Et voila le dernier chapitre de ce two-shot. je m'excuse encore pour les séparations mal coordonnées dans le précédent chapitre, mais je ne savais pas que ça les avait effacé. Je les ai refait en espérant évidemment que la compréhension s'en trouve facilité.
Enjoy
Chapitre 2: La pluie fait comprendre...
Un bruit le réveilla en sursaut. Yuffie poussa un cri de surprise, puis le silence revint. Il réfléchit quelque peu avant de comprendre ce qui était arrivé. Encore une fois, Cid était arrivé au dernier moment. Il baissa la tête lorsque le souvenir de son regard lui revint. Il allait avoir droit à toute une scène.
-Tiens, mange.
Il leva le regard vers elle, puis fronça les sourcils. La gamine qui n'avait à peine que quinze ans lorsqu'il était partit devait en avoir 19 ou 20 présentement. Il était surpris. Elle avait grandit. Elle était devenue très belle.
-Je…euh…merci.
Au final il était partit pour éviter d'être un fardeau pour devenir encore plus un fardeau. Son regard s'assombrit d'avantage et il prit une bouchée. Pourquoi n'avait-il pas réussit à disparaître? Pourquoi avait-il fallut que Cid vienne interférer? Ne voyait-il pas qu'il essayait de leur enlever un fardeau de trop sur leurs épaules?
-Mange, lave-toi, dors un peu. Quand tu voudras parler, Cid est sur le pont. Les autres devraient y être aussi.
Elle l'embrassa sur la joue avec douceur, lui sourit avec tendresse, puis sortit de sa chambre, le laissant seul avec ses idées noires. Il regarda un instant la porte qui venait de se fermer, puis prit une autre bouchée. Comment avaient-ils fait pour retrouver sa trace? Il avait pourtant fait attention. Cinq ans. Il aurait du passer à l'acte plus tôt. Pourtant, il essayait à chaque fois de se trouver une excuse pour ne pas mourir et la journée où il se décidait enfin, Cid débarquait. Pourquoi? Pourquoi toujours l'aider alors qu'ils pourraient enfin être débarrassés de lui s'il venait à partir pour de bon? Pourquoi courir après un fantôme pendant cinq ans? N'avaient-ils rien de mieux à faire? Il avala une autre bouchée, n'ayant d'autres choix que de faire ce que lui avait dit Yuffie.
Cinq ans. Il s'en était sûrement passées des choses. Est-ce ses relations avec les autres s'en trouveraient changées? Il avait peur de ne plus être la bienvenue sur ce vaisseau. Il avait beaucoup de crainte, mais personne pour y répondre. Et sincèrement, il n'avait pas du tout le goût d'aller voir Cid. Il ne se souvenait que trop bien de l'image restée dans sa tête juste avant qu'il ne sombre. Deux prunelles brillant de rage et d'inquiétude. Non, il ne voulait pas se retrouver devant lui.
Après son repas, il se redressa de son lit, vacillant légèrement. Il était faible. Rien de plus normal étant donné que son inconscience était supposé le mener vers la mort et qu'il avait survécu. Il se dirigea tant bien que mal vers la douche et ouvrit le jet d'eau. Comme ce jour-là sous la pluie, il prit plaisir à sentir l'eau couler le long de son corps. Il était si bien. Finalement, peut-être devait-il comprendre un message dans cette incapacité à mourir en paix. Un message disant qu'il devait vivre. Pouvait-il imaginer un tel regain d'espoir? Malgré tout le bien que l'élément lui faisait, l'eau n'arrivait pas à enlever toutes ses inquiétudes. Il avait un gros problème et il ne voulait pas y faire face. Il connaissait Cid extrêmement bien et ce qui l'attendait s'il allait à sa rencontre ne lui tentait pas tellement. Ses amis seraient certainement très surpris s'ils entendaient ses pensés. Lui, qui dans la bataille ne reculait devant aucun danger et n'avait peur de rien, lui, n'était pas capable de faire face à un seul homme.
Il se sécha, puis s'habilla, remarquant alors que ses vêtements avaient été nettoyés. Tifa sûrement. Il alla s'asseoir sur le bout de son lit, incertain de l'approche à utiliser.
-Vincent?
La voix de Cloud lui parvint aux oreilles. Vincent fronça les sourcils, puis lui permis d'entrer. Rembarrer ses amis dès le départ n'était pas la meilleure solution pour passer ses nerfs. Il venait de les inquiéter pendant cinq ans…ils avaient le droit au respect.
