Voici le second chapitre. Un petit épilogue pour mettre fin à ce moment qui je l'espère était savoureux entre les deux hommes. A très bientôt pour une nouvelle histoire sur ce couple devenu mythique pour moi.


Lorsqu'il sortit du sommeil, Gwaine renonça à ouvrir les yeux. Il ne savait pas si c'était par peur que la nuit dernière se trouvait être en réalité, un rêve, un de ceux qui l'assaillaient depuis des mois, même s'il doutait que Léon puisse n'être que le fruit de son imagination. Ses caresses, ses baisers, ses soupirs avaient semblé trop réels pour qu'il n'existe pas. Pourtant il n'y avait aucun corps chaud contre lui, et cela depuis longtemps à en juger par les draps froids qui recouvr aient sa peau. Il percevait un bruit sourd et le soleil qui léchait son visage mais aucune trace de son compagnon. Le jeune homme consentit enfin à ouvrir les yeux pour se retrouver aveugler par le soleil dehors. Gwaine passa une main sur son visage pour balayer toute trace du sommeil qui continuait à lui embrumer l'esprit. La vue de ses vêtements éparpillés sur le sol lui certifia que la nuit dernière n'était en rien onirique. Ce qu'il avait entendu dans le brouillard du réveil se trouvait être celui de l'eau frappant en rythme les parois de la douche. Ne pas avoir Léon l'attendant à son réveil ne pouvait signifier qu'une seule chose. Cette fois c'était bel et bien fini. Léon s'attendait à ce que Gwaine quitte son appartement et sa vie, sans plus tarder. Conscient d'avoir abusé de l'hospitalité et de la patience du jeune homme. Soupirant, le jeune brun s'extirpa du lit douillet de son compagnon et se pencha pour récupérer ses habits qui jonchaient le sol. Il préférait partir avant de devoir faire face à Léon. Pas qu'il ne le désirait pas, il le voulait ardemment mais cela ne rendrait les choses que plus difficiles pour lui et plus maladroites pour son amant d'un soir. Le jeune homme enfila rapidement son jean et son t-shirt avant de plonger la main dans sa poche. Il en ressortit une liasse de billets, produit des donations de ses amis lors de la fête pour sa majorité et qui avait grandement contribué à le convaincre de découvrir les plaisirs d'un corps masculin dans les mains d'un professionnel. Il avait débarqué dans ce club pour cette raison, il avait trouvé Léon et maintenant, il ignorait combien il devait au jeune homme. Énormément s'il se fiait à son instinct, tout l'argent qu'il tenait dans sa main ne suffirait pas à rembourser comme il le fallait le temps et la patience que Léon avait investit dans son initiation et encore mois le plaisir qu'il lui avait procuré. Le jeune brun sépara les 3/4 de sa liasse de billets, en gardant assez pour un petit-déjeuner et le retour chez lui en taxi. Le reste serait pour Léon, en espérant que ce serait assez pour l'autre homme.

Un petit rire l'empêcha de déposer son argent sur la table de chevet. Gwaine se retourna, prêt à affronter la situation la plus gênante de sa vie. La vision qui l'accueillit le consola presque. Sous ses yeux, l'épaule appuyé contre la chambranle de la porte de la salle de bains, se tenait Léon et Gwaine se maudit pour ne pas avoir entendu la douche se taire. Son amant avait les bras croisés sur son torse luisant d'humidité, quelques gouttes d'eau accrochées à ses poils glissèrent sur son abdomen pour mourir sous le boxer du jeune homme. Gwaine étouffa du mieux qu'il le put, le gémissement qui le posséda en voyant les cuisses musclées de son ami mettre en valeur son anatomie toute virile, parfaitement sculptée dans la matière moulant de son sous-vêtement. Le jeune brun réussit tant bien que mal à relever ses yeux dans le regard plein de malice de Léon ainsi que sur son sourire amusé et tendre. Une serviette blanche reposait sur son épaule.

"Je..." Gwaine cherchait à retrouver sa voix pour tout expliquer à Léon et lui dire au revoir d'une manière plus conventionnelle que lui sauter dessus pour ravager sa bouche. Difficile à exécuter comme bonne résolution avec le désir ambulant qu'il représentait. Incapable de formuler une parole, Gwaine montra sa liasse de billets à son ami avec un sourire penaud avant de la lui tendre.

Secouant légèrement la tête, toujours ce rire malicieux glissant de sa gorge, Léon se délogea de la chambranle et s'avança vers son compagnon. Sa main, recouvrant celle du jeune brun, attrapa l'argent et Gwaine relâcha enfin son souffle. Léon rendait tout cela beaucoup plus facile que prévu. Ce fut tout du moins ce que le jeune homme pensa jusqu'à ce que l'autre homme vint se placer face à lui de sorte que leurs deux corps se frôlent. Le regard de Gwaine se perdit quelques secondes sur les lèvres divines de son amant, désireux d'y déposer un dernier baiser pour lui faire ses adieux. Le jeune brun se tendit lorsqu'il sentit les dites lèvres contre son oreille et le souffle chaud de Léon chatouiller sa peau.

"Garde ton argent." susurra-t-il alors que sa main plongeait dans le jean de son compagnon, prenant plaisir à souligner son aine en y replaçant l'argent.

Gwaine tourna sa tête avec surprise pour questionner Léon sur son geste mais aucune explication ne venait de lui. Il se contenta juste d'arborer un nouveau sourire malicieux. Le jeune brun reprit l'argent que lui avait rendu Léon. Il ne voulait pas de traitement de faveur. Léon avait fait son travail, qui avait plus que satisfait Gwaine. Il méritait cet argent et le jeune brun refusait que le jeune homme ait pitié de lui.

