Auteur : shadowglove (/s/5289300/1/Ealdor)
Traductrice : Aconit
Disclaimer : Ni Merlin ni l'histoire ne sont à moi, je ne suis que la traductrice.
Résumé : UA, suite de While You Slept en trois chapitres. Pré-slash. Deux mois après le départ d'Arthur, Merlin recueille un jeune druide de cinq ans et décide d'élever l'enfant. Huit mois plus tard, Arthur revient avec ses chevaliers et Morgana. Merlin réalise qui est Arthur, et Arthur a un plan.
NdT : Voilà le chapitre 2. J'espère qu'il vous plaira ^^ En tout cas, merci beaucoup à tous ceux qui postent des reviews/mettent en favoris/suivent cette traduction !
Chapitre 2
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La nuit tombait et les nobles étaient toujours à Ealdor.
Non seulement restaient-ils au village, mais Merlin fut abasourdi de comprendre que le prince Arthur, Dame Morgana et sa servante Gwen allaient passer la nuit chez lui. Sa mère avait invité dans sa maison ceux qui massacraient les siens, sans qu'il sût pourquoi. Il allait devoir avoir une vive conversation avec elle après le départ des nobles, le lendemain.
Car ils devaient partir le lendemain.
N'est-ce pas ?
« Tu fais du raccommodage. »
En entendant cette voix, Merlin releva les yeux et s'arrêta au milieu de son travail, un sourcil haussé. « Bien observé. »
Morgana ricana peut-être d'amusement, assise plus loin avec Hunith et Gwen, mais ça aurait pu n'être que l'imagination de Merlin.
« Aucun habitant de ce village n'est-il respectueux ? » soupira Arthur, exaspéré, en s'asseyant près de Merlin. « Comment le Roi Cendred permet-il cela ? »
« Eh bien, le roi ne prête pas attention à nous, » dit Merlin avec un haussement d'épaules avant de retourner à des affaires plus pressantes – le raccommodage de l'une des chemises de Mordred. « Nous sommes laissés à nous-mêmes. »
Arthur écoutait intensément, une expression indéchiffrable sur le visage. « Tu ne fais pas preuve de beaucoup de loyauté envers ton roi. »
Merlin se souvint du titre d'Arthur et grimaça. Il n'était pas simplement l'homme que Merlin avait sauvé, il était surtout le prince de Camelot, un homme qui connaissait personnellement Cendred.
Il était l'ennemi.
Mordred, qui jouait avec de l'argile que Merlin lui avait donnée et utilisait des baies et des fleurs pour la teindre de multiples couleurs, releva les yeux. Le garçon aimait modeler la glaise de ses mains et pouvait y passer des heures, mais il semblait hésiter entre se concentrer sur sa création et garder un œil méfiant et attentif sur Arthur.
« La loyauté se gagne, sire. » Merlin gardait les yeux fixés sur le tissu dans ses mains, et il rajouta le dernier mot d'un ton mordant en se rappelant qui était son interlocuteur.
Si seulement Will n'était pas parti courtiser Libya, il aurait été un bon médiateur dans une situation comme celle-là. Et puis, lui et Arthur semblaient être prêts à se battre jusqu'à la mort à la moindre provocation, alors peut-être était-ce la providence qui attirait Will vers Libya et ses battements de cils.
Pour quelque raison, Arthur ne semblait pas le moins du monde insulté par la pique lancée à Cendred. En fait, il semblait assez satisfait de la froideur de Merlin. « As-tu déjà pensé à quitter Ealdor, Merlin ? »
Même si la question en elle-même choqua le jeune sorcier, ce fut la façon étrange dont Arthur avait prononcé son nom qui le fit relever des yeux écarquillés vers le prince. Il ne connaissait pas la cause de son rougissement, pas quand il aurait dû être pâle d'inquiétude et se demander d'où venait cette question.
