Note de l'auteure : Je dois dire que je suis agréablement surprise. Je ne m'attendais pas à un tel engouement pour ce début de fic qui a été bâclé selon moi. Je suis étonnée d'avoir reçu autant d'avis et même si je suis extrêmement ravie, je suis sous pression maintenant et il m'a fallu du temps pour produire un second chapitre qui soit à la hauteur de vos attentes. J'espère ne pas décevoir certains d'entre vous.Je pense avoir tout dit donc bonne lecture à vous.

Chapitre 2

La convocation

Il était tout à fait certain d'avoir commis une légère erreur en invoquant le conseil des Quatre de Poudlard. Il savait qu'il regretterait par la suite cet acte audacieux mais qu'importe les conséquences de son action irréfléchie et dictée par la colère, il l'avait fait pour éviter à Snape une énième humiliation qui lui coûterait non seulement son amie mais aussi la dernière part d'enfance qui s'accrochait encore désespérément à lui. Il le faisait aussi pour Remus car ce dernier ne pourrait survivre dans ce monde sans apprendre à être plus indépendant, à ne pas avoir peur de sa nature lupine. Il agissait ainsi aussi pour Lily qui perdrait son meilleur ami et un allié inestimable et loyal dans la guerre qui s'annonçait face au Seigneur des Ténèbres. Il avait convoqué ce conseil en partie pour aider le Serpentard mais aussi pour empêcher son parrain de sombrer dans un comportement qu'il semblait mépriser de la part de sa famille mais qu'il adoptait sans remords auprès de James. Peut-être les sauveraient-ils d'un destin tragique en mettant les deux Gryffondor face à leurs responsabilités. Il n'en était pas sûr mais comment pourrait-il le savoir s'il ne tentait rien ?

Harry lança un dernier regard au Serpentard avant de rebrousser chemin et de se diriger vers la Grande Salle.

— Ça sent les ennuis à plein nez toute cette histoire, dit Ainsley.

Ainsley se frotta frénétiquement les bras, essayant de faire disparaître les frissons qui parcourraient son corps depuis tout à l'heure.

— Je n'aime pas ça du tout, Harry, confia-t-elle. Je sais que tu voulais bien faire mais tout de même ! Tu aurais pu donner une raclée à ces deux imbéciles et en rester là, alors pourquoi convoquer un tribunal qui nous punira tous ?

Ainsley jeta un regard noir au brun qui marchait sans avoir l'air d'entendre un seul mot de ce qu'elle disait. Il paraissait s'être plongé dans sa bulle, hermétique aux sons qui pouvaient filtrer de l'extérieur. La blonde lâcha un soupir d'agacement et s'apaisa lorsque Morgane passa un bras autour de sa taille. Elle se sentit tout de suite mieux au contact de la brune.

— Merci, murmura-t-elle.

Elle était toujours reconnaissante envers les marques d'affections de la Serdaigle qui se faisaient rares. Morgane n'était pas une fille très démonstrative et paraissait toujours froide aux yeux des étudiants de Poudlard. C'était une beauté froide aux apparences frigides et elle pouvait parfois se montrer revêche, incisive et tranchante mais c'était une jeune femme très chaleureuse lorsque l'on prenait le temps de la connaître. Aussi chaleureuse qu'elle pouvait l'être bien évidemment.

— Cela ne m'empêche pas de vouloir donner ton frère en sacrifice aux dragons, dit la blonde en posant sa tête sur l'épaule de Morgane.

— Je ne m'y opposerais pas. Bien que je pense qu'il ait bien besoin d'être en proie aux flammes pour redevenir lui-même, mon frère trouvera toujours un moyen de s'en sortir avec brio et cela ne m'étonnerait pas de le voir apprivoisé ces dragons avec un simple regard, dit Morgane.

— Je ne pense pas avoir de talents cachés de dragonnier, chère sœur, lança Harry d'un ton égal à celui de sa jumelle.

— Ne fais pas ton modeste, veux-tu. C'est irritant.

— C'est toujours un réel plaisir pour moi d'être la source de ton irritation, ma bien-aimée sœur.

— Je le sais et crois bien que j'essaie d'être aussi imperturbable que possible à tes côtés, répliqua-t-elle.

— Y arrives-tu ? lui demanda Harry.

