Chapitre 2

« ZEPHYR »

« Le serpent était plus subtil que toutes les autres bêtes du Jardin que le Seigneur avait crée. »

La Genèse.

Elle était dans ce qui lui semblait être des appartements privés. Ceux du traître, de toute évidence. C'étaient de grandes salles aménagées simplement mais avec néanmoins une élégance certaine. La première, celle ou Tanja était entrée tout d'abord, était un petit salon qui devait faire également office de bureau ou de bibliothèque personnelle. Les murs de pierre froide étaient recouverts de riches tentures quant ce n'étaient pas d'étagères débordantes d'ouvrages en tout genre. Contre un pan de mur trônait un grand sofa recouvert d'une peau de bête sombre. A ces cotés, face à la fenêtre, une longue table de travail où se côtoyaient chandeliers, parchemins couverts d'encre et coupe de vin à moitié pleine. Ici et là, des livres, des rouleaux de papier usés, des plumes jonchaient le sol. Tanja pensa que si traître et cruel soit-il, le fils de Morzan devait sans doute être très instruit. Ses yeux s'étant accoutumés à l'obscurité ambiante, elle pénétra davantage dans les appartements du garçon. Après avoir hésité un instant, elle souleva une tenture et pénétra dans la pièce voisine. C'était la chambre. Plus épurée que le salon, elle n'était meublée que d'un immense lit à baldaquin aux draps écarlates et d'une imposante penderie de chêne. Prés d'une fenêtre, un fauteuil, recouvert encore une fois d'une peau de bête. Plusieurs épées, toutes plus belles et plus brillantes les unes que les autres, étaient entreposés dans un coin. Au dessus du lit, sous les rideaux lie-de-vin qui l'encadraient, une corne était accrochée au mur de pierre. On dirait la chambre d'un prince… ne put s'empêcher de songer Tanja. Mais bien vite, des pensées bien plus noires chassèrent l'attention qu'elle tentait désespérément de focaliser sur la pièce. Son regard se perdit à la fenêtre. Malgré la nuit, la vue était magnifique. Une immense plaine herbeuse s'étendait à perte de vue. Au Sud, elle disparaissait dans les brumes matinales qui cachaient sûrement le petit bois dans lequel elle avait été capturée, tandis qu'à l'Est, elle se noyait dans les sables du désert du Hadarac. Tanja baissa la tête laissant son regard errer dans les gorges qui bordaient le château, quatre cents pieds plus bas. Toute fuite était impossible. Ou du moins, d'ici, se força-t-elle à ajouter.

Murtagh revint de la salle du Trône la tête lancinante et le corps douloureux, pauvres esclaves des asseaux magiques de Galbatorix. Comme l'avait si justement présagé le garçon, le souverain était rentré dans une colère terrible en voyant son jeune vassal rentrer sans trophée au domaine. L'annonce de la capture de la fille du général varden et de son œuf de dragon volé l'avait à peine déridé. Le Roi ne s'était calmé que lorsque Murtagh avait enduré son châtiment et que son âme détruite lui avait fait promesse d'une obéissance totale. Puis, d'une voix douce, comme si rien ne s'était passé, il avait envoyé le fils de son vieil et dévoué ami chercher la captive. La fille était là, accoudée à la fenêtre de sa chambre, les yeux embaumés de larmes. Ses traits innocents pleuraient de peur et de haine.

- Tu vas voir le Roi, annonça Murtagh, surprenant ainsi la jeune vardenne qui se retourna brusquement.

Elle déglutit difficilement tout en essuyant ses larmes d'un revers de main rageur et se détourna de la fenêtre pour faire face au Parjure. Ces yeux d'azur se plongèrent dans le regard abyssal du garçon.

- Viendra un jour, Fils de Morzan, où tu regretteras de t'être mis sur mon chemin, déclara la Vardenne avec amertume avant de passer devant Murtagh et de sortir dans le couloir.

- J'attends de voir ça, fillette. En attendant, va pleurer ta venue au monde.