Il ne remarqua pas que les trois femmes avaient arrêté leur bavardage joyeux et faisaient de leur mieux pour prétendre qu'elles n'écoutaient pas attentivement leur conversation, et qu'elles ne guettaient pas sa réponse.
Le regard de Mordred quitta la figurine d'argile pour se poser sur Merlin.
« Parfois, peut-être, quand j'étais plus jeune. » Merlin se força à détourner le regard d'Arthur et à le baisser sur la chemise qu'il tenait dans ses mains. « Mais je dois m'occuper de Mordred et de ma mère, et je ne peux les laisser seuls. »
Mordred, qui n'aimait apparemment pas la simple idée que Merlin puisse le quitter, lança à Arthur un regard menaçant et accusateur. Il se blottit contre la jambe de Merlin et enroula ses bras autour d'elle, d'une manière possessive, tandis qu'une lueur dans son regard avertissait Arthur de ne pas continuer dans cette voie.
Malheureusement, le prince ne prêtait pas attention au jeune garçon. À la place, son regard était intense et fixé sur Merlin. « Ne serait-il pas mieux, pour vous trois, de venir à un endroit où il y aurait un futur meilleur pour toi et pour ton fils ? »
Merlin était confus et ne comprenait pas vraiment ce qui se passait. « Comme où ? »
Arthur sourit en se renfonçant dans sa chaise. « Camelot, évidemment. »
Les yeux de Merlin s'écarquillèrent et puis il se mit à rire, sans voir l'expression légèrement confuse et blessée que fit naître sa réaction sur les traits d'Arthur. Ne serait-ce que penser à vivre à Camelot pour assurer à Mordred un futur meilleur était hilarant, et Merlin ne pouvait s'empêcher de secouer la tête alors que son rire mourait et s'apaisait en gloussements légers.
C'était la suggestion la plus ridicule au monde.
Même si Merlin décidait de se suicider et de quitter Ealdor (son Éden) avec sa famille pour habiter à Camelot (l'Enfer incarné), que pourrait-il bien faire pour gagner sa vie ?
Merlin n'avait aucun talent (la magie n'était définitivement pas une option) et ils seraient morts de faim en quelques jours.
« Non, non, non. » Merlin continuait de secouer la tête en même temps qu'il pouffait de rire. Il finit de repriser la chemise et la plia soigneusement avant de la poser dans le panier avec les autres habits terminés. Il s'empara d'un de ses pantalons qui devait être recousu.
« Pourquoi pas ? » Ce fut la froideur sombre de la voix d'Arthur qui alerta le sorcier. Il avait dû offenser le prince, d'une manière ou d'une autre.
En relevant les yeux du fil qu'il essayait de faire passer dans une aiguille, Merlin posa son regard bleu sur Arthur et remarqua les fines lignes autour de sa bouche et de ses yeux, des lignes qui n'auraient pas dû être là avant des années. Des lignes qui n'avaient même pas été là quelques secondes auparavant.
Merlin écarquilla les yeux en réalisant que sa réaction venait d'insulter le royaume du prince. Il ouvrit la bouche, la ferma, et la rouvrit. « Je… Je ne voulais pas manquer de respect à Camelot, » et il ajouta, rapidement, « sire. » Arthur ne semblait pas apaisé, alors Merlin continua. « Simplement, ma mère est le seul médecin d'Ealdor et il serait mal de priver le village de ses compétences. »
Merlin vit les yeux d'Arthur s'adoucir légèrement, et il réalisa qu'il était sur la bonne voie. « Et Camelot est trop éloigné, et je n'ai pas de commerce. Je… » Il désigna sa maison d'un geste vague de la main. « Je m'occupe des tâches ménagères et du jardin, et j'aide aussi nos voisins pendant les récoltes… Ce ne sont pas des choses qui me seraient très utiles dans un endroit aussi grand que Camelot. »
À présent, Arthur lui souriait d'un air satisfait et un peu suffisant, et il se renfonça dans son fauteuil. « Tu as prouvé que tu es très doué avec des herbes médicinales. Même le médecin de la cour était impressionné de voir l'avancement de la guérison de mes blessures, quand je suis rentré à Camelot. »
Merlin ouvrit la bouche pour bégayer quelque chose comme 'c'était un coup de chance', ou 'vous n'étiez pas si blessé', mais c'étaient des excuses que tous devineraient être fausses…
« Comment va Gaius ? » demanda Hunith en prenant les nobles de court.