Morgane resserra son étreinte autour de la Poufsouffle et soupira discrètement dans le cou de la blonde avant de se redresser et d'afficher un visage impassible.

— Pour mon plus grand malheur, à de rares occasions, répondit-elle.

— Je suis navré pour toi, bien-aimée sœurette d'être la jumelle d'un être aussi irritant que moi.

— Merci mais puisque je doute de ta sincérité, non merci.

Harry éclata de rire et se sentit tout de suite mieux après avoir discuté de façon aussi légère avec Morgane. Il ne le montrait nullement mais il était terriblement angoissé par le jugement du conseil des Quatre de Poudlard. Il était sûr et certain qu'il serait jugé au même titre que tous les autres étudiants et professeurs de l'établissement. Étant celui qui avait invoqué le tribunal magique ancien, il aurait une peine nettement supérieure à celle des autres car il n'avait su faire justice avant.

Il pénétra dans la Grande Salle et la découvrit pratiquement déserte. Quelques étudiants étaient attablés, certains en train de réviser pour leur prochain examen tandis que d'autres bavardaient entre eux. Il alla prendre place à la table des blaireaux et s'assit aux extrémités de la table. Il fut rejoint par le reste de sa bande.

— Que pensez-vous qu'il se passera après ça ? demanda Ainsley.

— Ce jugement apportera un changement au sein du château, répondit Kingsley. D'ailleurs bienvenue car nous étions en train de nous habituer à être témoin de la violence. C'était devenu un fait banal pour nous de voir un étudiant être humilié par les Maraudeurs ou par un autre groupe. Presque, c'était devenu un évènement distrayant. Nous avions tous besoin de cette invocation pour remettre les choses à leur place et nous permettre de voir nos erreurs. Ce jugement nous fera grandir et nous fédèrera peut-être pour la première fois dans l'histoire de Poudlard.

— Eh ben ! Tu sembles prendre cette histoire d'invocation mieux que nous, remarqua Ainsley.

Kingsley secoua la tête et sortit de son sac son manuel de métamorphose. Il préférait se plonger dans ses révisions plutôt que de penser à toute cette histoire. Il avait encore un peu de temps pour y réfléchir avant le jour du jugement.

— J'ai tout autant peur que vous, tu peux me croire mais à quoi cela servirait-il de trembler quand je sais que je serais forcément jugé pour mes inactions ? Je mériterais la punition que l'on m'infligera et je l'accepterais sans me plaindre, quelle qu'elle soit.

Ainsley regarda le Serdaigle avec admiration. Elle était toujours impressionnée par la sagesse du jeune homme et la manière dont il avait de relativiser toutes choses qui paraissaient démoralisantes ou impossibles à surmonter. Parfois, elle aimerait ressembler au Sang-Pur et avoir une once de son esprit.

— Combien de temps avons-nous avant la pleine lune ? questionna la blonde.

— Deux jours, répondit Morgane.

— Ô Merlin ! couina Ainsley, horrifiée. Deux jours ?! Seulement deux jours ?! Mais…mais…

— Tout va bien se passer, Ains', la rassura Morgane qui prit sa main dans la sienne.

— Je voudrais bien prendre les choses calmement mais je n'y arrive pas, avoua-t-elle, démunie. Un jugement du conseil des Quatre est irrévocable et aucune magie ne peut défaire ce qui a été fait par le conseil.

— Ainsley…

— Je vais à la volière, l'interrompit la blonde en se levant à la hâte. Je dois prévenir mes parents que je serais jugée dans deux jours par le conseil.

Elle quitta la Grande Salle presque aussitôt. Morgane la regarda partir et soupira à nouveau.

— Je pense qu'elle a raison. Nous devrions en avertir nos parents, dit Kingsley.

Les Castillon blêmirent tout d'un coup et échangèrent un regard de pur horreur. Pendant toute cette agitation, ils avaient oublié qu'ils devraient rendre des comptes à leurs proches.

— Et si tu écrivais toi ? suggéra Harry à sa sœur.

— Moi ? Et pourquoi pas toi ? Tu es celui qui a invoqué ce conseil, répliqua Morgane.

— Certes, mais tu es l'aînée, argumenta Harry.

— D'une minute !

— L'aînée tout de même, rétorqua le brun. Tu as vu naître le jour avant moi.

