- Mais mamaaaan ! Oui, j'ai toutes mes affaires ! Tu ferais mieux de faire ton speech à Louis sur le fameux "les études sont plus importantes que les petites amies" !
Ma mère roule des yeux, mon père sourit, tandis que mon frère fait sa grimace de bébé en sentant que maman va s'en prendre à lui.
- T'inquiète, maman, j'ai compris ! Mais, Domie, t'avaias pas mis des affaires de l'école dans ton sac à main de cet été ?
Je lui jette un regard noir, et il baisse les yeux. Il grandit vite, le fourbe. J'implore Victoire du regard - puisque mon père a la fâcheuse habitude de s'effacer totalement dans ces situations-là - mais elle est plongée dans sa nostalgie, regardant fixement le train dans lequel elle ne montera pas cette année. Bonne diversion.
- Oh, Vicky-Tory-chérie ! je geins en m'approchant d'elle. ça v a nous faire bizarre, à nous aussi, de pas te voir...
Elle fronce les sourccils à l'entente de son surnom, mais ne s'en formalise pas, trop habituée a ce que je donne des surnoms a tout le monde. Elle sourit un peu, le regard encore dans le vide. Je la serre dans mes bras, évitant ainsi que ma mère continue d'angoisser.
-Enfin, profite bien de cette année pour faire pleins de bébés avec Teddy, et me préparer le terrain.
Elle rit, suivie de mon père. Ma mère a un petit sourire en coin et me regarde, l'air de dire "mais qu'est-ce qu'on va faire de toi ?". Mon frère est le seul qui se renfrogne, et je vais lui tirer les joues pour qu'il ne boude plus. C'est mignon, parce que c'est lui le plus jeune et le plus faible mentalement, mais il est quand même vachement protecteur envers nous. Il no'se pas se dégager, mais tourne la tête.
-Va falloir qu'on aille dire au revoir à tout le monde, si on veut pas louper le train, lâche-t-il posément.
Mes parents acquiescent et nous nous dirigeons tous vers les membres de notre énorme famille. Le temps d'échanger trois-quatre mots avec chacun le train siffle déjà, signe qu'il faut rentrer illico presto ou rester sur le quai.
- Viens mon bébé, je lance à Louis, avant d'empoigner mes valises et de monter dans le train.
- Domie ! proteste-t-il en me suivant néanmoins. J'ai quatorze ans, tu vas pas m'appeler comme ça toute l'année !
-Non, toute ta vie, je réplique avec mon plus beau sourire.
Mon frère est le seul mec au monde a faire la gueule quand je lui fais du charme. Irrécupérable, je vous dit. D'un côté, c'est bon signe. ça veut dire qu'il tombera pas amoureux de la première donzelle qui lui fera les yeux doux.
Prenant une grande inspiration, je relève le menton et prend un air princier pour me frayer un passage. Efficace. Les gens se poussent sur mon passage pour me laisser passer. Le train démarre alors qu'on n'a pas encore trouvé de compartiement. Cependant, je n'ai pas besoinde chercher longtemps qu'on m'interpelle déjà.
-DOMINIQUE !
Je dois baisser les yeux pour apercevoir la petite bouille de Lily, toute exitée de rentrer en première année, qui me fait des grands signes en plus de sa forte voix. Elle, quand elle sera grande, elle aura le monde entier à ses pieds.
-C'est tout petit et ça fait déjà tout ce bruit, je marmonne.
Elle ne m'a pas entendue, mais au moins, j'ai réussi a dérider Louis.
-Hey Lilypuce ! je lui souris en arrivant à sa hauteur.
- On est par là, m'informe-t-elle en avançant.
Par "on", je sais qu'elle veut dire la famille. A chaque fois qu'un nouveau membre entre dans l'école, on reste avec lui ; pour montrer qu'il a déjà un bon entourage. C'est vrai qu'on est tous pas mal populaires, surtout grâce a nos parents - il faut bien l'avouer - ainsi que notre solidarité.
