Elle raccrocha sans même attendre une réponse de son amie. Axel avait rarement vu Olivia aussi excitée pour un simple hackage d'immeuble. Ce n'était pas la première fois qu'elle le faisait. Axel s'était même demandée si elle ne prenait pas plaisir à l'envoyer chez les flics, une fois. Elle rangea son téléphone dans son sac et remarqua que sur la table était posé une petite coupelle avec un bout de papier et un gros muffin au chocolat. Elle n'avait même pas vu Owen passer. Elle régla son repas avant de partir, ses sacs et son muffins dans les mains.
Elle passa le reste de l'après-midi à vagabonder dans les rues, visitant tous les magasins intéressants et prenant des photos de la ville sous chacune de ses coutures. C'est donc les bras chargés de sept sacs de tailles variables qu'elle rentra dans sa chambre pour 18H. Elle vida toutes ses courses sur son lit et rangea tout avec rapidité. Elle passa seulement plus de temps à admirer son nouveau skate-board à l'effigie de la ville avec un immense « New York » écrit en graffiti sur le dos. Elle était toujours contente de ce genre d'achat comme beaucoup d'autre avant lui, grâce aux nombreux voyages d'affaires de son père, il agrandira sa collection qui l'attendait chez elle à Lhuty.
Alors qu'elle s'apprêtait à aller rejoindre son père pour aller dîner, la réception sonna sa suite via le téléphone à côté de l'ascenseur. Elle décrocha et elle entendit dire :
-Votre père vous a laissé un message. Il s'excuse de ne pas pouvoir souper avec vous ce soir, et promet de se rattraper une autre fois. Voulez vous lui laissez aussi un message ?
-Non, je vous remercie, souffla t-elle avec dépit. Au revoir.
-Bonne nuit mademoiselle.
Il lui refaisait encore le coup. Remarque, elle y était habituée à présent, pas de quoi se plaindre. Elle pouvait très bien faire sans, elle n'était plus un bébé…
Elle se dirigea vers la salle de bain, un brin irritée, et plongea dans son bain fumant,dans lequel elle resta toute la soirée à somnoler. Ce qui la réveilla fut la sonnerie incessante de son portable dans la pièce voisine. Elle n'avait pas du tout vu le temps passait, et sauta hors de l'eau en manquant de s'étaler sur le sol. Elle attrapa une grande serviette au hasard et se précipita vers sa chambre. Elle s'empara rapidement du téléphone qui reposait dans son sac, sur son lit, et décrocha :
-Allo ?
-Axel ! T'étais censée m'appeler depuis un baille ! S'énerva une voix féminine. J'espère que t'es pas en pyjama ou je t'étrangle à ton retour !
-Non, t'inquiète, Oli', je... je discutais avec un des réceptionniste.
-T'as vu tatoué « pigeon » sur mon front ? T'as cinq minutes pour te préparer et on y va !.
-Tu c'est que je pourrais aussi bien laissez tomber maintenant ? Parce qu'on va pas se le cacher, celle qui « y va » vraiment ici, c'est moi.
-Si tu fais ça, je te hanterais jusqu'à la fin de ta vie !
Et elle raccrocha. Faudrait qu'elle pense à envoyer boulet cette fille des fois, elle prenait un peu trop son pied à la commander. Mais bon, ne traînons pas !
Elle finit de se sécher et sortit une grosse valise noire de sa commode. C'était une valise munie d'un code à neuf chiffres, qu'elle résolut avec simplicité. Elle s'ouvrit et se fut un tout nouveau monde qui s'ouvrit à elle. Deux boites se dévoilèrent sur les côtés, contenant toutes sortes de gadgets étranges. L'intérieur du couvercle était recouvert d'une paire de lunettes aux épaisses montures noires avec une petite lumière bleu en haut à droite du verre droit et de multiples oreillettes intra-auriculaire totalement invisibles. La dernière partie de la valise était cachée par un tissu, qu'elle ne prit pas la peine de soulever. Elle s'habilla d'un panta-court bleu, d'un t-shirt noir dessiné d'un loup argenté et de mitaines étoilé, le tout finalisé par des baskets dorés. Oui, les moments étaient rares où elle prenait le temps d'accorder les couleurs. Elle plaça les lunettes sur son nez et une oreillette dans son oreille gauche. Pour finir, elle attrapa un sac à dos noir, surmonté de pins colorés, déjà rempli de quelques objets puis son skate-board et elle s'élança dans la ville qui ne dort jamais.