— Je t'adore, petit-frère, mais mon adoration n'est pas à un point de non-retour où je serais prête à me sacrifier pour toi !

— Ça fait mal.

— C'était le but, figure-toi.

— Je suis dans la merde, marmonna Harry qui se frappa le front contre la table.

— N'abîme pas ton visage car par extension, tu abîmes le mien, dit Morgane.

Harry se redressa et adressa un regard perplexe à sa jumelle.

— Si tu deviens soudain laid, je le deviendrais aussi car les gens ne pourront s'empêcher de te voir en moi car nous sommes jumeaux, exposa-t-elle.

Harry la regarda d'un air désappointé mais ne commenta pas le raisonnement de sa sœur. Il était sûr qu'il n'y avait aucune logique dans son argumentation mais quoi qu'il en soit, il se fichait éperdument de sa beauté ou de celle de sa jumelle. Il avait un problème nettement plus grave sur les bras que la laideur et l'avis des gens sur le sujet.

— Dans quelle merde suis-je encore allé me fourrer ? gémit-il.

— Ne t'en fais pas, je suis sûr que tu ne risques absolument rien, dit Morgane.

— Ah oui ? Tu crois ?

— Bien sûr, assura la Serdaigle. Grand-père te retirera tout simplement ton titre de Lord et de Duc, il t'enverra dans un orphelinat perdue d'Amérique ou peut-être bien d'Océanie et te dépouillera de tout ton héritage avant que tu aies le temps de dire « papi ».

— Par les couilles desséchées de Merlin ! s'exclama-t-il, affolé. C'est la fin !

— Mais non, fit sa sœur en lui tapotant le dos en guise de réconfort. Tu verras que tu seras bien au milieu des kangourous. Tu ne veux pas voir des bébés kangourous dans les poches de leurs mamans ?

— Nooon, pleurnicha son jumeau.

— Ne t'inquiète pas, mon bien-aimé frère, tu verras qu'il n'y a pas que des kangourous en Océanie pour te tenir compagnie. Il y a aussi des lapins. Tu adores manger du lapin. Là-bas, tu en auras à profusion.

— Je ne veux pas finir comme Robinson Crusoé, pleura Harry.

— Mais si, le persuada Morgane. Tu as toujours rêvé d'aventures depuis tout petit. C'est l'occasion de vivre tes rêves d'enfant et pendant que toi tu finis comme Tarzan, moi, je vais hériter de tous tes titres et de tes biens. N'est-ce pas formidable, mon bien-aimé frère ? Dans dix ans ou certainement plus, je t'enverrais une photo de ma famille et te présenterais le nouvel héritier de la dynastie des Castillon.

— Misère, se lamenta le brun.

Kingsley leva les yeux au ciel et poursuivit sa révision sans prêter plus d'attention aux pitreries des jumeaux Castillon. Un raclement de gorge le retira cependant de sa concentration et tourna la tête sur le côté pour voir une fille aux cheveux roux dans l'uniforme de Gryffondor et derrière elle, un garçon à la chevelure noire pleine de graisse, ses yeux onyx fixés sur les jumeaux qui n'avaient pas remarqué leur présence, trop occupés pour l'un à se morfondre sur sa misérable vie et pour l'autre à se repaître du malheur de son jumeau.

— Oui ?

La rousse jeta un coup d'œil au brun avant de reposer son regard sur Kingsley.

— Je…hum…Severus et moi souhaiterions discuter avec vous, dit la Gryffondor.

Harry releva la tête et Morgane qui s'était penchée vers lui, reprit une pose normale et lança un regard de pur dédain à la rouquine. Il était de notoriété publique que Morgane Castillon détestait férocement Lily Evans. Un sentiment qui s'était peu à peu transformé en haine, presque réciproque.

Lily toisa simplement Morgane mais sourit timidement à Harry qui avait les yeux rivés sur elle.

— Je… je voudrais…je…hum... bégaya la née-moldue.

Morgane roula des yeux.

— Difficile d'aligner quelques mots simples, Evans ? railla-t-elle.

Lily lança une œillade noire à la brune et voulut répliquer mais Ainsley qui était de retour la prit subitement dans ses bras.

— Lil !

— Hey, Ains !

