Rating: NC-17 / M / 18+
Disclaimer: les personnages de Numb3rs ne m'appartiennent pas, et j'ignore toujours à qui ils sont...
Notes de moi: Voilà la suite de l'histoire, réclamée à corps et à cris par certains. J'espère qu'elle vous plaira.
Bonne lecture !
« Don Eppes, F.B.I.
- Ah oui. Le central nous a prévenus que vous vouliez nous voir. Vous êtes le frère du jeune homme qu'on a renversé hier soir, c'est ça ?
Le frère en question hocha la tête. Il s'assit sur le rebord d'une table et regarda les deux policiers en uniforme qui buvaient leur café.
- Qu'est-ce qui s'est passé là-bas ? Vous le savez ?
- On fait des recherches à partir des déclarations du témoin.
- Racontez-moi tout.
Le plus jeune d'entre eux s'assit et l'observa.
- On nous a appelé hier soir, vers 22h30, pour ce qui ressemblait à un accident. Un piéton fauché par un véhicule. Lorsqu'on est arrivés sur les lieux, à un kilomètre à peine de l'université, les secours nous avaient précédés de peu. A première vue, il semble qu'une voiture ait foncé sur votre frère alors qu'il marchait sur le trottoir.
- Il n'était pas en vélo ? Ah non, c'est vrai. Il avait un pneu crevé.
- Un homme d'une soixantaine d'années était resté sur place. Il a assisté à toute la scène. Il s'est présenté tout de suite à nous.
- Que vous a-t-il dit ?
Son collègue, un sergent, prit la relève.
- Il nous a raconté une histoire plutôt étrange.
Don fronça les sourcils.
- Comment ça ?
- Le vieux promène son chien tous les soirs le long de cette avenue. Il l'arpente de haut en bas pendant une demi-heure. Lorsqu'il est arrivé au niveau de votre frère, il l'a vu qui discutait avec deux hommes dont l'un était manifestement ivre. Ces derniers lui demandaient s'ils pouvaient passer un coup de fil avec son portable. Votre frère a, semble-t-il, répondu non.
- Son téléphone était en rade depuis quelques jours, ne put s'empêcher de dire Don.
- Bref, le plus ivre s'est énervé, et son camarade l'a éloigné. Ils sont redescendus vers leur voiture qui se trouvait un peu plus bas. Là-dessus, le témoin a continué sa route, jusqu'à ce qu'il entende les crissements de pneu. Il s'est retourné juste à temps pour voir le véhiculé faire demi-tour et foncer sur votre frère.
- Pardon ?
Le policier fit la grimace.
- On dirait un geste délibéré. Les traces de gomme en contrebas confirment le témoignage du sexagénaire.
- Mais pourquoi ? Il n'avait rien fait.
- Ce n'est pas à vous que j'apprendrai ce dont est capable un type complètement saoul. Un rien les énerve parfois. Pour peu que ses copains l'aient laissé reprendre le volant.
Don ne répondit pas tout de suite.
- Mais enfin, on ne fonce pas sur quelqu'un pour une histoire de portable ! S'exclama-t-il.
Son interlocuteur haussa les épaules. Don, lui, était atterré. Bon sang non ! On ne s'amuse pas à renverser quelqu'un pour ça !
- Le témoin a relevé le numéro de plaque de la voiture.
- Et ça donne quoi ?
- Ca donne une bonne raison au F.B.I. pour enquêter.
L'un des policiers lui tendit la feuille de rapport.
- Corps diplomatique. Votre véhicule appartient au consulat d'Ukraine. »
Le consulat d'Ukraine.
« Qu'est-ce qu'on a sur eux ?
David examina son écran quelques secondes.
-
Pas grand-chose, comme toujours lorsqu'il s'agit de politique.
Néanmoins d'après les renseignements américains le lieu est soupçonné
d'abriter régulièrement des chefs de la mafia ukrainienne qui sont de
leurs ressortissants.
