Ah que coucou ! C'est re-moi ^^ Comme j'ai plein d'inspiration pour cette fic, on va pas se gêner !
Par contre je voulais m'excuser pour le temps que je mets à chaque fois pour publier un nouveau chapitre. Il faut dire que j'ai beaucoup de boulot et pas beaucoup de temps.
Donc, je remercie Petiteloutre (excellent ce pseudo), Aude, Alessa Da Venezia, Ayu, Sept-Ian, Lou, Hana-evali, Maken, Zeephyre, Kelidril et Angel pour leurs commentaires ^^ ! Merchiiiiii !
Donc dans ce chapitre, un lemon (mon premier donc je sais pas si ça sera très fructifiant-sans mauvais jeu de mots), je continue à mettre l'intrigue en place ! Voilà voilà !
Et sans attendre, voici la suite !
TTTTTTTTTTTTT
Lorsque Fili se réveilla le lendemain, ce fut avec une monstrueuse gueule de bois. Il eut le malheur de se redresser trop vite, et une armée de cloches sonnèrent immédiatement à toutes volées contre les parois de son crâne. Avec un grognement de douleur, il se rallongea sur son lit. Il arrivait à peine à se rappeler comment il avait fait pour se traîner jusque dans les quartiers royaux et dans sa chambre, bourré comme il l'était la veille.
Par contre, il se rappelait parfaitement de quelque chose, qui lui fit monter aux lèvres un sourire de bienheureux. Il ferma les yeux pour apercevoir encore une fois le délicieux regard chocolat posé sur lui. Ce jeune Nain aux cheveux noirs et au sourire d'enfant...il fallait qu'il le revoit. Il fallait absolument qu'il le revoit ! La voix grave et claire à la fois résonnait encore dans sa tête, bredouillante ou franche, hésitante ou assurée. De tels contrastes en une seule personne. Incroyable et diablement séduisant.
« -Il faut que je le revois, dit Fili tout haut, les yeux fixés sur le plafond de sa chambre. Aujourd'hui-même !
Sur ces mots, il se redressa de nouveau, plus brusquement que la première fois, et porta les mains à ses tempes en gémissant de douleur.
« -Quel idiot !
Il resta quelques minutes allongé pour laisser à son mal de tête le temps de se calmer, puis se redressa avec prudence, très lentement, se retrouvant assis sur le matelas. C'est à ce moment-là que l'on toqua à la porte.
« -Fili ! Appela une voix rocailleuse, tu es prrrêt ? Tu es en rrretarrrd, mon gars !
-Oh merde, chuchota Fili, j'arrive m'sieur Dwalin ! Cria-t-il vers la porte.
« Aie. Aie...aie aie aie...ma têêêêête...c'est bien fait pour ta gueule ». Fili s'aspergea d'eau glacée, s'habilla en moins de deux, arrangea comme il put ses cheveux en pétard, saisit ses armes et sortit précipitamment, pour se retrouver nez à nez avec Dwalin qui le lorgnait d'un air soupçonneux.
« -C'est pas courrrant ça, mon Prrrince.
-Quoi donc, demanda innocemment Fili.
-Que tu sois en rrretarrrd.
-Je...
-Tu n'aurrrais pas rrrencontrrré une fille, parrr hasarrrd ?
-Pas exactement non. « Ta gueule Fili, bon sang ! »
-Pas exactement, hein ? Alorrrs comment il s'appelle, ton ami ?
-Mais de qui parlez-vous m'sieur Dwalin ? Et puis alors ? Ça vous regarde ?
Dwalin lui jeta un regard surpris, avant d'éclater d'un rire tonitruant et de donner une énorme claque sur l'épaule de Fili, qui faillit valser dans le mur.
« -J'te rrreconnais bien là mon gars ! On croirait entendre ton oncle. J'suis sûrrr que tu t'es déniché un joli ptit zosieau. Ah la jeunesse !
