Je ne suis pas en retard.
Je suis tellement fière de moi.
Je vais aller m'acheter des fleurs et me les jeter à mes pieds.
J'aurais plus besoin de mon catalogue d'excuses.
Pourtant j'en avais déjà préparé mon excuse de ce soir "Un vélociraptor nommée Pénélope a essayé de me séduire et a fini par me clamser entre les mains, j'ai essayé de lui faire du bouche-à-bouche mais j'ai attrapé la gastro, donc voilà, j'étais malade"
...
J'aime beaucoup cette excuse.
Bref, ça risque de plus tourner dans les six mois vu que Sasa57 avait mal fait son calcul.
FRAPPEZ-LA ELLE ! J'AI RIEN À VOIR LÀ DEDANS !
Mais j'ai plusieurs chapitres d'avance donc je vais essayer de réduire ça à quatre mois.
Tellement je vous aime.
Sur ce, les réponses aux reviews:
SuigyLeSushi: Aha, Thanks :) Well, the last title was because of a book I was reading when I first uploaded the story and then I wrote some stupid stuff with potatoes... And well, in my first version of version of my story, I was literally obsessed with Hanataro. You'll see that later. And... Well... See ya later ! :)
Mayou: Ton lapin est très bien, ne t'inquiètes pas. Il m'a bien fait rire. Et je te rappelle que toi tu t'es pas fait tuée par des toilettes, alors la vie de merde... Moi j'aime bien les pâtes. Vraiment beaucoup. Voilà, tu sais une chose sur moi. Bien, le riz est la nourriture la plus conseillée lors des gastros, et les gastros, on attrape souvent ça en hiver, en hiver, il fait froid, et il fait très froid en Russie aussi. Et donc les russes ils ont souvent la gastro, vu qu'ils habitent dans un pays froid et tout, et en plus avec toute la vodka qu'ils boivent, ils vont sûrement aux toilettes pour vomir. À tel point que les toilettes russes sont renommés pour être dégoûtantes. Parce que les Russes ne mangent pas assez de riz, donc ils restent malades. Et les toilettes russes restent sales. Maintenant inclines-toi face au tyran. BWAHAH. (Racontes moi ton expérience traumatisante mon enfant)
Juishi: Et bien, ravie que tu aimes cette histoire, enfin qu'elle soit "potable" non, plus sérieusement, je vois de quoi tu parles, le fandom est un peu en chute libre ces temps-ci. Mais encore, t'as jamais été sur le fandom One Piece, là c'est vraiment à se donner des envies de s'empaler sur sa fourchette. Et ça fait mal, un empallage sur une fourchette. Je connais Banzai, d'ailleurs j'ai peur de temps en temps que ça y ressemble trop, cette histoire est un monument. J'voudrais pas le salir avec mes petites mains. À part ça, tu m'as fait rire. Je t'aime bien. Alors maintenant, poses cette hache. Et fais gaffe, j'ai un puma qui tient une tronçonneuse, ta hache ne fait pas le poids. BWAHAHAH
DeanerysT: Oh mon dieu, ton pseudo... Tu... Je t'aime. Tu connais Game Of Thrones... Je t'aime. C'était un extrait de journal, je sais pas trop comment ça s'appelle non plus, mais tu te rendras compte que j'ai été... Très attirée par Hanataro. Ton commentaire m'a fait trop plaisir, je voulais juste faire un petit coucou à tout ces OC dont le nom signifie toujours plein de chose... C'est ce que je vais faire, c'est plus simple, et j'aime bien la simplicité. ;)
Ginounet: C'est vrai que j'ai fait une petite fixette sur les toilettes, tu me connais entre les toilettes et Hanataro, j'ai pas mal de fixations...
Guest/Feixia-chan: Aah, le correcteur de ffn, celui-même qui m'a appris à faire la différence entre appeler apeller appeller apeler... C'est un bon gars. C'est compliqué les histoires de toilette. L'eau de toilette c'est très étrange, j'ai jamais compris qui pouvait en acheter, c'est comme l'eau de cologne, ça sent pas bon. C'est ironique. C'est drôle. Mais tu sais que même en anonyme tu peux mettre ton vrai nom ? ^^
Nana: Bien sûr que je te le permet. ^^ C'est une idée qui m'est venue pendant un cours d'histoire. T'inquiètes, j'ai bien compris, et t'es très claire. Et d'ailleurs, j'ai à faire avec ma lessive pour de vrai. Et tu verras, Hanataro est très présent dans l'histoire à l'avenir. Aha, pauvre de lui... Oh oui, pauvre de lui.
Agrond: C'est sûr que ça devient compliqué le système des reviews maintenant, désoléemefrappezpaspitié! George arrive, George est frais, et George est vraiment affamé. Le sujet de réflexion est noté, elle y réfléchira sûrement pendant la réunion des capitaines. N'empêches que vous les belges, vous êtes sacrément étranges... Aha.
Loupiote: Ouf, je me suis pas trompée alors. Ahah, désolée c'est vrai que c'est assez compliqué à suivre, mais ça se passe vraiment comme ça dans sa tête, donc voilà, j'ai essayé de rendre ça plus compréhensible dans le deuxième. :)
Bon, si mon ange gardien ne se ramène pas dans moins de deux minutes...
Je ne ferais absolument rien.
Je suis inutile, ma vie est nulle.
J'vais mourir là toute seule, juste parce que mon ange gardien n'a pas de sens de l'orientation.
On me retrouvera dans des centaines d'années.
Et on se demandera qui était cette jolie fille dont le cadavre semble toujours appeler à la luxure.
