Au pied de sa monture, Guenièvre tenait les mains de son mari les yeux remplis d'inquiétude.
- Ne fais rien d'insensé, Arthur.
- Je ne peux te promettre ça, tu le sais. Répondit-il en effleurant les fins doigts de son épouse.
- Je le sais. Soupira la reine. Tu ne reviendras pas sans lui.
- Non.
Elle sourit en amenant sa main sur la joue du roi pour une tendre caresse.
- Reviens-moi. Dit-elle en posant doucement ses lèvres sur celles de son vis-à-vis.
Quelques minutes plus tard, elle partit, les larmes aux yeux en compagnie de Mordred après avoir fait la promesse à Arthur de ne faire demi-tour sous aucun prétexte.
Seul à présent, le visage du souverain se ferma, ses yeux étincelaient à présent de colère. Il sortit son épée de son fourreau.
- MAINTENANT QUE MA FEMME S'EN EST ALLEE, JE VOUS ORDONNE DE REVENIR ! Cria-t-il en tournoyant sur lui-même, épée fermement tenue.
- Vous m'ordonnez de revenir ? Entendit-il derrière lui. Il fit demi-tour mais ne trouva personne.
- Sachez roi arrogant, que personne ne m'ordonne quoi que ce soit !
- Alors pourquoi êtes-vous là? Demanda Arthur toujours sur ses gardes en cherchant la sorcière.
- Que me voulez-vous ? Questionna-t-elle sans répondre. Vous changez d'avis ?
Elle était là devant lui. Les bras le long du corps, les yeux froids et la mâchoire serrée.
- Rendez-le-moi ! S'exclama le roi déterminé
- Vous savez ce que vous devez faire pour le récupérer. Je ne me répéterai pas.
- Je vais devoir chercher des indices pour pouvoir le retrouver ?
- Exactement !
- C'est ridicule ! Cela n'a aucun sens ! Aucun intérêt !
- Peut-être que cela vous semble déraisonnable pour l'instant mais nous verrons bien pour le futur.
- Je ne jouerai pas à votre jeu !
- Vous êtes sûr ?
- Je vous combattrai plutôt ! En garde !
- Je pense que vous allez le regretter, Arthur! Dit-elle sereinement.
Arthur se mit en position de combat. Il vit avec étonnement la sorcière fermer les yeux, lever le bras et serrer le poing. Il raffermit sa position et serra davantage, si cela était possible, son épée. Mais un bruit sourd le fit sursauter. L'orage commençait à gronder. Le ciel devint noir. Mais il sentit également la température chuter. Un vent glacial se leva. Levant les yeux vers les cieux, il vit des éclairs traverser les nuages sombres, une pluie torrentielle s'abattre sur eux et un brouillard épais qui les isola complètement. Il dirigea son regard vers l'inconnue qui n'avait pas bougé. Le déchainement des éléments provenait d'elle, de sa magie.
- QU'EST-CE QUE VOUS FAITES ? Cria le roi pour tenter de se faire entendre.
Aucune réponse. Un sourire froid vint orner le visage de l'inconnue. Il ne savait pas ce qu'il passait avant… qu'il l'entende.
Un cri effroyable, terrifiant, abominable. Un cri qui envahit l'atmosphère entière mais aussi l'esprit d'Arthur. Il était si puissant, si désespéré qu'il en tomba à genoux, ses jambes ne le tenant plus, en s'agrippant la tête des deux mains. Il sentait son cœur s'affoler, sa respiration se couper, une peur impensable envahir son cœur, ses membres trembler et la sueur couler. Il avait peur, il avait mal. Car il savait. Il savait …que ce cri provenait de Merlin, de son valet qui souffrait, qui agonisait quelque part…loin de lui.
- Arrêtez ! Murmura-t-il en fermant les yeux. Arrêtez ! Il déglutit. Elle ne l'entendait pas. Et Merlin criait toujours.
- Arrêtez ! Reprit-il cette fois plus. Arrêtez ! ARRETEZ ! Hurla-t-il les larmes coulant sur ses joues. Je vous en prie, arrêtez.
Et d'un seul coup, il n'eut plus rien. Les éléments se calmèrent. Le ciel était redevenu bleu, le soleil avait refait son apparition et éclairait de ses rayons le lac calmé. La sérénitude régnait à nouveau. Elle l'avait entendu.
- Vous voulez le récupérer, roi de Camelot ? Cherchez et trouvez !
Le roi ne la vit pas disparaître. Recroquevillé sur le sol, il prit quelques minutes pour tenter de se calmer. Il entendait encore l'écho du cri de Merlin. Il tendit doucement la main vers son épée qui gisait à ses pieds et se releva difficilement. Ses membres tremblaient toujours. Que lui avait-elle fait ? Qu'est-ce que cette femme avait osé faire à son valet ? Dans quel état allait-il… ?
- Je la tuerai. S'il est…Je la tuerai.
Il redressa la tête bien décidé cette fois à agir dans le sens de la sorcière. Mais quand tout ceci serait fini, il ne répondrait plus de rien.
- Le point de départ est ici…Murmura-t-il en prenant une inspiration pour tenter de se remettre. Sa voix tremblait et il ne pouvait rien y faire.
- Réfléchis Arthur, réfléchis.
« Ne réfléchissez pas trop, vous risqueriez d'être incommodé »
C'est ce que Merlin lui aurait dit. Il lui avait déjà dit, d'ailleurs. Le jeune homme sourit en repensant à cette « gentille » remarque que lui avait faite son valet après l'affaire « Lamia ». Il l'avait taquiné car Guenièvre, une fille, l'avait sauvé de la mort. Mais Merlin n'en avait cure. Peu importait pour lui. Mieux valait cela que d'être mort. C'est ce qu'il pensait et Arthur aussi finalement. Merlin et Guenièvre étaient ressortis vivants de cette histoire. Et il comptait bien que son valet le reste, vivant !
Mais comment chercher quelque chose qu'on ne connaissait pas ? Dont il n'avait aucune idée ?
Il regardait autour de lui, bougea d'un recoin à l'autre quand il pensait avoir trouvé le premier indice, examina à nouveau les environs quand il découvrit que ce n'était pas ce qu'il voulait et cela continua pendant plus de deux heures. Deux heures ! Il devenait fou ! Le temps passait, les minutes s'égrenait et rien. La vie de Merlin ne dépendait que de lui et il n'arrivait pas à accomplir son devoir. Il s'assit sur une pierre, tournant le dos au lac, pour reprendre ses esprits. Il passa une main fébrile sur le visage avant de s'arrêter net. Un éclat d'or attira son attention. Il se dirigea vers lui et découvrit, cachée entre deux pierres, une coupe.
- Qu'est-ce que… ?
- Vous souvenez-vous, Arthur ? Demanda une voix qu'il reconnue aussitôt ?