Fili haussa les sourcils, médusé. Il se serait attendu à des remontrances, car Dwalin était proche de Thorin, et il doutait que Thorin apprécie l'idée que son neveu fricote avec le premier venu. Même si ce premier venu était un jeune Nain diablement aguichant -sans même le vouloir d'ailleurs- aux immenses yeux chocolats. Aussi fut-il agréablement surpris lorsque son maître d'arme lui souhaita bon courage pour la suite.
Le prince blond suivit le Nain hilare jusqu'à la salle d'entraînement, perdu dans ses pensées. Il se demandait à quel moment il allait pouvoir s'échapper du palais pour essayer de retrouver son beau brun. Ignorant du reste où logeait le jeune Nain, cela promettait de durer des heures avant qu'il le retrouve. Malgré tout, Fili gardait espoir. Il était persuadé qu'il le retrouverait.
« -Fili.
-Monsieur Dwalin ?
-Cesse de rrrêvasser. Mets-toi en garrrde.
Le prince n'eut alors plus une seconde à consacrer à ses plans de recherche, trop occupé à repousser et à répondre aux attaques de Dwalin. Ce dernier combattait avec une hargne implacable, donnant des coups d'une telle force que Fili devait en esquiver certains sous peine de se démettre une épaule. La salle d'entraînement, déserte, résonnait de sons clairs et secs comme du cristal de roche, auxquels s'ajoutèrent bientôt des cris mesurés, des bruits de respiration saccadées, et même des jurons, poussés par l'un ou l'autre lorsque son vis-à-vis l'avait mis en difficulté.
« -Par le sang de Durrrin, Fili ! Qu'est-ce que tu as aujourd'hui ? Tu m'en fais voir de toutes les couleurs !
-Dois-je prendre garde à tes vieux os ? Demanda narquoisement le jeune Nain entre deux coups d'épée.
-Ne m'enterrrre pas trrrop vite, jeune frrreluquet !
Les rires de Fili répondirent aux grognements de rage de Dwalin. Pendant qu'ils combattaient, Thorin et Balin, qui passaient par là, vinrent discrètement s'adosser contre l'un des immenses piliers de la salle.
« -Ton neveu a beaucoup grrrandit, Thorrrin, chuchota Balin à son roi. Il est devenu assez forrrt pour mettrrre Dwalin en difficulté.
-Oui, sourit Thorin, il fera un grand guerrier.
Ils se turent un court instant.
-Il sait ? Demanda alors le vieux Nain.
-Pour sa mère ? Oui.
-Comment...
-Mal. Il l'a mal pris.
-Je crrrains que les choses ne se passent pas comme le souhaiterrrait ta soeurrr. Le jeune lion que je vois là ne serrra pas tendrrre avec elle.
-Tendre non. Mais il lui doit malgré tout le respect, et je me chargerais de le lui faire comprendre.
-Et Kili ? Dis a-t-elle écrrrit quelque chose en parrrticulier surrr le frrrèrrre de Fili ?
-Non, si ce n'est qu'elle rentre avec lui. Elle espère que Fili l'accueillera bien.
Balin soupira.
« -Je n'en suis pas si sûrrr...
-Mon oncle ! Balin ! Vous étiez là depuis longtemps ?
Les deux combattants venaient de rengainer leurs armes, et venaient vers eux, essoufflés et en sueur.
« -Bonjour Fili, comment vas-tu ? Demanda son oncle.
-Très bien.
-Tu as mal dormi ? Tu n'as pas l'air frais...
-Si si j'ai...
-C'est de ma faute, l'interrompit Dwalin, je l'ai fait se lever aux aurrrorrres pourrr cet entrrraînement.
Thorin fronça les sourcils et fixa Dwalin d'un air qui disait « c'est vrai ce mensonge ? », mais il ne releva pas. Au lieu de cela, il fit signe à Fili, laissant les deux frères discuter tranquillement. Le prince les salua avant de suivre son oncle, ne manquant pas de remarquer le clin d'œil complice de Dwalin. « Fonce, mon gars ! ». Fili se promit de faire ce que lui disait son maître d'armes.
