L'heure passa très lentement, et je sentais sans arrêt les yeux de Masen dans ma direction, ce qui ne m'aidait pas à m'apaiser. J'avais du mal à me concentrer en cours aujourd'hui, plus que d'habitude. Je n'arrêtai pas de me frotter les yeux, car j'étais épuisée. De plus, je ne faisais que tousser, ce qui ne présageait rien de bon. La sonnerie retentit enfin, ce qui fut une véritable bénédiction pour moi. Je me hâtai de ranger mes affaires, mais une fois de plus, rien que pour m'agacer, Edward Masen m'attendait, adossé nonchalamment contre la porte de la salle de classe. Je passai devant lui sans lui adresser un regard, ce qui sembla l'ennuyer. Oh pauvre garçon, pensai-je en ricanant. Non, en réalité, j'étais bien loin d'éprouver de la pitié pour lui. Il était pourtant difficile d'éviter un chien-chien qui vous suit partout où vous allez.

- Isabella ? Me héla-t-il.

- Masen, si tu continues à me suivre, je vais finir par me demander si tu n'es pas amoureux de moi, me moquai-je.

- Ne sois pas stupide, je te déteste, sourit-il. Tu as l'air malade, est-ce que ca va ?

- Comme si ca t'intéressait. Tu veux des ragots ? Et bien en voilà un...

Je m'approchai de lui et lui fis signe de l'index pour qu'il se rapproche lui aussi.

- Jamais je ne serais aimable avec toi, chuchotai-je.

Il sourit, puis soupira, comme s'il jouait un grand rôle dans une pièce de théâtre. Il me fit un clin d'oeil puis partit dans la direction opposée à la mienne, pour mon plus grand bonheur. Le reste de la matinée passa rapidement, et je ne revis plus l'ombre de ce garçon que je détestai tant. Malheureusement, je savais que j'allai devoir me le coltiner à la pause, puisque Rose et Alice restaient agglutinées à Jasper et Emmett, et que ces derniers étaient des amis proches de monsieur l'abruti de service. Enfin, une demie-heure n'allait probablement pas me tuer. Du moins, j'espérais. Comme je l'avais craint, il avait à nouveau prit ma place, et je soupirai. Je me mis devant lui, posai mon plateau, et mis mes mains sur mes hanches.

- Bouge tes fesses Masen, c'est ma place ! Grognai-je.

- Assieds-toi sur lui ! Pouffa Alice.

- Tu en as encore des comme ça ou faut-il te baffer tout de suite ? Répondis-je d'une voix glaciale.

- Roh, arrête un peu Bell's, il ne mord pas.

- On sait jamais avec ces bêtes là, dis-je en haussant les épaules.

- Okay, okay, trêve de plaisanterie, je te laisse ta place, à une condition.

- Laquelle ? Demandai-je curieuse.

- Tu sors avec moi durant une semaine.

- Rêve toujours mon pote ! Lançai-je en changeant de table.

Mes amis le regardèrent en levant les yeux au ciel. Alors comme ça, il souhaitait la guerre ? Pourquoi ne voulait-il pas abandonner et me laisser tranquille ? Non, au lieu de cela, il préférait me voler mes amis et me faire passer pour une idiote. Car il était inconcevable que je sorte avec lui. Je savais bien ce qu'il voulait. Sa réputation le précédait. Il mettait toutes les filles du lycée dans son lit, et il était hors de question que je sois l'une de ces filles. Je mangeai donc seule, car mes traîtresses d'amies ne m'avaient pas suivie, préférant leur petits-amis. En grondant, j'allai jusqu'à ma camionnette. Charlie n'allait certainement pas râler pour avoir séché ma dernière heure, lui qui ne désirait que ma présence constante à la maison.

