Disclaimers : Toujours pas à moi, y'a rien à faire, j'y arrive pas… Mais quand je gagne au loto, je me les achète ! Mais faudrait peut-être commencer par jouer pour gagner, ça aide… Mémo à moi-même : penser à jouer au loto !
Titre : Liens de sang
Auteur : Ephemeris
Résumé : Alors que la fin de la guerre avait séparé Heero et Duo, le conflit avec Mariemeia les fait se retrouver. Evidemment, ils ne peuvent se passer l'un de l'autre, mais plusieurs années après, un incident vient perturber leur bonheur.
Couples : 1x2x1, 2xH
Genre : J'ai bien peur d'avoir déjà exploité ce thème, mais j'espère que ce ne sera pas trop redondant…
Rating : T
Warnings : Yaoi ! Cette histoire commence entre la guerre et l'affaire Mariemeia. J'ai changé la façon dont les pilotes sont entrés dans ce deuxième conflit en occultant le fait qu'ils avaient décidé de détruire les Gundams en les envoyant vers le soleil.
Liens de sang
Chapitre 2
Duo regardait fixement la jeune fille agenouillée devant lui en pleurs. Il semblait ne pas avoir compris ce qu'elle venait de dire, ce que cela voulait dire. Mais, d'un autre côté, la situation était tellement étrange qu'il n'arrivait pas à réfléchir correctement et il restait dans un état de surprise duquel il ne pouvait sortir.
Suite aux paroles de la jeune fille, Heero était resté paralysé un moment également, perplexe, mais il finit par se ressaisir et s'approcha d'elle doucement, se saisissant de la serviette que Duo avait autour des épaules, ce qui ne fit pas revenir le garçon à la réalité. Heero s'agenouilla alors auprès de la jeune fille et lui mit la main sur l'épaule. A ce simple contact, elle se jeta dans ses bras, ses larmes encore plus douloureuses.
Du mieux qu'il le put, il tenta de la réconforter et la fit se relever pour l'emmener au salon. Il lui enleva sa veste trempée et la fit asseoir sur le canapé à côté de lui tout en lui séchant les cheveux. Il sentait une immense douleur en cette jeune fille et il aurait tout fait pour qu'elle arrête de pleurer.
« Calme-toi, tout va bien, » lui dit-il gentiment, sur un ton très doux avant de se retourner vers Duo. « Va me chercher un verre d'eau s'il te plaît. »
Mais le jeune homme ne répondit pas, il ne se retourna même pas vers son amant. Heero haussa alors un peu le ton.
« Duo, s'il te plaît. »
Cette fois-ci, l'interpellé tourna vivement la tête vers Heero et se dirigea vers la cuisine d'un pas peu assuré. Il revint presque tout de suite avec le verre d'eau et le tendit à Heero. Ce dernier fit relever la tête à la jeune fille et l'intima à boire le contenu du verre, ce qu'elle fit sans un mot.
En voyant Heero porter tant d'attention à cette jeune fille qui avait débarqué chez eux tel un ouragan, Duo sentit un peu de colère monter en lui. Il se planta devant le canapé, à tout juste un mètre d'eux et dit :
« Bon, maintenant que tu es un peu calmée et que tu sembles plus apte à discuter, tu vas me dire qui tu es et pour quelles raisons tu te permets de me crier dessus comme tu l'as fait alors qu'on ne se connaît même pas. »
« Duo… » tenta Heero pour calmer ce dernier.
« Attends Heero, je veux une réponse. C'est quoi cette histoire d'abandon ? J'y comprends rien du tout ! »
La jeune fille regardait fixement le sol, ne se sentant pas la force de relever les yeux et d'affronter ceux qui la fixaient.
« Calme-toi s'il te plaît, » intervint à nouveau Heero. « Elle ne va pas bien, tu ne le vois donc pas ? Si j'ai bien compris, elle a perdu sa mère. »
« Ce n'est pas une raison pour se défouler sur des inconnus ! » s'exclama Duo, hors de lui.
« Tu n'es pas un inconnu, » dit alors la jeune fille. « Je te connais sans que tu le saches. C'est toi qui ne me connais pas, mais c'est entièrement de ta faute. »
Duo soupira d'exaspération en entendant cela. Depuis qu'elle était entrée chez eux, elle n'avait cessé de l'accuser de choses qui la concernaient elle. Pourquoi un tel acharnement sur sa personne ? Elle continua.
« Ma mère m'a toujours parlé de toi. Je n'ai pas vécu un jour avec elle sans qu'elle ne prononce ton prénom au moins une fois. Duo par ci, Duo par là… Elle te trouvait si merveilleux que j'avais presque envie de t'aimer moi aussi, mais je n'ai pas pu. Tu as détruit la vie de ma mère et maintenant, elle n'est plus là. »
La colère qui avait pris place dans les yeux de Duo se trouva remplacée par une certaine perplexité. Tout ceci lui paraissait très intriguant et il se posait beaucoup de questions sur les propos que tenait cette fille.
