Chapitre 1 : Prisonnière en enfer.
Jeudi, trois décembre 2009.
07h30.
Le petit village de Kiri était plein d'agitation, ce qui était tout à fait normal en cette période. Les préparatifs pour les fêtes de fin d'année allaient bon train et comme à chaque fois, les centres commerciaux, grandes et petites surfaces étaient prise d'assaut. Les gens étaient pris d'une sorte de frénésie et effectuaient des achats de toutes sortes : du plus beau au plus farfelu, du plus utile au plus insolite. Les listes de cadeau étaient envoyées, la plupart des sapins et objets de décorations pour, tous, avaient été achetés ; certains avaient même déjà décorés leurs maisons. Mais cette année un événement en particulier venait s'ajouter à toute cette agitation et rendait les habitants de la ville euphoriques. Des gigantesques foires allaient s'installer d'ici une semaine et donnerait un immense spectacle sur la grande place pour le réveillon de noël et tous comptaient y aller...
Zone résidentiels de Kiri : manoir des HARUNO
07h45.
Des notes de musiques résonnaient, une voix mélodieuse, envoutante et triste.
- You are everything I need to see
Smile and sunlight makes sunlight to me
Laugh and come and look into me
Drips of moonlight washing over me
Can I show you what you are for me?
Angel of mine, can I thank you
You have saved me time and time again
Angel, I must confess
It's you that always gives me strength
And I don't know where I'd be without you
After all these years, one thing is true
Constant voice within my heart is you
You touch me; I feel I'm moving into you
I treasure every day I spend with you…
Elle chantait tout en jouant du piano, elle chantait pour s'évader, pour essayer ne serait-ce qu'un instant d'oublier ou elle était, ce qu'elle vivait et surtout avec qui elle vivait. Elle ne se rendit pas compte qu'on frappait à la porte, ni même que quelqu'un était entré et encore moins que cette personne s'était approchée d'elle. Aussi, sursauta-t-elle lorsqu'elle sentit une main sur son épaule.
-Du calme mademoiselle Haruno ! S'exclama la jeune femme qui venait d'entrée. Ce n'est que moi.
-Désolé, s'excusa celle- ci, tu m'as surprise je pensais que c'était… enfin tu vois de quoi je veux parler. Mais, je ne t'attendais pas si tôt, on avait convenue de se voir après le passage de qui tu sais. Je me trompe ?
- Non en effet, confirma-t-elle. J'ai préféré venir plus tôt, car je me doutais que vous vous seriez déjà levé. Cela pose-t-il un problème ?
-Non
Elle se leva et se posta devant la fenêtre dont les rideaux étaient fermés, là elle tendit les bras et les ouvrit. Elle savait pertinemment que ça ne servait à rien, car cette foutue fenêtre avait été condamné, il y a de cela dix ans et voilà bientôt onze ans qu'elle n'avait pas vu la lumière du jour, qu'elle ne s'était pas promené sous la pluie, qu'elle n'avait pas joué dans de la neige, ni vu les cerisiers fleurir au printemps. Et depuis quelque temps, une envie qu'elle ne connaissait que trop bien ne cessait de la tourmenter, car cette semaine avait pour elle avait une signification bien particulière. Cela faisait maintenant quatre jours que ses cauchemars empiraient et le traitement qu'elle subissait ne faisait qu'empirer les choses. Elle sourit tristement. Et dire qu'avant elle adorait cette chambre, bien sûr, elle était différente. Les fenêtres n'étaient pas condamnées, elle pouvait aller et venir comme bon lui semblait ; mais tout ceci lui paraissait bien loin maintenant.
Elle se retourna, puis soupira.
-Qu'il y a-t-il mademoiselle ? S'inquiéta Natsumi.
-Rien, mais il y aura quelque chose si tu ne cesses pas de m'appeler « mademoiselle » mima-t-elle, reprenant la façon dont elle l'avait nommée. Appelle-moi par mon prénom ou sache que je ne t'adresserai plus la parole.
-Mademoiselle je…
-Ah non ! Tu ne vas pas recommencer ? La prévint-t-elle.
-Mademoiselle. Répéta Natsumi.
Elles avaient l'habitude de plaisanter sur ce sujet, aussi ne prit-elle pas en compte la menace proférée, même si elle avait l'impression que quelque chose clochait. Elle avait beau se creuser les méninges, elle bloquait. Depuis le début de la semaine elle avait remarqué un certain changement dans l'attitude de Sakura. Mais chaque fois qu'elle venait la voir tout semblait à peu près normal si on pouvait qualifier ainsi la situation de la jeune fille. Aussi fut-elle surprise de la réaction de la jeune fille.
- Assez, cria-t-elle en se bouchant les oreilles des deux mains.
Se rendant compte de son ton trop agressif, elle prit une grande inspiration histoire de se calmer, s'excusa, avant de se retourner. Car jusque-là elle fixait toujours la fenêtre.
-Désolé ! S'excusa-t-elle, je ne suis pas d'humeur aujourd'hui.
Elle se retourna de nouveau et fit face à la fenêtre. On aurait dit qu'elle pouvait voir en dehors, ce qui était impossible a moins d'avoir des rayons X à la place des yeux. Pourtant on aurait dit qu'elle y arrivait, elle avait posé une main sur la fenêtre et on aurait dit qu'elle souriait… qu'elle souriait à un fantôme.
Natsumi ne comprenait toujours pas ce qui lui arrivait, elle allait se résigner à partir lorsqu'elle se souvint de la date d'aujourd'hui. Ce fut à ce moment-là qu'elle tiqua et se gifla mentalement. Mais quelle idiote elle pouvait être, oublié une semaine aussi importante.
- Je suis vraiment désolé, commença-t-elle. Pardon, je suis tellement occupé en ce moment que j'en ai perdu la notion du temps. Sakura je…
- Ce n'est pas grave, la coupa Sakura toujours un peu hagarde. Tu n'as aucune obligation envers moi et, de plus je ne t'en veux pas.
- N'empêche, un jour comme celui-ci. Je ne me serais pas amusé à plaisanter si je m'étais souvenue, j'aurais dû. Oh Sakura pardonne-moi je…
- Il suffit maintenant l'interrompit-elle, sortant par la même occasion de sa transe, elle se retourna et lui fit face, la regardant dans les yeux. Je t'ai déjà dit que je ne t'en voulais pas et que ce n'était pas grave. Tu as le droit d'oublier tu sais ? La seule personne ici qui se doit de ne pas avoir de trou de mémoire, c'est moi. Tu ne crois pas ? Alors arrête de t'excuser, j'ai l'impression qu'on ne passe pas notre temps qu'à ça. Termina-t-elle en souriant tristement.
- Tu as raison confirma-t-elle, on a l'air idiote maintenant.