- Une voiture de corps diplomatique qui se
retrouve à heurter une personne à dix kilomètre de son garage, avec à
son bord trois hommes ivres, ce n'est pas très normal, commenta Megan.
Qu'est-ce qu'ils faisaient là ?
- Tu crois qu'on va se faire mettre dehors si on va leur demander ?
- Il y a des chances. Ils ne nous laisseront pas toucher à leurs amis sans une excellente raison.
-
Un de leurs types qui fonce sur Charlie délibérément parce qu'il
n'avait pas de téléphone, ça te suffit comme raison ? Répondit Don.
- Moi je disais ça comme ça.
David
contempla le dossier que son collègue avait récupéré auprès des
policiers du district de l'université. Inquiet pour Charlie, inquiet de
la tournure que prenait les événements, il grimaça.
- Allons les voir, ça ne coûte rien. »
Don
acquiesça et saisit sa veste tandis que le jeune homme partait en
avant. Au moment où il saisit son téléphone, Megan posa sa main sur son
bras.
« Tu es sûr de pouvoir t'occuper de cette affaire ?
- Je ne me retirerai pas, Meg, c'est hors de question.
- Je sais, mais fais attention.
Il hocha la tête.
- Comment va Charlie ? Tu as appelé ton père ?
- Oui, tout à l'heure. Je ne lui ai encore rien dit. S'il savait ce qu'il s'est passé, il deviendrait fou. »
Puis il tourna les talons et partit à la poursuite de David. La jeune femme le regarda s'éloigner en soupirant.
« Fais attention de ne pas le devenir toi-même. » murmura-t-elle.
o0o0o0o0o0o
« Tu crois que c'est mauvais signe ?
- Je pense, oui.
Les
deux agents patientaient dans un salon depuis près de dix minutes, et
l'exaspération de Don ne cessait d'augmenter. Il s'attendait à des
dénis, il s'attendait à un mensonge, et il savait qu'ils étaient en
train de l'inventer juste sous son nez, à quelques portes de là.
- Comment va Charlie ? En profita pour demander son ami.
- État stationnaire. Rien n'a changé pour le moment.
- Ils savent combien de temps ça peut durer ?
L'aîné des Eppes se mordit les lèvres, toujours en proie à la peur.
- Le traumatisme crânien est important; ils ne savent pas encore s'il s'en remettra. »
Puis il retomba dans le silence. A cet instant, la porte s'ouvrit à côté d'eux.
« Messieurs, si vous voulez bien me suivre. »
Les
deux hommes pénétrèrent dans un bureau à l'ancienne mode, aux décors
chargés de bois. Le diplomate se leva et leur serra la main.
« Je suis Youri Souchovski, consul d'Ukraine. Asseyez-vous je vous en prie. Que puis-je faire pour vous ?
-
Monsieur Souchovski, hier soir, une des voitures de votre consulat a
été impliquée dans un accident de la circulation où un piéton a été
renversé. Trois hommes s'y trouvaient, et le chauffeur, apparemment
ivre, a foncé sur une personne.
- En êtes-vous sûr ?
- Un témoin a relevé le numéro de la plaque.
Leur interlocuteur croisa les mains.
- Cela m'étonne. A ma connaissance, aucun de nos véhicules n'était sorti pour autre chose que des soirées officielles.
-
L'homme renversé se trouve dans le coma. Aussi aimerions-nous vous
associer à notre enquête pour déterminer comment un tel accident a pu
se produire.
De ses véritables motivations, pas un mot. Don ne
voulait pas braquer le diplomate. Il connaissait l'engeance et savait
que la caresse flatteuse était toujours plus efficace que la menace.
-
Si l'un des membres de votre consulat se trouvait à l'extérieur, ivre,
cela ne peut que vous êtes préjudiciable si la situation se renouvelle
un jour. Un partage d'informations sur les personnes habilitées à
utiliser les véhicules du corps diplomatique nous aiderait grandement.