Elle traversa les rues toujours aussi pleine de vie de New York en roulant sur sa nouvelle acquisition d'une façon décontracté pendant plus de vingt minutes avant d'arriver au centre ville. Son oreillette vibra et elle dit discrètement :
-T'avais pas dis cinq minutes ? J'aurais pu faire trois fois le tour de la ville.
-J'ai du localiser toutes les caméras aux alentours et celles devant la tour. J'ai neutralisé celles dont on avait besoin, tu peux tracer sans problème.
-Trop aimable.
Axel sortit les mains de ses poches et s'aida de sa jambe pour s'élancer vivement à travers le carrefour. Elle slalomait entre les passants avec agilité et arriva quelques minutes plus tard devant la porte de la tour Stark. Elle dérapa pour s'arrêter et donna un petit coup de pied dans la planche pour qu'elle atterrisse dans ses mains. Elle l'accrocha à son sac grâce à deux sangles disposées à cet effet, puis tapota le rebord de ses lunettes et son oreillette grésilla encore une fois.
-C'est tellement excitant ! Comme j'aimerais être ici avec toi !
-Voyons le bon côté des choses, avec ces lunettes c'est comme si t'étais avec moi. Le truc en plus, c'est que malgré tout, y'a que moi qui finirait en garde à vue. Au boulot ! Je dois faire quoi ?
-Approche juste ton portable près du tableau à carte magnétique que tu as juste devant toi.
Elle leva les yeux et trouva effectivement un petit encastrement luminescent avec des signes étrange dessus. Elle s'approcha en tendant son téléphone de l'objet convoité, le posant en équilibre sur le minuscule rebord au dessus du lecteur.
-Magnifique. Ça risque de prendre du temps, avec ce génie comme opposant.
Axel soupira de lassitude et ferma les yeux en attendant que le temps passe. Elle était très forte pour somnoler debout, mais sa notion du temps en pâtissait parfois. Par exemple, ces cinq minutes pour elle durèrent en réalité une bonne demie-heure.
-Terminé ! Je vous ouvre tout de suite, mademoiselle, rigola t-elle en prenant un accent snob.
-Tu as hacké le serveur d'un « génie », comme tu l'appelles, en cinq minutes ?
-Trente-trois minutes et vingt-et-une secondes très exactement. J'ai pas battue mon record mais je retenterais le coup la prochaine fois. En fait, il a fait un truc tellement évident que ça paraissait trop simple pour que ce soit ça. C'est une très bonne technique, je l'utiliserais. C'est ouvert pour deux minutes, alors on se bouge.
Les portes en verres coulissèrent sans un bruit, laissant une grande allée de passage à Axel. Elle s'y engouffra et remarqua le nombre incalculable de néon qui rendait la pièce toujours éclairée. Elle avançait à pas silencieux, prête à toute éventualité, toujours la main près de sa planche qui pendait de son sac. Ce n'était pas la première fois qu'elle s'introduisait dans des lieux supposément sécurisés, et elle était plutôt confiante pour l'instant. Cependant, elle pensait fortement qu'elle aurait dû se mettre à jour sur ce fameux Tony Stark avant d'entrer. Ça sentait le roussie cette histoire. Olivia lui indiqua de prendre l'ascenseur à sa gauche, qui s'ouvrit en même temps que les portes d'entrée derrière elle se refermèrent.
-Je vous dépose ? Dit Olivia avec un ton de chauffeur de taxi.
-Arrête de te vanter, tu ressembles à mon père après un gros contrat.
-Sans rire ? Répondit-elle sans vraiment l'avoir entendue.
Axel soupira et grimpa dans l'ascenseur en croisant les bras. Les portes se refermèrent et elle sentit la cage monter les étages doucement, comme sur un nuage. Il s'arrêta vingt étages plus haut, dans un brusque tremblement. Elle n'était pas une professionnelle, mais ça n'était sûrement pas normale.