Il eut un moment où elles restèrent là, à se regarder, avant que Sakura ne se décide à briser le silence.
- Qu'avait tu as me dire de si important, pour prendre le risque qu'ils te découvrent.
- Et bien, amorça Natsumi. Ce que tu vas entendre ne vas pas te plaire mais le maître est de retour et en réalité c'est lui qui m'a demandé de venir pour te faire une proposition.
- Laquelle ?
- Selon lui tu as deux choix possibles aujourd'hui : soit c'est La Salle où…
- Où ?
- Je t'en prie Sakura ne m'oblige pas à le dire ! Tu te doutes bien de l'autre proposition.
Oui, elle se doutait bien de l'autre proposition. Non, rectification, elle savait parfaitement bien de quoi il s'agissait. Elle savait aussi parfaitement bien qu'elle n'avait pas vraiment le choix et qu'il lui faisait cette proposition juste pour la narguer, la faire craquer afin d'obtenir un prétexte suffisamment valide pour justifier ses : « séances spéciales » comme il les appelait, bien qu'il n'en ait nul besoin. Il voulait la voir pleurer et pour cela il se devait de la « punir » pensa-t-elle reprenant au passage l'expression qu'il avait utilisée, quelque temps plus tôt. Mais il n'y arriverait, elle ne céderait pas, elle serait forte car il le fallait. Mais aujourd'hui… aujourd'hui, se répéta-t-elle. Comment avait-il osé ? Habituellement il la laissait tranquille durant cette semaine, il la respectait au moins à ce niveau-là. Il connaissait parfaitement l'importance que revêtait cette semaine à ses yeux et tout particulièrement l'état mental dans lequel elle se trouvait. Il savait pertinemment comment elle se sentait durant cette période.
- Sakura ça va ? S'enquit Natsumi d'une voix ou perçait l'inquiétude.
- hum… Fit-elle totalement absente.
En effet depuis qu'elle avait entendu que le maître était de retour, son cerveau tournait à plein régime et elle était restée figée sur place le visage livide, les yeux hagards, les bras le long du corps. Le « hum » qu'elle avait prononcé était sortie comme ça, elle était en état de choc et ne disait plus que ce qui lui passait par la tête. Lorsqu'elle se rendit compte que Natsumi lui avait parlé, elle lui demander de se répéter.
- Je te demandais si ça allait, lui dit-elle.
- Oh non, ça ne va pas ! Répondit Sakura sentant la colère monter petit à petit en elle. Comment veux-tu que ça aille ?
Elle se mit à arpenter la pièce de long en large, histoire de se calmer.
- Mais qu'elle douce attention de sa part que de me prévenir ! Ironisa-t-elle. Et tu sais quoi Natsumi, poursuivit-elle, vas dire à cette espèce d'enfoiré que j'ai décidé pour la énième fois de choisir la salle et qu'il peut se mettre sa putain de politesse là où je pense.
- On se calme Saku, ça ne sert à rien de te mettre en colère surtout en ce moment. Tu le sais aussi bien que moi. Précisa Natsumi.
- Et comment veux-tu que je réagisse ? Argua-t-elle qui s'était radouci en entendant le diminutif affectueux qu'elle utilisait souvent lorsqu'elle voulait la calmée. Comment, dis-moi ?
Elle détourna les yeux, incapable de trouver des mots suffisamment juste.
- Je n'en sais rien. Finit-elle par dire.
- Regarde ! L'intima Sakura.
- Regarde-moi, répéta-t-elle.
Avec réticence, elle s'exécuta.
- Jusqu'à présent, il m'a toujours laissé en paix durant cette période… bon principalement parce qu'il n'était pas là, mais même lorsqu'il l'était… et maintenant par je ne sais quel miracle, il décide tout bonnement que ça doit changer.
- Sakura ! Supplia-t-elle, je t'en prie arrête. Tu te fais du mal pour rien, je n'aime pas te voir comme ça.
- Où est-il en ce moment ?
- Dans son bureau dans l'aile Est. Répondit Natsumi. Pourquoi ?
- Parce que je veux lui parler, dit celle-ci et voyant la panique dans les yeux de la brune cru bon de la rassurée. Ne t'en fait pas je ne sortirais pas d'ici parce que même si je le voulais, je ne pourrais pas. Mais, tu vas aller le prévenir que je suis prête et l'informé de mon choix. Il va sûrement venir avec son fidèle « chien de garde ».
- Saku, tu es sûr que ça va aller ?
- Ne t'inquiète pas je gère. Tu me connais.
Elles se regardèrent pendant un moment puis s'enlacèrent.
- Vas-y, dit Sakura, il doit être en train de t'attendre, ça va faire un moment que tu es ici. Il doit s'impatienter.
- D'accord, on se voit plus tard.
- On se voit plus tard, confirma Sakura.
Se dirigeant vers la porte qu'elle entrebâilla, elle s'arrêta, hésitante, elle avait voulu lui parler de quelque chose d'autre, mais elle se ravisa et se dit que pour le moment, il valait mieux en rester là.
- Tu voulais me dire autre chose, s'enquit Sakura perspicace.
- Non, rien qui ne puisse attendre, dénia Natsumi. À tout à l'heure.
Et elle partit.
Restée seule Sakura, s'absorba dans la contemplation de cette grande pièce qu'était sa chambre. Cette pièce qui était devenu son sanctuaire, et qui avait été le théâtre de tant de bons et merveilleux souvenirs liés à son enfance, était à présent devenue une cage dans laquelle elle était enfermée. Les murs qui, auparavant était d'un rose pâle pareil à ces cheveux, avait fini par se délaver et défraîchir avec le temps et virait au blanc. Une fenêtre à double volet condamné était dissimulé par d'épais rideau violet sombre en dentelle, qui, avec le temps avait fini par se ternir et virait presque au noir. Le sol était recouvert d'une tapisserie de couleur quasi identique à celle des rideaux, un énorme lit recouvert de drap de soie qui contrastait avec le côté vieillot de la chambre, trônait au milieu de la pièce et de chaque côté, l'on apercevait des tables de chevet magnifiquement sculpté. Tout juste près de la fenêtre se trouvait un bureau au-dessus duquel était encastrée une armoire à secteur, sur lequel étaient posée des livres, cahiers, stylos...etc. Le tout parfaitement bien rangé. Un magnifique piano placé à un mètre de la porte d'entrée se dressait fièrement et des deux côtés de cette porte se trouvaient des bibliothèques jumelles remplis d'ouvrages. Dans la pièce on pouvait discerner deux portes qui se faisaient faces : l'une menant à un dressing et l'autre à la salle de bain. Avec ironie elle se dit que cette chambre était parfaite pour un reclus volontaire de la société.
Elle se remémora comment elle en était arrivée à imaginer cette chambre et la première fois qu'elle l'avait franchi.