« Tu dis que ta mère m'a connu ? »
« C'est le moins qu'on puisse dire. »
« Mais, je ne vois pas du tout… Aucune femme de mon entourage n'est morte récemment. C'est une vieille connaissance ? »
Quelque chose sembla changer dans l'atmosphère de la pièce et la jeune fille releva les yeux d'un coup, des yeux brûlant de haine.
« Tu le fais exprès ou quoi ? Tu ne comprends pas que lorsque je te parle de ma mère, je parle de la femme que tu as mise enceinte avant de l'abandonner ? Tu ne comprends pas que tu es mon père ? »
Duo resta perplexe pendant un moment, essayant de réaliser le rôle qu'il avait eu dans la conception de cette enfant, mais il ne voyait rien, il ne trouvait rien dans sa mémoire qui pouvait justifier de tels propos. Désemparé, il écarta les bras en signe d'impuissance et s'écria :
« Mais qui ? Je n'ai jamais couché avec une femme de toute ma vie, comment j'aurai pu en mettre une enceinte ? »
Mais à peine venait-il de prononcer ces mots qu'un souvenir lui revint et il porta sa main devant sa bouche pour tenter de se ressaisir tant la chose lui paraissait terrible.
« Duo, qu'est-ce qu'il y a ? » lui demanda Heero, ayant perçu son trouble.
Le jeune homme regarda son amant avec de grands yeux effrayés et lui répondit d'une voix paniquée.
« Heero, j'ai… Une fois, j'ai couché avec Hilde quand on vivait ensemble… »
A ce nom, la jeune fille, qui était appuyée sur Heero, frissonna. Ce dernier plongea les yeux dans ceux de la jeune fille et lui demanda :
« Quel est ton nom de famille ? Comment s'appelait ta mère ?
« Schbeiker. Elle s'appelait Hilde Schbeiker… »
Duo était atterré. Ce qu'il venait d'apprendre le dépassait complètement et il n'arrivait pas à s'y faire. Heero, s'adressant toujours à la jeune fille, continua.
« Et toi, comment t'appelles-tu ? »
Elle but une gorgée d'eau et répondit doucement :
« Hélène. »
Duo frissonna à son tour, reculant d'un pas.
« Oh non, c'est pas vrai ! » s'exclama-t-il en allant s'asseoir, ses jambes ne le portant plus tant la situation prenait une tournure étrange. « Elle n'avait pas le droit… »
Heero comprit la réaction de Duo et voulut lui demander de penser à autre chose pour le moment, mais la jeune fille s'emporta et se leva brusquement en le fusillant du regard.
« C'est une critique envers ma mère que tu viens de faire ? Tu n'aimes pas ce prénom peut-être ? Tu dis qu'elle n'avait pas le droit, mais tu n'es pas en mesure de dire qui est en droit de faire les choses. Si tu as des droits, tu as aussi des devoirs que tu n'as pas remplis, alors je t'interdis de critiquer ma mère ! »
« Je n'ai aucun devoir à remplir vis-à-vis de toi d'abord, je ne te connais pas et tu ne me connais pas. »
« Normal, puisque tu as quitté Maman avant ma naissance. J'ai honte que tu sois mon père. »
« Ca suffit maintenant ! » s'écria Heero qui trouvait que la conversation s'enlignait dans une très mauvaise direction. « Duo, s'il te plaît, arrête de crier comme ça. Et toi, Hélène… »
« Pitié Heero, ne prononce pas ce nom devant moi, je t'en prie. »
Ces mots avaient été dits avec tant de douleur que même Hélène en fut touchée. Elle ne connaissait rien de cet homme qui se trouvait être son père, elle ne connaissait pas non plus la signification de son prénom, mais bien qu'elle en voulait énormément à cet homme, elle ne fut plus en mesure de rajouter quoi que ce soit en le voyant dans un tel état.
« Je… C'est trop pour moi. Je ne peux pas supporter ça, » ajouta-t-il.
Sur ces mots, Duo se leva brusquement et sortit de l'appartement sans se retourner. Heero tenta de l'appeler, mais cela ne le fit pas s'arrêter. Il resta donc seul dans le salon avec Hélène qui était plus surprise encore que lui.
« Ne t'inquiète pas pour lui. S'il n'est pas revenu d'ici une heure, j'irais le chercher. »
« Je ne devrais pas m'inquiéter pour lui. Il n'a que ce qu'il mérite. »
« Tu ne devrais pas dire ce genre de choses, la méchanceté ne te mènera nulle part et ne fera que blesser les gens autour de toi. »
Hélène n'osa rien ajouter. Elle reconnaissait que certains de ces propos avaient été très durs et peut-être un peu injustes, mais elle en voulait trop à Duo pour ce qu'elle avait vécu et ce que sa mère avait dû endurer alors que son père n'était pas là. Heero se leva et reprit la place qu'il avait occupé quelques instants plus tôt, lorsqu'il attendait que Duo rentre du travail, près de la fenêtre.