Ainsley la relâcha et alla s'asseoir aux côtés de Morgane qui bouillonnait de rage mais la blonde ne semblait pas s'en apercevoir. Colère qui n'échappa en tout cas au regard émeraude de la rousse qui afficha un sourire suffisant. Elle appréciait voir la Serdaigle fulminer de rage, même si elle ne comprenait pas pourquoi Morgane la détestait autant.

— Alors, comment s'est passé ton épreuve ? l'interrogea la blonde.

— Plutôt bien, répondit Lily en souriant.

— Et c'est pour te vanter que tu es venue polluer l'air par ta simple présence ? demanda sèchement Morgane. Présence insignifiante au passage.

— Morgane ! fit la blonde.

— Quoi ?

— Tu pourrais te montrer un peu plus gentille avec Lily ? Elle ne t'a rien fait à ce que je sache.

— Figure-toi que sa seule existence est un maux terrible pour moi, dit Morgane.

Ainsley cligna des yeux, perplexe, puis finit par ignorer la brune.

— Ce n'est pas que je sois hostile à votre présence comme ma sœur mais pourrait-on connaître la raison de votre venue à notre table ? questionna Harry.

— Il y a deux intrus à votre table, fit remarquer le Serpentard qui était légèrement en retrait.

— Effectivement, mais deux intrus adoptés par la maison donc ce sont des blaireaux par adoption. Par conséquent, ils sont à leur table.

Harry croisa le regard ténébreux du Serpentard et ce fut sans surprise qu'il sentit une tentative d'intrusion dans son esprit. Le Serpentard grimaça de douleur et tituba, reculant de quelques pas, ses doigts massant ses tempes.

— Severus ? Ça va ? s'inquiéta Lily qui soutint son ami qui prit appui sur elle pour ne pas flancher.

— Recommence et je te promets que les Maraudeurs seront des anges pour toi par rapport à ce que je ferais, menaça Harry.

— Tu viens de le menacer là ? s'énerva Lily en se tournant vers Harry.

— Parce que ton ami n'a aucun respect pour la vie privée des gens, lâcha Morgane. À ta place, je lui aurais donné une leçon pour ne pas que l'envie lui reprenne de recommencer, ajouta-t-elle en s'adressant à son jumeau.

Severus repoussa brusquement sa meilleure amie et sortit en courant de la salle.

— Severus !

Lily était prête à se mettre à la poursuite de son ami mais elle fut retenue par Kingsley.

— Lâche-moi, exigea-t-elle.

Harry se leva et alla à la suite du Serpentard. Lily se débattit contre la poigne du Serdaigle mais elle ne faisait guère le poids face au jeune homme qui avait enroulé un bras autour de sa taille.

— Arrête, Lily. Personne ne veut du mal à ton ami, déclara Kingsley.

— Tu mens ! Je ne sais pas ce que vous lui avez fait mais il a eu mal tout à l'heure.

— Parce qu'il a utilisé la légilimancie sur Harry et qu'il a répliqué à l'attaque de Severus, expliqua Kingsley.

— La quoi ? demanda Lily avec curiosité et doute.

Et Kingsley entreprit d'expliquer la légilimancie à la rouquine tandis qu'Harry était parti à la poursuite du Serpentard qui pensait s'être fait humilié une fois de plus.

Le jeune Lord trouva le passionné de potions et de Défenses Contre les Forces du Mal dans une salle de classe vide et inutilisée depuis de nombreuses années.

— Vas-tu passer ton temps à te comporter en lâche, Snape ?

Severus se retourna vivement vers lui, le regard assassin.

— Je ne suis pas un lâche ! protesta le Serpentard.

— Et comment qualifies-tu une personne qui ose violer l'intimité d'une autre et qui prend ensuite la fuite lorsqu'il s'agit d'affronter ses fautes ? questionna Harry, la voix froide.

Severus voulut maintenir le contact visuel mais ne put le faire car même s'il ne voudrait jamais l'admettre au Poufsouffle, il avait honte de son geste et savait qu'il n'aurait jamais dû tenter de pénétrer dans l'esprit d'Harry mais il avait eu le besoin viscéral de connaître les raisons qui avaient poussé le jeune homme à invoquer le Conseil des Quatre pour lui. Ils ne se connaissaient même pas et n'avaient jamais eu à discuter ensemble. Ils ne fréquentaient pas le même monde et Castillon semblait toujours impénétrable, au-dessus de tous les étudiants de Poudlard. Il était encore plus imposant et majestueux que Lucius Malefoy. Pratiquement toutes les filles de l'école bavaient sur lui, quelques garçons aussi et même Lily était tombée sous le charme du Poufsouffle.