C'était l'année de ses six ans, elle se trouvait devant son école. C'était le dernier jour avant les vacances d'été. Elle allait bientôt fêter son anniversaire. Son frère et elle, fréquentait une école publique car leurs parents avaient avant tout voulu, qu'il ait en dehors de leurs maisons, une vie banale. Ils souhaitaient, que leurs enfants comprennent la chance qu'ils avaient et tous les privilèges que leur avait accordés la vie. De ce fait ils avaient parlé longuement avec les dirigeants des différents établissements dans lesquels ils souhaitaient les placer et avaient précisés, qu'ils ne voulaient aucun traitement de faveur pour leurs enfants, ils se devaient d'être traités au même titre que les autres. De telle manière qu'il n'y ait pas de discrimination sociale.
Elle se trouvait à l'entrée de l'école depuis quelques minutes déjà et pour patienter, elle observait les parents et leurs enfants. Elle aurait tellement aimé que ses deux parents viennent la chercher car habituellement c'était soit l'un, soit l'autre. Ils avaient pris l'habitude d'intervertir les rôles en fonction de la disponibilité de chacun et en cas d'absence, le chauffeur venait la chercher. Elle ne s'en plaignait pas contrairement à d'autre ; elle comprenait le pourquoi de leur absence, ils l'aimaient et le lui montrait tous les jours pour qu'elle ne l'oublie pas, et ils avaient même pris le temps de le lui expliquer. De plus pensa-t-elle, ils trouvaient toujours le moyen de se faire pardonner lorsque aucun des d'eux ne venait.
Elle cherchait son père du regard dans la foule, car aujourd'hui c'était à lui de passer la prendre. Malheureusement, elle ne le vit pas. Elle entendit une voix qui l'appelait, tel un éco à peine perceptible. Ensuite la voix se fit plus forte, distincte et elle put à peu près distinguer de quel côté elle venait : en face. Elle balaya donc la rue qui lui faisait face, et, aperçut sa mère près d'une limousine blanche qui lui faisait de grand signe en criant. Surprise, Sakura se dirigea vers elle, tout en se demandant pourquoi ce n'était pas son père qui était là. Sans autre forme de procès, elle s'élança vers elle.
- Tu m'as manqué maman. Cria-t-elle, tout en lui sautant dans les bras.
- Vraiment ? Demanda la jeune femme
-Oui, beaucoup. Dit Sakura un énorme sourire sur les lèvres.
- Toi aussi, cara mia, lui murmura sa mère. Tu m'as tellement manquée que je suis rentrée plus tôt.
À vingt-huit ans Reika Haruno était une magnifique jeune femme. De longs cheveux d'un blond éclatant et des beaux yeux d'un vert émeraude particulier et assez rare, dont d'ailleurs sa fille avait hérité, une silhouette fine qu'elle avait gardée malgré ses deux grossesses et de longues jambes. En, bref elle possédait une silhouette de rêve, un physique peu commun et d'une beauté rare, non artificiel. Elle portait une robe sans manches démembrés de couleur blanche qui s'arrêtait au-dessus des genoux, un décolleté en V barrée par une bande verte qui faisait ressortir ses yeux. Dans le dos, un autre décolleté en V, qui, lui aussi était traversé par la bande verte. La seule marque de maquillage qu'on pouvait déceler sur son visage, n'était qu'une trace toute légère de rouge à lèvres au ton naturel. Elle portait des chaussures à talons hauts de couleur verte, elle était parée d'une chaîne en argent avec aux bouts un pendentif en forme de cerise qu'elle ne quittait jamais et des boucles de même natures représentant des fleurs de cerisier.
Dans la rue, parents, enfants et quelques passants s'étaient arrêtés pour pouvoir l'admirer, car à ce moment précis on aurait dit un mannequin, certain même croyait a une apparition. Mais surtout parce qu'ils avaient reconnu la jeune femme ; elle était effectivement très connue de par les activités qu'elle exerçait. Elle se mit à caresser les cheveux étrangement roses de sa fille, et lui demanda si elle avait passé une bonne journée.
- C'était génial répondit Sakura. On a fait des tas de trucs et j'ai même fait un dessin.
- Formidable ma chérie.
Sa mère lui sourit.
- Dis maman ? Interpella-t-elle.
- Oui cara.
- Pourquoi ce n'est pas papa qui est venu ?
- Parce que c'est une surprise, lui répondit sa mère une expression malicieuse peinte sur le visage.
- Une surprise! S'extasia Sakura. Laquelle ?
- Et bien, fit mine de réfléchir la jeune femme, si tu montes dans la voiture tu verras une de tes surprises.
- Chic alors s'exclama-t-elle et à l'instant où elle ouvrit la portière et qu'elle vit son père, un « papa » sortit de sa bouche et elle lui sauta dans les bras. Apparemment c'était une manie chez elle de sauter au cou des gens.
- Eh, doucement cara tu vas te faire mal.
- Papa répéta-t-elle. Toi aussi tu es venu.
- Bien sûr, ma chérie, je ne pouvais, ne pas venir.
- Et moi, on n'est pas content de me revoir. Fit une voix qu'elle reconnut toute suite comme étant celle de son frère.
Entre temps sa mère était entrée dans la voiture et prenait place au côté de son époux. Sakura s'adressa alors à elle avec la même lueur malicieuse que Reika avait eu tout à l'heure.
- Mais, lui dit-elle en pointant son frère du doigt. C'n'est pas une surprise. J'en vois moi des poissons rouge tous les jours.
- Sakura ! fit mine de gronder sa mère.
- Qui tu traites de poisson rouge, menaça le rouquin.
- To…
À peine eue elle finit sa phrase qu'il la tira vers lui et se mit à la chatouiller. Elle explosa de rire et se mit à se débattre pour essayer d'échapper à cette torture.
- Et c'est reparti soupirèrent les deux parents en même temps, observant la scène avec amusement.
- Alors de qui tu parlais ?demanda-t-il tout en la chatouillant.
- De… t…
- Tu dis?
- De… ha, ha… mon… ha, ha, ha… grand… ha, ha… frère… euh.
- Répète dit-il en intensifiant ses chatouilles.
- Rien, murmura-t-elle essoufflé.
- Je n'entends pas.
- Rien, hurla-t-elle.
Il la relâcha.
- Tu vois, que quand tu veux, tu peux. Alors…
Il ne put finir sa phrase car elle lui sauta dans les bras.
-Nī-san, je suis heureuse de te revoir.
- Alors petite tête je t'ai manqué ?
- Oui beaucoup, répondit Sakura. Lui offrant son plus beau sourire.
