Bien le bonjour ! Ben... voilà la suite X)

Oh, et juste comme ça, j'ai conscience que mon chapitre a mis du temps à arriver, néanmoins, je suis une personne prise par le temps, alors faudra être patient car ça sera souvent comme ça :)

Aussi, petite précision, comme ce n'est pas forcément explicite, je tiens à préciser que les narrateurs sont Ame et Saki en alternance. Aujourd'hui, on commence par Saki.

Sur ce, bonne lecture :D


Aujourd'hui, on est dimanche. Je suis chez moi, dans ma chambre. Je ne fais rien de particulier. C'est calme. Trop calme. Ma mère voulait que je vienne avec elle au marché de mon village. J'ai refusé tout à l'heure, mais finalement, je vais y aller.

C'est ainsi que je me retrouve au milieu d'une petite foule de gens souriants. La plupart d'entre eux me saluent, certains viennent même me parler. C'est souvent pour me dire que j'ai grandi… des trucs du genre. Et souvent, je ne connais pas ces gens. Ils sont ennuyants, mais moins que ma chambre vide. Le marché, à part ça, c'est sympa. Il y a beaucoup de choses à voir. Je ne parle pas des traditionnels stands de fruits frais ou de vêtements démodés, mais des petites baraques à roulettes un peu à l'écart, là où des petits vieux exposent des objets divers et d'un certain âge. Plus personne ici ne se laisse charmer par des figurines de bois ou des vieilles montres à gousset. Les péquenauds qui peuplent mon village ne s'intéressent plus à tout ça, ils recherchent sans cesse la « modernité ». Sûrement parce qu'ils n'assument pas d'être campagnards. C'est minable.

C'est ce à quoi je pense, le regard plongé dans un pendentif représentant quelque chose qui m'est inconnu, pendant que le vieil homme derrière le comptoir est entrain de me parler. Je ne prête pas vraiment attention à ce qu'il dit. C'est souvent comme ça.

Au bout d'un moment, je me rends compte que ce n'est pas à moi qu'il parle. Je tourne la tête pour apercevoir un garçon à peine plus grand que moi, ses yeux posés sur ce qui semblait être une représentation miniature de loup, au passage très jolie. Il n'avait lui non plus pas l'air d'écouter le vieux monsieur.

J'avais reposé le pendentif. J'observais ce garçon. Je ne l'avais encore jamais vu par ici auparavant (m'enfin, normal, je ne sors pas souvent au village). Il ne disait rien. À un moment, il a reposé l'objet et a commencé à partir. Je n'ai même pas réfléchi : je suis allée le rattraper. Je n'avais encore jamais rencontré quelqu'un de mon âge qui semblait s'intéresser aux mêmes choses que moi. J'ai réussi à le rejoindre.

Vu la façon dont je l'ai abordé, il est étonnant qu'il ne m'ait pas envoyé balader. Je commence à lui parler. Lorsque je lui pose des questions, il répond le plus brièvement possible. Disons qu'il n'étale pas sa vie, comme je suis entrain de le faire actuellement. On en vient vite à reparler de la figurine de loup qu'il regardait tout à l'heure. Je lui dis que j'aime aussi ce genre de choses, mais que ça ne serait pas vraiment le cas si les poils que l'on met dessus étaient des vrais.

- C'était des vrais.

Il a dit ça comme s'il était impossible de le contredire. Décidément, ce garçon est intrigant. Je me suis tue un instant, puis je lui ai demandé s'il était d'ici. Il m'a répondu que oui, et que si je l'avais jamais vu, c'est parce que sa maison était un peu à l'écart. Je me suis contentée d'un bête « aaah… » en réponse. On est restés quelques instants à parler de tout et de rien. J'ai pu remarquer qu'il commençait à parler un peu plus petit à petit, même s'il restait discret.

Il a finalement annoncé qu'il allait rentrer. Il s'est levé silencieusement et a commencé à repartir. À cet instant, je me suis rendue compte que je ne connaissais pas son nom.

- … Attends !

Il m'a répondu et a continué son chemin. Le soleil commençait à se coucher, donc je suis rentrée à la maison. Ma mère m'attendait pour le repas, elle était appuyée contre le plan de travail et tapait du pied. Elle essayait de prendre un air mécontent : ça se voyait qu'elle se forçait. Mais je reconnais qu'il était un peu tard.