« Vous connaissez le médecin de la cour ? » dit Gwen, surprise.
Hunith sourit joyeusement et acquiesça. « Quand j'étais jeune, je vivais au château de Camelot et j'étais l'apprentie de Gaius. » Son sourire se fit nostalgique. « Certain de ces jours ont été les plus heureux de ma vie. Toujours biens remplis et toujours amusants. »
Arthur resta silencieux un instant en regardant Hunith d'une manière étrangement intense. « Avez-vous… Avez-vous rencontré ma mère ? »
À cet instant, Merlin oublia qu'Arthur était le fils de la plus grande menace qui pesait sur lui, de son ennemi, et il ne vit qu'un fils qui avait perdu sa mère trop tôt.
« Oui. » Hunith sourit tendrement au prince, comme si elle voyait la même chose que Merlin. « C'était une femme magnifique, douce et aimante. Tous les serviteurs l'adoraient. Elle chantait tout le temps, surtout pendant sa grossesse. Elle se promenait, les mains sur son ventre, et chantait et fredonnait et vous parlait. Elle était si heureuse. »
Arthur semblait vouloir désespérément en entendre plus, mais il s'empêcha de poser plus de questions.
Merlin regardait Arthur, songeur, en se demandant pourquoi Arthur ne semblait pas avoir entendu un seul mot sur sa mère. Son regard pensif se posa sur Morgana et il fut surpris de la voir lui faire un sourire triste, acquiesçant à la question qui avait dû être visible sur son visage.
« Est-ce que la mère de Mordred chantait pour lui quand elle était enceinte ? » demanda Gwen avant que ses yeux ne s'écarquillent et qu'elle ne réalise ce qu'elle avait dit. « Je suis tellement désolée… personne n'a à répondre… Je ne voulais pas manquer d'égard… »
Mordred fit la moue et grimpa sur les genoux de Merlin. « Papa est ma maman. »
Merlin devint rouge brique à cause des paroles de Mordred. Grands dieux !
Les yeux d'Hunith s'écarquillèrent.
Gwen et Morgana avaient la même expression charmée qui disait clairement, ohhh.
Arthur regarda Mordred et Merlin tandis que l'enfant se blottissait contre Merlin, un air boudeur sur le visage.
Même si Mordred agissait comme un enfant gâté qui refusait de partager son jouet, Arthur ne put s'empêcher de sourire, amusé.
« Il te rappelle quelqu'un, Arthur ? » demanda Morgana d'un ton taquin.
Arthur lui envoya un regard glacé.
La conversation, ensuite, fut facile et les rires emplirent la nuit tandis qu'Hunith racontait les histoires de sa vie au château et les mésaventures qui lui étaient arrivées sous la tutelle de Gaius. Elle parlait du vieil homme avec tendresse, comme elle aurait parlé d'un oncle adoré, et Merlin se demandait pourquoi elle ne lui en avait pas plus parlé quand Merlin était plus jeune.
Sa mère avait tant de secrets pour lui, et il ne pouvait pas s'empêcher d'être un peu blessé de voir la facilité avec laquelle elle s'ouvrait et parlait de son passé avec ces étrangers.
« Vous devriez venir nous rendre visite à Camelot, Hunith. » Morgana se pencha en avant, tout sourire, en posant sa main sur celle de l'autre femme. « Je suis sûre que Gaius serait heureux de vous revoir, et je sais que j'aimerais vous connaître un peu mieux. »
Gwen hocha la tête pour montrer son accord.
Merlin sourit en voyant sa mère rayonner devant l'attention qu'on lui accordait.