Elle était vraiment très heureuse qu'ils soient tous réunit, car depuis que Sasori était parti étudié à l'étranger, il était très rare qu'ils soient rassemblés en famille comme aujourd'hui. D'ailleurs elle se demandait ce qu'ils lui cachaient, parce qu'ils avaient parlé de surprises et savaient qu'elle adorait ça. Se tournant vers sa mère, elle se mit à la questionner, pendant que le chauffeur les conduisait chez eux.
- Au fait m'an, t'était pas censé être avec nī-san, aux… U…
Elle hésitait cherchant dans sa tête le non du lieu où sa mère lui avait dit qu'elle partait, qui, soit dit en passant était aussi celui où résidait son frère les trois quart du temps.
-… Tu sais, le pays qui a plein d'étoile sur son drapeau? Hasarda Sakura. Les Unis. Amer… d'État poursuivit' elle en s'embrouillant.
À peine eut-elle fini sa phrase, que tout le monde se mit à rire.
- On dit : États-Unis d'Amérique, mon petit flamant rose, la corrigea son frère tout en riant.
- C'n'est pas drôle, rouspéta Sakura. Puisque c'est comme ça je ne vous parle plus.
Elle se mit à bouder, ce qui augmenta encore plus l'hilarité générale. Après quelques minutes les rires se tarirent et le frère constatant qu'elle boudait toujours dans son coin, se rapprocha et la prit dans ses bras malgré ses faibles protestations.
- Bon écoute, dit-il. On va faire un marché d'accord. Tu arrêtes de bouder, tu me fais un sourire et je te donne une autre de tes surprises. On fait comme ça ?
- On fait comme ça, répondit-elle un petit sourire illuminant son visage.
- Ah, voilà qui est mieux !
Ils étaient très proches, à leur façon mais très proche quand même. Il avait la fâcheuse tendance, même s'il adorait de l'embêter afin d'avoir le plaisir d'admirer cette petite bouille, prendre un air boudeur, qui était si semblable à celui de leur mère. Il ressentait toujours cette envie pathologique de la surprotégée. Il fouilla dans sa poche et en sortit un petit coffret vert, et le lui tendit, sous le regard attentif de leurs parents. Elle regarda le coffret, puis son frère qui lui souriait. Elle l'ouvrit et y découvrit de splendides boucles d'oreilles couleur émeraude pareils à ses yeux. Et elle sourit, d'un magnifique sourire.
Ils arrivèrent bientôt à leur « maison ». À peine la voiture fut elle arrêtée, que, frère et sœur se précipitèrent hors de la voiture et n'entendirent pas leur crier :
« - Faites attention tous les deux vous aller vous faire mal » et se dirigèrent directement vers l'imposante porte qui s'ouvrit sur un homme d'un certain âge au sourire bien veillant.
- Hola, señor, señorita dit celui-ci en les voyants passer tout à tour.
- Buenos días, Luciano dirent-il tout en continuant de courir.
Reika et son mari arrivèrent à leur tour au niveau de la porte et saluèrent le dénommé Luciano.
- Hola Luciano disent-ils.
- Hola señor, señora répondit-il. Comment était cette promenade ?
- Assez bruyante. Déclara Reika, avant d'entrer.
- Moi je l'ai trouvé assez divertissante, dit son mari la suivant.
Une fois à l'intérieur ils prirent la direction du salon. Ils y retrouvèrent leurs enfants en train de se chamailler à nouveau. Ils soupirèrent. Le thème de la dispute semblait être portée sur la couleur assez étrange de leurs cheveux, car l'un les avaient rouge et l'autre rose.
- Stop, s'écria Reika voyant que si elle n'intervenait, à ce rythme-là ils y seraient encore demain.
Ils s'étaient remis à se disputer a peine entrée, ils ne savaient pas comment mais ils avaient recommencé. Ils ne s'étaient même pas aperçus de l'arrivée de leur parent et avaient cessé de parler dès qu'il entend le « stop » de leur mère.
- Temps mort continua-t-elle ça suffit. N'oublier pas pourquoi on est là.
- Mais maman essaya Sasori c'est elle qui a commencé.
- C'ne n'est pas vrai, protesta Sakura, c'est lui. Il…
- Je ne veux pas savoir coupa-t-elle, et je veux voir tout le monde assit.
- Mais euh… tentèrent les deux enfants.
- Il n'y a pas de mais qui tienne.
Au regard qu'elle leur lança ils prirent place près de la cheminée sur quelques de nombreux coussins qui envahissait la pièce.
- Et quand je dis tout le monde commença-t-elle se retournant vers son mari qui tentait de fuir. C'est tout le monde.
Il sursauta, elle pouvait être un vrai tyran quand elle s'y mettait et seigneur il préférait éviter les ennuis. Car il ne tenait pas du tout à dormir seule ce soir. Il vint donc s'asseoir près de sa fille qui lui sourit. Il pressentait déjà qu'elle serait la copie conforme de sa mère.
Un tempérament de feu dans le corps d'une magnifique femme : L'âme d'un démon dans le corps d'ange.
Une fois tout le monde assit y compris elle-même, elle sourit et se remit à parler.
- Bon alors si nous avons tenu à vous parler, c'est parce que, les vacances sont là. Et vu qu'on a pu se libérer plus tôt que prévu. Votre père et moi avons décidé qu'on irait dans un charmant petit village qui s'appelle Kiri, on y a acheté une propriété et avons fini par l'aménagé. Nous allons y restées tout au long des vacances.
-Vrai de vrai s'extasia Sakura, il y a des chevaux ?
- Oui cara répondit son père. Et tu verras une fois là-bas vous allez adorer.
- Pas sûr, dit Sasori.
- Nous partons demain poursuivit-il ignorant la remarque de son fil, alors commencer à préparer vos affaires.
Aussitôt dit aussitôt fait, ils coururent en direction de leurs chambres pour ranger leurs affaires. Ce soir-là, dans ses rêves Sakura essayait d'imaginer à quoi ressemblait la maison où ils iraient. Qu'elle ne fut pas sa surprise lorsque le lendemain elle vit la maison en question… magnifique, on aurait dit une hacienda espagnole, comme sur les photos que sa mère lui avait montré. En plus se rendit-elle compte plus tard, il y avait vraiment tout ce dont ils avaient parlé. Une écurie, de vaste terre pour pratiquer l'équitation, un lac… etc. Jusqu'ici tout lui avait plus. Elle se dirigeait vers sa chambre ses parents à sa suite et lorsqu'elle y entra c'était parfait… oui parfait. Elle était éblouie, la chambre avait été aménagé et faite comme elle l'avait décrite. Du rose et du mauve et du blanc. Un énorme lit un pupitre, des bibliothèques et même le piano qu'elle souhaitait y était. Elle en était restée sans voix. Lorsqu'elle retrouva ses esprits et qu'elle se retourna vers ses parents ce fut pour leur sauter dans les bras en les remerciant. Puis sachant que son frère était sûrement de mèche avec eux, elle l'embrassa en lui exprimant des mercis qui n'en finissaient pas.