Il lui saisit brusquement le poignet et le maintient fermement. La fille l'injuria mais n'arriva pas à se délivrer de sa poigne puissante. Il la traina ainsi à travers le palais, faisant une fois de plus ce trajet qu'il haïssait tant. Les couloirs qu'ils traversèrent étaient sombres et tortueux et cela découragea Tanja. Si elle arrivait à échapper au parjure, elle errait des heures dans ce labyrinthe de pierre avant de trouver la sortie. Au bout d'un moment, une mosaïque brillante et colorée remplaça la pierre grise. Le sol était carrelé de turquoise et des fresques représentant différents moments de l'Histoire de l'Alagaesia commencèrent à orner les murs : La Guerre des Dragons contre les Elfes, l'arrivée des Premiers Hommes, le Roi Palancar, l'avènement de Vrael, chef des Dragonniers, sur Vroengard, puis sa chute… Ils devaient approcher du cœur du château et marcher dans les vestiges de l'ancienne ville, Iliera, la ville elfe prise pas Galbatorix avant qu'il ne la détruisit pour la renommer Uru'baen. Les couloirs devenaient de plus en plus larges et hauts. La jeune vardenne frémit en comprenant que c'était pour que le dragon noir du roi puisse se déplacer en toute liberté. Il devait être énorme.

La vue de l'immense porte de chêne sculpté arracha Tanja à sa contemplation. Nous y sommes, songea t'elle. La Salle du Trône. Elle ne put s'empêcher de frissonner mais serra les poings. Elle ne fléchirait pas. Peu importe les souffrances et les tortures qui lui seraient infligés. Les menaces. Elle ne trahirait jamais son peuple. Elle préférait mourir. D'ailleurs, elle mourrait quoi qu'elle ne fasse, alors autant quitter la terre avec honneur et courage, en étant digne de son nom de Vardens.

A la vue du visage résolu de la fillette, Murtagh afficha un sourire goguenard. Lui aussi s'était dit ça. Il frappa trois coups secs, poussa la porte et s'avança en tirant Tanja derrière lui. Quand il jugea la distance acceptable entre le trône et la fille, il la lâcha et se retira dans l'ombre du fond de la salle.

Tanja massa son poignet endolori puis releva la tête. Elle voulait son regard dur et froid, aussi froid que le cœur de celui avec qui elle allait se confronter. L'empereur était devant elle, trônant dans un siège immense incrusté de pierres précieuses. Le trône était taillé à même la roche de la pierre entre laquelle Uru'baen était bâti, solide et puissant. Galbatorix. L'ignoble et sanguinaire souverain de l'Alagaesia. Le craint, le redouté tyran. Le traître, le puissant. Il paraissait bien plus jeune que Tanja ne l'avait imaginé et tout aussi cruel. Quelques rides marquaient la peau de son visage mais ne le vieillissaient pas. Elles lui donnaient l'autorité de la sagesse et la force de l'ancien. Sa bouche affichait un sourire serein, presque amical. Quant à ses yeux, ils étaient un gouffre de glace sans fond dans lequel on tombait sans espoir de retour, perdu par la vitalité, la malice et la détermination dont ils brillaient. Tanja avait à de nombreuses reprises croisé et même parlé à des personnes puissantes. Des généraux, des princes, des ambassadeurs, et même des rois. Mais jamais elle n'avait vu quelqu'un comme Galbatorix. Cet homme là n'était pas puissant. Il était la Puissance. Il en regorgeait jusqu'à la moelle. Tout son être lui hurlait de courir, de fuir et de se cacher du regard de cet homme. Mais elle n'en fit rien et se força à garder les yeux sur l'Empereur.

- Agenouille-toi devant ton souverain, lui intima Murtagh du fond de la salle.

- Ce n'est pas le mien, grogna Tanja entre ses dents en ne le quittant pas des yeux.

Alors Galbatorix parla et sa voix caverneuse résonna dans toute la pièce. Tanja fut glacé jusqu'à l'os.

- J'imaginai la fille du Général Jördmundur mieux élevée que ça, dit-il en haussant ses sourcils d'argents. Ne t'ont-ils pas appris les bonnes manières chez les sauvages Vardens ?

La jeune guerrière ouvrit la bouche pour répondre mais une douleur atroce lui vrilla la tête. Elle sentit son échine se courber malgré elle. Durant quelques secondes elle tenta de résister. Des larmes roulèrent sous ses joues tandis que ses ongles labouraient la paume de ses mains. La douleur était trop forte. Elle posa un genou sur le sol.