-
Je comprends messieurs. Malheureusement, cela m'est impossible. Je ne
peux communiquer des informations sur des ressortissants ukrainiens,
sauf s'il sont accusés d'un crime fédéral.
- Vous n'êtes pas sans ignorer que si la victime succombe à ses blessures, le juge nous laissera le champ libre.
- Alors Dieu veuille que cette personne se rétablisse, ce que j'espère moi-même du fond du coeur... »
Don regarda le portail du consulat se refermer.
« Dieu veuille que cette personne se rétablisse... Fit-il d'un ton exaspéré. Tu parles ! Quel enfoiré !
-
Il est dans son droit, Don. Sans compter qu'on touche peut-être au
domaine de la mafia. Ces types-là sont intouchables. Carrosserie,
bandes vidéos, pneus... Si ça se trouve, ils ont déjà fait disparaître
toutes les preuves physiques.
- Intouchables ou pas, avec un témoin on devrait obtenir quelque chose.
Le type a dit qu'il avait vu deux des hommes. Avec un peu de chance il
pourra les identifier.
- Avec quelles photos ? Tu en as toi, des portraits des ressortissants ukrainiens sous couverture diplomatique ?
- Ca peut se trouver... »
o0o0o0o0o0o
Don pénétra doucement dans la chambre d'hôpital de son petit frère.
« Papa ?
- Ah c'est toi fiston ? Quelle heure est-il ?
- Six heures.
Le jeune homme vint s'asseoir au bord du lit de Charlie, près de son père.
- Aucun changement ?
Alan hocha négativement la tête. Ils restèrent silencieux plusieurs minutes, puis le patriarche fit soudain:
- Don, est-ce que ça t'embête si je te laisse quelques heures ?
- Non, bien sûr que non. Un problème ?
- Je veux juste passer à la maison chercher quelques affaires. J'ai aussi deux ou trois coups de fil à passer.
Il se frotta les yeux.
- Je vais devenir fou si ça continue.
- Passe la nuit là-bas si tu veux. Tu as besoin de dormir, de vraiment dormir.
- Tu crois vraiment que je vais pouvoir fermer l'œil ?
- Il le faut, sinon tu ne tiendras jamais. Je vais rester ici, ne t'inquiète pas.
Son père se rendit à l'évidence: il avait raison. Saisissant ses affaires, il se prépara à partir, avant de se retourner.
- Tu m'appelles s'il se passe quoi que ce soit.
- Compte sur moi papa. Je ne le quitterai pas de la nuit. »
Alan sorti, Don contempla son cadet.
«
J'ai juré il y a six mois que je ne passerais plus jamais une nuit loin
de toi. Tu m'entends petit frère ? On s'est fait cette promesse, tous
les deux. Et c'est pas encore maintenant qu'on la rompra. Tu m'as
compris ? C'est hors de question. J'ai trop froid la nuit, sans toi. »
Puis il s'étira, cala sa tête et ferma les yeux un instant.
« Don ?
Le
jeune homme se redressa brusquement, surpris par la voix qui
l'appelait. Il ouvrit les yeux et vit l'agent Sinclair – David – qui
venait d'entrer dans la pièce déserte.
- Désolé de te réveiller.
- Quelle heure est-il ?
- Près de onze heures.
- Onze heures ? Mais qu'est-ce que tu fais ici ? Tu devrais être rentré chez toi.
David lui tendit la chemise cartonnée qu'il tenait à la main.
-
Ton contact nous a envoyé les photos des résidents du consulat en fin
d'après-midi. J'ai convoqué le témoin dès qu'on les a reçues. Il a été
catégorique; un vieux bonhomme très fiable.
- Tu as fait tout ça en cinq heures ? Tu n'étais pas obligé... fit Don avec reconnaissance.
-
Je sais. Je l'ai fait pour Charlie. Au départ je pensais te prévenir
seulement demain. Mais quand j'ai vu les tête de nos suspects.