Ce jour il s'était promené dans le domaine et au soir venu avait dîné assit par terre devant un bon film, près de la cheminée.
Chaque fois qu'elle pensait à ce moment, elle se disait que ça avait été le denier été qu'il avait passée ensemble. Enfin disons l'un des derniers instants de bonheur qu'ils avaient partagés avant que l'horreur et le malheur ne s'abattent sur eux.
Il courait dans les rues car étant en retard il devait se dépêcher, il consultât sa montre : 8h20 ! C'est sûr il allait se faire trucider ou pire encore. Il avait près de vingt minutes de retard. En effet, il avait rendez-vous dans un café chic de la ville. D'ailleurs même, il se demandait pourquoi ce rendez-vous alors qu'il aurait été plus simple d'attendre le soir. Ne vivait-il pas dans la même maison ? Il poussa un juron. Au bout de quelques minutes il atterrit devant le café en question et leva la tête. Il put ainsi apercevoir écrit en gros caractère les mots « The regional coffee », il y entra priant de toutes ses forces que la jeune femme qui l'attendait ne soit pas déjà parti. Une serveuse vêtue d'un uniforme vint directement à sa rencontre et le débarrassa de son manteau.
- Est-elle déjà arrivée ? Lui demanda-t-il.
C'était un habituer d'ici et presque tous les serveurs, s'ils n'étaient pas nouveau le connaissait.
- Oui monsieur. Répondit celle-ci.
- Et depuis combien de temps ?
- Oh trente minutes, d'ailleurs elle commence à s'impatienter.
- Je vous remercie dit-t-il en grimaçant.
C'était officiel il allait se faire incendier.
Il se dépêcha d'aller la rejoindre. Il bifurqua à droite et se retrouva devant une magnifique salle. Quelques têtes se retournèrent sur son passage, les conversations cessèrent brusquement, mais il fit comme si de rien n'était. Comme à chaque fois que cela se passait. Il repéra de suite la jeune femme. Assise toute seule près de la vitrine qui regardait les passants en consultant de temps à autre son portable avec un air exaspéré. Il prit son courage à deux mains et se dirigea vers elle. Et dire qu'il était le plus âgée et qu'il appréhendait presque de se faire gronder, comme le ferait un petit garçon prit en flagrant délit. Une fois devant elle, il leva la main en signe de salutation tout en prononçant un « hi » dans lequel perçait une note d'angoisse quasi inaudible.
Elle se retourna et lui lança un regard à glacer le sang.
- Trente minutes, constata-t-elle simplement d'une voix emplie de colère.
Elle rougissait, il fallait qu'il fasse quelque chose ou elle allait exploser.
- S'il te plaît pardonne-moi commença-t-il, ma voiture ma laisser en plan au beau milieu de l'autoroute et le temps que la remorque arrive… de plus le taxi dans lequel je venais a été pris dans les embouteillages, j'en ai eu assez d'attendre alors j'ai fait le reste du chemin à pied.
- Trente minutes. Répéta-t-elle. Et ce n'est pas la première fois, ni la deuxième et encore moins la troisième mais la quatrième fois. Tu te rends compte, et à chaque fois tu me racontes des histoires à dormir debout.
- Je suis vraiment, vraiment désolé. Supplia-t-il. Tu me pardonnes ?
Elle leva les yeux au ciel. Si elle se retenait c'était surtout parce qu'il fallait qu'elle fasse bonne figure, il ne fallait absolument pas qu'a cause d'un moment d'égarement sa réputation soit entaché.
Elle soupira.
- Je te pardonne, mais ne reste pas debout comme ça les gens nous regardent.
Il sourit et s'assit en face d'elle. Elle était vraiment belle, quoiqu'un peu trop superficielle et porté sur les apparences. Il serait bien sorti avec, mais elle était une vrai petite peste et la seule raison qui le poussait à accepter une relation amicale avec elle, si on pouvait appeler ça comme ça, était le fait qu'il soit son tuteur jusqu'à sa majorité. Chose qui, Dieu soit loué ne saurait tarder.
- Alors de quoi voulais-tu me parler ? S'enquit-il.
- Et bien il y a une fête qui se prépare pour le 25 décembre…
- Et, en quoi cela me concerne-t-il ? Coupa-t-il froidement, une sourde appréhension le gagnant. Ne me dit pas que c'est pour me parler d'une soirée à la con que tu m'as donné rendez-vous ici à cette heure-ci. T'aurais pas pu faire ça à la maison, bien sûr !
- Mais non idiot ! Le réprimanda-t-elle. Ce n'est pas que pour ça. En fait j'ai été invité à cette fameuse soirée et le hic, c'est qu'il faut que je sois accompagné alors j'ai tout de suite pensé à toi. Et pour ce qui est de la maison, je me doutais que jamais je n'aurais réussi à en placé une avec ta… Enfin tu m'as comprise.
« Il ne me manquait plus que ça. » Pensa-t-il. Qu'il ait à s'occuper d'elle passait encore mais là…
- Tu ne pourrais pas y allez avec ton mec. Essaya-t-il.
- Non, malheureusement c'est impossible. Il est en vacances en Grèce et ne revient qu'à la reprise des cours.
En voyant le haussement de sourcils perplexe de son interlocuteur, elle ajouta :
- Une nouvelle lubie de ses parents, enfin surtout de sa mère. Mais bref, tu viendras avec moi de toute façon je ne te laisse pas le choix.
- C'est vraiment nécessaire ? Soupira-t-il.
- Mais absolument. Dit-elle un air scandalisé sur le visage. Je dois me trouver une nouvelle tenue pour l'occasion, je n'ai plus rien à me mettre.
- Rien à te mettre ! S'exclama-t-il, interloqué. Avec toute la garde-robe que tu as. Ton placard fait au moins la taille de cette salle et il est rempli.
- Justement, j'ai déjà pensé à me débarrasser de la plupart de ces vêtements, ils sont passés de modes. Tu n'auras qu'a le donné… je ne sais pas moi, aux pauvres, aux sans-abris et même à la croix rouge.
A vrai dire il doutait que les vêtements qu'elle portait puissent être portés par l'une des catégories qu'elle avait citées.
- Quoi qu'il en soit, dit-elle, tu vas m'accompagner faire du shopping.
- Mais enfin…
- Il n'y a pas de mais qui tienne. L'interrompit-elle, tu viens et c'est tout. Au fait, j'espère que tu n'avais rien prévu pour la journée.
- Justement, si. Dit-il profitant de cette ouverture qu'elle lui offrait. Et je…
- Tu n'auras qu'à annulé. Coupa-t-elle, de toute façon je ne te laisse pas le choix.