Ma journée avait été catastrophique, et mes amies m'avaient abandonnées. Rien de tel que de rentrer chez soi pour ne plus penser à pareilles horreurs. Lorsque j'arrivai chez moi, Sue était en train de nettoyer la cuisine, et Charlie n'était pas encore rentré. Il devait sûrement être au travail, étant le chef de la police de la bourgade qu'était Forks, il n'avait pas beaucoup de travail, mais il était tenu de se rendre là-bas juste au cas où. Au cas où quoi me direz-vous, car ici il ne se passe jamais rien. Mais sait-on jamais, on a toujours besoin de protecteurs lorsque l'on est quelque part, où que ce soit. Je montai directement à l'étage, afin de prendre une bonne douche. Je comptai sortir ce soir, bien que j'étais en colère contre mes amies, j'avais envie d'une petite soirée entre filles.

- Sue ? Crois-tu que Charlie accepterait de me laisser sortir ce soir ? J'aimerais aller au cinéma avec Alice et Rose, mais je ne sais pas s'il sera d'accord...

- Il rentrera tard. Je le préviendrai, vas-y, ne t'en fais pas. As-tu besoin d'argent de poche ? Me demanda-t-elle généreusement.

- Non, ca ira. Il me reste l'argent de mon anniversaire.

- Au fait, c'est bientôt noël, il faudra que l'on parle de ce que tu souhaites avoir...

- Une transplantation... répondis-je timidement.

Elle s'assit à la table de la cuisine, et m'invita à en faire de même. Je soupirai. Il était temps que nous en parlions, et autant profiter de l'absence de Charlie pour le faire. Je savais qu'il était assez réservé sur ce sujet, car pour lui, j'étais éternelle. Malheureusement, mes jours étaient comptés, et je ne voulais pas en faire un sujet tabou. Voilà pourquoi j'adorai Sue. C'était une femme merveilleuse, qui m'aidait beaucoup, surtout au niveau de ma santé. D'ailleurs, ses enfants, Leah et Seth, étaient aussi des gens très bien, mais je ne voyais presque jamais Leah, et je ne voyais Seth que les week-end, ce qui me paraissait dommage, car je l'adorai. Mais Leah était majeure, et Seth était en internat, contrairement à moi. J'aurais aimé qu'il soit là tout le temps, même s'il était un peu plus jeune.

- Tu sais Bell's, il ne faut pas désespérer, me dit-elle tendrement.

- Je sais, mais plus le temps passe, et moins j'y crois. Je veux dire, combien y a-t-il de chances que je réussisse à être transplantée dans les prochaines semaines ? Je suis de groupe sanguin A. Autant dire qu'elles sont très faibles.

- Mais elles existent, rétorqua-t-elle. Tu es jeune, tu devrais avoir la vie devant toi.

- Mais je ne l'ai pas, la contredis-je.

- Peut-être que si. Vois le bon côté des choses, il faut y croire.

- Espérons que cela arrive bientôt. Car nous savons toutes les deux que mes jours sont comptés.

- Tu es très fatiguée ces derniers temps. Ton père a peut-être raison, tu devrais rester à la maison.

- Non, je veux aller au lycée.

- Très bien, c'est ton choix après tout, sourit-elle tristement.

- Je vais aller chez Alice, et ensuite nous passerons chercher Rose. A tout à l'heure.

- Sois prudente.

Je pris mon petit sac à main en perles et filai dehors, sous la pluie battante. J'arrivai chez Alice au bout d'un quart d'heure, mais quand je frappai à sa porte, Carlisle m'annonça avec désolation que sa fille était chez Jasper. J'étais ravie pour elle, mais j'espérais de tout coeur que Rosalie était chez elle. Mais comme si ce n'était pas mon jour, celle-ci n'était pas là non plus. Elle était avec Emmett. Dommage, pensai-je. Mais je n'allai pas rentrer chez moi, non. J'avais décidé d'aller au cinéma, et bien j'allai y aller tout de même. Seule, voilà tout. Je pris donc un billet pour aller voir un film d'horreur, car les autres ne me plaisaient pas du tout. Je n'étais pas le genre de fille à voir des films à l'eau de rose. Au contraire, j'aimais beaucoup le sang.

