Nous voilà donc une semaine plus tard, à environ quatre heures de l'après-midi. La semaine avait été longue pour Sasuke qui s'était échiné à ranger le manoir Uchiwa, à faire la poussière et à dissimuler les objets compromettants ( ne demandons pas lesquels par soucis de pudeur ). Mais le grand soir était enfin arrivé, et il était bien décidé à sortit le grand jeu pour son Naru ! Au programme : soirée télé avec chips et coca, sans oublier l'éternel film d'horreur qui saurait – avec un peu de chance – inciter son blondinet à se blottir dans ses bras. Ne manquait plus que sonnent les huit heures du soir, heure à laquelle Naruto devait arriver chez lui.
Le blond avait d'ailleurs lui aussi passé une semaine éprouvante. En effet, Sasuke avait oublié de reprendre sa veste qui, en bonne traitresse, avait sournoisement diffusé son poison en lui. Elle avait tout d'abord embaumé la pièce de son odeur enivrante, puis s'était amusée à lui lancer des signaux jusqu'à ce qu'il craque. Finalement, le pauvre Naruto avait rendu les armes et en avait fait son pyjama attitré. Il dormait avec, déjeunait avec, et ne se lassait jamais d'y plonger le nez. C'était comme si son brun de meilleur ami le serrait tout contre lui, comme si… Bref, vous comprendrez le désarroi dans lequel se trouvait notre réceptacle préféré face à ces drôles de pensées. Sans oublier les rêves étranges dans lesquels lui et Sasuke… Bon. Tout le monde aura comprit ce qu'il s'y passait, dans ces rêves là. Inutile d'en dire plus long, ce serait troubler la tranquillité d'esprit de notre blondinet adoré. Quoi qu'il en soit ce soir, promis, juré, il lui rendrait sa veste et fini les fantasmes bizarres ! C'est donc bien décidé qu'il quitta son appartement à huit heures moins le quart et prit le chemin du manoir Uchiwa. Il n'y était jamais rentré, et visiter une maison aussi grande le rendait à la fois fou de joie et d'appréhension. Arrivé à destination, c'est un Sasuke diablement sexy qui l'invita à entrer. Depuis quand trouvait-il Sasuke « sexy » ???!
Rappelons que malgré ses nombreuses qualités, Naruto n'était vraiment pas futé lorsqu'il s'agissait de psychologie et de sentiments humains. Mais alors vraiment pas. En fait sa capacité à raisonner dans ce domaine là équivalait à celle d'un poisson rouge. Mort le poisson rouge. Mais ne nous attardons pas sur ce genre de statistiques douteuses et revenons au sujet principal, à savoir le rendez-vous de ces messieurs les ninjas.
Sasuke, après avoir fait entrer son petit blond, profita du fait que celui-ci lui tournait le dos pour se rincer allègrement l'œil.
« Dieu qu'il est beau comme ça ! » se dit-il en retenant un saignement de nez.
Par « comme ça », comprenons vêtu d'un jean bleu et d'un tee-shirt près du corps. Ne nous attachons pas trop aux détails : même habillé avec un sac à patates, Naruto serait toujours le plus beau aux yeux du noiraud.
« Alors c'est ici que tu vis ? » s'émerveilla le blond en courant partout comme un jeune chiot.
« Oui. Tu… tu veux visiter ? » invita maladroitement Sasuke en sentant ses joues s'enflammer face au regard océan de son ange.
« Vrai, on peut ? Ah oui ça serait cool ! »
Et hop ! Les voilà partis dans les sombres couloirs du manoir qu'ils passèrent au peigne fin, arpentant la moindre pièce de long en large. Le brun ne s'en plaignit pas. Loin de là ! Pendant que son chibi blond fourrait son nez un peu partout, lui n'avait de cesse de le regarder faire. Le mater, en somme. Et pas qu'un peu. Au contraire, je dirais qu'il se noya l'œil au lieu de simplement se le rincer.