Oh seigneur, pensa-t-il. En cet instant il se disait que finalement il n'aurait jamais dû venir. Voilà ce que ça lui coûtait d'avoir voulu jouer les bons samaritains, il en payait le prix maintenant. Bordel ce qu'il avait hâte qu'elle ait dix-huit ans ! Ça commençait vraiment à bien faire. Il appela la serveuse, commanda son petit déjeuner, tant qu'à faire il valait mieux qu'il prenne des forces. Et c'est ainsi qu'attendant sa commande, il porta sa main droite à son front maudissant le jour où elle était rentrée dans sa vie. Il n'était pas sorti de l'auberge.
D'ores et déjà, la journée s'annonçait longue.
Seule dans sa chambre assise sur son lit, elle attendait. Elle repensa à ce que lui avait dit Natsumi. « Maudit soit tu, pensa-t-elle. Si tu pouvais savoir à quel point je te hais. ». Pourquoi, pourquoi avait-il fallu que ça leur tombe dessus ? Qu'avaient-ils fait pour mériter ça ? Pourquoi supportait-elle de vivre ? Pourquoi ne pas tenter une énième fois de s'endormir et ceux pour toujours ? Pourquoi, pourquoi, pourquoi ? Tant, de questions auquel Sakura ne trouvait de réponse. À force de se torturer l'esprit, elle finit par s'assoupir.
Des coups frappés le sortirent de sa réflexion. Il avait hâte de savoir ce qu'elle avait choisi. En réalité il ne lui laissait pas vraiment le choix car si elle choisissait la première option elle se terminera forcément par la deuxième et vice-versa. Il aurait donc deux fois plus de plaisir.
- Vous pouvez entrer Natsumi, dit-il.
Elle pénétra dans le bureau et le trouva assit sur l'un des somptueux fauteuils de la pièce qui faisait face à la cheminée. Elle le voyait de dos, il avait fait allumer un feu et de ce fait l'on pouvait entendre le bois crépiter sous les flammes. Il y avait juste à coter de lui une table sur laquelle était posé une tasse fumante d'un breuvage noir. Elle prit une discrète mais profonde inspiration, se rapprocha et commença à parler.
- Maître je…
- A-t-elle choisit ? La coupa-t-il.
- Oui maître. Répondit-elle.
- Et qu'a-t-elle choisit Natsumi, lui demanda-t-elle esquissant un semblant de sourire.
En voyant cela, elle se retint de justesse de sortir une remarque acerbe et se résigna à répondre.
- Elle a préféré la deuxième solution, maître.
En entendant cela, le semblant de sourire fit place à un large sourire, un sourire malsain, pervers et qui ne présageait rien de bon.
- Merci Natsumi finit-il par dire. Va et préviens-le, dis-lui que je serais dans « la salle » et qu'il pourra m'y rejoindre dans environs… disons, hum… trois heures.
- Qui dois-je…? Demanda Natsumi un peu perdu.
Il l'a regarda et elle comprit, elle comprit de suite de qui il voulait parler. Une question lui trottait dans la tête.
- Je préfère la voir seule aujourd'hui, dit-il. Répondant ainsi à la question muette qu'elle se posait.
- Tu peux disposer.
- Bien maître, répondit Natsumi.
Et sans plus de cérémonie, elle quitta la pièce avec un net soulagement.
Il attendit quelque seconde, puis la quitta à son tour. Promptement il se dirigea vers la chambre de la jeune fille, il avait hâte d'y être encore quelque mètre et il serait face à elle. Cela faisait deux longues semaines qu'il ne l'avait pas vu et bon sang ce qu'il était vraiment pressé de la revoir, de la touché, de la voir souffrir !
De son côté, la jeune fleur qui s'était réveillée, n'avait pas du tout les même envie, bien au contraire. Elle avait souhaité qu'il reste loin d'elle le plus longtemps possible, qu'il ait un accident et surtout avait-elle osée espérer qu'il mourait lors de son voyage et que son cauchemar se terminerait. « Espoir, espoir, espoir encore et toujours espoir. Pourquoi ne puis-je rien faire d'autre que d'espérer ? » Pensa-t-elle avec amertume.
Elle était couchée sur son lit, tournée vers la droite, son visage faisant face au mur, elle ne dormait plus et n'en avait plus l'envie. Elle appréhendait sa venue et cela ne devrait plus tarder car elle entendit des bruits de pas qui, léger au départ se firent plus précis ensuite. «Ils se rapprochent !» À cette pensée, elle se redressa sur son séant, attendant le moment où il frapperait à la porte. Ce qui ne tarda pas. Bientôt elle entendit bien distinctement des coups frappés à sa porte et se leva, inspira, croisa les bras au-dessous de sa poitrine et lui dit d'une voix sans chaleur d'entrée. À peine avait-elle parlé que la porte s'ouvrit sur lui. Elle avait porté son regard sur le sol et ne vit en premier que ses pieds. Elle remonta lentement les yeux jusqu'à croisé son regard. À cet instant elle aurait vraiment préféré mourir, car sans compter le fait qu'elle éprouvait un profond dégout à sa vue, elle frôlait carrément l'hystérie lorsqu'elle savait pourquoi il était ici et là lueur qu'elle discernait dans son regard n'arrangeait pas son état.
Ils restèrent quelques minutes à se regarder avant qu'il ne se reprenne et ne lui sourit ; un sourire malsain, concupiscent. Il était content vit-elle, c'était déjà ça. Elle était étonnée qu'il soit seul, la rose se demanda ou était donc passé son ombre, son chien de service. Avait-il enfin pris conscience de sa stupidité et ainsi renoncé à suivre son maître comme un petit toutou. Ou autre hypothèse plus probable, son maître l'avait fait congédier pour cette séance. Au moins elle ne…
- Suis-moi, lui dit-il simplement en sortant. Interrompant par la même occasion le cours de ses pensées.
Elle resta planter quelques secondes à regarder cette porte ouverte, avant de sursauter et de le suivre.
Elle marchait sans vraiment voir ou elle allait, le regard dans le vide ; de toute façon elle n'en avait pas besoin car elle connaissait le chemin par cœur, ses pieds étaient comme animés d'une volonté propre. Les couloirs étaient sombres et paraissait plus contiguë que dans son souvenirs alors qu'autrefois il était lumineux et spacieux. Ils avançaient droit devant eux, puis prirent à gauche et tout droit pendant quelques minutes, ensuite à droite. Tout au fond de ce dernier couloir, il y avait une porte isolée des autres car il fallait savoir que durant tout leur trajet, chaque couloir avait sur les murs par intermittences, de multiples portes se faisant face, et qui chacune donnait sur des chambres. Mais celle-ci était spéciale.