Thorin le conduisit jusque dans son bureau, refermant la massive porte de chêne derrière son neveu.
« -As-tu réussi à dormir, Fili ? Demanda-t-il, Dwalin te couvre pour je ne sais quelle raison, mais cela n'a pas d'importance. Cela fait des jours que tu ne dors pas. Est-ce que tu te sens mieux ?
-Oui mon oncle, j'ai réussi à dormir cette nuit, et d'un sommeil de plomb.
-Tu m'en vois ravi, dit Thorin.
-Est-ce tout, mon oncle ?
-Fili, qu'y a-t-il ?
-Mon oncle ? Que voulez-vous dire ?
-Tu semble...pressé...as-tu quelque chose de prévu aujourd'hui ?
-Rien de..spécial mon oncle, répondit Fili d'un ton qu'il fit le plus désinvolte possible.
-Hm...sourit Thorin, perspicace. Ne te moque pas de ton vieil oncle. Je n'ai rien contre le fait de te voir rencontrer des jeunes de ton âge, ou plus si affinités, si tu vois ce que je veux dire...mais n'oublie pas ton rang Fili. Tu es prince d'Erebor, héritier du trône. Mon héritier.
-Thorin, je n'oublie pas mon rang. N'ayez crainte.
Fili s'inclina, avec toute sa dignité de prince, et quitta le bureau. Son sang bouillait dans ses veines. Il ne savait plus que penser. N'avait-il donc pas le droit d'aimer ? Parce qu'il était l'héritier d'Erebor, il devait se contenter d'aventures d'un soir ? Cela le révoltait. Il repensa aux cheveux noirs du jeune Nain de la veille. Les reverrait-il un jour ? Pourrait-il un jour passer ses doigts dans ces mèches d'ébènes ? Il le souhaitait ardemment.
Il décida de retourner en ville le jour-même. Il reverrait le jeune Nain le soir-même, dut-il retourner tout Erebor pour cela !
Fili avala rapidement un repas de pain et de fromage, avant de se débarbouiller rapidement et de se changer. Il enfila une simple tunique de laine marron, et entreprit de défaire les tresses de ses cheveux afin de les peigner correctement et de les recoiffer. Il avait déjà moins l'air d'un sauvage. Il se saisit d'une musette dans laquelle il fourra un morceau de pain, une gourde d'eau, sa bourse et un livre, puis il quitta ses appartements, discret comme une ombre dans les couloirs du palais.
Il commença ses recherches en se rendant tout droit à la taverne du Sanglier d'Or, où il demanda si l'on n'avait pas vu le jeune Nain dans la journée. Personne ne put l'aider. Fili se remit en route, passant par toutes les boutiques, toutes les échoppes, tous les ateliers, mais aucun signe du brun. Alors, le prince ralentit l'allure, quelque peu refroidi par le peu de résultats obtenus, et se promena tranquillement dans les rues animées d'Erebor, saluant au passage les Nains surpris de reconnaître leur prince parmi les roturiers. Plusieurs enfants accoururent au-devant de lui en riant, l'admirant de tous leurs yeux, s'empêtrant dans ses jambes. Avec un sourire bienveillant, Fili leur ébouriffait les cheveux, leur recommandait d'être sages et de ne pas donner trop de soucis à leurs mères. Alors une petite fille aux boucles rousses le tira tant bien que mal jusqu'à une modeste échoppe sur la devanture de laquelle se trouvait de nombreux jouets, en bois peint, en céramique, ou encore de toutes petites figurines taillées dans des pierres semi-précieuses. Elle prit dans ses petites mains un minuscule lion de topaze qu'elle tendit tout à coup au prince. Les joues en feu, hissées sur la pointe des pieds, et lui mit sous le nez ce petit animal figé dans une position royale, délicatement ouvragé et riche de détails.
« -C'est pour moi ? Demanda doucement Fili.