Plus sérieusement, il y a un truc que je me suis toujours demandé, imaginons que des archéologues extraterrestres découvrent les corps de nos stars hollywoodiennes.
Maintenant imaginez qu'entre temps il y a eu un gros truc qui a effacé toutes nos données, donc ils ne savent rien de notre ère.
Jusque là vous suivez.
Bon, et ben ils vont quand même se retrouver sacrément cons devant le squelette de Mégane Fox, tranquillement dans sa tombe avec deux gros bouts de sillicones sur la poitrine.
Ils vont s'imaginer qu'on était des sauvages et qu'on l'a sacrifié dans un rituel païen occulte et obscure.
Franchement, on ne va pas laisser une bonne impression nous.
L'air se refroidit et le sol se met à trembler.
Je regarde autour de moi, personne ne semble se préoccuper de ce changement.
Merde.
Si ça se trouve c'est un signal pour les morts, que seuls les morts peuvent sentir, un peu comme une sonnerie, avant qu'on aille tous au Paradis.
Ou alors, c'est un exercice d'alarme incendie pour les âmes.
Putain, j'étais pas prévenue, j'suis pas très très douée pour les exercices au départ, mais alors quand on me prévient même pas...
Mon dieu, je vais encore une fois mourir.
J'espère que j'ai neuf vies, comme les chats.
En plus, si j'ai neuf vies, et vu la vitesse avec laquelle je meurs dans des situations assez ridicules, je pourrais même organiser un concours. ''Les neufs morts les plus ridicules du monde''
Sincèrement, j'ai mes chances pour gagner.
Je secoue la tête et regarde autour de moi.
Les policiers sont partis depuis un bon moment, ils parlent entre eux en griffonnant des choses sur des calepins à quelques mètres de là.
Donc, je suis allongée, seule, entre le vomi de ma meilleure amie et mes propres bouts de cervelle.
J'vous ai déjà dit que j'adorais ma vie ?
Parce que je vous aurais menti si c'était le cas.
Ma vie est nulle.
Je regarde les verres remplis d'un liquide oscillant entre le jaune et le brun à côté de moi.
Depuis quand il sont là ?
Ah oui, les policiers se sont fait un petit apéro.
Pas de problèmes, vous êtes juste à deux mètres de mon cadavre.
… Enfoirés.
Je lorgne vers les verres.
C'est du jus de pommes ? Parce que moi ça me tenterait bien un petit verre, un petit remontant.
Un peu comme ''Heeey, t'es morte ? De façon ridicule ? Mais prends donc un verre de jus de pommes, tout ira mieux !''.
C'est un peu comme les couvertures, c'est magique, ça remonte directement le moral.
... Bon, c'est pas du jus de pommes.
Donc, à ce moment là, je me dis que... Voilà quoi.
On ne veut vraiment pas que je me sente mieux.
Et je me dis aussi que c'est étrange, un verre est immobile mais le liquide dans le deuxième bouge.
Et il bouge exactement comme dans Jurassic Park.
Pas que je m'inquiète, mais bon, si un dinosaure arrive là tout de suite, faudrait me prévenir.
Histoire que je puisse prendre un peu d'avance.
À la limite, je pourrais peut-être monter sur le dos de ce gros truc poilu là-bas, il doit pouvoir échapper à un dinosaure.
Et vu que je serais sur son dos, je survivrais aussi.
Parfois je me dis que, quand même, mon instinct de survie est vachement plus développé que la moyenne.
Et pourtant, je suis quand même morte.
Et il y a toujours cette fille qui vit, dans mon lycée, celle-là même qui traverse tranquillement les routes les yeux en l'air pour aller chercher un lapin de l'autre côté de la rue.
Et c'est pas comme si c'était optionnel.
Cette fille va vraiment, toutes les dix minutes, traverser les routes sans regarder autour d'elle, à la recherche d'un lapin imaginaire.
Et moi je suis morte.
C'est injuste.
Je me relève et regarde un peu le gros truc masqué qui est censé me sauver.
Si ça se trouve c'est mon ange gardien ?
À ce compte-là j'exige compensation.
Honnêtement avec toutes les merdes qui me sont arrivés, dont celle qui me sont littéralement arrivée dessus sous la forme de toilettes tueuses soviétiques. C'est tout ce que j'obtiens ?
Un gros truc avec un gros masque, tout poilu qui ne sent pas vraiment la rose.
À ce compte là je pars dans des ruelles sombres le soir, et j'y trouve la même chose.
Ils auront même l'air moins méchant.
Bon. Sérieusement, pourquoi ma tante ne m'a pas appris ce qu'il faut faire quand une chose à l'air agressive arrive au lieu de l'ange gardien ?
Pour nous parler des démons qui se cachent dans nos mauvaises notes, là il y a du monde, pour nous parler des sortilèges repousse-sorcières qu'on dégage en débarrassant la table, Tata est là, mais quand on parle de survie face à un monstre poilu, plus rien !
… J'aurais dû aller un peu plus souvent au Portugal, paraît qu'ils y ont un sorcier vaudou spécialiste des méchants très poilus.
Fait chier.
Je me lève sans faire de gestes brusques.
J'ai pas envie qu'en plus de ça il se mette à s'énerver et à me sauter dessus !
Avec un peu de chance, il est presbyte et il se repère juste aux mouvements rapides !
Si ça se trouve c'est juste une sorte de tigre de l'espace !
…
Je regarde rapidement ma tenue.
Bon, c'était peut-être pas le moment de sortir ma robe jaune.
J'ai l'air d'un panneau de signalisation ambulant.
Ce qui est embêtant quand on est face à un monstre poilu.
''monstre poilu '' ça fait très long comme mot, vous trouvez pas ?