Il s'avança vers cette porte et l'ouvrit. L'on pouvait apercevoir des escaliers qui descendaient. Il se retourna vers elle et lui fit comprendre d'un signe, qu'il souhaitait qu'elle passe devant. Ce qu'elle fit. Ils descendirent donc les marches et se retrouvèrent dans une immense pièce, c'était la fameuse chambre. D'un côté de la salle, il y avait deux tables sur lesquels étaient posés différents objets de torture, des couteaux aux lames bien aiguisés, des scalpels, des pinces, des produits illicites… La seule chose qui dénotait avec le décor du lieu était cette bouteille de vin avec un verre à côté posé sur l'une des tables.
Pas loin des fameuse tables, des chaînes accrochés au mur, une chaise électrique, une espèce de table à bascule avec des sangles et une camisole de force posée dessus, un casque virtuel et bien d'autre encore. De l'autre côté de la pièce se trouvait un lit à baldaquin recouvert de draps noirs et plus loin des rangés de cuves et de barils. Il fallait préciser qu'à l'origine c'était une cave à vins qu'il avait fait aménager en salle de torture et qu'il avait affectueusement baptisé : « le pandémonium ». Et bien il pouvait se la mettre où elle le pensait ce putain de pandémonium !
Ils étaient au milieu de la salle et se regardaient depuis un moment déjà, lorsqu'elle brisa le silence.
- Par quoi commence-t-on, demanda-t-elle plus par provocation que pour réellement savoir.
Il sourit. Elle n'avait pas changé, toujours aussi impertinente et c'est ce qu'il aimait chez elle. Il se rapprocha d'elle et la tira sous une sorte de douche. Là il ouvrit le jet et de l'eau s'en échappa. Elle était glaciale. À grande peine elle retint un cri à la fois de surprise et d'horreur, elle était encore vêtue de sa robe. Il la laissa là un bon moment savourant cet instant avant de stopper l'écoulement.
- Déshabille-toi. Lui ordonna-t-il.
- Va te faire foutre ! Rétorqua la rose avec défi.
Voyant qu'elle ne bougeait pas, il s'approcha, tendit le bras vers une des manches de la robe et d'un geste sec la déchira avant de reculer pour admirer son œuvre.
- J'ai dit : déshabille-toi. Répéta-t-il.
Elle lui jeta un regard mauvais et s'exécuta de mauvaise grâce, serrant les dents. Car elle savait aussi elle ne le faisait pas d'elle-même, il le ferait. Il le ferait de la façon la plus humiliante possible.
- Plus lentement. L'enjoignit-il, comme elle le faisait rapidement dans des mouvements qui trahissaient sa rage. On n'est pas pressé.
Tremblante de rage, elle enleva le plus lentement qu'elle put sa robe et la balança sur le sol avec colère. Elle leva vers lui un regard meurtrier et attendit. Elle se retrouvait à présent en sous-vêtements, trempée jusqu'aux os, les cheveux mouillés inclut. Elle commençait à ressentir le froid mais, pour rien au monde elle ne l'aurait montré.
Il la contempla avec admiration, la dévorant des yeux. Et c'est à grande peine qu'il détourna son attention d'elle et se dirigea vers l'une des tables. C'était celle de la bouteille de vin prit et ouvrit. Se saisissant du verre, il le rempli à moitié et revint vers elle avec lui. Avec un léger sourire, il le lui tendit.
La rose l'avait regardé avec incompréhension aller vers la table et revenir, puis tiqua. Mais bien sûr, pensa-t-elle en voyant le verre à moitié plein qu'il pointait vers elle.
- Bois ça. Lui intima-t-il.
- Allez-vous faire voir ! Se rebella-t-elle au lieu d'obéir.
Elle savait que ça ne servait à rien mais elle voulait lui montrer qu'elle n'était pas une marionnette entre ses mains.
Il la gifla et lui retendit le verre.
- Bois ça. Répéta-t-il, tout en ponctuant chaque syllabe.
Elle se tint la joue et le regarda un moment et comprit tout de suite à sa manière de la toiser et surtout au ton de sa voix qu'il ne tolérerait plus aucun refus. Il avait dit ça d'une façon qui voulait dire : « Gare à toi si tu n'obéis pas. »Alors elle prit le verre et en avala le contenu d'une seule traite. Il l'attira ensuite à lui, caressa sa joue endolorie avec fascination et l'embrassa. Elle essaya de résister, de se débattre mais sentit ses forces commencé la quitté tandis que, son esprit devenait trouble. Elle le savait, dès le moment où il lui avait tendu le verre elle avait compris. Il l'avait une nouvelle fois drogué et elle n'y pouvait rien, son corps ne lui obéissait plus. Encore un de ces aphrodisiaques de merdes ! Il continua à l'embrasser et bientôt malgré sa volonté de fer, elle y répondit. Elle avait craqué, une nouvelle fois, elle avait cédé. Il quitta sa bouche et descendit lentement vers le coup. Il la souleva, la déposa sur le lit et dégrafa son soutien-gorge. Avide, il prit le premier sein qu'il rencontra en bouche et se mit à le suçoter pendant que sa main massait le deuxième et que son autre main descendait tout en une caresse sensuel vers l'intimité de la rose. Bientôt, il fut entravé dans sa course par la culotte de la rose qu'il déchirer d'un coup sec, mettant ainsi sa peau à vif.
Elle poussa un cri de douleur. Puis des gémissements lui échappèrent et elle s'accrocha aux draps alors même qu'il enfonçait deux doigts dans son intimité, commençant ainsi une pénétration sommaire fait de lent va et viens. Avec horreur, elle ressentit ces sensations familières de honte et de plaisir, cette chaleur insoutenable qui semblait ne pas s'apaiser. Son esprit semblait être recouvert d'un épais brouillard de plaisir qui annihilait toute volonté de résistance. Elle se surprit même à écarter les jambes pour mieux le sentir. Mais malgré tout, elle se forçait à ne pas le toucher se sa propre initiative. C'était la seule chose qu'elle arrivait encore à faire et à contrôler.
Lui par contre ne se gênait pas et petit à petit, il sentit son sexe se durcir. Un sourire salace vint effleurer ses lèvres. Comme elle était belle ainsi abandonner. C'est comme ça que toujours elle devait demeurer en sa présence : réceptive, enthousiaste avec cette pointe de rébellion. Revenant vers sa bouche et essaya de l'embrasser mais elle détourna la tête. Bien, elle avait encore un peu de volonté se dit-il. Accélérant les mouvements de sa main, il pressa le bouton de chair qui semblait le narguer. Elle poussa une exclamation étouffée et sa respiration se fit plus hachée. Il revint à la charge et cette fois, elle ne put se dérober et l'embrassa même avec ardeur. Se reculant, il cessa brusquement ses mouvements et esquissa un sourire en l'entendant murmurer une protestation.