-O..oui ! Bégaya la petite fille.
-Quel est ton nom ? Sourit le blond.
-Alyna
-Eh bien Alyna, dit gentiment Fili, je te remercie pour ce cadeau. Je le garderais précieusement.
L'enfant lui sourit alors de toute ses dents, avant de se sauver en sautillant, partant rejoindre les autres petits. Le blond la suivit du regard d'un air attendri, le petit lion toujours dans la main. Il aperçut soudain du coin de l'œil un éclair noir. Immédiatement, il redressa la tête, tous ses sens en éveil. Et il l'aperçut.
Le jeune Nain de la veille. Il le reconnu tout de suite, bien qu'il fut de dos. Il reconnut la barrette d'argent qui faisait comme un éclair blanc dans ses mèches d'ébène. Il reconnu la carrure un peu plus élancée que la normale et les gestes pleins d'entrain. Instinctivement, il s'avança dans sa direction, hypnotisé par les reflets ourlant la chevelure noire. Le jeune Nain était en cours d'acquisition d'un cake aux figues, et remerciait gaiement le vendeur lorsqu'il aperçut Fili, à quelques pas de lui. Un air surpris se peignit sur son visage, avant que celui-ci ne s'éclaire d'un grand sourire.
« -Salut ! Comment ça va ? Tu as fini de cuver ta bière ?
-Bien le bonjour. Je vais très bien, mais pourrais-tu être un petit peu plus discret ? De manière à ce que tout Erebor ne sache pas que je me suis pris la cuite de ma vie hier soir ? Et qui plus est dans un repère de voyous ?
-Désolé...je suis pas très fin quand je m'y mets, dit le jeune Nain en se grattant la nuque.
-Ne t'en fais pas, sourit Fili, tu as un petit creux ? Demanda-t-il désignant le paquet de son vis-à-vis.
-Ouais je voulais aller me trouver un petit coin tranquille et déguster cette petite merveille. Tu sais, cette petite échoppe ne paye pas de mine, mais ils font le meilleur cake aux figues qui soit !
-Je te crois sur parole.
-Et toi.. ? Qu'est-ce qui t'amène dans les rues ?
-Je cherchais quelqu'un.
-Ah ! Je te laisse alors !
-Attends ! Ça te dérange si je t'accompagne ?
-Non, bien sûr, mais je croyais que...
-...tu n'es vraiment pas très fin, hein ?
-Quoi ? Dit le jeune Nain en fronçant les sourcils, l'air déboussolé.
-Tu m'as donné à croire que nous devions nous revoir, et je suis là, sourit Fili.
-J'ai dit ça, moi ?
-Pas vraiment, murmura le blond en portant sa main à sa joue avec un air équivoque.
-Oh.
Le jeune brun rougit fortement. Il jeta un regard alentour, pour être sûr que personne ne soit témoin de son embarras. Fili ne le lâchait pas des yeux, un demi sourire aux lèvres.
« -Je suis désolé...c'était très déplacé...
-Tu comptais manger ce pain aux figues tout seul ?
-Euh...
-Allez, suis-moi.
Fili pris les devants, empoignant la manche du jeune Nain pour l'emmener avec lui. Avec délectation, il remarqua les rougeurs permanentes sur les joues du brun, qui se laissait faire comme un sac de patates. Ils s'engouffrèrent dans une des nombreuses galeries qui sillonnait Erebor. Fili ralentit le pas, lâcha le plus jeune et ils marchèrent tranquillement. À une intersection, le prince s'arrêta, glissa sa main sur la paroi et tâtonna doucement.
« -Que fais-tu ? Demanda le jeune Nain.
-Tu vas voir, sourit Fili, ah ! C'est bon !
Il appuya sur une roche saillante et l'instant d'après, toute la paroi vibra. Un pan de pierre s'enfonça avant de se décaler, laissant la place à un petit escalier étroit et sombre.
« -La vache !
-Viens.