« Merlin. »
En se tournant vers Arthur, Merlin pencha légèrement la tête vers la droite, curieux devant la détermination dans ces yeux bleus. « Oui ? »
« Je dois être honnête avec toi, Merlin. » Arthur s'éclaircit la gorge. « Je suis venu à Ealdor pour te trouver. »
« Me trouver… Moi ? » Merlin dût se rappeler de ne pas se sentir nerveux.
S'ils avaient su qu'il était un sorcier, ils l'auraient arrêté sur-le-champ, sans laisser le temps à Morgana et Gwen de se mettre en danger et de se rapprocher de lui.
Arthur hocha la tête et s'éclaircit la voix. Si Merlin n'avait pas su que c'était stupide, il aurait dit que le prince était nerveux. « Je veux que tu viennes travailler pour moi à Camelot, et que tu deviennes mon médecin personnel. »
Merlin laissa tomber le dernier des vêtements qu'il raccommodait, Mordred toujours sur ses genoux.
Les yeux d'Hunith s'écarquillèrent alors qu'elle regardait alternativement le prince et Merlin.
Arthur remarqua soudainement le choc tendu et surpris dans la petite maison, et il se dépêcha de continuer. « Je ne te demande pas d'abandonner ta famille. Je te demande de les amener avec toi. Je voudrais que vous veniez tous au château. »
Merlin savait que son choc absolu et dévastateur était visible sur son visage. « Je… Mais je ne… Je ne suis pas… »
« Et je sais que tu n'as pas de formation officielle pour exercer en tant que médecin, mais tu pourras apprendre de Gaius comme l'a fait ta mère, et il fera en sorte que tu puisses obéir au moindre de mes ordres. » Et, pour une raison quelconque, Arthur devint soudainement rouge tomate.
Gwen mordit sa lèvre inférieure, avec force.
Morgana, elle, montrait ouvertement son amusement par un sourire sinistre.
Merlin, sans savoir ce qu'ils trouvaient si drôle, revint à Arthur. « Je… euh… Je suis honoré et très confus, ce n'était pas du tout attendu, mais je ne pense pas que je… »
« Tu auras tes propres appartements, et on s'occupera de toi si tu le veux, » se dépêcha de continuer Arthur sans faire attention aux mots de Merlin. « Tu seras mon médecin personnel, alors tu n'auras à t'occuper que de moi. Et non seulement ta mère pourra profiter de la vie au château avec Gaius, mais en plus le jeune Mordred pourra y apprendre à compter et à lire. »
« Il… Il sait déjà le faire. » Merlin secoua la tête. « C'est vraiment une offre merveilleuse, Arthur… »
« Je sais, » sourit Arthur avec suffisance.
Merlin faillit sourire d'amusement devant la confiance hautaine dans la voix du prince. « Mais j'ai peur de devoir… »
« Est-ce que j'ai dit que tu auras ton propre bureau ? » Le sourire d'Arthur avait soudainement disparu et il semblait nerveux à nouveau, ce qui était assez intéressant. « Tu seras bien payé, et tes appartements seront dans une des tours, donc tu auras de l'intimité pour y vivre et y travailler. »
Tout était si tentant, et Merlin détestait ce regard sur le visage d'Arthur ; il n'aimait pas savoir qu'il bouleversait le prince. Il ne savait pas pourquoi l'homme prenait cette affaire tant à cœur, mais même s'il aurait voulu lui faire plaisir, Merlin devait penser à Mordred et à lui. En aucun cas il ne pouvait…
« Je suis désolée, votre Majesté, mais je ne peux pas quitter ce village, » annonça Hunith en ramenant l'attention sur elle. « Les villageois me font confiance pour prendre soin d'eux avec le peu de connaissances que je possède, et nous sommes une petite communauté qui ne fait pas confiance aux étrangers. Même si vous offriez de dépêcher un médecin pour me remplacer, ils ne seraient pas à l'aise avec lui. »
Le visage d'Arthur s'effondra.