Renommons le George.
Sacré George.
Il s'amuse à faire semblant de me foncer dessus.
… Attendez, je... Quoi ?
George me fonce dessus ?
George me fonce dessus.
George me fonce dessus !
George est un petit enfoiré.
Et mon ange gardien aussi.
Sauf si il arrive très rapidement.
…
Donc, c'est un enfoiré.
Mais qu'est-ce que je fais pour survivre maintenant ? J'ai même plus d'ange gardien auquel me rattraper ! Et pourquoi ma tante ne m'a jamais dit ce qu'il fallait faire face à un monstre ? Et l'école, pourquoi on nous apprend pas ça à l'école ? Le théorème de Pythagore, pas de problème, mais comment survivre que dalle !
Du coup, le cas de l'autre fille-là qui se jette sous des voitures à la recherche de rongeurs se comprend mieux.
C'est à cause de notre système de l'éducation national.
Sur ce, on approche du moment où je devrais commencer à songer à partir en courant pour sauver ma vie, non ?
Bon, on va passer les étapes, là je dois VRAIMENT sauver ma vie, c'est pas un exercice.
Je répète, ceci n'est pas un exercice.
Je répète, c'est vraiment pas un exercice, alors tu vas BOUGER TES PUTAINS DE JAMBES MERDE !
Cours, Forest, cours !
Enfin, c'est con de dire ça.
Je m'appelle Alex quand même.
Cours, Alex, cours !
Oui, bon. Forcément. Ça passe moins d'un seul coup. Mais. Voilà.
Ma gorge me brûle et ma tête tourne.
Nan, mais là je dois me faire une petite feinte.
En fait, mon cerveau tente de me faire une blague.
C'est pas possible que je sois fatiguée, j'ai à peine fait une dizaine de mètres, on voit encore les contours de mon cadavre.
C'est pas possible, je suis pas aussi peu sportive, si ?
D'accord j'ai peut-être bien eu recours à quelques techniques impliquant des fausses maladies génétiques histoire de rater quelques cours de sport.
Bon, d'accord tous depuis ma troisième.
Mais quand même, j'arrive à courir, normalement.
Je cours deux heures par mois avec mon cousin.
Certes, c'était principalement pour échapper à notre Tante quand elle se rendait compte que nous avions cassé toutes ses boules de cristal.
Ça lui apprendra à avoir autant de boules de cristal.
En plus ça fait très moche comme décoration des boules de cristal.
Penser à ça me redonne un peu d'énergie et je me retrouve face à une succession de petites ruelles.
Si ça se trouve je vais croiser un autre truc poilu masqué.
La nuit est tombée et les ruelles ne sont plus très sûres...
Je pile net en manquant de me prendre un mur, tourne à droite, puis à gauche et je continue tout droit.
...
Bon, là je sais pas comment j'ai réussi à sortir de la ville en si peu de temps mais toujours est-il que je suis au beau milieu d'un champ entouré de vaches.
Au moins, la question de la rencontre avec un poilu caché derrière un gros masque ne se pose plus.
J'en ai largement assez avec le gros monstre face à moi pour qu'en plus on me rajoute un pervers aux mœurs plus que discutables.
Quoique, à bien y réfléchir, si ça se trouve notre société entière est victime de mœurs étranges.
Et ces messieurs derrière les ruelles seraient les derniers êtres humains aux mœurs stables.
Comme le disait un monsieur sûrement très intelligent et philosophique, ''Il n'y a rien de sain à être parfaitement intégré dans une société profondément malade.''
Ouais, je suis philosophe à mes heures perdues.
Enfin, je paraphrase des philosophes quoi.
Et, oui je parle aussi comme un mauvais petit bout de papier coincé dans les biscuits chinois.
Ah, tiens, vous vous souvenez de cette fois où je vous avais parlé de cette manie que j'ai de trop penser ?
Avec la réincarnation de votre chien en contrôleur et vos absences non justifiables ?
Ben en fait, c'est rien du tout de rater son train.
Parce qu'à trop penser, je suis dans un putain de champ, face à George.
Bon. C'est officiel. On joue à Jumanji avec ma vie.
Et c'est pas très drôle.
Jimmy tu lâches ces dés, ce jeu n'est pas un simple jeu, il est magique, et il fout la merde dans ma vie.
Alors Jimmy si tu ne lâches pas ces dés, je te jure que je te les enfonce si profondément dans la gorge que je pourrais les faire ressortir par tes oreilles.
Puis je t'éventrerais et je me ferais un dessin avec ton sang.
N'oublions pas le dessin, le dessin c'est le truc le plus important dans un meurtre.
Je fais face à George et j'avale ma salive.
-Pouce.
Je me plie et respire rapidement afin de recouvrer mon souffle.
George n'a pas l'air de comprendre la règle du pouce et traduit sa colère en me sautant dessus.
Et quand je dis ''en me sautant dessus'' je veux dire, dans le but de me manger, pas pour faire des choses pas très catholiques.
En même temps, à bien y réfléchir, je sais pas si se faire manger est vraiment préférable à faire des bébés avec George.
Enfin, si je dis ça c'est uniquement d'un point de vue logique.
Tenez, si je meurs, rien n'empêchera George de faire ce qu'il veut de mon corps.
Et s'il fait ce qu'il veut de mon corps, je vais sûrement mourir aussi.
Donc, le sexe c'est la mort.
L'adrénaline déclenche des trucs pas très normaux dans mon cerveau.
Je me jette de côté et court me cacher derrière une vache.
C'est un de mes trucs de ninja ça.
La vache se transforme rapidement en tas de cendre fumantes.