« Et que comptes-tu faire maintenant ? » demanda-t-il à Hélène sans la regarder. « Comme ta mère n'est plus là, j'imagine que tu n'as plus personne pour s'occuper de toi. »
« J'ai besoin de personne. Je suis assez grande pour m'occuper de moi-même. »
Heero se retourna doucement et lui montra un visage froid, d'une froideur qui fit presque peur à Hélène.
« Quel âge as-tu ? Et n'essaie pas de mentir, je le saurai immédiatement. »
Elle tenta de soutenir le regard de Heero, mais il était trop pénétrant, trop dur, et elle dut baisser la tête pour y échapper et pour pouvoir répondre.
« 15 ans, » dit-elle avec une toute petite voix.
« C'est ce que je me disais. Tu es donc mineure. Est-ce qu'il y aurait quelqu'un qui pourrait te prendre en charge ? Un membre de ta famille… »
« Je n'avais que ma mère. Ses parents sont mort bien avant ma naissance et il n'y a personne qui reste de son côté. Mon seul parent qui est encore en vie, c'est… C'est lui. »
Heero ferma un moment les yeux, puis, lorsqu'il les rouvrit, il croisa les bras sur sa poitrine et dit, sur un ton encore plus glacial :
« C'est pour ça que tu es venue ? Tu veux que Duo te reconnaisse et s'occupe de toi ? »
Hélène, en entendant ces mots, s'emporta.
« Bien sûr que non ! Je voulais juste lui dire tout ce que j'avais sur le cœur, maintenant que Maman n'est plus là pour chanter ses louanges. »
Heero parut surpris par ces paroles, il ne s'était en aucun cas attendu à une telle réponse de la part d'Hélène. Il décelait une profonde colère en elle envers Duo et il avait bien peur que cela affecte ce dernier. Il regarda de nouveau par la fenêtre et s'aperçut que l'averse avait cessé.
« Il ne pleut plus, » dit-il à voix haute sans regarder la jeune fille.
Il scruta quelques secondes la rue calme avant de se diriger vers l'entrée et de prendre son manteau.
« Viens, » ajouta-t-il sur un ton un peu autoritaire.
Hélène se leva et le suivit, mais ne put s'empêcher de demander :
« On va où ? »
« On va le chercher. »
Elle n'osa plus rien dire. Heero était devenu si froid depuis que Duo était parti qu'elle n'osait plus se mettre en colère. Elle le suivit donc docilement, prenant au passage une veste sèche que Heero lui tendit, se demandant s'il avait une idée exacte de l'endroit où Duo se trouvait ou bien s'ils allaient seulement errer dans les rues en espérant tomber sur le jeune homme.
En voyant de quel pas marchait Heero, Hélène comprit que le jeune homme allait vers un point précis, un endroit qu'il connaissait. Bien qu'elle aurait pu s'inquiéter, elle se disait que si Duo, depuis qu'il avait quitté sa mère, vivait avec cet homme, ce dernier devait le connaître mieux que quiconque et savait l'endroit où il se trouvait à cet instant.
Elle ne s'était pas trompée car, au tournant d'une rue, ils se retrouvèrent sur une place entourée de quelques bâtiments et d'un terrain vague devant lequel était agenouillé Duo, trempé, les cheveux collés au visage et les yeux dans le vide. Heero et Hélène s'approchèrent de lui et entendirent qu'il marmonnait des morceaux de phrase entrecoupés de spasmes. Hélène s'approcha un peu plus pour entendre ce qu'il disait.
« Ils sont morts… Tous morts… Je suis maudit… Je les ai tués… Père Maxwell, Sœur Hélène… Non, Sœur Hélène, ne mourez pas, s'il vous plaît… »
La jeune fille fut stupéfaite d'entendant son prénom prononcé par Duo de cette façon. Elle ne put s'empêcher de penser que son prénom venait de cette femme qui avait dû mourir devant Duo. Ce dernier était sous le choc et n'avait pas remarqué leur présence. Heero se pencha alors vers son amant et lui mit la main sur l'épaule. Duo eut un sursaut, mais ne détourna pas le regard du terrain vague. A cette vue, il sembla revenir à la réalité.