TTTTTTTTTTTTT
« -Mais c'est...magnifique !
-Heureux que ça te plaise, sourit le blond.
Ils se trouvaient sur une petite corniche, dans les hauteurs d'Erebor, surplombant une sorte de précipice inquiétant et dissimulé dans la pénombre. Mais au-dessus d'eux s'étendait une vision onirique. La sublime voûte opaque était parsemée de minuscules joyaux, brillants d'autant plus fort dans la fausse nuit, comme de lointaines étoiles. Ils restèrent ainsi quelques instants, contemplant silencieusement ce trésor, puis le brun commença à s'agiter.
« -Tu viens souvent ici ?
-Cela m'arrive, oui, quand j'ai du temps.
-C'est splendide. Mon pain aux figues est indigne d'un tel endroit, plaisanta le plus jeune.
-Ne dis pas de bêtise et viens t'asseoir ! Dit Fili en tapotant la pierre à côté de lui.
Son vis-à-vis obéit maladroitement, gêné par leur proximité. Puis il saisit son pain aux figues, l'air de rien, et le coupa en deux, avant d'en tendre un bout à son aîné.
« -Merci.
-Mais de rien ! Régale-toi ! S'exclama le jeune Nain, avant de rentrer la tête dans les épaules en entendant l'écho de sa voix qui se répercuta tout à coup contre les parois. Fili rit doucement avant de mordre allègrement dans son morceau de cake. Il ferma les yeux en ronronnant presque. Un pur délice. Le brun n'avait pas menti.
« -Alors ? Tu m'as toujours pas dit ce qui t'amenait ici ?
-Des affaires de famille, dit le jeune Nain, la bouche pleine. Ma mère voulait revoir son frère, ça faisait longtemps qu'elle ne l'avait pas vu alors elle a voulut revenir s'installer à Erebor !
-Je vois. Je béni ta mère.
-Hein ? Tu connais ma mère ?
-Ma is non ! Idiot.
-Mais ! T'as pas fini de... !
Les yeux écarquillés de surprise, le jeune Nain sentit des lèvres chaudes se poser sur sa joue. Des doigts se posèrent doucement sur sa nuque, tendrement, massant doucement la chair.
« -Qu'est-ce que tu... ?
-Tu veux que j'arrête ? Demanda soudain Fili en stoppant tout mouvement.
-Non je...euh...c'est agréable mais...pourquoi tu...
-Je te dois une fière chandelle pour hier soir...
-Mais...tu as embrasses tous ceux à qui tu dois quelque chose ? Demanda le brun, perplexe.
-Non.
-Alors...
-Tu me plais, déclara tout à coup Fili, je n'ai jamais rencontré un Nain comme toi. Tu es drôle, adorable, séduisant (Le jeune Nain grimaça)...j'aimerais faire plus ample connaissance...
-Faire plus...Séduisant ? Moi ?!
-Tu n'imagines pas à quel point.
-Mais...
-Chuut...
Il posa sa main sur la joue presque imberbe du jeune brun pour le forcer à le regarder. Une lueur inquiète brillait dans les iris chocolat, ajoutée d'une note plus sombre...Fili sourit. Du désir. Sous ses airs de jeune effarouché, il semblait qu'il appréciait malgré tout d'être l'objet d'une telle attention.
« -Tu sais quoi... ? Chuchota timidement le brun.
-Quoi ?
-Je crois que...tu me plais aussi...
L'instant d'après, Fili l'embrassa. Tendrement d'abord. Puis avec plus de passion. Il força doucement le barrage des lèvres fines, qui s'entrouvrirent avec hésitation. Il sentit la tension dans le corps de son vis-à-vis, la pudique raideur du jeune Nain recevant ce qui devait sûrement être son premier baiser, sa première véritable expérience en la matière. Le souffle court, il repoussa doucement Fili, qui se laissa faire et ancra son regard bleu dans le sien.
« -Ça va ?
-Oui...ça va très bien...