C'est pourquoi Saw 6 me parut tout à fait approprié. J'allai donc dans la salle et en attendant que les bandes annonces aient terminé, j'allai m'acheter du pop corn. Ce que je n'aurai absolument pas dû faire, puisque celui qui les vendait n'était autre que Masen. Décidément, il désirait vraiment me pourrir l'existence. Un sourire machiavélique se dessina sur ses lèvres, et je fis immédiatement demi-tour, car j'avais totalement perdu le peu d'appétit que j'avais. Il pouffa quand je tournai les talons, et je me hâtai de rejoindre ma salle, puisque le film venait de débuter. Comme je l'avais imaginé, le film était bien sanglant, et je l'adorai. Quand il finit, je restai quelques minutes dans la salle, en pensant que moi aussi, j'aurais aimé avoir une chance de me sauver la vie.

C'est avec nostalgie que je repris le chemin de la maison, et que je m'endormis. Je m'éveillai au petit matin, pas très en forme. Je décidai alors de ne pas aller en cours, ce qui allait sûrement faire plaisir à mon père. Je n'avais pas besoin de prétexter une maladie, c'était aussi cela, l'avantage d'être constamment malade. Je descendis les escaliers, le visage cireux et les joues creuses. Cela devait faire au moins une semaine que je n'avais pas mangé correctement. Si Carlisle avait su cela, j'étais certaine de me faire réprimander. Mais heureusement, à la maison, on pensait que je mangeai au lycée, et vice-versa. Ce n'était pas si mal après tout de faire la navette entre les deux. J'étais consciente que cela n'allait pas améliorer ma santé, mais je manquai cruellement d'appétit.

Je passai la matinée à aider Sue à faire le ménage, car dans son état, il ne fallait pas qu'elle se fatigue trop. J'entrepris donc de commencer par l'étage, puisque c'était l'endroit le plus sale – et il ne l'était pas vraiment puisque chaque jour, Sue s'entêtait à faire le ménage, comme si elle ne l'avait pas fait depuis des mois – et finis en fin de soirée. C'est alors que le téléphone familial sonna, et puisque Sue semblait occupée, je descendis les escaliers bruyamment. J'attrapai le téléphone au passage, et rattrapai de justesse le vase juste à côté de celui-ci, que j'avais failli faire tomber. Heureusement, j'avais gardé mes excellents réflexes. Dommage que mon père n'ait pas vu cela, il aurait sûrement éclaté de rire, comme à chaque fois. Je soupirai.

- Maison Swan, marmonnai-je vaguement.

- Bella ? Désolé pour hier ! S'excusa Alice.

- Pas de soucis. Ca ne m'a pas empêché de sortir, répliquai-je en baillant.

- Tu es malade ? Me demanda-t-elle soudain.

- Ouais... Mais je serais au lycée demain, ne t'en fais pas. Ton frère va bien ? Demandai-je, repensant à Rosalie.

- Emmett se porte comme un charme, oui ! Il n'arrête pas de déblatérer sur Rose, alors quand j'entends et l'un et l'autre, j'ai les oreilles qui bourdonnent ! Ria-t-elle. Et Seth ?

- Il devrait arriver d'une minute à l'autre. Il a de la chance d'être déjà en vacances, soupirai-je.

- Ne t'en fais pas, les vacances sont dans quatre jours, rétorqua-t-elle.

- Oui. Bon tu avais quelque chose de particulier à me demander ?

- Non, pas vraiment...

- Alors je te laisse, je crois que c'est mon frère qui arrive ! Lançai-je.

- A plus !

En effet, la porte s'ouvrit et c'est Seth qui apparut à l'angle de celle-ci. Il lâcha immédiatement ses bagages et fonça vers moi, m'enlaçant de ses bras puissants. Il m'embrassa sur le front et me demanda de mes nouvelles, puis alla monter ses affaires à l'étage. J'étais ravie qu'il reste deux semaines ici, car il m'avait affreusement manqué. J'allai le rejoindre dans sa chambre, afin de l'aider à ranger ses affaires dans les armoires, bien trop immenses pour lui. Je pouffai. Moi, j'avais beaucoup de mal à trouver assez de place dans mes propres armoires, et c'était bel et bien à cause d'Alice que c'était le cas. J'allai m'installer en tailleur sur le lit de Seth, et levai les yeux vers les étoiles qui étaient visibles, particulièrement cette nuit.

- Comment vas-tu ? S'enquit mon demi-frère.

