Posté le : 20 Juin 2011. Une petite mélodie estivale sévit.
Je tenais d'abord à remercier toutes les personnes ayant lues la première partie de cette histoire. Récemment, les événements ont fait que j'ai eu besoin de la poursuivre. En effet, la première partie de cette intrigue s'achevait sur une question et j'ai reçu une réponse. De là a découlé la suite. Cette histoire me tient à cœur car, justement, elle est à l'intérieure de moi. Je trouve que quelques chansons de Yael Naïm collent parfaitement à l'intrigue comme Today, Man of an another woman ou encore Love is a bird. J'ai redécouvert cette chanteuse il y a peu et elle a une voix magique. Cela m'a transporté. Bémol : je ne me souviens plus si j'ai répondu à vos reviews, mais sachez qu'elles m'ont réellement – et je pèse mes mots – touchées.
D.
Tu et Il
suite
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- Oui, te souffle-t-il. Oui, je recommencerai pour toutes ces choses qu'on a vécu. Pour ce petit boum dans mon cœur. Je t'ai aimé, tu sais ? Je t'ai aimé comme un dingue mais je ne savais pas comment me débrouiller avec ce trop-plein d'amour. C'était la première fois que ça m'avait pris si fort. Je veux dire… Je recommencerai si on repartait à la case départ. Si recommencer signifie reprendre notre histoire où nous l'avons laissée, je ne sais pas ce que je ferai. Ça serait trop dur – surtout pour toi. Et toi, tu recommencerais ?
- Evidemment, ça m'a forgé. On n'en fait pas deux des rencontres comme ça. Tu sais, avec le recul, je comprends mieux pourquoi ça n'a pas fonctionné entre nous : tu avais déjà vécu une histoire longue de trois ans. Tu ne voulais plus faire les mêmes erreurs. Tu t'es préservé. Tu as kidnappé ton cœur hors de portée. Tu m'as fait confiance dans la demi-mesure. Tu avais peur que je piétine tes sentiments. Tu te disais que j'étais jeune, que tu étais mon premier amour, que j'en trouverai d'autres – des mieux. Tu avais un peu plus vécu que moi. Tu pensais connaître la vie. Tu as voulu me protéger d'une peine de cœur alors tu t'es refusé de m'aimer ? C'est ça ? (Silence) Tu pensais que ma jeunesse entravait ma clairvoyance. Tu avais raison : je t'aimais comme un fou… mais j'étais lucide. J'avais compris ce que signifiait aimer. Je voulais juste que tu m'aimes en retour, autant que moi… A un moment donné, j'ai eu peur que tu m'aimes moins et d'être foutu. J'avais peur que… que tu t'en ailles de ne pas être assez bien aussi. Et toi, tu avais peur que je me prenne la réalité des choses en pleine face. Notre histoire d'amour est un énorme quiproquo. Je… Je te remercie d'avoir essayé de me préserver, mais tu n'as pas réussi. Tu voulais garder de la réserve et rester lucide pour deux, n'est-ce pas ?
Il rit.
- Parfois, j'ai l'impression que tu es dans ma tête. J'ai l'impression que je ne peux rien te cacher, en un regard, une mimique, et c'est fini. Je suis démasqué. Moi, tu te rends compte ?
Tu souris.
- Toi aussi, tu me connais très bien.
- C'est vrai. Je te connais par cœur depuis le temps que ça dure. Des années qu'on se court après et ça ne risque pas de s'arrêter.
Tu et Il admettent qu'ils ont un problème à régler. Ils se sont aimer trop fort par le passé. Ils n'arrivent plus à se débarrasser des échos de ces battements de cœur traversant les jours, les semaines, les mois, les années. Leur histoire transcende la logique. Après s'être connus, ils n'ont plus été les mêmes. De toute manière, ils ne veulent pas être les mêmes. Ils ont eu mal, tous les deux. Mais ça a été un tremplin émotionnel. Ils ont eu le bonheur, l'ultime honneur, de tomber fous amoureux.