Elle connaissait pas mes trucs de ninja elle.
Il est temps de prendre mon courage à deux mains.
Et mes jambes à mon coup.
Je me sauve vers une petite chaumière à l'autre bout du champ tout en zigzaguant.
Vous savez, dans les films, le héros ne bouge absolument pas alors qu'il se fait tirer dessus et il s'en sort toujours.
Ben, faut croire que je devrais faire la même chose, parce que même si techniquement zigzaguer esquive les attaques, ça marche pas.
Pas du tout.
Son bras droit me déchire la peau de l'épaule au poignet.
La douleur monte à une vitesse fulgurante et un cri passe mes lèvres.
J'aurais pas dû faire ça.
J'aurais vraiment pas dû faire ça.
Ma gorge me faisait déjà affreusement mal, mais là j'ai l'impression qu'un raton-laveur s'entête à essayer de me l'arracher avec ses petites griffes vicieuses.
Tout ça à cause de George, rappelons-le.
Il est pas si doux que ça !
Je le savais, la publicité est mensongère.
On nous envoie des faux messages dans nos cerveaux !
C'est un complot pour endormir notre méfiance naturelle envers les ''George'' !
Les pubs tic-tac c'est rien que des mensonges !
George n'a pas l'air d'accord avec moi, il saute et sa main se referme sur mes jambes.
Bon. Sérieusement. JIMMY LÂCHES CES PUTAINS DE DÉS !
Je sens le sang me monter au cerveau et j'essaye de me tortiller pour lui faire lâcher prise.
Hier encore je considérais qu'une mauvaise journée était une journée sans avoir pu manger de pâtes.
Aujourd'hui je commence sérieusement à changer d'opinion.
Pas que, mais être suspendue la tête en bas à gigoter comme un vulgaire asticot emprisonné dans la main d'un George, ça a tendance à nuancer vos propos.
D'ailleurs, je serais plus gentille à partir de ce jour avec les asticots.
Et j'empêcherais les méchants pêcheurs de s'en servir comme appât.
Vous pensez que George se sert de moi comme appât ?
Peut-être que s'il arrivait à former quelques mots plutôt que des cris de Chewbacca, je pourrais savoir.
-Grmbjdm faaaaaaaaaaaaiiiim !
Il suffisait de demander.
Donc, je pense que j'éviterais l'appât.
Par contre, son estomac je dis pas.
Excusez-moi de me répéter, mais vraiment Ma vie est nulle.
-Manger tooooi.
Ça je pense pouvoir le traduire.
Il est affamé.
Et je représente son repas.
Et je suis dans la merde.
Je me met à hurler comme un orang-outan à l'agonie et frappant le point de George.
Il ouvre sa main et je me retrouve à faire une chute de plusieurs mètres.
J'avais pas prévu ça moi.
J'étouffe un gémissement de douleur quand mon postérieur rencontre le sol et me relève.
Comprenez que j'ai hurlé à la mort et que je me suis mise à ramper jusqu'à réussir à tenir sur mes pieds.
Bon, on abandonne l'ange gardien.
Mais si quelqu'un pouvait venir m'aider, ce serait agréable.
…
Ou ne venez pas.
C'est pas comme si j'allais mourir.
… Vous pensez que si je fais pipi l'odeur de l'urine attirera Bear Grylls et qu'il viendra me sauver ?
… Fais chier, j'ai pas envie de faire pipi.
Je le savais que j'aurais dû boire plus de jus de pommes.
George me regarde toujours, semblant se demander ce qui me prend.
C'est sympa ça, c'est comme dans les jeux vidéos, on attend tranquillement son tour avant d'attaquer.
Je regarde autour de moi.
La maison est encore trop loin pour que je m'y réfugie.
Tant pis.
-TAIOOOOOOOOOOT !
Ouep, c'est mon cri de guerre.
Avouez que vous voudriez avoir le même.
Je l'ai appris le jour de mon treizième anniversaire. Une grosse brute essayait de me voler mes chocolats.
Je lui ai envoyé mon pied entre les jambes et je suis partie en courant en rigolant comme un petit porcelet.
Et le soir, j'ai entendu les voisins crier ''Taiooooooot''.
Ensuite il y a eu un gros bruit, des rires et j'ai vu un slip passer par la fenêtre.
Depuis, j'ai gardé ce cri de guerre en réserve.
Je l'ai appelé le-cri-qui-fait-tomber-les-culottes.
Ça a de la gueule.
Et merde.
Ça va pas marcher, George a pas de culotte.
Merde.
Je saute vers le George, le pied en avant en visant le torse.
J'ai toujours eu des tendances suicidaires.
Et une légère myopie.
Si je vous dit ça, c'est pour que vous compreniez bien que si je me retrouve la jambe bloquée dans son trou, c'est uniquement à cause de ce léger problème de vision.
Sinon c'est un fait que je sais très bien viser.
Et quand je dis, la jambe bloquée dans son trou, je parle de son trou à la poitrine.
Non parce que sous prétexte que George m'a foncé dessus, ce n'est pas pour autant que je deviendrais Georgeophile.
Je viens d'avoir une image mentale.
Si j'étais pas encore coincée la tête en bas, balançant au rythme des mouvements de George, j'aurais bien vomi.
Mais si je le fais maintenant, je me vomis dessus.
Vous avouerez que ce serait dommage.
Déjà qu'Unruhe m'a déjà vomi dessus il y a quelques heures.
… Ma vie ressemble quand même à un foutu merdier.
J'aurais dû rester plus longtemps aux cours de Taekwendo.