- Pas trop mal frangin. Mais j'ai eu ma dose ces derniers temps, soupirai-je. Et l'internat ?

- Pas trop mal, répéta-t-il hilare. Sue m'a appelé, elle m'a expliqué pour ton hospitalisation, répliqua-t-il tristement.

- Oh, je vois. Ne t'en fais pas.

- Je sais, Bell's. Elle m'a tout raconté, insista-t-il.

- Donc tu sais que nous allons avoir un petit frère ou une petite soeur ?

- Une petite soeur, Sue me l'a annoncé, oui, sourit-il.

Je soupirai, et versai quelques larmes

- Seth, je veux que tu promettes que même si c'est une fille, tu ne m'oublieras pas... sanglotai-je.

Il me serra dans ses bras, et les larmes lui montèrent aux yeux, lui aussi.

- Jamais, me promit-il. Je t'aime soeurette.

- Moi aussi.

Nous restâmes ainsi, dans les bras l'un de l'autre, durant plusieurs minutes, jusqu'à ce que Sue arrive. Elle nous demanda de descendre manger, ce que nous fîmes. Puis, j'allai me coucher, et m'endormis d'un sommeil sans rêve. Je me réveillai le lendemain matin, de meilleure forme que la veille. Cela me rassurait, car je n'avais pas très envie de faire faux bond à Rose et Alice, qui, à coup sûr, m'en auraient beaucoup voulu. J'allai prendre une douche, et mangeai même une pomme verte au passage avant de filer en cours. Sur le chemin, je rencontrai la voiture d'Emmett, et Alice me fit de grands signes de la main, heureuse de me revoir. Voilà qui s'annonçait une meilleure journée que le lundi.

Aujourd'hui, je n'avais que deux heures de cours, que je partageai malheureusement avec Masen. Cela ne suffit pourtant pas à me mettre de mauvaise humeur. Lorsque j'arrivai, Alice et Rose me prirent dans leurs bras puis filèrent en cours, bras dessus, bras dessous avec leurs chéris. Apparemment, Alice et Jasper étaient désormais ensemble. Je décidai que cela n'avait pas d'importance, car Jasper semblait quelqu'un de mature, à l'instar d'Emmett – du moins la plupart du temps – et à l'opposé de leur ami Masen. J'allai vers la salle de biologie, où je partageai ma paillasse avec cet individu ingrat. Je tirai ma chaise, et m'installai à côté de lui, sans broncher. Il ne m'adressa pas un mot, se contenta juste de me fixer d'un oeil amusé.

Mon regard se fit noir de colère et de lassitude. Pour qui se prenait-il à la fin ? Cela faisait à peine trois mois qu'il avait mis les pieds à Forks, et il croyait déjà être la star du lycée. Bon, il fallait que j'avoue qu'il était déjà la coqueluche de toutes les lycéennes. Et à cause de lui, j'avais raté mon entraînement en tant que pom-pom le lundi soir. Mais je n'allai certainement pas me laisser marcher sur les pieds. D'ailleurs, tout à l'heure, nous avions un entraînement. Je décidai alors d'aller m'échauffer durant les deux heures restantes en attendant mes amies, quitte à subir les railleries de mon voisin de table. Il s'entraînait durant ces deux heures, mais peu importait. La troupe des filles était plus importante que ce crétin ambulant.

- Isabella ? Souffla-t-il.

- Au cas où tu ne l'aurais pas remarqué, je feins l'indifférence. Alors respecte ce choix, veux-tu ? Soupirai-je en fixant un point imaginaire à l'opposé de son visage.

Il soupira. Quel acteur ! Pensai-je. J'essayai de rester impassible, mais ce fut trop dur. Je tournai la tête vers lui, et son sourire goguenard me fit grogner.

- Quel est le mot qui est trop dur pour toi dans « Fous-moi la paix » ? demandai-je maintenant vraiment énervée.

- Le mot paix. Je ne le connais pas. De plus, j'adore ce petit plis, là, lorsque je t'ennuie, sourit-il.

Il désigna mon front.

- T'es vraiment dingue, va te faire soigner ! Lançai-je hilare.