Tu as grandi. Il est si fort, à présent. Il s'en étonne. C'était leur passion qui l'avait forgé. Tu regardes droit devant lui et ne se retourne jamais quand on l'appelle. Ce sont les autres qui lui court après – comme cette fin de soirée automnale.
Tu sortais des cours, la mine maussade. Il révisait ses notes et feuilletait ses devoirs à faire d'un air discret. Il emprunte le Magicobus pour rentrer chez lui et s'assoit sans faire attention au reste. Il sent quelqu'un s'installer en face. Il lève le nez : un homme banal. Mais debout, là, se tient Il. Il était là. Cela allait faire près d'un an que tu ne l'avais pas vu. Dans ses yeux fourmille un bonheur non-feint.
Il te regarde. Tu le regardes. Il fait un signe à l'autre homme de se décaler afin d'être face à toi, et à toi seul. Tu replonges aussitôt dans tes notes, tu ne sais pas quoi lui dire, là. Tu es crevé. A ce moment donné, sa vue t'insupporte. Il se penche vers toi et essaie de lire à l'envers. Tu refermes brusquement ton calepin et le range soigneusement dans ton sac – grignotant des secondes pour éviter de croiser ses prunelles.
Tu te demandes ce qu'il t'a pris d'avoir choisi la même école que lui. Inconsciemment, tu avais toujours voulu le retrouver et être près sans qu'il ne le sache. Maintenant qu'il est là, tu perds tes moyens alors tu préfères te taire et tu te dis, que comme ça, il ne viendra pas te faire chier. Mais il est si heureux de te voir, qu'il te présente son ami. Tu as déjà oublié son prénom. Tu souris aimablement alors que l'autre grince des dents. L'autre sent qu'Il t'aime encore. Toi, tu fais semblant que tu en as strictement rien à foutre.
Au fond, tu es curieux de voir de quelle manière il va te présenter à son actuel amant (oui, tu le connais suffisamment bien pour savoir quelles sont ses intentions envers quelqu'un à la simple vue de son attitude).
- C'est mon ex, lâche-t-il avec un parfait sourire en coin. On est resté ensemble un moment… D'ailleurs, tu veux toujours m'épouser ?
Il plaisante. Mais c'est malvenu et de mauvais goût. L'autre grince des dents. Tu lui lances un regard torve, désabusé.
- Tu n'es pas prêt de baiser, ce soir, rétorques-tu face à sa puérilité.
- Je suis heureux de te revoir. Ça va faire un paquet de temps. Tu as changé de lunettes ? Elles te vont terriblement bien.
Tu lances un regard à l'autre qui est au bord de la crise de nerf. Il tripote les manches de son pull de gestes compulsifs. Tu sens ses doigts se tendre afin de prendre la main à Il. L'autre à envie de marquer son territoire. Mais Il ne prend pas la main des gens avec qui il sort – sauf exception, avec toi, il le voulait toujours.
- Alors, tu finis si tard les cours ?
- Oui, je préfère travailler la nuit. C'est plus reposant, et plus beau quand tu rentres chez toi. Personne ne vient t'emmerder. Enfin… tu déroges à la règle.
Il éclate de rire, face à ton mordant. Ça le rassure : tu n'as pas changé. Il s'ébouriffe les cheveux, regarde autour de lui, les yeux brillants d'un on-ne-savait-quoi et se lève en plein Magicobus. Il tient l'équilibre malgré les nombreux bringuebalement et hèle les voyageurs à lui prêter une oreille attentive. Tout le monde vous observe. Tu es gêné. Tu ne sais pas ce qu'il prépare.
- Est-ce que tu m'aimes encore ? Parce que moi, je veux t'épouser. Je n'abandonnerai pas.
Tu éclates de rire, parce qu'au fond, tu sais qu'il rigole. Enfin, tu espères qu'il rigole… Mais l'autre loupe un battement de cœur. Il est effrayé par la tournure que prennent les choses. En te voyant rire, comme il y a si longtemps, il se détend. Il retourne à sa place et fixe tes mains. Tu as la vague impression qu'il veut les saisir mais qu'il n'ose pas. Alors avec ses yeux, il semble te dire quelque chose dont tu as du mal à déchiffrer. Tu ne sais pas quoi faire face à ce regard intense.