-Oli', c'est toi qu'à fais ça ? Demanda Axel avec espoir.
Le silence grésillant qu'elle reçu sembla bien plus éloquent que n'importe quelle affirmation en bonne et dû forme. Son sang commençait à bouillir, un éclair blanc traversant son unique œil vert visible.
-...Ah, tu vas rire ! En fait, l'intelligence artificielle que j'avais omit de désactiver et qui prône dans ce bâtiment semble avoir détecter le virus que j'ai implanté.
-...Quoi ?
-Pour résumer, aucune des caméras ne peut te voir, mais Tony Stark sait maintenant que tu es ici.
-Magnifique. Et j'imagine qu'il n'y a pas d'escalier tout proche ?
-Tout proche, non. Mais si tu veux l'atteindre, va falloir que tu cours.
-Au point où j'en suis. Contente-toi de me filer la direction. Pas question que je passe encore une nuit en cellule !
Axel se mit dos à la glace de la cage d'ascenseur et prit son élan pour sauter sur la barre qui dépassait du mur d'en face. Forçant sur la pointe de ses pieds, parce que ses 1m60 ne suffisait pas à atteindre le plafond facilement, elle se redressa et un morceau de toit de l'ascenseur se détacha. Un classique. Elle s'engouffra à l'extérieur et referma la sortie. La porte derrière elle s'ouvrit.
-C'est tout droit.
Elle détacha sa planche et la jeta au sol en montant dessus. Elle traversa à vive allure un couloir jonché de bureaux et dérapa aux indications fournies par son amie. Cependant, elle sentait d'instinct que ça n'allait pas être aussi simple. Franchement, elle aurait du s'écouter et ne pas mettre les pieds dans ce maudit bâtiment. Ce couloir était désert et silencieux, mais il donnait tout de même la chair de poule. Elle arriva devant une petite porte de la même couleur que le mur qui passerait inaperçue si elle n'avait pas été mise au courant de son existence. Elle attrapa son skate sous son bras et ouvrit la porte qui donnait sur des escaliers. De très long escaliers qui crevait presque le plafond. Elle gémit en pensant à l'effort qu'elle devait fournir et commença à grimper les marches avec détermination. Heureusement pour elle, elle était du genre sportive. Les grands efforts ne la fatiguait pas trop vite. Mais c'est vrai que ça s'annonçait vraiment long comme escalade.
Arrivé à la moitié du chemin, elle s'écroula sur un palier. Grâce à la caméra incrustée dans ses lunettes, Olivia s'en aperçue et la gronda :
-Mais t'es cinglée ! Tu veux te faire griller ?
-Laisse moi reprendre mon souffle, OK ? Répondit Axel, haletante. Je vais finir par faire une crise moi.
-C'est bon, c'est pas comme si c'était un endroit exiguë, tu peux respirer tranquille. Et puis ça fait des mois que t'en as pas eu, tu vas pas nous faire une rechute maintenant ?
-Écoute moi bien, saleté d'esclavagiste, je...
Elle fut coupé par le bruit d'une porte qui claquait et qui résonnait plusieurs étages en bas. Ce fut si retentissant que même son interlocuteur fut prise de sueur froide. Elles se paralysèrent toutes les deux, jusqu'à ce que des bruits de pas rapides commencent à se succéder. La hackeuse hurla à son agent sur le terrain :
-Cours !
Elle n'hésita pas une seconde de plus et se remit à grimper encore plus rapidement qu'au départ. Il lui en fallait plus pour perdre son sang froid, elle s'était faite poursuivre de nombreuses fois. Mais cette fois, elle sentait du danger en prime, et c'était pas du tout ce dont elle avait besoin ce soir. Mais les pas était beaucoup plus rapide que les siens.
-Rentre au prochain étage, y'a bien un endroit où tu pourrais te cacher ! Ordonna Olivia, stressée pour son amie.
Elle s'exécuta, son cœur battant à cent à l'heure. Elle ne saurait pas dire si c'était dû à la peur ou à l'excitation. Elle parcourra encore une fois le couloir, en roulant aussi rapidement qu'elle pouvait, quant une porte s'ouvrit devant elle. Olivia lui ordonna de ne surtout pas ralentir et de foncer. Fléchissant les genoux, elle appréciait la vitesse qui faisait voleter ses mèches dans tous les sens. On pouvait presque distinguer son œil gauche de couleur émeraude pétillant de malice.