Alors, comment une personne aussi populaire qu'Harry Castillon pourrait vouloir d'une personne comme lui ? Pourquoi invoquerait-il un tribunal aussi ancien pour un Serpentard qu'il ne remarquait jamais et avec qui il n'avait jamais parlé ?

— Tu as perdu ta langue, Snape ? Pourtant, j'ai cru comprendre qu'elle pouvait être aussi coupante qu'un sabre japonais.

Severus resta silencieux, ne sachant quoi dire pour reprendre la face auprès du Poufsouffle. Il s'était ridiculisé et s'était montré minable.

— Je vois.

Il sursauta lorsqu'il entendit la porte claquer et releva la tête pour voir le Poufsouffle se rapprocher de lui, une aura dangereuse apparaissant soudainement autour de lui.

Pendant ce temps, dans la Grande Salle, Lily avait fini par se calmer après l'explication de Kingsley et s'était excusée au nom de son meilleur ami pour son comportement indigne et inqualifiable.

— J'espère qu'Harry ne lui en tiendra pas rigueur, dit-elle. Severus n'est pas une mauvaise personne. Il attaque parfois le premier lorsqu'il se croit en danger. C'est une nature qu'il a récemment développé à cause des maraudeurs. Sinon, d'ordinaire, il est quelqu'un de très cultivé et son intelligence peut parfois être épatante.

— Nous n'en doutons pas, Lily. Harry n'a pas pour habitude de pardonner ce genre d'écart et s'il avait vraiment été irrité par l'intrusion de Severus, il se serait retrouvé à l'infirmerie pour deux ou trois jours mais visiblement, Harry n'en a pas été offusqué.

— Tu crois ?

— Mon frère a invoqué le Conseil des Quatre pour ton ami. Quelle preuve te faut-il d'autre ? grogna Morgane.

— À ce propos, pourquoi Harry a-t-il invoqué ce tribunal ? D'après ce que j'en ai lu dans L'Histoire de Poudlard, il risque lui-aussi d'être jugé.

— Il ne risque pas, il va être jugé, la corrigea Morgane. Nous allons tous être jugés.

— Tous ? Pourquoi ?

— Retirez-la de cette table sinon je vais essayer quelques sortilèges noirs sur elle pour savoir si ces sortilèges s'intensifient au contact d'une née-moldue, avertit-elle.

— Morgane !

— Quoi ?

— Je pensais que tu ne prônais pas la suprématie du sang pur, dit Ainsley.

— Et je ne la prône pas. Vouloir faire un test banal sur une née-moldue n'est pas du racisme. C'est comme tenter une expérience sur un rat et un être humain, se justifia Morgane.

— Cela doit être vraiment épuisant d'être toi, n'est-ce pas ? lança Lily d'un ton narquois.

— Que veux-tu dire par là ? la questionna Morgane, précautionneuse.

— Être chiante à un point pas possible et acariâtre en plus de ça. Si tu ne fais pas attention, tu te retrouveras toute seule, avec des verrues hideuses sur le visage, à faire peur aux gamins d'un village les soirs d'Halloween car au naturel, tu feras une parfaite méchante, répondit la rouquine.

— Je vais te refaire ton portrait, sal…

Morgane voulut se jeter sur la Gryffondor mais la blonde qui était assise à ses côtés la retint par la taille tandis que Lily la regardait se débattre, un sourire railleur au coin des lèvres.

— Arrête, Morgane ! s'agaça Ainsley.

— Tu as entendu comment m'a parlé cette sale peste ?

— Tu l'as cherché, répliqua Ainsley avec agacement. Si tu essayais de te montrer un peu plus aimable envers Lily, tu verrais que c'est une fille fantastique à fréquenter.

— Parce qu'en plus tu prends sa défense ? s'offusqua la Serdaigle.

— Morgane…

Morgane fusilla la blonde du regard, rangea ses affaires et quitta prestement la Grande Salle.

— Morgane ! héla Ainsley.