Avec le recul, le fait d'être arrivée complètement bourrée en cours et d'avoir fait un strip-tease où je me suis cassée la gueule en essayant d'enlever mon pantalon sur la musique de Dora l'exploratrice, c'est pas une assez bonne excuse pour ne pas y aller.
Là je suis quand même suspendue au trou d'un George affamé et vu la façon dont il me regarde, je commence à me poser des questions sur sa libido.
Plusieurs longues minutes sont ainsi passés alors que nous nous fixions mutuellement.
Ce qui, précisons le, me fait incroyablement mal.
J'ai pas assez d'abdominaux pour maintenir ma tête de façon à pouvoir regarder George.
Mais je préfère savoir où il regarde.
Il m'inspire pas trop confiance, et rappelons-le, je suis toujours en robe.
En plus j'ai mis une jolie culotte.
Ça risquerait de l'affoler.
Il pourrait plus se contrôler.
Faut croire qu'il a dû apercevoir ma culotte puisqu'il m'attrape une nouvelle fois par les jambes et me porte à la hauteur de son visage.
… Je refuse d'embrasser cette chose.
Sa poigne se resserra et il m'envoya contre la maison que j'avais tenté de rejoindre.
Je me sentis traverser un mur, pourtant la douleur n'était pas encore là.
J'essayais de graver cet instant dans ma mémoire, j'ai traversé un mur et j'ai pas souffert.
Je suis SuperMan.
Je passais au travers d'un deuxième mur.
Oh ouais.
Amenez-moi Lex Luthor j'en fais de la patée pour chat.
Mon ventre entre en contact avec un lavabo de l'autre côté de la pièce que je venais de traverser.
Bon. Là. Je souffre.
Affreusement.
J'pense que les fournitures de salles de bains ne m'apprécient vraiment pas.
Je dois avoir insulter le Dieu des salles de bains.
Excusez-moi monsieur Ikéa.
PARDONNEZ MOOOI J'VOUS EN SUPPLIE J'EN AI MARRE J'AI COMRPIS LA LEÇON PITIÉÉÉÉÉ !
Aucune réponse ne me parvient.
J'commence à en avoir marre d'être ignoré par tout le monde sauf les gros trucs poilus dont la libido est aussi développé que le serait celle de Casanova après des centaines d'années d'abstinence.
Je prend appui sur le lavabo et étouffe un juron.
Bon, il faut croire que je suis pas SuperMan.
Ou alors, je suis SuperMan mais ma kryptonite c'est les objets de salle de bains.
Si c'est ça, ça fait hyper mal comme kryptonite.
J'ouvre les yeux et me retrouve face à une sorte de pi de vache.
Woaw.
Une vache, dans une salle de bain ?
Je relève les yeux.
Oh... Ce n'est pas une vache.
Aussi à tous s'épiler, ça porte à confusion.
Puisque figurez-vous que je ne me trouve pas face à une vache, mais bien face à un homme totalement nu.
Et imberbe.
D'où la confusion.
Bref.
C'est dans ces moments-là, quand je me retrouve nez à entrejambe d'un homme plutôt appétissant, dont les gouttes d'eau coulent sur son torse musclé jusqu'à...
Hum.
Voilà quoi. La mort n'est peut-être pas si mal.
Je reste bloqué quelques minutes à observer l'homme qui a arrêté sa douche et qui tente d'appeler X-Files.
Faut dire qu'il vient de voir deux de ses murs s'écrouler sans raisons apparentes.
Par contre il y a plusieurs choses de très apparentes chez lui.
Un grognement mécontent me sort de ma rêverie.
C'est George.
George qui est vraisemblablement jaloux de l'attention que je porte à l'homme nu face à moi.
Je vous l'avais bien dit que George était un pervers qui voulait satisfaire sa libido.
Et en plus de ça il est jaloux.
Mais moi je suis une femme libre, je ne m'enfermerais pas dans une relation !
George s'approche de moi et me jette sur son dos, tel un sac à patates.
Bon. Globalement, il s'est pris pour King Kong, c'est bien ça ?
Avec un peu de chance, Mario va venir m'aider.
À défaut de mon ange gardien.
Mais en même temps, Mario passe quand même la plupart de son temps à parler à des champignons en frappant des fleurs et des tortues.
Quelque chose me dit qu'il est pas trop net.
Il doit y avoir des choses dans ces champignons.
Si ça se trouve, Mario va même rejoindre George et ils m'emmèneront dans une cave sombre.
Je ne veux pas être amené dans une cave sombre.
Je suis trop jeune pour me faire violer par deux pervers sociopathes.
Je veux rester avec le monsieur tout nu !
Je me met à geindre et à taper sur le dos de George.
George n'a pas l'air de comprendre ce que je lui demande.
Il me regarde, un éclair de folie passe dans ses yeux et il ouvre grand sa bouche.
Oh non.
Ça y est, mon charme a encore fait des ravages.
Il se dit sûrement que s'il ne pourra pas m'avoir, personne ne m'aura.
Pauvre de moi.
Il va me manger, à défaut d'avoir pu me violer.
En plus on ne sait jamais, Mario peut très bien venir, ouvrir le ventre de George, en sortir mon cadavre et s'amuser avec.
C'est bien ce qu'il se passe dans le petit chaperon rouge, quand le chasseur ouvre le corps du loup pour en ressortir la grand-mère.
Et rappelons-le, le principal hobby de Mario est de frapper des champignons et des tortues pour sauver une putain de princesse qui s'est fait kidnapper une bonne dizaine de fois par une tortue géante.
Donc, Mario serait capable de bien des choses.
En plus, il est un peu con.
Sérieusement, tu devrais finir par comprendre que la princesse veut bien se faire kidnapper, si elle laisse toujours la porte ouverte c'est pas pour rien !