Merlin cilla.
Est-ce qu'Arthur avait été sur le point d'offrir une telle chose ?
Morgana et Gwen échangèrent un regard inquiet.
« Mais en ce qui concerne mon fils et mon petit-fils, je ne vois pas de raison pour qu'ils n'acceptent pas votre offre. » Hunith ne regardait pas Merlin, qui la fixait avec des yeux écarquillés et horrifiés. « Pour être honnête, j'envisageais de l'envoyer à Camelot depuis un certain temps, mais je ne pouvais pas le séparer de Mordred. Votre offre, cependant, est comme une réponse à mes prières aux dieux. »
« Mère ! » haleta Merlin.
Que faisait-elle ?
« Merlin, tu es fait pour de plus grandes choses que ce que tu pourrais réaliser en vivant ici. » Hunith finit par regarder son fils, le visage déterminé. « Je… je crois vraiment que c'est ta destinée d'accepter l'offre du prince. »
Au mot destinée, Arthur se tourna vers Hunith, les yeux agrandis de surprise.
« Je ne vais pas te laisser ici, » dit Merlin d'un air contrarié en se levant, forçant Mordred à descendre pour qu'il puisse fusiller sa mère du regard. « Comment peux-tu ne serait-ce que suggérer que je fasse une telle chose ? »
« Je suis ta mère, Merlin, » murmura Hunith. « Respecte mes souhaits. »
Le visage de Merlin se décomposa sous la prière, et le sorcier essaya de contenir sa colère – mais il ne le pouvait pas. Il se tourna vers Morgana. « Ma dame, pourriez-vous garder un œil sur Mordred pendant que j'ai une discussion privée avec ma mère, s'il vous plaît ? »
« Bien sûr, Merlin. » Morgana sourit, se leva et alla voir Mordred, se penchant vers lui. « Qu'est-ce que tu sculptes ? »
Mordred plissa ses yeux avec suspicion. Son regard intense soutint celui de la femme avant qu'il ne fasse la moue et ne tende sa main, avec réticence, pour qu'elle puisse voir.
Morgana sourit en prenant la sculpture d'argile. « C'est un chien. »
Mordred ne sourit pas mais ses yeux perdirent un soupçon de leur dureté. « Un cheval. »
« Oh, » rit Morgana, « désolée. Je suis nulle en art. »
Les lèvres de Mordred tressaillirent pendant une seconde.
Merlin décida qu'il pouvait les laisser seuls et fit un signe du menton pour indiquer à sa mère de le suivre hors de la pièce. Le jeune homme sortit en trombe de la maison et alla dans le jardin, là où personne ne pourrait entendre ce qu'ils allaient dire.
« Merlin, écoute-moi », murmura Hunith alors qu'elle se plaçait à ses côtés, une main sur son bras. « Je sais que tu dois être confus, mais tu dois me faire confiance. Tu es mon fils, je t'aime plus que je ne pourrais jamais aimer quiconque. Je ne t'enverrais jamais à Camelot si je n'étais pas certaine que tu y serais en sécurité, si ce n'était pas ce que tu es censé faire. »
« Comment peux-tu penser que je suis censé nous mettre en danger, moi et Mordred ? » haleta Merlin, horrifié. « Il ne s'agit pas que de moi, mère ! Mordred est tout autant en danger que moi dans ce royaume – bien plus qu'ici ! »
« Je sais, mon fils », soupira Hunith en détournant le regard. « Mais je n'ai pas été complètement honnête avec toi sur beaucoup de sujets, et l'un d'entre eux est la raison pour laquelle je sais que tu dois y aller. »
Les yeux de Merlin se plissèrent. « Que veux-tu dire ? De quoi parles-tu ? »
« Une prophétie a été faite la nuit de ta naissance, Merlin », murmura Hunith en se tournant pour regarder son fils avec insistance. « Elle dit que tu aideras Arthur à unifier Albion et que tu feras de lui le plus grand roi de l'Histoire. »
« Quoi ? » haleta Merlin, le cœur battant. « Qui t'a dit… ? »
« Peu importe », le coupa Hunith en reculant. « Tout ce qui importe, c'est que tu es destiné à te joindre à Arthur. Votre rencontre et de le fait que tu lui as sauvé la vie ne sont que des preuves que vos destins commencent à s'entrelacer. Vous êtes faits pour être ensemble, comme les deux faces d'une même pièce. »
Merlin cilla.