"Prends-le Léon! Je...je ne veux pas de traitement de faveur." Cet argent, je te le dois." répondit-il en tendant de nouveau la liasse à son compagnon.

"Gwaine!" commença à protester celui-ci.

"Non! Je ne veux pas de ta pitié." continua Gwaine.

Léon, levant les yeux au ciel avant de froncer les sourcils en posant l'une de ses larges paumes sur la poitrine du jeune homme et le poussa pour le faire asseoir sur le lit. Gwaine allait protester lorsque Léon s'assit à califourchon sur lui et passa ses bras autour de son cou. Sans plus attendre, Gwaine posa ses mains sur les hanches de son partenaire alors que ce dernier glissait ses mains dans les mèches brunes du jeune homme. Le bleu des yeux de Léon rencontrèrent le brun du regard de Gwaine. Le premier posa son front contre celui du second.

"Je ne suis pas un prostitué Gwaine!" souffla Léon en caressant la silhouette de l'oreille du jeune brun à l'aide de son index.

Ce dernier se figea en entendant la révélation de son ami. Ce n'était pas possible. Il n'avait certainement pas pu se tromper à ce point. Léon était dans ce club, souriant et plus qu'ouvert à la proposition de Gwaine.

"Mais..." bégaya le jeune homme. "Co...comment? Pourquoi?"

"J'étais dans ce bar pour boire un verre et regarder de beaux hommes se mouvoir avec grâce." répondit Léon alors que le bout de son nez s'amusait à redessiner la courbe de celui de Gwaine.

"Mais pourquoi tu ne m'as pas dit que...que tu n'étais pas un escort du club?" murmura Gwaine, le regard confus et quelques traces de blessures dans la voix.

"Tu me plaisais. Tu me plais. Et tout semblait plus simple si je ne rectifiais pas ton erreur. Je suis désolé si je t'ai blessé." ajouta-t-il, beaucoup moins sûr de lui qu'il ne l'avait jamais été devant le jeune brun.

"Non!" s'écria Gwaine. Il n'était pas blessé, pas quand Léon avait été si bon avec lui mais il avait tellement de mal à croire que le jeune homme avait accepté de passer la nuit avec lui juste...pour lui.

"C'est juste que..." continua-t-il avant de se mettre à rire, soulagé. Soulagé que cette nuit n'avait pas été dictée par l'argent mais par un désir mutuel. Tous les gestes, les murmures, les caresses de Léon envers lui avaient été sincères.

"Tu me plais Gwaine." murmura Léon en caressant la joue du jeune homme. "Et j'aimerais te revoir." souffla-t-il, plus incertain.

Gwaine fixa Léon de longues secondes.

"J'aimerais ça aussi." murmura Gwaine, une légère rougeur se glissant sur ses joues.

Un sourire radieux prit place sur la bouche de Léon et il se pencha pour déposer ses lèvres contre celles du jeune brun. Celui-ci passa ses bras autour de la taille de son amant et ce dernier se cambra contre son torse, son bassin se mouvant contre l'aine du jeune homme. C'était un baiser passionné, qui laissait enfin éclater la vérité de leur attirance. Plus rien ne retenait Gwaine d'adorer son amant, plus aucune crainte d'un quelconque rejet. Léon pressa un peu plus ses hanches contre l'abdomen du jeune et celui-ci se laissa tomber en arrière, s'allongeant sur le matelas, Léon toujours collé contre lui. Le baiser bestial se transforma en plusieurs baisers tendres alors que les mains de Gwaine dansaient sur le dos nu de son amant. Au bout de longues minutes, leurs bouches se délièrent et Léon plongea son nez dans le cou de Gwaine, parsemant la peau de ses épaules de douces embrassades. L'une des mains chaudes du plus âgé attrapa celle de Gwaine dans laquelle résidait encore l'argent. Léon lécha un chemin ardent de la clavicule du jeune brun, se perdant sur le haut de son sternum puis sur sa pomme d'Adam, la croquant à moitié avant de se frotter au menton de son amant et de venir faire mourir sa langue entre les lèvres entrouvertes de plaisir de son compagnon.

"Puisque tu insistes tant pour me payer..." souffla Léon "...je te paye le petit-déjeuner?" grogna-t-il avec un clin d'œil amusé en faisant miroiter la liasse de billets devant le visage du jeune brun.

"Proposition alléchante." murmura Gwaine en léchant les lèvres de son amant.

"Assez pour que tu acceptes ce premier rendez-vous?" demanda-t-il en mordant la lèvre inférieure du jeune brun.

"Premier rendez-vous?" s'exclama ce dernier, encore surpris de ce revirement de situation presque trop beau pour être réel.

"Et bien, j'espère qu'il y en aura plus d'un." répondit Léon avec un sourire timide qui lui allait à merveille.

"Est-ce que je devrais attendre un certain nombre de rendez-vous pour pouvoir revenir à cet endroit précis?" demanda Gwaine, taquin.

"Aucune chance que je respecte cette règle idiote." éclata de rire Léon qui entraîna alors une réaction identique chez son compagnon.

"Dans ce cas, avec plaisir." répondit Gwaine après s'être calmé, échangeant un regard tendre avec son amant.

Léon laissa tout son poids peser sur le corps de Gwaine, le recouvrant d'une chaleur réconfortante avant que le plus âgé ne revendique de nouveau la bouche du jeune brun dans un baiser tendre et apaisant. Le jeune homme se fondit dans l'étreinte de son amant, profitant d'un moment qu'il espérait, se répéterait longtemps entre les deux hommes. Gwaine glissa ses mains dans les cheveux d'or de son partenaire qui grignotait son cou avec un sourire tout en les emprisonnant dans l'écrin protecteur de la couette. Il était désormais temps de chérir un moment qu'il savait être des plus significatifs.