Tout ça pour dire que je vais finir par assouvir les fantasmes d'un plombier shooté nécrophile.
Je ne sais plus vraiment si on joue au Jumanji avec ma vie ou si il y a juste un homme s'amusant à en faire un mauvais scénario de série B.
Je plante mon regard dans celui de George, et je lui envoie un coup de poing sur son masque.
Rien ne se passe.
Bon.
Je lui envoie un deuxième, et un troisième et une minuscule fissure apparaît.
Ou alors, c'est un grain de poussière.
C'est difficile à dire.
En plus, je suis myope, vous vous souvenez ?
Je lance encore quelques coups sur le masque et George continue de me regarder comme si j'étais folle.
Il me tient toujours dans sa main et semble en avoir assez de moi, il ouvre sa bouche et me jette à l'intérieur.
Je me raccroche à ses dents et hurle en donnant des coups de pieds autour de moi.
Je suis dans la merde.
Je me jette contre une de ses dents et celle-ci se décroche.
Je l'attrape et la soulève difficilement.
Faut dire qu'elle fait presque ma taille.
Je plante sa dent dans son palais, et l'écoute hurler.
Il essaye de m'avaler et je continue de m'accrocher à des dents, en tentant de la briser elle aussi.
Finalement, il arrête de hurler, et je l'observe se réduire en cendres.
C'est joli.
… Et merde...
J'étais dans sa bouche, donc, très en hauteur.
Donc je suis repartie pour une chute.
Je sors rapidement de sa gueule et tente de descendre un maximum de mètres avant qu'il ne parte entièrement en cendres.
Je m'accroche à ses poils, sautant un peu pour me raccrocher quelques centimètres plus bas.
Ça me rappelle les cours d'escalade en primaire.
Et puis, la touffe de poils que je tiens en main disparaît et je tombe.
Je souffre.
Et à bien y réfléchir, je regretterais presque George.
C'était la seule chose que je connaissais de la mort.
Et il n'était pas si méchant, il était juste jaloux.
J'aurais dû lui donner une chance.
Ma vue vacille et je rampe jusqu'à la maison du bel homme nu.
Si je dois passer une éternité à attendre, autant le faire avec une jolie vue.
Mais bon, c'est étrange, j'ai comme la sensation qu'on ne me laissera pas avoir ma petite dose de bonheur.
Un grognement derrière moi me fait dire que j'ai raison.
Je tourne lentement ma tête et fait face à deux grands noirs aux prunelles dorées.
Et autour de ces yeux, un autre George.
Le jour où j'attrape le mec qui joue à Jumanji avec ma vie je lui arrache les yeux et je le force à les avaler jusqu'à ce qu'il s'étouffe avec.
Ensuite je l'égorge et je fais un dessin avec son sang.
Ne jamais oublier le dessin.
Je ne le répéterais jamais assez, mais le dessin vaut tout l'assassinat.
Tout en me répétant ces paroles, je fais quelques pas en arrières, sans quitter le George des yeux.
Ceci n'est pas une fuite.
C'est un repli stratégique.
La nuance est bien là.
Dans le premier cas, on est une mauviette, dans le deuxième on est une mauviette qui utilise de jolis mots.
Je n'ai jamais fui, enfin, entamé de repli stratégique aussi lentement de toute ma vie.
Et pourtant ma gorge me brûle toujours autant.
J'ai pas acquis une endurance nouvelle en l'espace de trente minutes.
Par contre, j'ai acquis une nouvelle résistance à la douleur.
Encore plus basse que celle que j'avais auparavant.
C'est en partie pour ça que je suis en train de ramper au sol, à la vitesse d'un escargot, et d'ailleurs je suis toujours remplie de bave du premier George, alors que les larmes coulent sur mes joues, et bien sûr, de la morve coule de mon nez.
Je renifle de façon tout à fait disgracieuse et pleure encore plus fort.
J'ai mal.
Partout, j'avais déjà mal avant de rencontrer le premier George mais entre mes chutes, mon bras totalement entaillé et mon poing réduit en bouillie à force de vouloir me battre, je n'ai jamais autant souffert de ma vie.
Sauf le jour où j'ai accouché.
Bon, certes, je n'ai pas vraiment accouché.
Mais j'en ai rêvé une fois, c'était horrible et j'ai vraiment souffert.
J'entend mon sang battre dans mes veines entre deux reniflements.
Ma vue se brouille peu à peu et ma tête tourne.
Et en plus de ça, voilà que j'ai la narine gauche bouchée.
Je déteste ça.
Après on arrive plus à bien respirer, notre nez est trop sec, ou trop obstrué, on a la gorge sèche.
Ce qui dans mon cas est déjà le cas.
Mais en plus on perd tout soupçon de sex-appeal.
… Bon. Après, c'est vrai qu'au moment où je vous parle, j'ai le nez qui coule, les yeux enflés, du sang qui coule sur mes vêtements, de la terre un peu partout, et je suis recouverte de salive.
D'ailleurs, sa salive aurait pu s'évaporer en même temps que lui, non ?
Parce que bon, c'est pas comme si j'avais encore un léger espoir de retrouver mon ange gardien.
Mais en même temps, vu ma chance, il serait bien foutu d'arriver maintenant que je ne ressemble plus à rien.
À vrai dire, ça ne m'étonnerait même pas de voir Robert Downey Junior passer sous mes yeux et me dire qu'il comptait m'inviter à dîner mais que vu mon état, il va s'abstenir et aller proposer ça à la fille de ton école qui court devant les voitures pour trouver des lapins.