Le blond sourit, heureux comme un charme. Son vis-à-vis lui sourit en retour. Avant de lui rendre timidement son baiser. Fili ferma les yeux, savourant pleinement le goût du jeune Nain, dont il sentit les mains se glisser furtivement sur son torse. Le corps vibrant de désir, le blond passa un bras autour de sa taille et l'attira contre lui, glissant son autre main sur sa nuque pour approfondir le baiser, dont il prit bientôt le contrôle, enivré. Un petit gémissement retentit soudain, qui l'électrisa littéralement. Il détacha ses lèvres de celle de son vis-à-vis et descendit dans son cou qu'il marqua d'une douce brûlure. Le bras qui maintenait sa taille remonta dans son dos, tandis que sa main s'égarait sur les lacets de la tunique bleue, tâchant de les détendre. Le brun gémit plus fort sous les caresses intenses, se collant inconsciemment contre Fili, qui finit par s'appuyer dos contre la paroi rocheuse. D'un geste impérieux, il saisit le jeune Nain et le fit s'asseoir à califourchon sur ses genoux. Le geste rendu maladroit par leurs corps excités fit se rencontrer brusquement leurs entrejambes dans une délicieuse friction. Le brun rejeta la tête en arrière, haletant, avant de s'agripper à Fili qui saisit ses hanches à pleines mains, cueillant ses lèvres avec délicatesse, les mordillant et les léchant tour à tour. Puis, joueur, il se mit à onduler sensuellement du bassin.
« -Tu...
-Oui, Amour ?
Le jeune Nain ouvrit de grands yeux.
« - « Amour » ?
-Je ne connais pas ton nom...permets-moi de t'en inventer un...
-Tu ne crois pas qu'on va...ah !
-Oui ? Demanda Fili d'une voix mielleuse.
-Un peu trop vite... ! Aaah ! Par Durin !
-Nous sommes déjà trop lents à mon goût, susurra le blond.
-Mais...comment peux-tu... ? Oooh !
-Il y a une chose que tu dois savoir sur moi...
-Aaah !
-Je ne suis jamais tombé amoureux.
-Moi non plus... !
-Mais je sais quelque chose...
-Ahhaaaaa ! Quoi... ?
-Tu me plais terriblement. Je te veux. Je veux tout savoir de toi. Tout.
-Tu te rends compte de ce que tu dis... ? Aaah !
-Tu es si beau...
-...Merci...
Fili cessa tout à coup de bouger, observant la teinte sublime qui rehaussait le teint pâle du jeune brun en sueur, qui l'observait lui aussi, d'un regard embué. Tendrement, il revint à ses lèvres quelques instants, avant de poser son front contre celui de son vis-à-vis.
« -Tu es beau.
-Tu te répètes...
-Tu es beau.
-Mais...
-Chuuuut...tu es merveilleux, sexy, délicieux, sensuel, sublime, magnifique...
-Arrête...Ohh !
Fili avait repris la cadence avec plus d'intensité, faisant gémir le jeune Nain plus fort. Puis, impatient, il finit par saisir la tunique bleue et la lui ôta en la passant par-dessus sa tête, avant de faire de même avec la sienne. Avec amour, il allongea doucement son amant sur le sol de pierre et lui ôta ses braies, découvrant son corps nu avec délices, le parcourant superficiellement de ses mains. Il se dévêtit lui-même complètement, avant de reprendre sa position initiale, le jeune brun sur ses genoux.
Mais ce cours instant de répit avait permis à ce dernier de retrouver une pensée à peu près claire et de réaliser ce qu'il était sur le point de faire. Et surtout de réaliser que ce n'était pas ce qu'il voulait. Il fixa Fili, gêné d'être ainsi à califourchon sur lui et complètement nu, à la merci de toute la fougue du blond. Ce dernier fit doucement glisser ses mains sur ses cuisses, caressant la peau pâle avec délectation, remontant peu à peu vers les hanches musclées, faisant déjà naître un frisson de plaisir dans tous son corps. Mais non, ce n'était pas ce qu'il voulait.