Il détourna alors son regard pour ne fixer que le professeur. Il ne m'ennuya plus de toute l'heure, pour ma plus grande satisfaction. La deuxième heure se passa de la même façon, il ne fit aucun commentaire. A la sonnerie, son téléphone se mit à sonner, et il décrocha immédiatement. Je ne voulais pas prêter attention à ce qu'il faisait, mais ce fut plus fort que moi. Au fur et à mesure que son interlocuteur parlait, son visage se décomposait. Il ne m'accorda pas un regard, pas même un sourire moqueur, et fila aussi vite que l'éclair vers sa Volvo. Je ne l'avais jamais vu conduire aussi vite, pourtant je le savais amateur de vitesse. Je fronçai les sourcils, interloquée. Je tournai les talons et filai au gymnase me changer. Autant profiter de mes instants de répétitions sans lui.

Alice et Rose me rejoignirent tandis que je menai la danse, et que peu à peu, les basketteurs vident le gymnase pour laisser place à mes pom-pom. Nous passâmes l'après-midi à travailler nos enchaînement, jusqu'à ce que je sois à peu près certaine que nous soyons prêtes pour le vendredi. Il n'y aurait pas de répétition le lendemain, et tout devait donc être au point ce soir. Il était déjà dix-neuf heures, et je me dirigeai vers ma camionnette, quand je vis une ombre adossée au muret où j'avais tant de fois vu Edward Masen draguer des filles. Je savais que ce n'était pas prudent, mais je m'avançai. D'abord, pourquoi fallait-il que mon coeur se serre à chaque fois que je voyais ce garçon aborder toutes ces filles.

Ce n'était pas réellement de la jalousie. D'ailleurs, Edward Masen m'exaspérait. Il avait une façon bien à lui de se moquer de moi, de tout faire pour me rendre nerveuse, ou pour me sortir de mes gonds. Pourtant, quand je m'approchai de lui, il semblait avoir perdu cette assurance que je lui avais vu durant ces trois mois où je l'avais connu et où il m'avait tant agacé. Là, il ressemblait plus à un petit garçon, qui venait d'apprendre une dure nouvelle. Je montai sur le muret, qui heureusement n'était pas très haut, et le fixai, attendant que Masen me balance une vieille vanne, comme il avait l'habitude de le faire. Malgré cela, aucun son ne sortit de sa bouche. Je cru percevoir des sanglots étouffé, ce qui m'étonna.

- Tout va bien Masen ? Demandai-je méfiante.

- Depuis quand te tiens-tu au courant de ma vie ? Déclara-t-il amer.

- Depuis que je te vois pleurer, répondis-je.

- Dégage Swan ! S'énerva-t-il.

- Très bien, si monsieur veut jouer ses durs, qu'il aille au diable ! Rétorquai-je piquée au vif.

Je montai dans ma camionnette sans regarder derrière moi. Décidément, heureux ou non, il resterait toujours le même idiot amer. J'arrivai chez moi un vingt minutes plus tard, et montai me coucher sans demander mon reste. Je n'avais pas faim, et je n'avais envie de parler à personne. Je savais que c'était idiot pour Seth, car je le voyais très peu, mais j'étais las, et je n'avais pas envie d'être désagréable avec lui simplement parce que je détestai les manières d'un pauvre type. Il fallait que je me le sorte de la tête. Et vite. Comme je l'avais dit à Alice quelques jours auparavant, j'étais bien décidée à trouver un compagnon pour le bal de fin d'année. Si je survivais jusque là. Je m'endormis en pensant à ce bal, à toutes les choses qui allaient me manquer.

- Bell's, tu vas être en retard au lycée, chuchota Seth en me déposant un baiser sur le front.

- Dommage, mais j'ai bien envie de rester cinq minutes de plus dans mon lit, soupirai-je.

- Tu as l'air fatiguée, est-ce que ca va ? S'inquiéta-t-il.

- Oui. Je me suis encore embrouillée avec un garçon.

- Toujours le même ? Pouffa-t-il.

- Et oui...