Quelques minutes plus tard, ma mère était toute souriante. Les voisins lui avaient dit qu'ils m'avaient croisée sur le marché (on ne peut rien faire sans être vu, ici…). Elle avait l'air contente… sûrement parce que je ne sors quasiment jamais, à part pour aller en forêt. J'ai remarqué que mon père n'était toujours pas là.

.

.

.

Au départ, j'ai voulu aller au village juste histoire de me changer un peu les idées, mais finalement, ce n'était pas si mal que ça. Retourner à la civilisation humaine l'espace d'une journée m'a fait du bien. Il est vrai que ma vie de loup est un choix, mais de part ma constitution « hybride », je n'en reste pas moins un être humain. Je pense qu'il ne faut pas oublier ceci, moi le premier. Cette sortie aurait pu être facilement assimilée à une petite balade rafraîchissante. Ces gens qui crient pour promouvoir leurs fruits frais, ces autres qui font les éloges de leurs babioles… Ça met de l'animation, et c'est plutôt agréable.

Aujourd'hui d'ailleurs, j'ai croisé la fille de l'autre jour… Saki, je crois. Elle parle beaucoup, mais elle n'est pas méchante. Elle a un petit côté amusant, elle et assez maladroite pour aborder les gens, et elle essaie pourtant de paraître très sûre d'elle. Mais avec ce genre de comportement, généralement, on n'a pas beaucoup d'amis, et c'est son cas. Ça se voit. Du coup, j'ai essayé de m'ouvrir à elle. Je n'ai pas eu trop de mal, étant donné que nous n'en étions pas à notre première rencontre. Mais elle, ne s'en rendait pas compte. D'un côté, ça me rend un peu triste, mais de l'autre, je me dis que c'est normal. Une personne censée ne peut pas soupçonner l'existence d'une race mi-louve, mi-humaine. Je ne lui en veux pas.

J'ai remarqué qu'elle s'intéressait pas mal à la forêt. J'avais déjà cru comprendre la dernière fois. C'est plutôt pas mal de savoir qu'il y a encore des gens qui s'y intéressent. Elle a indirectement évoqué qu'elle n'appréciait pas le fait de tuer des animaux pour en faire des objets, et pourtant, elle semblait s'efforcer de croire que la figurine que j'avais en main était en poils synthétiques. Elle m'a sûrement trouvé bizarre lorsque je lui ai affirmé le contraire. C'est toujours comme ça, de toute façon.

Enfin, cette journée n'était pas mal. J'espère revoir cette Saki. Je la trouve intéressante.

.

.

.

Mais quelle débile ! C'est bien beau de lui demander son nom, mais si je lui donne pas le mien, ça sert à rien !

Je suis sur le rebord de ma fenêtre, et je regarde alors à travers le carreau. Il n'y a pas grand-chose à voir d'ailleurs, il fait nuit noire maintenant. Et il pleut.

Ame… C'est un nom étrange. Mais pas si mal. Lui-même est étrange, au fait. J'ai eu une sensation bizarre, tout à l'heure. C'était la première fois que je le croisais, et pourtant, j'avais l'impression de déjà l'avoir rencontré avant. Aussi, il y a quelque chose d'intrigant chez lui. Il a une drôle de personnalité, et des réactions que l'on n'attendrait pas de la part d'un individu conforme à la société actuelle : des réactions vraies, crues, et parfois même, instinctives. Comme s'il était possédé par une force de la nature. … Ouais. Si je continue à penser comme ça, ma mère va m'envoyer chez un psy. Faut que j'arrête.

.

Soudain, à travers la vitre, la pluie, et l'obscurité, j'entrevois une silhouette. Une silhouette que je n'aime pas, et qui m'est pourtant si familière. Je sors de mes pensées et descends les escaliers pour atterrir dans le séjour, où un grand homme se tient debout fièrement, tirant sa grosse moustache orgueilleuse du bout des doigts, pièces d'un nouveau bras artificiel en ferraille. L'homme me jette un regard sec du haut de ses pupilles glaciales, se murmurant mentalement une remarque désagréable m'étant destinée, qu'il sait parfaitement laisser paraître sur son visage pâle et dur.

Mon père est rentré.


Bon ben... voilà X) (Mais quel merveilleux discours !)

Juste un truc : un grand graaand merci à Ech0 pour sa review, c'est très encourageant, je ferai de mon mieux ! :D

Bien sûr, si toi aussi, le petit lecteur incognito, tu me lis, n'hésite pas à faire pareil, que ce soit pour me soutenir ou me menacer de mort ! ^.^

Byye, la jeunesse.