Inquiet,
Don examina les feuilles d'identification. Il y en avait trois; trois
hommes quadragénaires de forte stature, le visage fermé, l'air peu
commode. David s'assit à côté de lui.
- Tu sais, avant d'être
affecté à ton département, je bossais sur des affaires de trafics:
immigration, trafic d'influences, import-export... Évidemment, les
mafias ont un rôle central là-dedans.
- Quel est le rapport avec ces types ?
- Je connais ces gars. Ce sont les chiens de garde d'un groupe spécialisé dans la vente d'armes et l'immigration clandestine.
Il lui désigna l'une des photos.
-
Apparemment, c'est Vassili Lazarenko qui conduisait la voiture et qui a
renversé Charlie. Leonid Pavlovytch, Vassili Lazarenko et Victor
Koutchma sont les gardes du corps d'Anatoly Iouchtchenko, citoyen
ukrainien installé à Los Angeles depuis dix ans. Bien sûr, on les
soupçonne de ne pas se cantonner à leur boulot de garde du corps, mais
on n'a jamais obtenu aucune preuve pour les faire inculper. Quant à
leur patron, il est encore plus intouchable que le Président, immunité
diplomatique oblige.
- Cette fois, avec un témoin, on devrait bien les coincer, non ?
- J'en sais rien. J'espère.
- Tu sais que tu me fais un peu peur là ?
David se passa la main sur le crâne et soupira.
-
Iouchtchenko protège toujours les hommes qui bossent pour lui. En dix
ans ils nous ont toujours glissé entre les doigts comme des anguilles.
-
Sauf que cette fois ils ont commis un crime imbécile. Et en général,
les mafiosi détestent se faire remarquer. Ils risquent de ne plus être
dans les petits papiers de leur patron.
- Un chef ne lâche jamais ses hommes; ils les sermonnent ou les abattent. Entre nos mains ils seraient une menace pour eux.
- Je sais tout ça David. Le F.B.I. et la mafia ne se côtoient que trop.
Don se leva, le dossier à la main, et se mit à faire les cent pas en lisant son contenu.
- On ne peut pas lâcher. J'ai pas le droit de lâcher. Si c'est bien ce type qui a voulu tuer mon frère, alors je veux sa peau.
- Qu'est-ce que tu comptes faire ?
-
Je tente la voie légale: dépôt de plainte de la part du ministère
public contre Vassili Lazarenko pour tentative d'homicide. Avec le
témoignage de Mr. Cartman, on devrait pouvoir obtenir quelque chose, ne
serait-ce qu'un mandat contre ce Lazarenko et l'autorisation d'accéder
au consulat.
- Prie pour tomber sur un juge courageux.
Conscient des risques, le jeune homme réfléchit quelques minutes.
-
On ne va pas se contenter de ce témoignage. Cartman a écrit qu'après le
choc, la voiture était repartie vers Crescent' Avenue. Après un tel
coup, ils ont dû prendre peur et rentrer immédiatement à l'abri,
c'est-à-dire au consulat.
- On n'aura rien de leur part.
- Je
sais. Mais Souchovski a dit qu'aucune de leurs voitures n'était hors de
son parcours ce soir-là. Si on trouve des bandes vidéos publiques, on
pourra prouver qu'ils étaient bien sur la route.
- Compris. Tu veux des vidéos de feux rouges, croisements, bretelles d'autoroute.
-
Tout ce qui est en accès public et qui filme ou prend des photos, entre
l'université et le consulat ukrainien. Il faut trouver des images de la
voiture, et si possible de son immatriculation.
David termina de prendre des notes et se leva.
- Ok, je file.
-
Non, non, non ! S'exclama Don en le calmant. Je ne veux pas vous
pousser à la nuit blanche. Rentre chez toi et dors. On se verra demain
pour ça.
Son collègue secoua négativement la tête.