-Ça va mieux? Demanda Cloud en fermant la porte derrière lui, inquiet pour son ami, quoique comme tous les hommes de ce vaisseau, il ne montrait rien de cette grande inquiétude.
-Ça peut aller.
Un silence lourd prit la place de leur conversation. Vincent voyait très bien que Cloud n'était pas à l'aise.
-Pourquoi? Questionna-t-il une nouvelle fois avec une voix beaucoup plus faible.
Pourquoi quoi? Vincent finit par comprendre alors que le blond fuyait son regard.
-Je ne pouvais plus la supporter, fit-il, se disant que tourner autour du pot ne ferait que retarder le temps de parler sans pourtant en éliminer la possibilité.
-De quoi?
-La vie.
Cloud vacilla. Peut-être avait-il été un peu trop honnête. Le dire aussi brusquement n'avait peut-être pas été une bonne idée. Vincent s'approcha du jeune homme, mais s'arrêta devant lui, incertain de la réaction appropriée pour ce genre de situation.
-Tu n'étais pas bien avec nous?
Tant de questions le déstabilisaient de la part de Cloud. Habituellement, c'était lui qui était reclus, qui ne voulait avoir de ce genre de discussion. Pourtant, en ce moment, le jeune blond avait l'air perdu et choqué par ce qu'il venait d'entendre. En y repensant, Vincent comprit qu'il aurait très certainement réagit de la même manière si ce n'était pas lui qui voulait en finir avec sa vie.
-Ça n'a aucun rapport avec vous, c'est juste que…
Il s'arrêta, ne sachant pas quoi ajouter. Ce n'était pas eux, évidemment, c'était la globalité de sa vie, sa fatalité qu'il détestait. S'il avait pu ne pas aboutir à la Shinra, peut-être se sentirait-il mieux.
-Cloud!!
La voix de Tifa les fit sursauter. Cloud soupira, leva les yeux au ciel et s'excusa auprès de Vincent. Il devait partir rejoindre la jeune femme s'il ne voulait pas devenir un trophée empaillé dans la chambre de la combattante. Il le laissa partir sans rien dire, espérant que les autres n'imiteraient pas le jeune homme en venant le questionner sur son geste. Il ne savait pas quoi leur dire. Au fond, il avait juste voulu en finir.
La journée passa, sans que Vincent ne sorte pour aller voir Cid. Yuffie revint trois fois pour lui porter à manger, regrettant qu'il ne sorte pas. Au final elle abandonna à essayer de le faire sortir et le laissa tranquille. La nuit passa donc sans que rien d'autre ne se passe. Lorsque le lendemain la porte s'ouvrit, il soupira.
-Merci Yuffie, mais je n'ai pas faim.
-J'm'en sacre.
Il sursauta en reconnaissant cette voix. Aucune autre n'avait ce timbre grave, vulgaire et sec. Il releva les yeux sur Cid, sentant la panique l'envahir peu à peu, bien que restant impassible. Non, il ne voulait pas d'une conversation avec cet homme. Pas maintenant et sûrement pas seul avec lui. Il s'assit dans son lit, fixant prudemment l'homme devant lui.
-…
Il voyait l'orage dans les yeux du pilote. Orage que l'autre contenait étrangement. Il était surpris qu'il ne se mette pas à lui hurler dessus. En faites, il semblait ne pas vouloir de cette conversation non plus. Il s'assit sur un siège en soupirant, le regard dans le vide.
-Cid je…
-Ferme-la j'veux rien entendre, le coupa sèchement Cid en relevant brusquement son regard sur lui. Les éclairs qu'il y apercevait l'inquiétaient sur la suite des évènements.
-T'as vraiment fait le con.
Il le savait ça. Pourtant ce serait tellement mieux s'il n'existait plus. Il en était certain. Alors pourquoi s'entêtaient-ils à le sauver à chaque fois?
-J'suis pu capable.
Justement. Le laisser mourir permettrait à tous de se reposer, de ne plus faire attention à lui.
-J'arrive pas à comprendre c'qui te prends sérieux. Depuis qu'on s'connaît, tu finis toujours par te pousser. On t'retrouve toujours, mais en vie. Là, tu t'pousse et j'te retrouve en train de crever sous la pluie. Cinq ans. Y'a cinq ans t'es partit comme ça sans rien dire.
Cid parlait tout seul, mais Vincent écoutait.
-T'arrête pas de dire que tu t'plaît avec nous, il prit une pause, puis le regarda. J'peux savoir alors pourquoi faut que t'aille te tuer dans une place de merde comme un chien d'Taudis?...!