Cela semblait beaucoup trop intime.
« Mère... »
« S'il te plaît, fais-moi confiance, Merlin », supplia Hunith. « Ton destin est à Camelot. Tu dois y aller. Et tu dois emmener Mordred avec toi, ou bien tu sais qu'il finira par aller dans la forêt pour essayer de te retrouver et qu'il s'y perdra pour toujours. »
Le sang de Merlin se glaça alors que l'homme réalisait que ce serait très probablement ce qui se produirait s'il laissait l'enfant derrière lui.
« Je t'aime, Merlin », chuchota Hunith d'une voix tremblante en prenant son fils dans ses bras. « Et pardonne-moi de t'avoir caché tant de secrets, mais sache que je ne veux que ton bien. »
« Je sais, mère. » chuchota Merlin en lui rendant son étreinte serrée. « Je… J'irai, comme tu me l'as demandé. » Il posa sa joue sur le sommet de son crâne. « Je ne suis pas sûr de croire aux prophéties et aux destinées, mais tu y crois, et j'irai par respect et par amour pour toi. »
« Merci », murmura Hunith avant de se mettre à pleurer.
Merlin ferma les yeux et en étreignit sa mère avant de se mettre à pleurer, lui aussi ; et la mère et le fils se dirent au revoir.
Arthur regardait Merlin dormir.
C'était vraiment dérangeant de réaliser à quel point il était pathétique quand il était question de Merlin. Et à quel point il était fasciné par quelqu'un d'endormi.
Morgane et Gwen avaient été autorisées à se reposer dans la chambre de Hunith et Hunith avait pris celle de Merlin (malgré son insistance pour qu'Arthur la prenne à sa place). Et Arthur, Merlin et Mordred occupaient des couchettes dans ce qui pouvait être considéré comme le salon. Ils dormaient tête-bêche, avec Mordred entre eux et Merlin tout contre le garçon, comme s'il l'entourait de sa protection, même dans son sommeil.
Arthur savait qu'il était ridicule d'être jaloux du garçon, mais il devait l'admettre : il était jaloux. Pourtant, l'enfant gâté l'amusait aussi, tant il rappelait à Arthur son propre caractère quand il avait son âge.
Merlin fit un bruit de gorge, comme un chaton, et continua de dormir.
Arthur sourit.
La destinée.
Hunith était la deuxième personne à employer ce terme pour parler de Merlin et de lui.
Arthur se mit sur son dos et fixa le plafond, un immense sourire aux lèvres.
Le lendemain, ils attendraient que Merlin emballe ses affaires et fasse ses adieux, et puis ils retourneraient à Camelot. Sur son territoire à lui, Arthur était sûr de pouvoir faire comprendre à Merlin la vérité sur leur relation, maintenant que l'homme était aussi proche et qu'il travaillait pour lui.
Les hommes comme les femmes tombaient toujours amoureux d'Arthur, sans qu'il ne fasse aucun effort, et le prince ne pouvait que se réjouir de la facilité avec laquelle il allait faire sien Merlin.
Il ferma les yeux et sourit.
Le lendemain ne pourrait pas arriver assez vite.
NdT : J'espère que trop de fautes ne m'ont pas échappé, si c'est le cas je m'en excuse platement. Je viens de finir de tout relire mais je sais parfaitement que je ne suis pas au meilleur de ma forme à cette heure-ci ;)
Quoi qu'il en soit, si ce chapitre vous a plu n'hésitez pas à laisser une review, et à la semaine prochaine pour le dernier chapitre !