- Je vais
faire ces recherches, maintenant, pour Charlie et pour toi, parce que
je sais très bien que tu meures d'envie de me le demander.
D'abord surpris, ensuite vaincu, Don regarda son camarade et esquissa un sourire malheureux. Le jeune homme acquiesça.
- T'en fais pas, je le savais. »
Il
s'éclipsa aussitôt, laissant le policier à nouveau seul dans la grande
chambre. Don observa le couloir presque désert puis descendit le store
pour plonger la pièce dans l'obscurité. Après quoi il retourna
s'asseoir près de son frère.
Charlie respirait sans assistance
désormais. C'était un progrès, mais le réveil demeurait toujours
incertain. C'était désespérant, horriblement désespérant de contempler
la masse d'appareils qui pour le moment aidaient à le maintenir en vie.
Tout se jouait là-haut, au niveau de son cerveau traumatisé par le
choc, endommagé par l'excessive pression interne. Si les dégâts étaient
minimes, alors le jeune homme avait une chance de survivre. Sinon, la
mort cérébrale attendait au tournant. Pour l'instant ils ne savaient
rien.
Don contempla le visage de son petit frère et se prit à le
caresser un instant. Il passa ses doigts sur les boucles brunes et
sentit sa gorge se serrer à leur contact. Qui savait quand il pourrait
à nouveau glisser ses doigts dans ses cheveux comme par le passé.
«
Qu'est-ce que je deviendrai sans toi ? Qu'est-ce qu'on deviendrait,
papa et moi ? Je suis sûr que tu peux guérir. Tu peux y arriver ! Peu
importe si la pression sanguine a grillé quelques-uns de tes neurones;
tu en as tant que tu peux t'en sortir indemne ! Ne me lâche pas ! Je
sais pas si je pourrai tenir tout seul ici-bas... »
C'étaient des
phrases sans aucun sens, il n'y avait aucune suite dans ses idées. Mais
étrangement la parole le soulageait. Il prit la main fraîche de Charlie
entre les siennes et la porta à ses lèvres.
« Pourquoi ? »
« Pourquoi est-ce qu'un type est allé te renverser ? Comment peut-on en vouloir à un ange tel que toi ? »
« Il
ne s'en sortira pas comme ça, Charlie. Ce dingue a voulu te tuer. Cette
fois il n'échappera pas à la justice. Je l'aurai, je te le promets. »
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David
Sinclair ôta ses lunettes de soleil et pénétra dans un luxueux bâtiment
de verre, dans le centre des affaires de Los Angeles. Il était presque
midi, et les échos de la plainte déposée par Don devaient commencer à
se faire ressentir dans ce lieu austère. L'agent du F.B.I. fut stoppé
par une secrétaire à quelques pas du bureau de sa cible.
« Que puis-je faire pour vous, monsieur ?
David sortit sa plaque.
- Dites à monsieur Iouchtchenko que l'agent Sinclair du F.B.I. est ici.
- Monsieur Iouchtchenko est en rendez-vous.
- Dites-le lui quand même.
Sans
un mot de plus, David suivit la jeune femme alors qu'elle ouvrait la
lourde porte. Dès qu'elle eut prononcé son nom et avant même que
quelqu'un ne réagisse, il l'écarta avec douceur et pénétra dans le
bureau sans attendre d'invitation.
Anatoly Iouchtchenko était là,
ainsi qu'un homme grand et maigre, que Sinclair connaissait pour être
son avocat, maître Korski, un homme du Barreau assez redoutable.
D'abord interloqué par l'irruption du policier, l'Ukrainien se reprit
néanmoins rapidement.
- Agent Sinclair, je ne crois pas... vous avoir invité, fit-il avec un sourire de commande.
- Hors consulat, je peux m'inviter chez vous quand je veux.
- Sans mandat ?
- Pas besoin de mandat pour avoir une discussion, maître. »
David
contempla les deux hommes avec assurance. Dans un parti pris délibéré
de provocation, il prit un siège et s'assit en face de Iouchtchenko.