- C'est mieux, dit le Roi. Comment t'appelles-tu, fille de Jordmundur ?

Tanja décida d'abord qu'elle ne répondrait pas. Mais en repensant à l'immense force qui avait obligé son corps à se courber, elle jugea que c'était batailler inutilement. Elle userait ses forces et sa détermination pour rien.

- Tanja de Troïl, dit-elle.

- Quel âge as-tu, Tanja, fille de Jordmundur ?

- 16 ans

- Qui est ta mère ?

- Elsia la dragonnière.

- Je la connais. Un de mes parjures la tué.

- Je le sais.

- Est-ce pour cela que tu me hais ?

- Vous énoncez toutes les raisons prendrait trop de temps.

- Sais-tu te battre à l'épée ?

- Je suis une varden.

- Est-ce toi qui as volé mon œuf ?

- Oui

- As-tu agis-seule ?

- Oui.

- Comment as tu fais ?

- Je ne vous le dirais pas.

Ce petit jeu des questions-réponses dura encore quelques minutes. Tanja ne comprenait pas où Galbatorix voulait en venir. Peut être essayait t'il de détendre l'esprit de la vardenne pour que ses pensées dérivent au fil de ses questions et lui donnerait ainsi toutes les informations qu'il souhaitait Mais si c'était cela, Tanja ne se laisserait pas faire. Elle se concentrait sur la voix grave de l'Empereur et s'entêtait dans des réponses laconiques. Son esprit ne dériverait pas. Il ne l'aurait pas comme cela.

- Tu sembles convenir, dit Galbatorix après un temps d'arrêt.

Alors il dit un mot et une dalle disparu à quelques pieds d'elle. Une petite table la remplaça sur laquelle, posé dans un écrin de velours pourpre, trônait l'œuf de dragon. Tanja se raidit à la vue de l'objet de sa défaite. Nasuada l'aurait tué si Galbatorix ne s'en était pas chargé avant elle. Pierre brillante aux nervures violacées, l'œuf s'agitait de petits tremblements comme il le faisait depuis un moment. Tanja les avait sentis dans sa besace lors de sa chevauchée. Cependant, ils semblaient s'intensifier.

- Il s'est habitué à ta présence et t'as aimé, expliqua l'Empereur de son trône de pierre.

La guerrière ne l'entendit pas. Elle était fasciné par les soubresauts de l'œuf et les couinements de plus en fort qui s'élevaient sous la voûte de pierre. La coquille d'améthyste lisse se fissura. L'œuf était entrain d'éclore. Pour elle ! Tanja lutta contre le vertige qui s'empara d'elle. Son cœur battait à tout rompre dans sa poitrine mais elle tacha de garder les idées claires. Le dragon, le dernier dragon d'Alagaesia l'avait choisit, elle ! Tanja de Troïl ! Un dragon pour les vardens ! Mais elle était prisonnière et devenir dragonnière maintenant signifiait donner une force de plus à un Empire déjà trop puissant. Mais pouvait-on se refuser à un dragon ? Elle doutait que Galbatorix ne lui laisse ce choix.

Devant elle, l'œuf acheva de se briser et une minuscule créature bondit sur la table en se secouant doucement pour faire tomber les derniers morceaux de coquille de ses écailles vertes. Galbatorix, qui jusque là était resté serein et souriant fut surpris à la vue de l'animal. Il était vert.

Tanja se rapprocha de la table, hypnotisée par la bête. Sa présence se faisait de plus en plus impérieuse en elle. Ses grands yeux gris la fixaient avec impatience. Le dragon bondit de la table et s'affala sur le sol. Il peina quelques instants à se remettre sur ses pattes puis trottina jusque Tanja. Cette dernière tomba à genoux et tendit lentement la main vers la créature.

Je suis une vardenne, songea-t-elle en avançant sa main encore plus près. Une vardenne. Une varden, une gardienne.