Je suis plus à ça près à vrai dire.
Je me retourne en me sentant être balancé de côté.
George me fixe, et je lui rend son regard.
Il est un peu plus grand que l'original de George, et il a de plus grosses griffes.
Il ouvre la bouche et une grosse boule rouge vient s'y former.
Je ne sais pas ce que c'est, mais ça a l'air méchant.
De toutes façons, quand c'est rouge, c'est souvent méchant.
Il n'y a qu'à voir, Barbe-Rouge, le monsieur d'Orangina, ou le méchant titan à la fin d'Avengers !
Bon. Je vous aurais aimé. Sincèrement.
Adieu.
Je me jette mollement de côté et évite ainsi de peu la boule rouge.
Pour une fois j'aurais presque de la chance.
-Grmbujleos MANGER !
Il veut encore manger ?
Ça devient une manie, il y a un truc qui ne va pas bien dans leur espèce c'est pas possible.
Qu'est-ce qu'ils ont tous à vouloir me manger ?
En plus là tout de suite, je dois avoir l'air de tout sauf de quelque chose d'appétissant.
Sauf peut-être, si George a un petit truc pour la bave des autres Georges.
Le premier était bien un pervers jaloux.
En plus, si ça se trouve la bave du premier George a très bon goût.
J'ai jamais goûté.
Faut jamais juger avant de savoir.
C'est pas pour autant que je vais goûter maintenant.
Mais si je trouve un bocal, je mettrais un peu de bave de côté au cas où j'aurais le courage de tester de nouvelles aventures un de ces jours.
-MANGEEEEEER !
Je fouille dans mes poches, non sans une grimace de douleur et en ressort une barre chocolatée.
-On partage ?
George ouvre les yeux, interloqué, et tente à nouveau de me frapper.
-Ou alors, on ne partage pas, tant pis pour toi.
Je tire la langue à George et la rentre très vite après m'être pris une nouvelle attaque de George.
Je remarque, au passage que celui-ci est bien différent du premier, il n'attend absolument pas que j'ai fini mon tour pour m'attaquer.
Honnêtement, j'aurais dû faire plus d'efforts avec ce premier George.
Je fouille de nouveau au fond de mes poches et en sort un chihuahua.
-Tu veux un chihuahua, ça peut te donner plein d'amour, ou bien tu peux le manger... Ou tu peux le réduire en cendres exactement comme tu viens de le faire.
Je regarde les restes du chihuahua s'évaporer entre mes doigts.
Dommage, c'était mon plan de secours.
George rouvre la bouche et se jette vers moi.
Là c'est quand même un sérieux problème, ce n'est vraiment pas bien de vouloir manger les gens comme ça. Il doit cacher un sérieux trouble psychologique, peut-être même un manque d'affection dans son enfance.
Oh mon dieu.
Je crois que j'ai raté une carrière de psychologue.
Un nouvel éclair passe sous mes yeux et je sens mon épaule me brûler.
Ou de comique, je suis persuadée que les gens seraient ravis de se moquer de moi.
Je passe une main sur mon épaule et la retire rapidement, dégoutée.
J'avais oublié que j'étais remplie de bave.
J'observe ma main et la frotte sans ménagement sur le sol.
Euh. C'est des cheveux que je vois collée sur ma main ?
Ça marche pas comme ça mon petit bonhomme.
Depuis que je me suis fait couper les cheveux par une petite peste alors que j'avais six ans, plus personne n'a le droit de toucher mes cheveux.
Sauf moi, bien sûr, sinon ça serait compliqué.
Et Blandin, aussi, mon coiffeur.
Mais Blandin est un Dieu, donc ça ne compte pas trop.
Je me relève et me jette sur George, prête à lui faire regretter son crime.
Enfin, ça c'est ce que j'essaye.
Dans la réalité, ça donne plus une loque au sol qui essaye de se lever et qui tombe lamentablement.
J'en ai marre.
George attrape mes jambes et s'apprête à me jeter dans sa bouche.
J'ai vraiment l'air si appétissante ?
Si ça se trouve, je sens le jambon.
Ça expliquerait pas mal de choses, et aussi pourquoi les chiens m'aiment bien.
Il n'y a qu'à voir, j'avais un chihuahua dans ma poche.
Si c'est pas une preuve de leur amour canin...
Bon, par contre, le George ne sent pas le jambon lui.
Mais alors vraiment pas.
ROH LA VACHE, IL FOUETTE VRAIMENT !
Je tente mollement de me débattre.
J'ai mal partout, et j'en ai marre de ma vie.
Laissez-moi là, je vais vous ralentir.
Je vous en prie, continuez seuls, et laissez-moi mourir.
…
Si vous partez je vous découpe en rondelles.
Et je ne ferais même pas de dessin avec votre sang, vous n'en valez pas la peine.
J'hurle à tue-tête et la prise de George sur mon corps se resserre.
Je rentre ma tête dans mes épaules juste à temps pour éviter une nouvelle attaque lumineuse de la part de George.
Je préférais vraiment le premier, lui il n'en voulait qu'à mon corps, pas à ma vie.
Enfin, pas avant qu'il ne soit jaloux.
Un nouveau rayon lumineux vient soulever quelques uns de mes cheveux.
Minute, il vient de derrière moi lui.
George se prend le rayon de plein fouet et je vois ses yeux s'agrandirent sous la surprise.
Son masque se fissure et part en cendres.
… Je regarde mes pieds.
Et merde.
C'est une manie de disparaître au moment où je suis suspendue en l'air ou quoi ?
Je ferme les yeux, me préparant mentalement à sentir mon coxys se briser et la main de George part lentement en cendres.
