Note d'auteur : Deuxième chapitre ! Je publierai tous les 4 jours, donc vous aurez droit au prochain jeudi :) Bonne lecture !
Chapitre 2
Le lendemain matin, elle croisa Ginny Weasley dans la salle commune des Gryffondor. Celle-ci lui fit part de son aversion pour des six « petits soldats des Carrow », comme elle les avait surnommés. La jeune Weasley était connue pour son tempérament de feu, et pour son caractère prononcé. Elle donnerait du fil à retordre aux Serpentard… Hermione lui faisait confiance sur ce point, elle savait qu'elle leur mènerait la vie dure.
— Tu sais comment va Harry ? lui demanda Ginny, le regard soudain soucieux.
— Non, je l'ignore, répondit Hermione. Je suis désolée, Ginny, mais de toute façon, il serait très risqué pour lui d'essayer d'entrer en contact avec toi, ou n'importe qui d'autre…
— Je le sais bien… Mais je regrette tellement de ne pas avoir passé autant de temps avec lui que je l'aurais voulu… Pourquoi a-t-il fallu attendre cinq ans avant que je me rende compte que nous étions faits l'un pour l'autre ?
— Toi, tu le savais, corrigea Hermione. Harry, lui… Il se voilait la face. Je sais qu'avec Cho, ce n'était pas sérieux. Je suis sûre qu'il t'aime, et qu'il trouvera un moyen de nous donner de ses nouvelles, arrête de t'angoisser.
— Facile à dire, pour toi. Celui que tu aimes est près de toi.
Hermione eut un hoquet de surprise et s'exclama :
— Quoi ? De quoi parles-tu ?
— Arrête, je sais bien qu'entre mon frère et toi il y a quelque chose…
— Non, Ginny, tu te trompes, Ron est un ami, rien de plus…
Ginny eut un sourire et ne répondit rien. Elles sortirent de la salle commune et allèrent prendre leur petit-déjeuner. Hermione était très embarrassée que son amie crût qu'elle avait des sentiments pour Ron. Si c'était le cas, c'était que Ron lui en avait parlé. Il se leurrait, elle n'éprouvait que de l'amitié pour lui, et refusait de lui donner de faux espoirs. Elle mettrait cela au clair dès que possible avec lui.
~o~O~o~
La journée s'écoula très lentement, trop lentement aux yeux d'Hermione. Ce n'était que maintenant qu'elle remarquait les étranges manières de Ron à son égard. Il lui tenait la porte pour entrer en cours, lui proposait de lui tenir son sac pour qu'elle ne s'abimât pas le dos, et la servait à table pour qu'elle n'eût pas à se déplacer. Jusque là, Hermione avait pris ça pour des attentions amicales, pour une galanterie naturelle. Mais depuis sa discussion avec Ginny, elle en était beaucoup moins sûre…
— Ron… J'aimerais te parler, fit-elle juste après le dîner.
Ron acquiesça, avec un grand sourire. Hermione l'entraîna hors de la salle commune. Elle se tint éloignée de lui, craignant qu'il prît cette invitation pour une déclaration d'amour. Ils allèrent s'asseoir sur les marches d'un escalier – vérifiant tout de même qu'il n'avait pas l'intention de s'en aller – et Hermione inspira un grand coup. Elle se lança :
— Voilà… Je voudrais savoir si… tu éprouves quelque chose pour moi.
— Tu veux dire… à part de l'amitié ?
Hermione acquiesça et imperceptiblement, elle s'éloigna à nouveau de lui, pour être certaine de le voir venir s'il voulait l'embrasser. Ron rougit un peu et Hermione se retint de grimacer, sentant venir la réponse tant redoutée.
— Eh bien… ça tombe bien que tu me poses la question parce que justement je comptais t'en parler. Voilà, je te trouve vraiment très jolie, Hermione, et tu es très intelligente, drôle, gentille… Alors, oui, si tu veux savoir, tu me plais beaucoup. Mais… je n'ai pas l'impression que ce soit réciproque…
— Ron, surtout, ne le prends pas mal ! Mais tu es juste un ami, pour moi, rien de plus. Et même si, je te l'avoue, j'ai parfois cru qu'il pourrait y avoir plus que de l'amitié entre nous, ça n'a jamais duré…
— Tu aimes toujours Viktor ?
