Chapitre 2:

Gibbs poussa la porte de la chambre d'hôpital de son agent. Un regarde circulaire sur la pièce lui indiqua qu'il n'y avait aucun danger imminent.

Son attention fut attirée par un soupir.

- DiNozzo, s'exclama l'ancien marine si subitement qu'il fit sursauter l'homme dans le lit.

Ce dernier lui lança un regard presque vide, la tête ailleurs. Ses traits étaient tirés par la douleur qu'occasionnait la maladie. Mais cela, Tony ne l'avouerait pour rien au monde.

Il avait sa fierté tout de même.

- Oui… Oui patron, dit tant bien que mal le malade en tentant de garder contenance devant son supérieur malgré la forte douleur qui le lançait continuellement au niveau d'une grande partie de ses muscles.

Ledit supérieur haussa un sourcil. Cette situation lui rappelait étrangement des faits passés et pas toujours agréables, lui laissant un goût amer dans la bouche.

Il voulut ajouter quelque chose mais il fut interrompu par l'arrivée des autres membres de l'équipe dans la petite chambre blanche.

- Tony, cria presque Abby avant de se jeter à moitié sur lui, l'écrasant au passage. Tu m'as fait une de ces peurs.

- Abby… Tu m'étouffes, souffla la pauvre victime qui suppliait du regard Ziva de l'aider.

- Oh, excuse-moi. C'est l'émotion.

La gothique se releva pour laisser le champs libre aux autres. McGee et David ne bougèrent pas d'un iota. Tony tiqua à cette attitude. Il avait failli mourir et souffrait atrocement et personne pour venir le plaindre ?

Les deux gus devraient lui montrer un peu de compassion, lui prouver qu'ils avaient eu peur de le perdre, lui faire comprendre qu'il est indispensable…

Les ingrats…

- Où est Jenny, demanda l'Italien en faisant mine de la chercher. La jalousie allait sans doute marcher sur ses collègues.

- Madame la directrice boit le thé avec son amie, madame la directrice, dans son bureau, lui répondit sarcastiquement Ziva en levant les yeux au ciel.

- Hein ?

- Jenny discute avec la directrice de l'hôpital, DiNozzo, compléta Gibbs.

- Dommage.

L'agent David lança un regard noir au malade qui sourit innocemment de son lit.

L'Israélienne ne taperait pas un mourrant quand même ? Si ?

Tony déglutit à cette idée.

- Comment tu fais pour te retrouver sans cesse dans de telles situations, lança McGee.

- Silence, le Bleu, on n'enquiquine pas un malade.

- Malade quand il en a bien envie. Tu es sûr d'être malade ? Parce que là, tu sembles en pleine forme, dit à son tour Ziva, tout en sachant très bien que Tony ne montrait jamais sa douleur aux autres s'il était capable de la contenir. Et puis, ajouta-t-elle, je trouve que Moribond, ça te va mieux.

Une dispute sans but apparent éclata entre les trois agents du NCIS, sous les yeux amusés d'Abby qui retrouvait enfin ses collègues adorés.

La gothique se retourna pour avoir l'approbation de Gibbs, mais ce dernier n'était déjà plus dans la pièce. Elle fronça le nez une seconde avant de retourner à son arbitrage improvisé.

L'ancien marine traversait les couloirs de l'hôpital, tel une bombe à retardement prête à exploser.

House ! Il lui fallait ce dénommé House !

Cet homme ne le connaissait pas mais ça n'allait pas tarder.

Il ouvrit presque toutes les portes que se trouvaient sur son passage, tombant même sur un jeune couple batifolant au milieu des armoires à médicaments.

Le chef trouva sa future victime au bout de trois minutes et vingt-sept secondes, un record dans le domaine des arrestations et autres filatures de dangereux criminels. Il poussa violemment la porte sur laquelle était inscrit « Grégory House ».

Il écarquilla les yeux de surprise lorsqu'il aperçut un homme grisonnant, vautré dans un fauteuil, jouant au GameBoy.

Ledit grisonnant le fixa à son tour puis posa les yeux sur son jeu en un cri strident.

- AH ! A cause de vous, mon Pikachu s'est fait tuer, s'exclama l'homme en montrant l'écran de son GameBoy dernier cri.

Gibbs se contenta de le regarder de son plus bel air neutre.

- Vous êtes qui, vous, lui demanda l'ancien marine, ignorant les vociférations de son vis-à-vis.

- Moi ? Mais… Je viens vous emmerder moi quand vous jouez à « Medal of Honor » sur votre Playstation 2 ?

Ne voyant aucune réponse de la part de l'intrus, le grisonnant se leva de son siège, lançait rageusement son jouet sur son bureau.

Gibbs haussa un nouveau sourcil interrogateur.

- Je suis le docteur House et vous êtes dans mon bureau alors…

- Vous êtes House, le coupa Gibbs.

Jethro avança rapidement dans la pièce.

- C'est vous qui nous avez empêché, mon équipe et moi, de voir l'agent DiNozzo ?

- Hein ?

- L'homme que vous avez ausculté ce matin.

- Vous croyez vraiment que je connais le nom de tous mes patients ? Je suis pas devenu médecin pour ça.

Gibbs ne sut pas quoi dire sur le coup, ce qui était plutôt rare chez lui. Cet homme était pire que ce qu'il s'imaginait.

Non seulement il n'était jamais à l'heure, ce qui était un défaut des plus abominables, mais en plus, il avait l'air de n'avoir aucune considération pour les autres.

Quelque chose disait à Jethro qu'il n'allait pas beaucoup l'apprécier.

Il n'avait jamais eu autant raison.

- Pourquoi vous êtes là, au fait, demanda House en s'installant bien confortablement dans le siège de son bureau, reprenant sa partie de GameBoy.

- Je suis venu demander pourquoi vous nous avez interdit de voir notre collègue alors qu'il n'y avait aucun danger pour lui.

- Qui vous a dit que vous pouviez le voir ?

- Une jeune femme qui n'arrête pas de parler, dit nonchalamment Jethro.

- Cameron… Cafteuse !

- Ca ne répond pas à ma question.

- Très bien. Votre copain est-il atteint d'une maladie inconnue ou incurable ?

- Je ne pense pas. Gibbs ne voyait pas vraiment où l'homme voulait en venir. Quel était le rapport avec lui et l'équipe du NCIS ?

- Est-il prêt à mourir, continua Greg sur sa lancée.

- Pas pour l'instant.

- Vous faites parti de sa famille ? Parents ? Frère ? Sœur ? Colocataires ?… Amants, tenta House en faisant une moue indéfinissable.

- Rien de tout cela, dit l'ancien marine, sans ciller, toujours neutre.

- Alors vous ne me servez à rien, conclut le médecin en se levant de son fauteuil pour raccompagner son invité indésirable hors de son bureau.

Gibbs voulut protester mais Abby l'en empêcha en courant vers eux.

- Gibbs, Tony ne va pas bien du tout. Les infirmières m'ont envoyée chercher le docteur House.

- Il a quoi, demanda House en fronçant un sourcil.

- Il tremble, transpire, et se plaint de douleur un peu partout.

- Intéressant, s'exclama House en bousculant Gibbs pour boiter jusqu'à la chambre du malade.

A suivre…


Le second chapitre... Un peu en retard... Un peu trop court... Un peu... Voilà quoi...

Ce n'est que l'avant-goût du duo Gibbs/House qui risque de faire des siennes. Plus de piques sanglantes dans le prochain chapitre, promis.

A plus !