Une paire de bras me rattrapent avant que je ne touche le sol.
Je rouvre les yeux et croise le regard de mon sauveur.
Il a de grands yeux gris et de longs cheveux bruns, avec un grand chapeau japonais vissé sur son crâne.
Il sent vaguement l'alcool.
Mais bon, je sens le jambon, alors j'ai pas vraiment mon mot à redire.
Ce mec doit être mon ange gardien, sinon personne ne m'aurait rattrapé vu mon état.
D'ailleurs je remarque qu'il retrousse son nez en regardant la substance visqueuse dont il a désormais les mains remplies.
Je murmure.
-Bave de George.
Son regard interrogateur se transforme en un regard encore plus interrogateur.
C'est dingue les variations qu'il arrive à faire avec son regard ce type.
C'est un ange gardien super cool finalement.
J'lui pardonnerais presque son retard.
Ma tête tourne et je m'endors rapidement.
Le reste de mes souvenirs se passent sous forme de flashs.
Comme si j'avais pris une énorme dose de LSD.
Enfin, je suppose, que c'est comme ça qu'on se sent.
J'ai passé mon baccalauréat de sciences sur ce sujet.
Mais bon, j'ai eu trois, alors je ne suis plus trop sûre de mes réponses.
Je crois bien que j'avais parlé de gorille jaune, et de singes violets qui courent partout.
Sur le coup ça m'a semblé plausible.
Et puis, bon, j'ai jamais essayé non plus.
Nan, vous comprenez, ma tante était très stricte là-dessus.
Elle disait toujours "Ça contient des énergies négatives. Et après tu vas avoir encore plus de malédiction à tes côtés.
Déjà que tu es entourée de petits vampires vu les légumes que tu ne manges pas".
J'ai jamais vu aucun de ces vampires d'ailleurs.
Encore un mensonge de mon enfance.
Je remarque vaguement que l'homme saute à la renverse dans un espèce de portail, alors qu'il me tient toujours fermement dans ses bras.
On vient de passer la porte des étoiles ? C'est le capitaine O'neil, c'est ça ?
Il va m'emmener dans une dimension parallèle ?
C'est cool.
Sauf si...
OH PUTAIN IL VA ME VIOLER ME TORTURER ET ME TUER !
Je me retrouve dans une salle entouré de types en robe.
C'est assez glauque.
Ils vont me torturer, c'est sûr.
Si ça se trouve c'est mon odeur de jambon qui les indispose.
Ils vont me tuer parce qu'ils n'aiment pas mon odeur.
Ces types se précipitent vers moi
Je me relève lentement et me met à babiller de plus en plus vite :
-C'est mon odeur, c'est ça ? Je sens le jambon? Vous aimez pas ça ? C'est votre grand-mère qui vous forçait à en manger le soir ? Mais vous vouliez être végétariens, c'est ça ? J'vous promet que je prendrais une douche, je mettrais plein de parfums, je ferais tout ce que vous voudrez, mais me tuez pas !
Bon. Bien sûr, c'était ridicule.
Mais ce qui est encore plus ridicule c'est que je me suis endormie avant même d'avoir pu voir une de leurs réactions.
Je papillonne des cils et tente de me repérer.
La lumière m'éblouit et je referme prestement mes yeux en tentant de me concentrer sur ce qui se dit autour de moi.
Les mots Ryokia et Hollow reviennent régulièrement.
Bien entendue, je ne comprend absolument pas ces mots.
Je vous ai déjà dit que je détestais ma vie ?
Une phrase entière me parvint enfin.
J'allais enfin avoir des informations sur le lieu où je me trouvais...
"Je vous aime Yamamoto"
Je rouvre les yeux un court instant, tout juste assez long pour pouvoir regarder une main experte passer entre les plis d'un kimono et le froissement d'un tissu qui tombe.
Bordel de merde, où est-ce que j'ai atterri moi ?
Ils vont quand même pas se reproduire frénétiquement sous mes yeux.
Même si techniquement ils sont fermés.
Ça reste dégoûtant.
JE SUIS TROP PURE POUR CE GENRE D'EXPÉRIENCE !
Je rouvre les yeux, pour manifester ma présence et les faire s'arrêter quand je remarque que j'ai dû m'être encore une fois endormie.
Je suis maintenant propre, couverte de bandages et dans une chambre blanche.
Bon, j'ai dû atterrir dans une chambre d'un hôpital psychiatrique, mais au moins, je sens les fleurs maintenant et plus le jambon.
Prends ça dans les dents George !
La porte s'ouvre et je me cache sous ma couette.
Enfin, j'essaye, mais ces enfoirés ont bien bordés le lit, c'est impossible de se faufiler dans son lit.
Ou alors faudrait que je m'y faxe.
Mais de toutes façons, c'est un peu tard, une femme me fait déjà face.
Elle a ramené ses cheveux de gauche et de droite en une longue tresse sous son menton.
Oui, dans l'exacte coiffure qu'on a toutes essayé petites, histoire de se faire une barbe.
Malgré ça, elle a un sourire rassurant et un air très maternel.
Je crois que je l'aime bien.
Sauf si elle décidé de me ramener devant les types en robes.
À ce compte-là, je me suicide.
De façon très dramatique.
Il me faudra juste, du jambon, un briquet, un brasier géant, un chorégraphe, une mélodie entraînante, de la peinture et quelques nains.
Et je peux vous jurer que je met le feu à la scène.
Littéralement.
Héhé.
Je suis à l'heure.
JE SUIS PAS EN RETARD, YEEEEEEAH !
Bon, voilà voilà, j'attend vos avis et vos suggestions.
J'vous aime les gens.