Je soupirai, d'un air théâtre, avant de me rendre compte avec horreur que c'était exactement ce qu'il avait l'habitude de faire. Je mis ma main sur ma bouche, qui formait un « O » parfaitement ovale. J'allai prendre une douche rapide pour me laver des horreurs et des mauvaises habitudes que je prenais. Mes modèles devenaient vraiment horripilants. Si je commençai à prendre exemple sur des idiots tels que lui, j'allai finir par devenir une idiote. Et plutôt mourir que de me rapprocher de lui d'une quelconque manière. J'allai dans ma garde-robe choisir une tenue soft, mais assez cool, qui plairait sûrement à Alice et à Rosalie, avant de retomber sur une robe gris perle qui m'allait à ravir. Je l'avais réservée pour le lendemain, mais pourquoi ne pas l'essayer aujourd'hui ?

Après tout, ce n'était pas comme si elle était exclusivement réservée pour cette journée. Alice me trouverait sans aucun doute une tenue parfaite pour le vendredi, je la connaissais assez pour savoir qu'elle en avait une toute prête pour Rose, elle et moi pour ce jour qu'elle attendait avec tant d'impatience. Je l'enfilai donc sans remord aucun, en découvrant qu'elle épousait mes formes à la perfection. Elle était décolletée sur le devant, et légèrement dans le dos, laissant paraître ma peau pâle aux yeux de tous les hommes. C'était certain, je n'allai pas finir seule au bal de fin d'année, c'était totalement inconcevable. Je mis mon sac sur mon épaule et filai de la maison après avoir embrassé ma petite famille.

En arrivant au lycée, je vis avec effarement que j'étais en retard. En grognant, j'allai jusqu'au bureau du Conseiller d'Education des Terminales pour lui faire part de mon retard, bien que celle-ci ne m'apprécie pas tellement. Je ne comprenais d'ailleurs pas pourquoi, avant de me rappeler qu'elle fondait littéralement pour Masen. La balle au centre, un point partout. Qui allait gagner cette guerre puérile que nous menions depuis maintenant trois mois ? L'enjeu était de taille, car s'il gagnait je finissais dans son lit. Si je gagnai, par contre, il me fichait la paix à tout jamais. Autant dire que je me faisais croyante tout de suite. J'étais prête à tout pour qu'il cesse de me tirer dans les pattes. Il me répugnait. Quoiqu'il fasse. Puis, un garçon me rentra dedans. Un garçon que je détestai. Mike Newton.

- Hey Belly chérie ! S'écria-t-il.

- Salut Mike, désolée, mais je suis pressée, dis-je en essayant de passer.

C'était peine perdue, car il me barrait le passage.

- Non, je crois plutôt que tu aimerais rester avec moi.

- Pas moi, lançai-je amèrement.

Il me plaqua contre les casiers, ses lèvres immondes à quelques millimètres des miennes.

- J'ai toujours rêvé de m'envoyer en l'air avec toi dans ce bahut pourri.

- Fiche-moi la paix ! Me débattis-je tandis qu'il essayait de plonger la main dans mon décolleté.

Cependant, il était plus fort que moi.

- Si j'étais toi, je la lâcherai tout de suite, Newton ! S'exclama une voix furibonde à l'autre bout du couloir.

- Edward ? S'étonna Mike.

Autant dire que j'étais aussi étonnée que lui. Les yeux d'Edward Masen étaient pourtant noirs de colère.

- Tu es sourd ? Lâche-la ! Siffla-t-il en traversant le couloir en quelques enjambées.

- Je savais pas qu'elle était avec toi, mec !

- Oh si, je préviens assez de gens pour cela. Tous les garçons de ce bahut savent très bien que j'ai Isabella Swan en vue ces derniers temps.

Il esquissa un sourire dans ma direction, et je levai les yeux au ciel.

- Dégage ! S'emporta-t-il et Mike déguerpit sans demander son reste.

- Dois-je te dire merci ? Demandai-je en grinçant des dents.

- Tu devrais te prosterner devant moi. Mais un simple merci me suffira, puisque c'est toi, dit-il en faisant un geste de la main.

Je soupirai.

- Merci Masen. Mais je ne suis, et ne serai jamais à toi. Désolée.

- C'est ce qu'on verra, rétorqua-t-il dans un sourire diabolique.