Avant même d'arriver au compartiment, je sais où ils sont. Entre les groupies des Potter, les rouleurs de mécanique dont le visage s'éclaire en me voyant, je sais qu'il y a du Weasley pas loin.
Quand j'entre, James, encore debout, m'aide a mettre les valises dans l'endroit fait expère, au-dessus de nos têtes. -"ouah, t'as vu comment il est musclé" - Je me déplace comme je peux, parce qu'on est nombreux, dans la famille. Je note avec surprise que les jumeaux Scamander sont là, puis je me rend compte que ça ne m'étonne pas. Leur mère est la marraine de Lily, alors cette dernière a du les inviter a nous rejoindre, et comme personne n'a ajamais su dire non à la petite rouquine, ils sont venus.
Je n'ai jamais vraiment su comment les prendre. Ils ont mon âge, on s'entend bien et on passe quelques vacances ensembles, mais nos parents se connaissent a peine. Du coup, ils fontpas vraiment partie de la famille, mais pas non plus des "autres mecs", avec qui je peux sortir, et les largueur deux jour après. Même si je dois avouer que c'est pas l'envie qui me manque.
Louis s'assoit avec James sur les dernières places avec une galanterie hors normes qui ne me surprend étrangement pas du tout. Roxanne est assise par terre, sous la fenêtre, et Lily se hisse sur les genoux d'Albus et Rose, me laissant toute seule debout.
Avec un soupir, je m'assois sur les genoux de la personne la plus proche ; c'est - à - dire Lysander Scamander. Tant pis, comme ça, j'apprendrais a connaître ce beau Serdaigle ténébreux. Il me regarde, un peu étonné, mais finit par me sourire timidement - trop chou.
- Oh ! je m'exclame. Je veux dire, tu vas bien, t'as passé de bonnes vacances, je peux m'assoir sur tes genoux ?
- Oui pour tout, répond-il en riant, ce qui lui fait apparaître des petites fossettes très mignonnes.
Je réponds a son sourire, un peu troublée mais le cachant bien.
- Chopeuse ! gueule Molly à mon attention.
Je lui réplique par un regard assassin, qui ne réussi même pas a faire faiblir son sourire - au contraire. Molly est la seule, avec ma soeur, à qui je ne fais pas peur. Du coup, tout le monde arrête de parler et se tourne vers nous. Si les filles se détournent rapidement, ce n'est pas le cas de mes cousins et de mon frère - pourtant si adorable - qui jaugent le pauvre Lysander qui n'a rien demandé, comme si c'était la première fois qu'ils le voyaient.
Accablée, j'implore Rose du regard.
-Euh, les gars... commence-t-elle.
- Oula ! la coupe Roxanne en se levant. Y'a trop de testortérone pour moi, d'un coup !
Elle sourit a mes cousins d'un air volontairement bête, histoire qu'ils se décrispent. ça marche, sauf pour Fred qui regarde maintenant sa soeur de travers.
-T'inquiète mon chou, je dis à Lysander, je mords plus fort qu'eux.
- ça, c'est sur, murmure Hugo.
Lysander s'agite, un peu mal à l'aise, alors que Lorcan lui jette un coup d'oeil étonné mais amusé. Fred ouvre la bouche, mécontent, mais Rose le devance.
- Bon, le devoir m'appelle !
Elle se lève, et Molly-l'emboruille commence a applaudir, suivie de près de Roxanne, et le reste suit, profitant de cette diversion pour changer de sujet. Rose est préfète depuis sa cinquième année, okay, mais quand même ! Cette année, ni Roxanne ni Lucy n'ont été choisie ; et Fred et Hugo ont toujours été trop instable et collés pour pouvoir prétendre au titre -comme James et moi, en fait. Aussi, depuis Teddy, il n'y a eu que Rose de préfète. Et l'an prochain, elle sera préfète en chef. Tout le monde le sait, sauf elle, apparemment.