Elle répétait cette litanie sans fin en espérant que cela parviendrait à sauver les siens comme elle même. Dragonnière elle sera, mais jamais celle de l'Empire. Jamais elle ne deviendrait comme Murtagh, cruelle, traître et esclave. Elle était une vardenne, elle œuvrerait pour la liberté. Ses doigts tremblants touchèrent les émeraudes miroitantes du museau du dragon. Une onde d'énergie la parcouru, si violente qu'elle faillit basculer en arrière, mais son regard resta solidement ancré dans celui de son dragon. Elle sentait le cœur de l'animal battre dans sa poitrine ainsi que sa magie. Sa main droite était si froide que cela lui faisait mal. Elle desserra le poing et fit bouger ses doigts. Sa paume scintillait d'une étrange marque argentée. La Gedweÿ Ignasia, la marque des Dragonniers.

Le monde lui sembla froid, la salle du trône glaciale. Seul le corps brûlant de son dragon pourrait l'apaiser désormais.

Murtagh contemplait la scène de loin, sans savoir quoi penser. S'il s'était douté ! Peut être aurait-il hésité un peu avant de la ramener à Urû'baen. La fille venait de devenir dragonnière et dans quelques temps elle serait à la solde de l'Empire tout comme lui, enchaînée par des serments inviolables. Eragon n'arriverait jamais à battre deux dragonniers. Il peinait déjà à le battre lui, alors avec cette gamine vardenne et son dragon en plus … L'arrêt des morts des Vardens, des Nains et des Elfes venait de s'être signé sous ses yeux. D'un autre coté il lui sembla que la désolante routine dans laquelle vivait le palais était sur le point d'être perturbé. Il baissa la tête, ne pouvant s'empêcher d'afficher un léger sourire.

Tanja se releva, serrant le petit dragon contre son cœur. Il était sa chance et était également sa vie. Elle regarda Galbatorix dans les yeux, chargeant son regard d'autant de haine qu'elle en était capable et se détourna. Un instant elle songea à se mettre à courir. Mais on ne quitte pas Urû'baen en courant.

La voix grave de l'Empereur tonna dans ton dos.

- Tu tomberas Tanja de Troïl ! Toi et ton Dragon tomberont comme tous ceux qui sont tombés avant vous !

Tanja ne se retourna pas. Arrivée à hauteur du parjure, ce dernier la saisit de nouveau au poignet et l'emmena, les arrachant tout deux au regard de l'empereur. Quand ils se furent quelque peu éloignés de la salle du trône, Murtagh la lâcha.

- C'est un mâle, l'informa t'il. Tu devrais lui trouver un nom.

- Zéphyr, murmura la vardenne en regardant le petit dragon vert qui dormait dans ses bras.

- Du vent qui souffle au dessus des plus hauts sommets des Beors, celui que même les montagnes n'arrêtent pas.

Tanja jeta un d'œil étonné au garçon. C'était exact et hormis les vardens et les nains, peu de gens savaient cela.

- Oui, dit-elle simplement. Le zéphyr est la brise libre.

Galbatorix regarda les deux jeunes gens quitter la salle du Trône, un rictus satisfait sur son visage sans âge. Quelle avait été sa surprise quand le fils de Morzan, à la place de la dragonne et de son fermier, lui avait ramené un agent varden et l'œuf de dragon récemment volé ! Par hasard il lui avait dit qu'il s'agissait d'une gamine noble, la fille du général Jördmundur. Galbatorix connaissait Jördmundur, un homme brave et sage, aimé de ces troupes et également de la blonde Elsia, une des rares femmes que la caste des dragonniers avait comptée. Elle avait été tué quinze ans auparavant par un des ses fidèles parjures. Visiblement, elle avait eu le temps de mettre au monde un enfant. Et maintenant, Galbatorix avait cet enfant. Cette Tanja de Troïl. Patrimoine génétique puissant, naissance noble et guerrière, la fille était d'une race solaire et avait un caractère déjà bien trempé pour son âge. Elle était intelligente, audacieuse et déterminée. Elle était pure, innocente comme le nouveau né. Elle n'avait jamais été souillée par le mal ou le pouvoir. Elle n'avait jamais été corrompue, jamais abimée. Elle était parfaite pour le poste, et dans son œuf, le dragon avait pensé comme lui. Il avait vu juste et ces fous vardens allaient payer le lourd prix de leur sottise. En envoyant cette gamine en Empire, les rebelles avaient signé leur arrêt de mort. L'Alagaesia était d'ores et déjà à lui. Galbatorix se mit à rire.

