Comme chien et chat

Chapitre 1 : Rencontre imprévu

Cette nuit là, tout était calme. Le vent soufflait en une douce brise, faisant agréablement vibrer les feuilles des arbres, tout juste naissantes. La lune à demie pleine luisait dans le ciel parsemé d'étoiles scintillantes, illuminant de sa pâle lueur les forêts, plaines et lacs ainsi que les innombrables tours du château, lui donnant un air presque fantomatique.

Et comme il les aimait, ces nuits là ! Ces nuits où rien ne pouvait nuire à sa tranquillité, où il se sentait libre, où tout était si paisible.

Le jeune loup, du haut du rocher où il s'était assis, contemplait ainsi chaque nuit la beauté de ce paysage dont il ne se lassait jamais, poussant de temps à autre un hurlement significatif, communiquant ainsi avec ses congénères.

En neuf semaines à peine, à force de volonté, d'acharnement, et grâce à l'aide de sa meilleure amie, le sorcier était parvenu à devenir animagus. Et il comprenait maintenant pourquoi son père et ses amis faisaient si souvent le mur, enfreignant sans vergogne le règlement de l'école !

C'était une sensation absolument merveilleuse, une liberté telle que l'on ne pouvait l'éprouver qu'en tant qu'animal ! Il avait longtemps hésité à la forme qu'il voulait prendre. Il avait tout d'abord penser au cerf, en mémoire de son père, mais avait renoncer par la suite car il n'aimait pas l'idée d'avoir à porter ses énormes bois au dessus du crâne et il avait surtout, à tort bien entendu, peur de prendre ces machins là dans les branches et de rester coincé pour un temps indéterminé ! On ne savait jamais après tout ! Et puis un cerf…à coup sûr, discret comme il l'était, il se serait fait repérer par Hagrid en moins de deux ! Non, lui, ce qu'il lui fallait, c'était un animal beaucoup plus furtif, beaucoup plus silencieux…

Et après moult tergiversions, il avait donc choisi, à l'instar de son parrain, le loup. Cet animal magnifique, aux sens, et en particulier l'odorat, si développés, était ce qu'il y avait de mieux pour se faufiler hors des murs de Poudlard et partir à la découverte du monde nocturne extérieur.

Et c'est ainsi que le Survivant se retrouvait presque chaque soir à fureter dans les bois, de ci de là, au gré de ses envies, terminant la plupart du temps sa soirée assis sur son rocher à observer les environs.

Bon, certes, au début il avait eu quelques ennuis. Déjà parce qu'il ne parvenait pas toujours à rester animagus toute la nuit, reprenant alors forme humaine de temps à autres. Mais aussi parce que, ayant grandi comme un bon petit humain digne de ce nom, il ne connaissait rien aux lois que Dame Nature avait cru bon d'instaurer dans ces forêts ! Personne ne lui avait dit, à lui, que les loups ne sont pas solitaires, qu'ils vivent en meutes, et que dans celles-ci il y a le mâle dominant, et les autres ! Et tous lui doivent le respect ! Et ils n'ont pas intérêt à se rebeller sinon ça va mal !

C'est comme ça que notre petit Harry Potter avait, trop heureux de se faire des amis de sa « race », débarqué une nuit parmi la meute, chose qui n'avait déjà pas été très bien accepté par le mâle Alpha, mais qu'en plus, chose impardonnable, il s'était accaparé deux trois bouts de viandes appartenant au Chef, qu'il ne se soumettait pas la queue entre les « jambes » devant ce dernier et qu'en plus il ne lui léchait pas la truffe à tout bout de champ en signe de respect ! Et là, ça avait été mal…très mal…autrement dit il s'était fait chasser à coups de crocs, ( Pour ne pas dire à coups de pied au cul, mais là ça ne signifierait grand-chose ! ) le mâle Alpha réaffirmant par l'occasion sa suprématie sur le groupe.

Non mais ! Il sortait d'où ce blanc bec qui se croyait tout permis !?

Bref, après tout, il s'en fichait. Il n'était pas un vrai loup et n'avait donc pas besoin d'une meute ! Mais bon…il n'aurait pourtant pas dit non au fait de se faire quelques compagnons de jeu. Ce qui était amusant, lorsque l'on devenait animagus, c'est que l'on prenait l'apparence de l'animal en question, mais aussi le comportement !

Harry s'étira longuement et bailla à s'en faire décrocher la mâchoire tout en poussant un léger couinement. Il avait soif. Il avait soif, et il fallait qu'il se bouge.

Le canidé se leva paresseusement et s'ébroua, puis il se dirigea vers le lac en contrebas. Il s'approcha du bord de l'eau et se pencha pour étancher sa soif, la surface miroitante lui renvoyant son reflet, celui d'un jeune loup encore frêle, aux yeux verts et aux longs poils noirs et luisants, mise à part une légère tâche blanche rappelant vaguement sa cicatrice sur son front.

Sachant qu'une année humaine représente sept ans chez un chien, Harry en loup ne devait pas avoir plus de deux ans et par conséquent il n'était pas encore très imposant.