Elle traversa l'encadrement et la porte se referma derrière elle. La salle s'alluma et elle resta stupéfaite devant ce qu'elle contenait. De chaque côté, perpendiculairement à l'entrée, se trouvait des armures imposantes de toutes les couleurs, ainsi que légèrement impressionnantes. Elle traversa la pièce en s'extasiant devant les création, de la même façon que le faisait son amie plusieurs milliers de kilomètres plus loin d'ici.
-C'est la classe non ? Demanda Olivia, fière d'elle. T'es en sécurité maintenant. Je te dis quand la voie est libre, je désactive temporairement l'intelligence artificielleet tu pourras partir par l'ascenseur. Pas trop mal cettecollection, pas vrai ? Ça m'a prit une heurepour la hacker, mais ça en valait la peine.
-C'est clair que t'avais pas mentit. C'est d'une classe, mon dieu ! Et c'est ce... Tony Stark là, qui à toutfait? Questionna t-elle curieusement.
-Et ouais ! Il fait partit de la liste de célébrités que je dois rencontrer avant ma mort. Oh ! Peut-être que tu vas rencontrer toute l'équipe, qui sait ?
-De quoi ? Y'avait toute une équipe qui était à mes trousses et tu m'as fais quand même rentrer ?!
-T'inquiète, ils étaient sûrement pas là. Dans la tour, c'est plutôt Tony Stark et Bruce Banner qui habitent ici le plus souvent.
-Bruce Banner ?
-Un scientifique spécialisé en rayons gamma. Lors d'une expérience, il s'est prit un gros rayonnement dans la tête et à présent, il se transforme en géant vert à la force herculéenne dès qu'il a un excès de rage.
-Je me sens beaucoup mieux à présent, rétorqua ironiquement Axel sous le rire de son amie.
Elle s'assit au fond de la salle, dans l'ombre, et regarda l'armure qui se trouvait devant elle. Elle était représentait à la taille d'un homme, de couleur rouge et doré. Pourquoi c'était-elle mit devant celle là et pas une autre ? Elle même l'ignorait. Quelque chose chez ce robot lui était familier. Pourtant, elle ne reconnaissait même pas le nom de son créateur, alors lui ! Peut-être à la télé, qui sait ? Elle se perdit dans ses pensée, puis posa sa tête contre le socle à côté d'elle et tomba dans les bras de Morphée pendant plus de deux heures. Elle se réveilla au son de la voix victorieuse d'Olivia qui lui indiquait qu'elle pouvait partir. Il était plus de trois heures du matin. Vive les vacances !
Elle sortit sans anicroche du bâtiment et retourna, en roulant doucement, à l'hôtel.
-Tu l'as échappé de justesse ! Soupira son indique.
-Qui m'a fait entrer au départ ? Continua Axel, accusatrice.
-Prend pas ce ton ! C'était marrant, non ?
-C'est sur que ça devait être bien poilant pour toi, devant ton petit ordinateur.
-OK, je suis désolé Ax', j'aurais du mieux vérifié. J'étais trop excité et j'ai loupé l'essentiel.
-C'est pas comme si j'avais pas les capacités de m'en sortir de toute façon. Bonne nuit, Olli'.
-Bonne nuit, l'américaine, ricana-t-elle.
Et la connexion avec la France fut rompue. C'est donc dans le silence le plus totale qu'elle traversa les rues un peu moins peuplés de New York, sans savoir qu'une personne savait qu'elle était partie en excursion.
Elle rentra dans sa chambre, encore sombre, et jeta son sac et son skate prêt de l'entrer avant d'allumer la lumière. Elle sursauta et fut prise de sueurs froides. Là, assit sur son lit, le regard réprobateur, croisant les bras, se tenait son père. Il n'avait pas l'air content du tout de l'heure à laquelle rentrait sa fille. Cependant, malgré sa colère noire, il restait calme. Et ce n'était pas bon signe pour Axel. Elle le fixa, attendant la sentence.