« Je peux savoir ce que vous êtes venu faire chez moi ?
- Vous parler.
- De quoi ?
- De la plainte que vous avez reçu ce matin à l'encontre de Vassili.
- Une plainte sans fondement, précisa l'avocat.
David se redressa dans son siège et fixa intensément le gangster.
-
Nous savons tous les trois que Vassili était ivre durant la nuit du 24
au 25, et qu'il a délibérément foncé sur une personne avec son véhicule.
-
Doucement. Il faudra le prouver d'abord. Vassili Lazarenko est un
employé sérieux, qui d'ailleurs se trouvait ailleurs au moment des
faits, fit Maître Korski.
- Comme vous l'avez fait remarqué, nous
sommes chez vous. Je subodore qu'il n'y a ni micros ni témoins: nous
pouvons donc nous payer le luxe de ne pas jouer la comédie. Je ne doute
pas de votre compétence à fournir quantité de faux témoins. Mais rien
ne pourra empêcher l'audience préliminaire d'avoir lieu. Contrairement
à vous, Vassili n'est pas membre du corps diplomatique; il n'a donc pas
l'immunité.
Sortant de sa réserve avec prudence, Anatoly Iouchtchenko soupira.
- Je sais que Vassili a fait une bourde impardonnable. Il s'est conduit comme un abruti.
- Comme ces mots sonnent justes, sortant de votre bouche, rétorqua David avec cynisme.
- ... Mais il fait partie de mon équipe. Je ne le lâcherai pas.
- Vous avez trop peur de ce qu'il pourrait nous dire, n'est-ce pas ?
L'Ukrainien leva les bras en signe de victoire.
- Le F.B.I. me tourne autour depuis des années, et il n'a encore rien trouvé.
-
Sans votre couverture diplomatique usurpée, vous seriez derrière les
barreaux depuis longtemps. Mais cette fois un de vos hommes de main a
commis un crime stupide. Un homme est dans le coma. Laissez tomber
Vassili. Officiellement il n'est que garde du corps. Nous vous
oublierons, ainsi que Victor et Leonid.
- Qu'est-ce qu'ils viennent faire là-dedans ?
-
Ils étaient avec Vassili ce soir-là. Vous l'ignoriez ? Non assistance à
personne en danger, complicité... Eux aussi peuvent plonger. Trois
hommes d'un coup ! Ca commence à faire beaucoup de monde, non ?
Korski se leva et posa une main rassurante sur l'épaule de son client.
- Cela fait beaucoup d'accusations. D'après ce que je sais, vous possédez un témoin ?
- Pourquoi ? Il risque de lui arriver quelque chose ?
-
Non. Nous ne sommes pas des sauvages, agent Sinclair, fit Iouchtchenko.
Mais je crois savoir que votre témoin est un sexagénaire et que la
scène a eu lieu de nuit. Rien de plus facile pour un homme âgé, aux
yeux usés, de se tromper en toute bonne foi.
- Cela ne fera guère le poids face à une dizaine de témoignages de personnalités, ajouta son avocat.
- Vous avez l'intention de mouiller le Consul ?
- Je ne crois pas que cela vous regarde.
- Je serais vous, je ne serais pas trop prompt à faire triompher l'injustice.
Iouchtchenko l'observa avec une lueur de victoire dans les yeux.
- Pourquoi donc ? Votre système ne peut pas m'en empêcher.
-
Cette fois il ne s'agit pas seulement de la surveillance d'imports
frauduleux ou de l'écartement d'un concurrent. Lazarenko a tenté
d'envoyer un innocent à la mort !
- Et alors ?
- Alors, les innocents aussi veulent parfois se venger. »
Alors ? Tout le monde subodorre ce qui va se passer ensuite, je pense... Non ?
Et ça risque d'aller de mal en pis. Non je ne suis pas sadique. J'ai juste un côté tragique sur-développé. ;)