La Poufsouffle rangea elle-aussi à la hâte ses affaires, s'empara de son sac et se leva.

— Je suis vraiment désolée, Lily. Je ne sais pas ce qui lui arrive à chaque fois qu'elle te voit ou qu'elle entend parler de toi. J'ai l'impression qu'elle te déteste mais pour quelle raison, je ne saurais te dire, s'excusa Ainsley. Il faut que j'aille la calmer sinon elle nous fera passer une très mauvaise semaine. À plus tard !

Elle quitta la Grande Salle en trombe, laissant Lily et Kingsley en tête-à-tête.

— Tu adores l'agacer, n'est-ce pas ?

— Je dois avouer que c'est un plaisir de sortir l'iceberg Morgane Castillon de ses gonds par ma seule présence, sourit Lily, fière d'elle.

— C'était bien ce que je pensais, déclara Kingsley. Mais ce petit jeu entre vous nous cause des soucis par la suite car elle déverse sa colère sur nous et je peux t'assurer que tu préférerais l'avoir en ennemie qu'en amie.

— Ce n'est pas plutôt le contraire ?

— Pas du tout, certifia Kingsley. Tu es son ennemie et tu risques peu à la mettre en colère tandis que nous, nous devons supporter les affres de sa colère car nous sommes ses amis et ce n'est jamais agréable avec elle.

— Je suis sincèrement désolée pour vous.

Kingsley la regarda dubitativement.

— Je t'assure, renchérit la rousse.

De l'autre côté du château, Harry et Severus étaient assis sur le sol crasseux de la salle de classe abandonnée, leurs épaules se frôlant légèrement l'une contre l'autre.

— Je ne comprends toujours pas, avoua Severus.

— Qu'y a-t-il à comprendre là-dedans ? J'ai agi sans penser aux conséquences de mes actes, voilà tout.

— Donc ce n'était que ça ? Un simple acte irréfléchi ? cracha Severus, venimeux.

— Dicté par mon besoin de te venir en aide, ajouta Harry d'une voix paisible. Ne le prends pas comme un acte de charité ou de pitié, Snape.

— Et comment dois-je le prendre ? Que veux-tu de moi ? Si c'est pour t'aider à avoir de meilleures notes, je ne te serais d'aucune aide. Tu as d'excellents résultats dans toutes les matières. Si c'est de l'argent que tu veux, je n'en ai pas. Je n'ai rien de matériel qui pourrait avoir de la valeur à tes yeux et tu…

— La ferme, Snape, le coupa Harry, exaspéré. Je n'ai qu'une chose à te demander et elle est simple.

— Laquelle ? demanda le Serpentard, méfiant.

— Deviens mon fiancé, répondit sérieusement Harry.

On entendit le son d'une gifle qui résonna dans tout le château.

Dans la Grande Salle, les tables des quatre maisons étaient pratiquement remplies et les professeurs étaient déjà attablés, discutant joyeusement entre eux, sans se douter qu'un évènement dans l'après-midi avait scellé le sort des résidants du château. Lily avait rejoint la table des lions et bavardait avec ses meilleures amies Alice et Marlene lorsqu'elle vit son meilleur ami passer devant leur table, l'air contrarié. Il n'avait même pas posé un regard sur elle. Puis, elle vit Harry succéder le Serpentard, la marque d'une main sur la joue droite. Elle cligna des yeux, hébétée.

— Tu as les traces d'une main sur la joue, Harry, remarqua Ainsley qui était revenue dans la Grande Salle avec Morgane.

— Oui, je sais. Snape m'a giflé, dit-il, indifférent.

— Tu as été giflé ? s'estomaqua la blonde.

— Qu'as-tu fait pour mériter une si jolie marque ? l'interrogea Kingsley.

— Je lui ai juste proposé des fiançailles, répondit Harry.

— Tu lui as proposé quoi ? s'écria Morgane.

— Deviendrais-tu sourde, ma bien-aimée sœur ?

— J'aimerais bien l'être plutôt que d'entendre tes stupidités, répliqua-t-elle. Comment as-tu pu oser lui faire une telle demande ?

— Tu ne le connais même pas, lança Ainsley.

— Nos parents ne se connaissaient pas lorsqu'ils se sont mariés, dit Harry.

— Nous ne les avons pas connu, Harry, lui rappela Morgane.