Hermione écarquilla les yeux, surprise. Elle balbutia :
— Viktor ? Viktor Krum ? Mais non, Ron, qu'est-ce que tu vas chercher ? Tout est fini, entre nous, je n'ai plus de nouvelles depuis un bout de temps et de toute façon, les relations longue-distance, ça ne fonctionne jamais.
Ron eut un maigre sourire. Il se leva et marmonna, les mains dans les poches :
— Bon, je pense qu'on s'est tout dit. J'espère que ça ne va pas changer notre relation…
— Non, ne t'en fais pas. Je préférais mettre tout ça au clair, je ne voulais aucun malentendu. Et puis, avec tout ce qui se passe, j'ai vraiment besoin de ton soutien, Ron. Harry est on ne sait où, les « petits soldats des Carrow » font la loi, Tu-sais-qui tyrannise le monde des sorciers… Si tu n'étais pas là, je n'arriverais pas à tout surmonter.
Ron sourit et s'avança pour la prendre dans ses bras, comme il le faisait souvent. C'était sa manière à lui de la réconforter, il n'avait jamais été doué pour trouver les mots qui consolaient. Ils rentrèrent à la salle commune des Gryffondor et Hermione fila se coucher, encore retournée de ce qu'il venait de se passer, mais soulagée que Ron ne pût plus se faire d'illusions.
~o~O~o~
Le lendemain matin, Ginny ne manqua pas de l'aborder. Elle avait remarqué leur petit manège, la veille et s'était tout de suite fait des idées à leur sujet. Elle se jeta sur Hermione avant le petit-déjeuner et s'exclama :
— Alors ? Je n'avais pas raison ?
— Navrée de te décevoir, Ginny, mais tout ce qui s'est passé hier, c'est une explication claire et nette, où je lui ai dit que je ne le voyais que comme un ami.
— Hermione !
Ginny semblait proprement scandalisée. Elle poursuivit :
— Rassure-moi, tu ne renies pas tes sentiments ? J'espère que tu ne fais pas souffrir mon frère par cruauté…
— Tu me trouves cruelle ? s'étrangla Hermione.
— Non, moi je dis ça comme ça… J'espère juste que tu ne te trompes pas, c'est tout. Et… il y a un autre garçon dans ta vie ?
Hermione regarda dans le vague et répondit d'une voix éteinte :
— Non… Non, il n'y a personne.
Ginny eut un pauvre sourire et lui tapota gentiment l'épaule. La jeune Weasley ne pouvait pas se plaindre, de ce côté-là : elle avait beaucoup de succès auprès des garçons et rien que la veille, elle avait reçu deux demandes. Dean Thomas, son dernier petit ami avant Harry, était parti en exil lui aussi, étant né-Moldu – ou le supposant, du moins, car il n'avait pas connu son père. Et les deux garçons en questions n'étaient autres que Seamus Finnigan et Cormac McLaggen. Seamus était un gentil garçon, peu doué pour la magie, mais Cormac était un des plus insupportables Dom Juan nés sur Terre. Sûr de lui, macho, Hermione ne le portait guère dans son cœur.
— Tu vas sortir avec Seamus ? lui demanda Hermione.
— Non ! s'exclama Ginny. Je ne sors pas avec n'importe qui, et il est hors de question que je trompe Harry.
— Mais officiellement, vous n'êtes plus ensemble, rétorqua Hermione.
— Ca ne veut rien dire. Pour moi, il est toujours mon petit ami, puisqu'il ne m'a pas explicitement dit qu'il me quittait. Je ne tirerai un trait sur lui que si je vois son cadavre de mes propres yeux.
Hermione salua intérieurement cette fidélité inébranlable. Ginny était une fille extraordinaire, et Hermione espérait qu'Harry mesurait la chance qu'il avait de l'avoir. S'il savait les sacrifices qu'elle faisait pour lui, il reviendrait probablement à Poudlard en moins de temps qu'il ne fallait pour dire « Vif d'or ». Hermione soupira à nouveau, en pensant à Ron. Tout aurait été plus simple si elle avait été amoureuse de lui, mais ce n'était pas le cas.
Note de fin : J'espère que ce deuxième chapitre vous a plu :) Ne vous méprenez pas, le "Non... Non il n'y a personne" d'Hermione est parfaitement sincère, elle ne pense pas à Drago du tout ;) (je le précise parce que je n'ai pas mis cette réplique ambiguë pour vous mettre sur de fausses pistes^^) Merci d'avoir lu !