« C'est super grand ! » constata Naruto, impressionné.
Sasuke haussa les épaules. Quand il était jeune cette maison était presque trop petite pour contenir tout le monde. Mais maintenant qu'il était seul, elle était en effet beaucoup trop grande pour lui. Démesurément grande. Bah ! Il s'était fait à l'écho de toute façon. Enfin la balade intra-maisonnée s'acheva et ils retournèrent au salon où les attendaient un canapé douillet, une douzaine de paquets de chips, diverses boissons et un bon film d'horreur. L'Uchiwa allait éteindre les lumières quand Naruto émit un petit cri.
« Ah ! J'allais oublier ! »
Il fouilla cinq secondes dans son sac et en sortit la veste du noiraud qu'il lui tendit, les joues légèrement rosées.
« Tiens c'est… c'est à toi. Tu l'avais oublié. » dit-il en priant pour que Sasuke ne remarque pas le mal qu'il avait à s'en détacher.
Le brun prit la veste qu'il porta instinctivement à son visage, en humant l'odeur.
« Ca sent Naruto… un peu… »
A ce stade de l'histoire, on peut se demander si nos deux héros n'ont pas viré chiens truffiers… A la fin de cette aventure il est fort possible qu'ils soient capables de flairer une de leurs chaussettes à trois kilomètres à la ronde. Quoi qu'il en soit, la veste retourna gentiment se pendre au porte-manteau de l'entrée tandis que Sasuke éteignit les lumières avant de rejoindre Naruto sur le canapé. Ledit canapé était étroit – le brun l'avait descendu de l'étage exprès – et ils durent se serrer l'un contre l'autre pour pouvoir s'y assoir confortablement. Enfin le film démarra. Le début déçu l'Uchiwa qui s'attendait à plus de sang. Mais au fil des scènes, l'histoire devint de plus en plus effrayante, jusqu'à devenir carrément irregardable ! Du coin de l'œil, Sasuke guettait une réaction de panique chez le blondinet. Mais à son plus grand dam rien ne se produisit. Naruto semblait ailleurs.
Et pour cause ! L'odeur que dégageait la veste n'était rien comparée à celle de Sasuke ! Leurs bras étaient collés l'un à l'autre et leurs mains affreusement proches. Il aurait suffit d'un minuscule mouvement pour que sa peau rencontre celle, diaphane, du brun. Savoir son ami si proche – et pourtant si intouchable – le frustrait horriblement. Sans compter sa température corporelle qui faisait des siennes ! Pourquoi faisait-il si chaud tout à coup ?
Eh oui ! Naruto était long à la détente ! Ce n'est qu'au beau milieu d'une scène de massacre qu'il se rendit enfin compte de l'évidence : Sasuke l'attirait. Pour fêter cette révélation nous pourrions faire sauter des pétards et balancer des confettis partout mais retenons-nous, rien n'est encore fait. En effet, rien n'a vraiment changé si ce n'est que le pauvre petit blond était à présent écarlate et atrocement gêné.
« Pourvu qu'il ne remarque rien ! » pria-t-il intérieurement.
Sa supplique aurait pu être exaucée, mais c'était sans compter l'intervention de Sasuke qui, bien décidé à mettre les bouchées doubles, rapprocha sa main de quelques imperceptibles millimètres, comblant ainsi l'espace qui séparait leurs deux paumes.
« Uwaaaaah ! Qu… qu'est ce que je fais moi maintenant ? » paniqua Naruto en virant rouge écrevisse.
Qu'est ce qu'il devait faire ? La question était d'une stupidité sans fond, tout le monde en conviendra. « Saute-lui dessus » serait la réponse la plus appropriée, vous ne croyez pas ? Mais bien sûr, une telle réflexion était totalement impossible au blondinet qui, au prix d'un effort surhumain, crocheta son index à un doigt de Sasuke. Ce dernier, loin de se contenter de ça, en profita pour happer sa main toute entière dans la sienne. Naruto piqua un fard magistral mais ne retira pas sa main, entremêlant au contraire ses doigts à ceux du brun.