« Magnifique ! » Pensa-t-il. Avant de commencer à se dévêtir.
- Ton corps princesse, est fait pour le sexe, ton âme pour être torturé. Murmura-t-il tout en se déshabillant. Le savais-tu ?
Sans attendre de réponse, il se tint à quatre pattes au-dessus d'elle chacun de ses bras de part et d'autre de sa figure. Il lui écarta de nouveau les jambes qu'elle essayait de serrer et la prenant par la taille, il l'attira à lui. IL n'en pouvait déjà plus. Son corps était en feu, il était fou de désir pour cette gamine et son voyage pour se calmer n'y avait rien changé. Au contraire même, il sentait qu'il ne pourrait plus se passer d'elle. Il prit un instant la mesure de ses pensées, mais finit par revenir à lui.
Se baissant, il se mit à l'embrasser de manière impatiente, fiévreuse, puis descendit, traçant un sillon de baiser sur le corps de la rose qui de nouveau ressentit ces sensations confuse et si clair à la fois. Elle essaya en vin de les réprimer, mais que pouvait son esprit face à cette drogue ? Des spasmes, de petit frisson traversèrent son corps. Il la caressa descendant toujours plus bas et arriva à son intimité dont il titilla le clitoris. Elle gémit et s'agrippa un peu plus aux draps.
Elle était humide, prête à le recevoir, constata-t-il. Alors il enfonça une nouvelle fois, deux doigts dans son intimité, et l'entendit pousser un cri de plaisir.
- Oui, comme ça. Murmura-t-il presque tremblant. Continu, vibre, cri, je veux t'entendre crier, ne te retiens pas, tu n'es pas assez forte pour ça. Poursuivit-il, tout en accélérant le mouvement de sa main.
Il bandait comme pas possible et voir cette jeune oréade se tordre de plaisir sous l'assaut de ses doigts n'arrangeait pas les choses.
Elle gémissait sans retenue devant lui, agrippant les draps, les tordants. Voyant qu'elle était proche de la jouissance, il augmenta une nouvelle fois la vitesse de ses mouvements. Elle jouit quelques secondes plus tard sous son regard emplit de satisfaction.
Il ne perdit pas de temps et présenta son membre gonflé et fièrement dressé à l'entrée de son intimité et le fit pénétrer à moitié, puis le ressortit et le recommença le même manège plusieurs fois.
Elle était de nouveau excitée, cette chaleur dans son ventre, ses entrailles qui se tordait. Elle avait hâte de combler le vide qu'elle ressentait. Car pour son plus grand malheur, la drogue n'avait pas encore perdue ses effets et semblait même plus puissante ou peut-être était-elle simplement trop faible. Il l'embrassa et elle y répondit.
Mais il voulait plus, il voulait l'humilier, qu'elle avoue qu'elle avait envie de lui. Il voulait qu'elle lui demande de la prendre, qu'elle demande à le sentir en elle, profondément.
- Dis-le, ordonna-t-il. Dis que tu en a envie, que tu veux que je te baise, dis le Sakura.
Elle le regarda, respirant fortement. Ses yeux lançait presque des éclairs. Il se dit que si on pouvait tuer du regard, il serait déjà mort depuis longtemps.
- Je vous déteste ? Lança-t-elle, ayant trouvé un peu de force pour lui cracher sa haine.
Il sourit, légèrement vexé qu'elle continue de le vouvoyer après tout ce temps.
- Oh ça je le sais. Lui affirma-t-il. Par contre ce que je veux que tu me dises, c'est que tu as envie de te faire baiser par moi, que tu veux me sentir en toi.
Elle ne répondit rien. Alors il recommença à la pénétrer a partiellement.
- Dis-le. Ordonna-t-il. Allez, tu en meurs d'envie, petite garce !
- Je… ah… je veux… ah… Haleta-t-elle. Je veux que tu me prennes, je te veux en moi maintenant. Je… n'en peux plus d'attendre. Céda-t-elle. Vas-y, fais ce que tu attends depuis si longtemps. Baise-moi !
Elle savait qu'elle était crue mais elle n'y pouvait rien, apparemment son cerveau avait perdue toute inhibition. Elle perdait le contrôle.
En entendant les paroles crues de la jeune rose, il sourit à nouveau et la pénétra d'un coup qui les fit hurler tous les deux. Il commença alors un lents va et viens. Enfin il était en elle ! Enfin il la prenait comme il en avait rêvé durant toutes ses nuits. Ces nuits durant lesquels il s'était taper des femmes tellement insignifiante, tellement facile. Un mot et hop elle était dans son lit. Mais avec elle c'était différente, elle lui résistait et diable qu'elle était bonne. Jamais il ne la laisserait à un autre pensa-t-il avec possessivité. Elle était à lui, tout à lui.
- Ah oui… c'est ça, vas-y, dit-elle. Prends-moi fort.
« Et qu'on en finisse ! » pensa-t-elle.
- Sakura… tu es tellement bonne, étroite et si chaude. Dit-il à son tour d'une voix rauque. Vibre, cri pour moi.
Elle finit par perdre sa résolution, lâcha les draps et le caressa à son tour. Ses mains remontaient le long du dos, le griffant de temps en temps. Cela, elle le fit juste pour lui faire mal. Pourtant, il sembla ne pas le remarquer.
- Plus vite, le pressa-t-elle. Plus fort.
Il s'exécuta.
- J'aime la façon dont tu réagis l'informa-t-il, lorsque je te prends comme une brute. Oh oui… c'est ça… continu, hurle ne t'arrête pas.
Les va et vient se firent plus fort, plus brutaux, les mots cru et choquant. Il la sentit proche de la jouissance alors il augmenta encore le rythme puis se stoppa et lui donna un dernier coup de reins qui les fit hurler, il éjacula puissamment, elle jouit sans retenue. Le sperme et la cyprine coulaient à flots débordant du vagin de la jeune femme, elle laissa échapper un sanglot à peine audible. Non elle ne pleurerait pas se dit-elle, pas devant lui. Elle ne lui ferait pas ce plaisir.
Ils restèrent un moment l'un sur l'autre puis, il se retira d'elle, descendit du lit et se dirigea vers la table où il avait laissé la bouteille de vin et le verre qu'il ramena près du lit. Il remplit à nouveau le verre à moitié, la souleva et la força à en reboire le contenu. Il n'en avait pas encore assez pour aujourd'hui, ça ne faisait que commencer. Deux semaines sans la voir et il avait l'impression que ça faisait des mois.
Elle haïssait cet être machiavélique mais que pouvait-elle faire, elle était prisonnière... prisonnière en enfer.
« Détruite par lui,
J'en oublie parfois qui je suis.
Mon innocence perdue,
J'avance dans cette étendue.
Mes illusions ont disparues,
Et la réalité m'est apparue. »
Arijessika.