Tu fuis. Ce n'est pas dans tes habitudes, mais tu préfères – par simple décence. L'autre est toujours là et ne dit rien. Il est blessé dans son égo et t'en veut alors que vous êtes des inconnus l'un pour l'autre. Il ne se doute de rien. Il est dans sa bulle. Toi, tu sais, qu'il a toujours été gamin, que parfois, quand le bonheur est trop grand, il a du mal à se contenir. Sa joie déborde.
- Tu t'arrêtes où ? demande-il.
- Au prochain arrêt, réponds-tu à contrecœur.
- Nous aussi ! s'extasie-t-il.
Tu souffles.
Non, pitié, pas eux ! Tu ne pouvais pas sortir du Magicobus et les voir là, comme un couple. Il ne pouvait pas remuer le couteau dans la plaie. Ça faisait déjà trop mal. Tu te lèves le premier, histoire de montrer que la conversation est close. Il te suit. L'autre le suit. Tu as l'impression que c'est une mauvaise farce. Tu sors du Magicobus et te mêle à la foule sans te soucier du reste. Tu espères au fond de toi qu'ils prendront une autre direction, près des bars bruyants. Mais non, ils marchent à tes côtés, sans souffler mot. Il te colle comme ton ombre.
Tu choisis brusquement une nouvelle direction. L'autre prend celle opposée. Curieux, tu jettes un regard par-dessus ton épaule.
Il est là. Il vous regarde tous les deux, prenant des chemins différents.
Des gens passent des deux côtés sans s'arrêter. Il regarde l'autre partir, puis toi t'éloigner.
Il choisit alors de te courir après.
Il t'interpelle. Tu arbores un sourire satisfait et marche fièrement, la tête haute. Il te rattrape et se poste juste devant toi. Il reprend son souffle et tu l'observes, amusé. Tu arques un sourcil et esquisse un petit sourire.
- Je… Je connais un pub sympa… pas… pas très loin, prononce-t-il d'une voix hachée par son récent effort physique. On pourrait boire un verre, si tu en as envie.
Tu te mords la lèvre inférieure. Tu sais qu'il n'est pas très tard et tu as diablement envie de rire avec lui dans ce bar. Mais ta fierté te l'interdit. Il n'avait qu'à continuer à courir !
- Je n'ai pas soif.
Et tu te tires.
Voilà, ce soir, il n'aura rien du tout : ni toi, ni l'autre. Ni la baise, ni la compagnie. Tu te la joues irrésistible. Tu te dis que tu as bien fait. Ça lui fera les pieds, à ce con. Et ce soir, il t'a fait un magnifique cadeau :
A présent, tu sais que tu peux encore tout obtenir de lui, qu'il te suffirait juste de claquer des doigts pour l'avoir.
Après tout, l'amour est un jeu dont nous ignorons les règles.
Trois semaines après, tu ne peux pas résister. Tu lui envoies un message pour lui dire que tu voudrais bien déjeuner avec lui, un de ces jours. Il te propose demain. Tu confirmes. Vous allez enfin vous dire des choses… vous parler… vous sentir… vous effleurer. Tu et Il savent que le déjeuner n'est qu'un prétexte.
Il est là et il pleut. Ton cœur se serre parce que ça te rappelle votre première virée en amoureux. Il pleuvait aussi. Il sourit en te voyant et rabat sa capuche sur sa tête. Tes cheveux sont trempés en cinq minutes. Vous vous regardez. Il hésite, puis craque. Un baiser s'échoue sur ta joue. Il te dit que tu sens bon. Tu souris faiblement. Son air jovial s'assombrit quand ses yeux tombent au niveau de ton cou.
- Elle est à qui cette écharpe ?
L'écharpe, tu la trouves belle – simple succession de rayures rouges, marrons, noires et blanches. Tu baisses la tête et regarde le morceau de tissus avant de répondre tout simplement :
- A moi, pourquoi ?