-Je…
-Tu me dis que c'est parc'que tu le mérite pas et je te massacre.
Vincent ne prit donc pas la peine de continuer sa phrase. Il ouvrit simplement les bras pour inviter l'autre au « massacre » comme il le disait. L'interpellé par ce geste serra les poings et les dents.
-Décidemment, t'es vraiment con.
Il se leva brusquement, le faisant reculer sur son lit.
-T'as pas encore compris hein?
Vincent fronça les sourcils, ne sachant pas comment il devait prendre cette question. Était-ce un piège? Ou bien Cid cachait réellement quelque chose qu'il n'avait pas compris? Le blond s'assit au bout du lit, dos à lui. Il voyait les épaules de l'homme se soulever de façon irrégulière, lui montrant que l'autre essayait de calmer sa colère. Ce qui ne semblait pas être des plus faciles.
-J'arrive pas à comprendre ce qui t'exècre tant dans ta vie, avoua le pilote d'une voix rauque.
-Tout, répondit-il un peu trop rapidement. Il se rendit compte de sa gaffe lorsque l'autre se crispa.
-Tout?
-Je…ce n'est pas ce que je voulais dire Cid, se rattrapa-t-il maladroitement, ne sachant vraiment pas comment se comporter quant une telle situation survenait sans prévenir.
-Tu l'as quand même dit.
-Je suis bien ici, mais…
-Bien ici? Sursauta Cid en se retournant brusquement. Si t'étais bien ici, t'aurais pas foutu ton camp en nous laissant en plan!
-Je ne suis pas partit à cause de vous, se défendit-t-il exaspéré, essayant de réparer les pots cassés. Il commençait à prendre conscience du mal qu'il faisait à chaque fois qu'il partait comme ça. Cette dernière fois avait été la plus longue et sûrement la pire pour tous.
-Pourquoi alors?
Il semblait tout aussi exaspéré que lui, plus la colère.
-Je suis partit à cause…de moi.
Un silence s'installa. Décidemment, il ne se sentait vraiment pas bien. Il avait une désagréable impression. Quelque chose allait arriver sûrement. Quelque chose qui bousculerait sans doute sa conception de voir les choses. Il recula encore, par automatisme et réflexe de survie.
-Je t'ai dit à quel point t'étais con?
-Oui…
Cid se tourna dans le lit et s'avança vers lui. Vincent pensa à s'enfuir et faillit même mettre son idée en exécution, mais Cid posa ses deux mains sur ses épaules, l'empêchant de détaler. Ce contact lui hérissa le poil.
-Tu m'étonne. Habituellement, tu es plus rapide que ça. Tu réussis à percer l'âme des gens à jour. Est-ce parce que ça t'concerne ou bien es-tu juste trop idiot pour t'en rendre compte?
-De quoi?
Il regardait cette proximité d'un mauvais œil. Pourquoi son ami s'avançait-il aussi proche. Il n'était pas obligatoire de s'avancer autant pour le frapper. Il voulait y mettre un élan plus brutal? Pourtant, la poigne de l'homme sur ses épaules, quoiqu'un peu forte, n'était ni violente ni agressante.
Les mains de Cid serrèrent ses épaules et l'obligea à approcher à son tour. Leurs regards se croisèrent et Vincent ne se sentait pas très à l'aise. Pourtant, plus profondément en lui, il se sentait bien. Cid poussa sans difficulté son corps et les deux hommes se retrouvèrent sur le lit, le blond au-dessus du noir. Vincent émit une exclamation de surprise qui fut étouffé par les lèvres de son comparse. Surpris, il tenta d'abord –vainement- de le repousser, mais handicapé par l'inutilité de sa main dorée –il ne voulait pas blesser Cid- il ne put réellement s'aider. Alors que le baiser se prolongeait, il regarda l'expression du blond qui avait fermé les yeux. Un contact humide le fit hoqueter de surprise une nouvelle fois alors que Cid se retenait de ne pas rire contre sa bouche. Le pilote força le passage des lèvres par sa langue qui alla jouer avec sa jumelle, envoutant finalement Vincent qui ferma à son tour les yeux afin de mieux profiter du moment. Il venait de comprendre. Après plus de 10 ans d'aller, de retour et de départ, il voyait ce qu'il n'avait pas vu. Effectivement, comme le disait si bien Cid, il avait été con.
À bientôt pour un nouveau one-shot ou un nouveau two-shot