Roxanne s'assoit à la place qui vient de se libérer. Je trouve qu'elle a maigri pendant les vacances, et c'est bien pour elle. Roxanne a fait des crises de boulimie quand elle était petite, et a eu du mal à perdre après. C'est la personne la plus gentille de monde actuellement, devant Lucy et mon Louis ; et ses complexes sont le seul point obscur qui l'empêchent d'accèder a la perfection. Elle s'est énormément dépensée cet été et compte rentrer dans l'équipe de quidditch cette année. Elle y arrivera -elle n'est pas la fille d'Angelina Weasley pour rien.
- Alors, Lily, tu veux rentrer où ? demande Lorcan.
- Gryffondor, bien sur ! dit elle sans hésitation, un sourire malicieux sur les lèvres.
Il s'esclaffe, comme si c'était évident, et on sourit de même. Il n'y a que Lucy qui tord sa bouche. C'est la seule de la famille a être a Serdaigle, et la conviction de Lily pourrait - selon elle - la conduire tout droit à Serpentard. Bah, j'ai failli y atterrir aussi, tout comme Albus. Rose et Molly ont frôlé Serdaigle. Lorcan, lui, est à Serpentard, et Lysander à Serdaigle.
Je me mets ensuite à parler avec mes acolytes, à savoir Fred et Hugo, des coups qu'on va préparer. Parce que, oui, Fred est bien le fils de son père et mérite bien son prénom. Lui et Hugo ont beau avoir un an de plus que moi, je passe la plupart de mon temps avec eux. Je n'ai pas vraiment d'amis, en dehors de ma famille. Ils me suffisent bien, et eux au moins ne m'aiment pas que pour mon nom.
Je passe tout le temps du trajet sur les genoux de Lysander, qui est plutôt confortable, tout compte fait, et surtout hyper sympa.
Quand le train arrive, le lisse un dernier coup ma jupe, avant de choper mon bébé pour le rhabiller correctement. Comme d'habitude, il gesticule pour tenter vainement d'échapper à mon étreinte. Il finit par se laisser faire, sachant qu'au moins, il aura la classe.
-Ah, mon bébé, je soupire. Dire que t'entre déjà en quatrième année ! Tu te rend compte qu'a la fin de l'année, tu seras plus grand que moi ? Je t'aime, mon frère d'amour.
Il marmonne des trucs que je ne comprends pas, et je lui répète d'arrêter de grommeler dans sa barbe - c'est malpoli, bon sang!
Je rejoins quelques filles de ma classe dans les carosses, entraînant avec moi James - trognon - qui flippe pour sa petite soeur chérie. je vois que Louis - mon bébé - et Roxanne s'occupent d'Albus qui regarde aussi sa poupée s'éloignée, une lueur d'appréhension dans ses yeux bleus.
-Je comprends que tu t'en fasses, dis-je innocemment à James. Moi, j'ai failli me faire bouffer par le calamar, et apparemment y'a des poissons carnivores dans le lac, maintenant...
- Domie ! grogne-t-il.
- Oui, mon Jamie d'amour ?
Je monte dans la diligence avec un sourire moqueur aux lèvres. Saluant mes camarades de classe, je m'assois à côté de James, le coinçant entre la porte et moi - c'est bien évidemment fait exprès, pour éviter que les minettes se collent à lui. Mais il est trop préoccupé par le sort de sa soeur pour arborer son fameux sourire charmeur, n'en déplaise à ces demoiselles. C'est vrai qu'il est pas mal, mon cousin, avec ses cheveux difficilement coiffables, ses yeux verts et sa carrure d'athlète. En plus, son côté musicien en rajoute un couche. Sans oublier, bien sûr, son simple nom de famille. Et le fait qu'il soit capitaine de quidditch. Et qu'il soit gentil. Et attentionné. Et... Enfin voilà, quoi. En cours, je m'assois toujours a côté de lui pour le taquiner ou juste calmer son fan club en ébulition. Bah ouais, faut dire que si j'étais pas là, il se la péterait encore plus. Ah ! Qu'est-ce que je suis utile et bénéfique, quand même !
Du coup, acutellement, il n'y a que des sourires en coin et des coups d'oeils déséspérés qu'il ne voit même pas. J'enclenche la conversation sur les vacances des minettes, histoire de le laisser bouder en paix.