« C'est… c'est chaud… » pensa-t-il en déglutissant difficilement et en évitant soigneusement de croiser le regard de l'Uchiwa.
De son côté Sasuke se faisait violence pour ne pas violer son chibi blond sur place.
« Ne t'emballe pas Sasuke... T'auras tout le temps de le violer après, même si techniquement ce ne sera plus un viol mais bon l'idée reste la même sauf qu'il sera consentant et que… »
Coupons court au flot de pensées du jeune Uchiwa avant d'en avoir mal à la tête, voulez vous ? Bref, à huit minutes quarante-six secondes de la fin du film nous avons donc un Naruto récemment transit d'amour, deux mains entrelacées et un Sasuke plutôt entreprenant. C'était un bilan plutôt positif, non ? Mais c'était cependant bien loin de ce qu'espérait l'Uchiwa.
Doucement, il fit glisser son pouce sur la peau lisse du blond, s'amusant des frissons qui agitaient imperceptiblement son corps. Puis, profitant du maigre espace que laissait le canapé entre eux, il pencha la tête sur le côté et plongea son nez dans le cou de son compagnon. Il sourire pervers naquit sur ses lèvres lorsqu'il sentit Naruto se cambrer, sensible au souffle que le noiraud faisait glisser sur sa nuque. Sa main gauche – celle qui n'était pas mêlée à celle du blond – retraça les courbes de la gorge de son aimé d'un geste fluide et joueur. Très vite, la respiration du blondinet se fit halètement, attisant ainsi l'appétit d'un Sasuke dominateur.
« Non, je ne t'embrasserai pas. » disaient ses soupirs vainqueurs.
« Si tu veux quelque chose, il faudra que tu viennes le chercher… »
Sa main remonta de sa gorge jusqu'à ses cheveux, où elle joua un moment avant de redescendre en direction de sa joue, puis de ses lèvres qu'elle s'amusa à titiller du bout des doigts.
Osera ? Osera pas ?
Un nouveau sourire déforma les lèvres de l'Uchiwa lorsque Naruto entrouvrit la bouche sous les caresses de ses doigts, cherchant à faire sienne n'importe quelle parcelle du corps adamantin du brun. Détachant son visage du cou du blond, il plongea ses yeux ébène dans ceux, océan, de son coéquipier. Sa main continuait de jouer sur les lèvres de ce dernier, dont le visage exprimait la rémission pure et simple. Peu à peu il se rapprocha jusqu'à sentir le souffle rauque de son ange sur sa joue et s'arrêta à quelques millimètres de ses lèvres, laissant au blond le soin de combler l'espace qui les séparaient encore. Ce dernier ne se fit pas prier d'avantage et s'empara goulument des lèvres de Sasuke qui lui rendit son baiser avec une toute nouvelle fougue. Ses mains s'agrippèrent solidement aux cheveux de son amant qui, loin d'être en reste, approfondit le baiser de toutes ses forces. Ses mains bronzées crochetèrent les épaules du brun, l'attirant encore plus contre lui. La cassette vidéo était terminée et l'on entendait plus que le halètement de leurs deux respirations, le bruit de la fibre des vêtements qui s'étreignaient et le glissement de leurs langues l'une contre l'autre. Au bout de quelques minutes Naruto émit un grognement étouffé et se sépara de l'étreinte de Sasuke.
« En fait t'avais tout planifié, hein ? » demanda-t-il, à bout de souffle.
Le noiraud sourit – un sourire pervers – et vola un nouveau baiser à son ange blond.
« Je ne vois pas de quoi tu parles… »
Evidemment que si, qu'il avait tout planifié. Mais ça, c'est un secret que nous garderons par devers nous.
N'est ce pas ?
Pardonnez le ton ironique de cette fic, j'avoue avoir pris un certain plaisir à me moquer du pauvre Sasuke XD
J'espèce que ça vous a plu! =D