— Richard m'en a dit du bien d'eux. Il les a connu.

— Richard n'est qu'un rêveur et un romantique. Bien sûr qu'il ne dira que du bien de nos parents, romançant leur histoire pour que nous soyons pas déçus. Grand-mère m'a dit que père souhaitait abandonner mère dans l'un de nos manoirs pour revenir à Londres et s'amuser aux côtés de sa maîtresse, Lady Greengrass. Père a couché avec toutes ces bonnes femmes de la haute société. Qu'elles fussent mariées ou pas, elles finissaient toutes dans son lit et voulaient y finir. Il n'a jamais aimé mère, Harry. Mère l'a certes aimé dès le premier jour que leurs regards se sont croisés mais cet amour ne fut jamais partagé, petit-frère.

— Étais-tu obligée de le raconter de manière aussi détachée ?

— Pour te faire comprendre que les mariages arrangés n'ont qu'un seul but : faire souffrir.

— Et crois-tu que je serais comme père ? Débauché et sans aucun respect pour la personne qui partagera le restant de mes jours ? Que je puisse l'aimer ou pas ?

— Harry, tu sais parfaitement que je n'ai pas voulu le dire ainsi.

— Mais tu l'as dit, Morgane.

Ils furent coupés dans leur conversation par l'apparition de courriers sur leur table. Très vite, des murmures s'élevèrent dans la salle. Le regard de tout le monde s'était posé sur le symbole qui était marqué sur leur enveloppe. C'était le symbole du Conseil des Quatre et tous les professeurs ainsi que les étudiants avaient reçu une lettre de la part du Conseil des Quatre sauf quelques étudiants dont les premières années et quelques étudiants de différents niveaux. Severus faisait partie de ces rares étudiants.

— Par les ruines d'Avalon, je suis convoquée. Je suis convoquée, paniqua Ainsley. Ô Merlin !

— Ainsley.

— Ne me demande pas de me calmer car je ne veux pas me calmer ! s'énerva la blonde.

— Du calme, mes chers enfants. Du calme, les exhorta le directeur de l'école qui s'était levé de son siège.

— Que veut dire ceci ? Qui a invoqué le Conseil des Quatre ? se questionna Minerva.

— Silence ! tonna Albus.

Les élèves se turent et dardèrent leur regard sur le directeur.

— Pourrait-on connaître l'invocateur du Conseil ? demanda-t-il.

Harry se leva.

— Moi, Lord Castillon, Duc de Godric's Hollow suis l'invocateur du Conseil des Quatre de Poudlard.

— Et pourquoi une telle invocation, Lord Castillon ?

— Il est certainement notifié dans votre lettre, professeur, répondit Harry.

Dumbledore resta silencieux et sentit tous les regards rivés sur lui. Il s'était passé quelque chose de grave dans son école et il n'en avait pas été informé le premier. Une invocation du conseil n'était pas un très bon signe surtout lorsqu'ils recevaient tous des lettres du tribunal ancien. Des têtes tomberont, il en était certain mais lesquelles ? Il ne saurait le dire.

Il se rassit et ouvrit l'enveloppe, retirant ainsi la lettre pour la lire. Il fut rapidement imité par étudiants et professeurs.

CONSEIL DES QUATRE DE POUDLARD

Tribunal ancien de mages et de sorciers

Château de Poudlard, Pré-au-Lard

CONVOCATION

Cher monsieur Dumbledore,

Le Conseil des Quatre de Poudlard vous invite à vous rendre à l'apparition de la pleine lune dans la Forêt Interdite près du grand chêne pour une audience unique dans le cadre de l'invocation de Lord Castillon aux motifs suivants :

Juger de la légitimitéd'Albus Dumbledore au poste de Directeur de Poudlard

Juger des actes d'intimidation des élèves : James Fleamont Potter, Sirius Orion Black, Remus John Lupin et Peter Pettigrow envers l'étudiant Severus Tobias Snape ;

Juger du laxisme et de l'indifférence des professeurs de Poudlard face à l'intimidation dont sont victimes plusieurs étudiants

Le Conseil des Quatre de Poudlard se réserve le droit de :

Juger chaque étudiant pour leur inaction face à l'intimidation dont a été victime leurs camarades.

Le tribunal ancien de mages et de sorciers