestor lui apprit qu'il acceptait de s'occuper de sa formation de conseiller, Melpomaen ne comprit ni le sourire crispé de la dame Celebrían, ni le regard de sincère compassion que lui adressa le seigneur Elrond, pas même le profond soupir d'un Glorfindel lui tapotant amicalement l'épaule –et encore moins les enfantins et innocents dessins d'encouragement que lui offrirent Elladan et Elrohir.

Il comprit très exactement trois jours, sept heures et quarante-deux minutes plus tard.

30) Aujourd'hui encore, lorsqu'il croise Erestor portant une pleine brassée de papiers officiels et de lettres recommandées, Melpomaen ne peut s'empêcher de frissonner d'effroi.

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