Il fait sa mine méfiante et tu as sourire désarmant quand tu comprends :
- Es-tu jaloux ? susurres-tu sous les murmures de la pluie.
- Eh bien, j'aurais préféré savoir que tu sortais déjà avec quelqu'un, admet-il.
- Qu'est-ce que ça peut te foutre ? Tu ne couches pas avec… avec ce type, d'abord ? Comment s'appelle-t-il déjà ?
- Je ne sais plus.
- Menteur ! ris-tu alors que tu prends son bras pour marcher à ses côtés. On mange quoi, ce midi ?
- Je ne sais pas. Je m'en fous. Ce que tu veux.
- Mmh, d'accord : je vais choisir parce que toi, tu es un éternel indécis.
- C'est terriblement faux ! se scandalise-t-il.
- Bien sûr que c'est vrai !
Vous vous chamailler autour de personnes de votre école. Eux qui ne se doutaient pas que vous vous connaissiez. Vous riez. Il te prend ton écharpe et la porte. Il se l'approprie un moment et te propose un restaurant, au hasard. Finalement, tu te laisses guider. Vous vous asseyez à une table. Vous commandez. Il te dit d'emblé vouloir payer pour toi. Tu refuses. Tu lui dis que tu n'es pas encore pute à ce point. Il te sourit. Tu le fais tomber à la renverse.
On vous apporte votre repas. Il semble déboussolé. Il a choisi un traiteur asiatique et ne sait pas comment manger avec les baguettes. Tu pestes. Tu l'insultes. Il rit de ton impatience. Il demande une fourchette. Tu le plains, lui et sa logique à deux mornilles.
Vous mangez en parlant de choses et d'autres – de bons prétextes pour être ensemble. Finalement, tu veux le faire rire un peu. Tu racontes une anecdote qui t'es arrivée il y a un an de cela. Il te fixe un long moment après la chute de la plaisanterie. Puis, il est prit de spasmes et explose de rire. Tu lui demandes ce qu'il a.
Mais le rire est communicatif. Vous avez mal au ventre à force de rire. Il est rouge. Il hoquète parfois, pour respirer. Tu essuies des larmes. C'est vrai que c'était très drôle. Vous riez en payant l'addition. Vous sortez en titubant, sous le poids de l'euphorie.
Il te remercie. Tu lui souffles que ça t'as détendu. Tu t'éloignes doucement. Au fond, tu as envie qu'il te retienne. Il ne le fait pas et te regarde partir.
Cette fois, il ne te court pas après.
Echec et mat, mon amour.
Plus tard, il t'invite chez lui. Ça n'a pas changé. Tu entres, un peu ému. Tu l'entends déposer ses clefs quelque part, derrière toi. Tes yeux voyagent d'un objet à un autre et tu souris. Son chat file entre tes jambes – le spectateur muet de votre idylle depuis le début. Tu caresses distraitement son pelage et tu arpentes la pièce voisine. Tu te figes. Sur la table s'épanouit un magnifique bouquet de roses rouges. Tu sens son souffle contre ta nuque.
- Quand nous étions encore ensemble, je n'ai pas eu l'occasion de t'en offrir. Je voudrais me rattraper, pour toutes les choses bien que j'aurais dû faire. Vas-y, touche-les. Elles sont pour toi…
Tu souris. On ne t'avait jamais offert de fleurs, d'ailleurs. Tu fronces des sourcils. Tu te dis qu'elles sont terriblement trop belles. Tu te demandes ce qui lui est passé par la tête. Tu effleures une corole du bout des doigts. Tu fais volte-face. Il est là, appuyé contre l'arcade du living-room, la mine inquiète.
- Tu aimes ?
Tu acquiesces.
- Merci, souffles-tu. Elles sont… Enfin, la plupart des gens auraient dit magnifiques, mais moi… je ne dirai pas ça. Elles sont parfaites, c'est tout.