« Hilde est morte… Hilde est morte alors que je n'avais rien compris… »
Et il éclata en sanglots. Ses émotions avaient été si fortes, si intenses, que Hélène en était essoufflées et elle tomba à genoux, ses jambes ne la portant plus. Sans qu'elle ne s'en soit rendu compte, des larmes coulèrent sur ses joues, des larmes silencieuses qui reflétaient toute la douleur de se rendre compte que son père n'était peut-être pas celui qu'elle avait cru jusque-là.
En voyant son amant en pleurs, Heero le prit dans ses bras, tentant de l'apaiser un peu, puis le fit se relever doucement. Duo se laissa faire, se calmant petit à petit sans pour autant arriver à contenir ses larmes. Une fois debout et capable de se soutenir seul, Heero s'approcha d'Hélène et fit de même avec elle.
« Allez, on rentre. Tu risques d'attraper froid si tu restes comme ça, » termina-t-il en s'adressant à Duo.
Duo et Hélène étaient assis sur le canapé, côte à côte, mais ne parlaient pas. Ils regardaient tous deux fixement la table basse vide devant eux, absents. Chacun était choqué des révélations qu'ils avaient eues et s'en remettaient difficilement.
Heero, quant à lui, avait compris bien vite que parler à Duo alors qu'il était dans cet état ne servirait à rien et il avait bien vu qu'Hélène était pareille. Il s'était donc retiré dans la cuisine pour réfléchir à la situation. Les choses n'étaient pas très claires et il sentait une grande tension entre son amant et sa fille.
La seule pensée que Duo avait une fille troublait Heero. Bien qu'il comprenait les circonstances qui avaient mené à cette situation, la chose provoquait en lui une drôle de sensation. Il ne se sentait pas trahi, mais il avait tout de même mal. Il s'était vite rendu compte, par le passé, que Hilde était folle de Duo, qu'elle aurait tout fait pour lui. D'ailleurs, elle était même passée très près de la mort pour lui rapporter les plans du Libra, pendant la guerre.
« Mais pourquoi tu n'as rien dit alors ? » murmura-t-il à haute voix, comme si la jeune femme était avec lui. « Pourquoi tu nous as tenus à l'écart ? Tu n'avais pas à endurer tout ça seule. »
Le jeune homme était perdu. Que faire ? Hélène ne semblait pas vouloir vraiment connaître son père, elle était seulement venue pour lui faire tous les reproches qu'elle avait accumulé contre lui et partir recommencer une nouvelle vie. Mais ils ne pouvaient pas la laisser s'en aller ainsi, sans aucune ressource.
Heero se leva, prit dans un placard un paquet de cacahuètes qu'il versa dans un bol et prit le chemin du salon, résolu. Lorsqu'il arriva dans la pièce, il ne fut pas étonné que Duo et Hélène n'aient pas bougé. Comme pour les tester et ainsi, avoir confirmation que ce qu'il allait faire avait un sens, il posa le bol sur la table basse devant eux.
« Servez-vous, » lança-t-il pour les faire réagir.
Et, comme il le pensait, Duo et Hélène, parfaitement synchrones, se redressèrent et étirèrent le bras pour prendre quelques cacahuètes. Mais, lorsque leurs mains se rencontrèrent, ils sursautèrent, se souvenant de la présence de l'autre, et reprirent leur position d'origine, croisant en plus les bras et détournant la tête.
« J'en étais sûr, » murmura Heero.
Une fois sa résolution devenue inébranlable, il s'assit à son tour en face des deux autres et les regarda fixement. Duo et Hélène avaient suivi ses mouvements et l'observaient du coin de l'œil, se demandant ce à quoi le jeune homme pensait.
« J'ai réfléchi à cette situation. Etant donné que Hélène est ta fille, Duo, et qu'en plus, elle est mineure, on ne peut pas la laisser partir comme ça sans qu'elle ait de quoi subvenir à ses besoins. Puisque Hilde est morte et qu'elle n'est donc plus en mesure de prendre soin d'elle, ce ne serait pas respecter sa mémoire que d'abandonner sa fille à son triste sort. »
« Bien sûr, » dit doucement Duo, comprenant tout ceci très bien.
« J'ai donc pris la décision que, comme tu es son père et qu'elle est mineure, c'est à toi de l'élever et qu'elle vivra ici avec nous à partir d'aujourd'hui. »
Deux paires d'yeux dévisagèrent Heero à en sortir de leurs orbites, puis se croisèrent avant de se détourner, un sentiment de crainte bien visible dans chacune d'elles.
A suivre…
Note de l'auteur : Un deuxième chapitre pour introduire Hélène. Pas original le prénom, je sais, mais ce n'est pas qu'un manque d'inspiration de ma part, c'est vraiment pour l'histoire, même si ça doit être la troisième fille qui s'appelle comme ça dans mes histoires, fille de Duo ou de Heero… J'espère que ce chapitre vous aura plu et qu'il vous donnera envie de lire la suite. Merci de me lire et à bientôt.
-Ephemeris-