« -Ecoute, hésita-t-il en repoussant doucement les caresses de Fili, je crois que nous allons trop vite...
Le blond fronça les sourcils.
« -Je veux dire...on ne s'est rencontrés qu'hier et tu étais rond comme une barrique alors je ne vois pas ce qu'il peut y avoir de bénéfique à entamer une relation comme celle-là...
-Qu'entends-tu par là ? Demanda Fili.
-On ne dirait pas comme ça...mais je suis très...euh...rom...roman...enfin tu vois... ?
-...
-Bref disons que j'ai un idéal assez défini de ce que je souhaiterais vivre comme relation. Et que ça n'inclut pas les coups d'un soir.
-Qui a dit que c'était un coup d'un soir ? Dit le blond le plus sérieusement du monde.
-Et bien...je ne connais même pas ton nom. Et tu ignores le mien. Et puis...normalement, si l'on souhaite qu'une histoire dure, il me semble que la meilleure méthode est de faire d'abord connaissance...non ? Pas de se sauter dessus tout de suite.
-Je vois, sourit Fili. Tout d'abord, saches que tu es le jeune Nain le plus intéressant que j'ai jamais rencontré. Je serais vraiment, vraiment stupide si je prétendais vouloir m'en tenir à un « coup d'un soir » plutôt que d'approfondir. Tu es spécial...tu as en toi quelque chose qui m'intrigue au plus haut point...je voudrais mieux te connaître, et j'espère sincèrement que ta mère n'a pas pour projet de quitter Erebor avant longtemps.
Son vis-à-vis soutint son regard sans se troubler alors qu'il se saisissait tout doucement de sa taille pour le rapprocher de lui.
« -Passons aux présentations. Je m'appelle Fili.
Le brun écarquilla soudain les yeux.
« -Fili ? Le neveu de sa Majesté Thorin ? Le prince héritier ?! Par Durin !
Il chercha frénétiquement à se défaire de l'étreinte du blond, qui le maîtrisa sans trop de mal en roulant sur le sol pierreux et en le maintenant sous lui. Le plus jeune se débattit vainement, effaré. Fili lui murmura doucement des paroles rassurantes à l'oreille, embrassant doucement la commissure de ses lèvres. Le jeune Nain finit par se calmer et par le regarder dans les yeux, à la fois incrédule et effrayé. Le prince lui sourit doucement.
« -Pourquoi réagis-tu de cette manière ?
-Tu...bon sang...tu ne plaisantais vraiment pas à la taverne alors...
-Je suis le même qu'hier, et le même que tout à l'heure...le fait que je sois prince ne change rien.
-Si...si cela change beaucoup de choses...
-Ah oui ? Lesquelles par exemple ?
-Tu es prince, tu as tous les droits. Tu dois donc considérer que si tu me veux, je t'appartiens. Tu peux avoir toutes les Naines et tous les Nains que tu veux d'un claquement de doigts...je crains que ce que j'ai dis tout à l'heure ne sois juste : mon malheureux cake aux figues ne vaut pas ta splendide voûte aux étoiles.
-J'ai effectivement été élevé par un Nain dont la prestance et l'allure lui valent l'admiration et le respect de tous. Un Nain qui m'a apprit à prendre ce que je voulais quand je le voulais. Mais avec respect. Je n'ai jamais forcé qui que ce soit à me céder. Je suis un prince, pas un tyran.
-Quand bien même...nous ne vivons pas dans le même monde...
-Mon monde est le tien, et ton monde est le mien. Tu n'as pas moins de valeur que moi.
-Tu sais parler Fili...
-Pardon ?
-Tu es éloquent, sourit le brun.
Ses lèvres. Ses lèvres étirées ainsi et éclairant son visage. Il avait une grande bouche, et chaque fois qu'il souriait, c'était un immense sourire qui animait sa figure.