Il allait faire demi-tour lorsque qu'un bruit sourd provenant du bois attira son attention.

C'était un grognement, à environ cinquante mètres de là, suivit de près par quelques feulements distinctifs.

Un nouveau grognement précéda un cri violent, comme un miaulement, et il n'en fallut pas plus au sorcier pour attiser sa curiosité et pour se décider à aller voir d'où venaient ces cris.

Il se faufila aisément à travers les épais fourrés et s'approcha à tâtons de la source sonore qui l'avait alertée :

Les grognements étaient visiblement ceux d'un énorme renard qui s'attaquait, non pas à une belette ou autre rongeur du genre, mais à un pauvre petit chat, prostré contre une souche au pied d'un énorme chêne, toutes griffes et crocs dehors, donnant des petits coups de pattes désespérés contre l'énorme bête sauvage.

Ni une ni deux, Harry sauta hors du bosquet et alla s'interposer entre le renard et le chat. Il n'allait tout de même pas assister au meurtre de ce pauvre animal innocent sous prétexte qu'il faisait lui aussi parti, à cet instant, de la faune locale !

Le renard, surpris, fixa Harry avec des yeux ronds. Son esprit ne fit qu'un tour. Il tenait à son territoire, certes, mais pas assez pour se mesurer avec un loup ! Car là était bel et bien la raison de sa violente querelle avec ce chat ! Ce petit avorton avait osé pénétré surson territoire ! Non mais quel culot !

En voyant le loup retrousser ses babines et dévoiler sa belle paire de canines, le renard fit volte-face et partit sans demander son reste.

Harry poussa un petit grognement de contentement en voyant la bestiole s'éloigner, puis retourna son attention sur le chat. Celui-ci était toujours contre le tronc et le regardait, apeuré.

Certes, sous cette forme, il n'était pas étonnant que le pauvre chaton tremble de peur devant lui.

Harry se concentra, puis, en quelques secondes à peine, tout changea en lui : ses poils disparurent, ses membres postérieurs s'allongèrent, ceux antérieurs raccourcirent, sa truffe disparut, ses yeux perdirent de leur acuité….il était redevenu humain.

Le chat le regardait toujours, mais plus de la même façon. Il n'était plus transi d'effroi mais paraissait plutôt…surpris. Très surpris. « Et il y a de quoi ! » pensa Harry.

Il s'accroupi et approcha sa main du petit félin, puis, constatant qu'il ne faisait rien pour l'en empêcher, il le caressa doucement. Harry estima que, vu sa taille, il ne devait pas être âgé de plus d'un an. Il avait une magnifique fourrure couleur crème, presque blanche, particulièrement soyeuse et de beaux yeux couleur du ciel d'orage.

« Et bien, on peux dire que tu as eu de la chance toi ! » s'exclama le jeune homme. Le chat, tout à coup paniqué, comme s'il avait reprit ses esprits, recula encore un peu plus contre l'arbre, semblant chercher du regard une issue quelconque.

« Je ne vais pas te faire de mal tu sais » dit t'il en voyant le poil de l'animal s'hérisser. Il approcha encore sa main mais cette fois la pauvre bête ne se laissa pas faire, feulant et griffant la main qu'Harry lui tendait. Il n'avait jamais eu d'affection particulière pour les chats, mais celui-ci était tout bonnement adorable.

D'un geste à la fois rapide et habile, Harry saisit l'animal par la peau du cou et le souleva au niveau de son visage. La petite bête, ainsi immobilisée, pendouillait lamentablement et fixait Harry avec un regard incertain.

« Tu vois, ça ne sert à rien de me griffer ! Je ne vais pas te faire de mal je t'ai dit…. » Délicatement, il cala la petite créature contre lui et le serra entre ses bras tout en lui caressant le dos. L'animal, qui s'était tout d'abord figé en sentant ces bras l'entourer, se détendit progressivement sous les caresses et, malgré lui, oh oui ! bien malgré lui, se mit à ronronner bruyamment.

« Tu sais, je vais t'appeler Blacky…je trouve ça amusant ! » Tout en disant cela, Harry s'était levé et traversait la forêt d'un pas rapide. Il était déjà tard et il devait rentrer.

Heureusement qu'il n'était pas bien loin de l'école, car retraverser la forêt interdite sous cette apparence, ça n'était pas franchement rassurant. Bon, il avait déjà vu pire, bien pire…et puis ça n'était pas la première fois, mais quand même ! En loup, c'était bien plus pratique !

Il n'avait pas pu se résigner à abandonner le chaton dans la forêt. Qu'allait-il faire en plus ? Il était apparemment seul et, vu sa taille, ne survivrait pas longtemps dans ces bois.

Il parcourut le parc du château à la hâte, le chaton toujours blottit dans lui et toujours en train de ronronner comme un moteur. A l'horizon, le ciel, qui était encore obscure quelques dizaines de minutes plus tôt, commençait à s'éclaircir.Au fur et à mesure, les étoiles disparaissaient, faisant place à l'aube, tandis qu'Harry regagnait son dortoir, son nouveau compagnon dans les bras….

A suivre…