Tu as envie de l'étreindre alors qu'il souffle de soulagement. Il te sourit et te désigne la table. Les couverts sont déjà mis. Il a pris son temps.
Tu souris : il a inversé la place de la fourchette et du couteau.
Il t'apporte le plat qu'il a préparé lui-même. Tu souris. Il cuisine si rarement. Il s'assoit.
- Mange, dit-il avec un sourire désarmant. Tu verras, c'est bon : j'ai goûté.
- Oh, toi, tu veux niquer ! Les roses, le repas… la musique, en plus… Je parie que si je vais dans ta chambre, je trouve déjà les capotes.
Il hausse des épaules, contrarié.
- Non, je voulais juste te faire plaisir… Je… Je vais chercher l'eau.
Il se lève et disparait un moment dans la pièce voisine.
Tu viens de te prendre une claque. Quoi ? Il ne voulait pas te baiser et te jeter ? Il veut quoi alors ? Pourquoi les roses ? Pourquoi tout ça ? Il pourrait avoir qui il veut ? Pourquoi toi ? Tu l'as vexé. Il était sincère et tu ne l'as pas senti.
Quand il revient pour s'assoir à tes côtés, tu presses doucement sa main et lui souris. Tu lui dis que c'est bon. Vous mangez, en silence. Tu ne voulais pas le blesser. Ça te fait toujours aussi mal de le voir mal.
A la fin du repas, il fait le gentilhomme. Il te fait une courbette pour t'amuser et te dis de laisser ici tes couverts. Vous vous rendez dans sa chambre qui ébruite les souvenirs d'un amour déchu. Naturellement, tu te laisses tomber sur le lit en souriant.
Ici est née votre histoire.
Un carré de ciel se découpe au travers la fenêtre.
Il s'allonge à tes côtés et te déchausse. Tu le laisses faire, comme une marionnette. Tu ris en évoquant des souvenirs. Vos mains s'effleurent. Vous vous regardez dans le blanc des yeux. Il te sourit. Tu as envie de capturer ses lèvres. Tu as envie de tomber amoureux. Mais tu te souviens qu'il n'y a pas si longtemps, il t'a fait souffrir le martyr. Ta haine te submerge tout à coup, te faisant chavirer la tête la première.
C'est à lui de souffrir à présent.
Lentement, tu le déshabilles. Il te demande si tu es sûr de toi. Tu ne réponds pas et le met à nu. Tu te dévêtis et commences à onduler des hanches. Peu à peu, tu évoques des souvenirs, des moments clefs de votre existence à deux.
- Tu t'en souviens, mon amour ? murmures-tu contre sa peau.
Il ne te reconnait plus et te demande à quoi tu joues. Tu ne joues pas. Il commence à le comprendre. Lentement, tes doigts longent son torse puis descendent.
- Tu ne connais pas le nouveau moi, chuchotes-tu au creux de son oreille. Tu ne sais pas de quoi je suis capable. J'ai changé.
- Je… Je ne te suis plus. Qu'est-ce que tu veux ?
- Je veux que tu comprennes à quel point tu m'as fait mal.
Alors que tes mots martèlent dans son crâne, tu instaures un langoureux va-et-vient. Tu veux lui faire plaisir et mal à la fois. Il ne sait plus où donner de la tête. Tu es ravis. C'était ce que tu cherchais.
Il jouit de son infortune.
Tu te retires.
Tu t'habilles.
Et tu te tires.
Alors que tu descends les escaliers de son immeuble, la porte de son appartement s'ouvre. Il est là, les cheveux emmêlés, un jogging rapidement enfilés. Ses yeux sont perdus quelque part entre l'orgasme et l'incrédulité.
- Tu ne prends pas les roses ? prononce-t-il d'une voix rauque.
- Ce ne sont pas les roses qui vont me rendre plus propre, réponds-tu avec dureté.
Tu le regardes une dernière fois. Puis tu t'en vas.
A présent, vous êtes quittes :
L'amour t'a transformé en monstre sans cœur et tu en es fier. La passion a dénaturé tes traits et bafoué ton image originelle.
Adieu, innocence.