Un coup d'un soir ? Lui ? Impossible. Fili ne le permettrait pas. Ce Nain avait trop de charme, d'espièglerie, de douceur et d'inconscience mêlée pour qu'il le laisse s'enfuir. Par le sang de Durin, il ne lui échapperait pas.
Il se pencha délicatement pour embrasser le creux de son cou, le caressant de son souffle chaud et posant ses lèvres avec tendresse sur chaque centimètres de peau tendre et laiteuse. Le brun bougea doucement en-dessous de lui, cherchant une position plus confortable, leur faisant réaliser soudain à tous deux la posture dans laquelle il était.
Allongé sous Fili, la tête légèrement rejetée en arrière, les bras posés au niveau de sa tête dans une attitude de complète passivité, le torse se soulevant paisiblement au rythme de sa respiration, il fit frémir le prince d'anticipation, surtout lorsque celui-ci avisa l'accueil involontaire des jambes entre lesquelles il se tenait. Le plus jeune rougit fortement alors que Fili se rapprochait de lui, posant les mains sur ses cuisses pour les écarter doucement et s'installant entre elles. Incapable de soutenir le regard brûlant du prince, il détourna les yeux, rougissant de plus belle alors que le poids du corps chaud et tendu se reposait peu à peu sur lui. Il sentit une main attentive caresser le creux de ses cuisses tandis que l'autre remontait le long de son flan droit et que des lèvres brûlantes venaient embrasser ses tétons, le faisant gémir d'une voix terriblement sensuelle. La moustache du prince le chatouillait, et sa langue venait taquiner sans pitié les petites perles roses qui durcissaient à vue d'œil. Les gémissements s'intensifiaient de plus en plus, excitant le prince blond au-delà du raisonnable. Sans s'en rendre compte, le plus jeune commença à onduler sous lui, ouvrant encore plus les cuisses alors que Fili reprenait ses mouvements de bassin trop longtemps interrompus. Bientôt il augmenta la cadence, frottant leurs deux érections l'une contre l'autre. Fou de désir, son amant s'agrippa soudain à lui, criant presque. Le prince dégusta cette voix grave, rendue plus rauque encore par le plaisir, haletante, délicieuse.
Alors il décida de passer à la vitesse supérieure. Il embrassa à pleine bouche le jeune Nain, glissant sa main entre ses cuisses pour le préparer tendrement à l'accueillir plus intimement.
« -Oh par Durin !
-Tout va bien Amour, ça va aller...
-Aaaah...
-Dis-moi si je te fais mal...
-Bon sang, Fili ! Aaaaah...aaaah !
-Tu es beau.
-Tu recommences...oooh ! Nngh !
-Ça va ?
-Oui...aaah...Filiii...
-Hm.. ?
-Tu es beau...
-Je t'aime.
Il l'embrassa de nouveau avant de le pénétrer doucement, infiniment tendrement, caressant chaque parcelle de peau à sa portée pour distraire son amant d'une éventuelle douleur. Les gémissements se muèrent en cris et les cris en hurlements alors qu'après un moment, Fili accélérait la cadence, pilonnant le brun sans un rythme effréné. Ce dernier encerclait sa taille de ses jambes, les lèvres dévorées de baisers sauvages et passionnés, rouges et brûlantes, symbole même de luxure. Le blond ne le lâchait pas des yeux, fou de désir, et cette vue sublime sur son amant offert lui donnait une énergie incroyable. Ils jouirent en même temps, dans les bras l'un de l'autre.
Ils partagèrent cette première « nuit » d'amour, sous le faux ciel nocturne piqueté de diamants, échangeant tour à tour caresses et baisers, faisant et refaisant l'amour, se chuchotant des paroles que chacun savourait avec mille délices.
Finalement, ils s'effondrèrent sur la pierre fraîche. Fili prit son amant dans ses bras, embrassant sa tempe, avant de se souvenir.
« -Je ne connais toujours pas ton nom.
-Je m'appelle Kiliann.