Murtagh intima à Tanja de s'arrêter. Ils étaient dans une aile reculée du château, toute aussi ancienne que les abords de la salle du Trône. Le garçon ouvrit l'une des rares portes du couloir et poussa Tanja dans la pièce qui apparue devant eux.

- Voilà tes appartements. Je te conseille d'en profiter, cela ne durera pas, lui dit-il d'un ton neutre.

- Je n'ai aucun conseil à recevoir de toi, Parjure, cracha Tanja.

- Libre à toi.

Murtagh referma la porte. Elle l'entendit prononcer un mot dans l'ancien langage de la magie et Tanja se retrouva enfermée et seule.

- Non, dit-elle doucement en levant le petit dragon vert à hauteur de son visage, tu es là maintenant, je ne suis pas seule. Me parleras-tu bientôt, Zéphyr ? Aimes-tu ton nom ?

Le dragon leva ses grands yeux vers l'adolescente et souffla de ses narines. Un minuscule filet de fumée en sorti.

- Je prends ça pour un oui !

Ses appartements étaient constitués de 3 pièces et d'une petite salle d'eau. Toutes étaient lumineuses et au parquet de bois ciré. Toutes étaient somptueuses et richement meublés. Des tables et des armoires en bois de merisier, de luxueux tapis des îles du Sud, des canapés recouverts de fourrure de loup blanc, un lit gigantesque aux draps de soie immaculée… Les voutes étaient colorées de superbes peintures représentant des cerfs, des chats sauvages, des aigles ou des dragons et le feu ronflait dans les énormes cheminées. Partout brûlaient des bougies odorantes et l'air était embaumé de la senteur des bouquets de fleurs fraiches installés dans chaque pièce. Dans la chambre trônait une énorme armoire remplies de centaines de tenues masculines –mais à sa taille – comme féminines. Les toilettes étaient douces et riches de broderies et de pierreries à en faire pâlir d'envie nombre de filles vardennes. Des capes de laine fine, des robes aux teintes multicolores, des corsets gracieux, des étoles brillantes, des chemises brodées d'or … Si le roi comptait l'amadouer avec des fanfreluches il se trompait. Elle ferma violement la porte de l'armoire. Ces appartements étaient magnifiques et extrêmement luxueux, même pour une vardenne de noble naissance comme elle, mais ils n'en restaient pas moins une prison. Tanja gardait cela à l'esprit. Elle s'approcha du petit bacon sur lequel donnait sa chambre. Une glycine bourgeonnante grimpait au mur. La vue était celle d'un verdoyant jardin et du chemin de ronde. Au-delà de la citadelle, Urû'baen s'éveillait.

Que devait-elle faire ? S'ôter la vie pour sauver l'Alagaesia de sa perdition ? Malgré sa témérité dont elle était fière, elle doutait en être capable. Mourir de la lame d'une épée oui. Mais la tenir elle-même! De plus elle était prête à parier que Galbatorix avait jeté un sort à toutes les lames qui entreraient en, contact avec sa peau. Elle lui était sans doute bien trop précieuse pour qu'il la perdre de cette façon. Elle ne pouvait décemment penser à organiser un attentat visant à tuer l'empereur sur la place. Nombreux étaient ceux qui avaient essayé et tous étaient tombés raide-morts alors qu'ils étaient encore à vingt pieds de leur cible. La seule solution était la fuite. La fuite avant qu'elle ne soit prisonnière de serments de magie comme l'était le seign… comme l'était cet enflure de Murtagh. Les gardes pullulaient dans la citadelle, et les quatre portes de la ville étaient gardées chacune par une dizaine de garde. Elle devait s'enfuir par les airs, à dos de dragon. Seul Murtagh pourrait la rattraper, il était connu que Galbatorix et son dragon ne sortaient jamais du palais. La condition, le défi qui s'offrait à elle était donc : Que Zéphyr vole avant que Galbatorix ne la brise, trouve son nom et ne la lie par serment qu'elle puisse vaincre Murtagh par l'épée ou la magie afin de le mettre assez longtemps hors état de nuire, un jour. Et alors, elle s'enfuirait.


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(Récriture) avril 2012

Prochain chapitre : Dragonnière de Citadelle