Chapitre 2
Le soleil déployait lentement ses rayons sur la Terre engourdie. Et réveillait de la manière la moins subtile qui soit les marmottes endormies comme des bienheureuses dont je faisais partie.
Ah, les réveils matinaux et moi, une longue histoire d'amour...
Je ne pouvais décemment pas me résoudre à quitter ce matelas doux, moelleux, bien trop confortable pour mon propre bien. Arg...
Aller, la vie appartient à ceux qui se lèvent tôt. Ou un truc dans ce genre.
Prenant mon légendaire courage de Gryffondor avec les mains et les pieds, je me levai et enfilai mon tailleur le plus smart. Aujourd'hui était (encore) un grand jour.
"Pff, dis la petite voix insolente dans ma tête. C'est ce que tu t'es dite hier, et T'as fini en sanglot chez les Potter."
Bon, la petite voix, j'ai pas envie de devenir bipolaire. Je suis trop jeune pour finir au service de psychomagie de Sainte-Mangouste. Donc tu vas me faire plaisir et te taire.
Transplanage direction Gaydon.
C'est ainsi que mon porte document à la main et les pieds vacillants sur des talons aiguilles, je passais la porte du diable.
Et je ne croyais pas si bien dire.
Devant moi. Le dos tourné. Contemplant nonchalamment la nature morte Monet accroché au mur lambrissé.
Blaise Zabini était mon nouveau boss.
Question chance, je touchais le fond.
Voyant que Dieu, le Destin, Merlin, Morgane, la forêt de Brocéliande, les Parques et les Moires étaient ligués contre moi -ce qui faisaient quand même de sacrés adversaires- je décidais d'interpeller ce cher Zabini.
"Granger, dit il de sa voix extrêmement grave avant que je ne prononce quoi que ce soit.
-Zabini, lançai je sur le même ton. Comme on se retrouve."
Il se retourna nonchalamment et me sourit. Pas sarcastiquement, non. Il avait l'air gentil.
Blaise Zabini a l'air grand. Même assis. Sa peau est brune, foncée. Ses cheveux corbeau sont coiffés en arrière. Et ses yeux marrons clairs sont chaleureux. Étrange pour un Serpentard.
"Sinon, tu fais quoi, ici?
-Eh bien, il se trouve que mon beau père m'a étonnamment laissé les rênes.
-M. Bez est ton BEAU PÈRE?
-T-t-t Granger. Pas tes affaires... Et sinon, ton modèle? Ce cher Ulrich m'a dit que tu l'avais bassiné pendant des mois. Je vois que tu n'a pas changer. Ca fait plaisir. "
C'est ainsi que je me retrouvais à parler de voiture et de mécanique avec BLAISE ZABINI. Un sang pur sensé mépriser tout ce qui avait rapport de près ou de loin avec les moldus.
Pourquoi pas.
Puis je me rappelais qu'à Poudlard, il ne suivait pas Dra...son copain blond dans ses conneries sur la pureté du sang. Je me rendis compte que je ne savais rien de mon ancien condisciple.
Et bien, voilà une occasion de me rattraper.
Une fois que j'eus terminé mes explication, il lança:
"Bon, tu peux envoyer tes plans pour le prototype. On le testera dès qu'il sera prêt."
J'avais la bouchée bée. QUOI?! IL A ACCEPTÉ!
"Tu... Tu sais que ton.. Ton beau père a mis des mois à comprendre qu'un modèle hybride serait bénéfique à la société. Et toi, t 'acceptes en un claquement de doigt?!
-Bah quoi, Grangie? Ton modèle est une excellente idée. Et ça va booster le chiffre d'affaire. Avec cette mode d'écologie.."
Je tournai les talons, satisfaite. Mon projet était accepté. Qu'aurais je pus demandé de mieux?
"Au fait Grangie.. Il hésita un peu. C'est pas bien de ne pas répondre aux lettres.
-Zabini, ce n'est pas bien de ne pas prévenir denses absences, dis-je, tremblante."
.
"Professeur McGonnagal?"
Bordel de merde! Mais que foutait McGo devant chez moi, à quatre heures de l'aprem. J'avais passé onze ans à m'éloigner comme je le pouvais du monde magique, et voilà qu'il me retombait dessus en me disant "et BIM dans les dents". Comme on dit, chasser le naturel et il reviendra à l'allure d'une femme enceinte devant un fondant du chaudron.
Sans la moindre politesse, mon ancienne prof rentra dans mon salon et me fixa, l'air grave.
Elle n'avait aucunement changé. Le même chignon strict, à la différence qu'au lieu d'être poivre et sel, il arborait un blanc immaculé. Elle portait les mêmes lunettes carrées, sévère. Sa peau ridée s'ouvrait pour laisser la place à deux grands yeux bleus un peu globuleux, et ses lèvres pincées avaient la même expression qu'il y a onze ans.
"Madame Wea... miss Granger, votre fille est en danger, dit elle sans préambule.
-PARDON?! Hurlai je presque.
-Vous m'avez comprise.
-Mais, mais... Rose n'a pas d'ennemis! Elle ne connaît personne en dehors des Potter, des Weasley et de ma famille moldue!
-Elle a reçu deux lettres de menace. En deux jours. Elle me tendit deux morceaux de parchemins.
Ce que la texture du parchemin me manquait! Doux, soyeux, léger, agréable au toucher, tellement différent du papier qu'utilisent les moldus. Qu'est ce que j'aimais déballer les paquets de parchemins neufs, et sentir leur odeur fraîche envahir mes narines...
Bon, Hermione, arrête de délirer là. C'est du parchemin. Et ta fille est menacée.
C'est vraiment pas le moment.
Fronçant les sourcils, j'examinais les morceaux. Couleur crème très légèrement verte. Encre noir profond. Plume fine. Écriture penchée, soignée. Aristocrate.
Une fille de sixième ou septième année, peut être.
"Tu vas crever. Comme ta sang de bourbe de mère aurait du crever."
Ok... Fille de sixième ou septième année. Sang pure. sûrement de Serpentard.
Mon Dieu.
" Vous avez des suspects? Lançai je, la voix tremblante.
- Étant donné que personne ne sait que vous êtes la mère de Rose, et qu'en plus, elle l'a trouvé sur sa table de chevet, ce qui veut dire que c'est une fille de Gryffondor qui, consciemment ou non, a fait le coup, non, on ne sait pas."
Je me laissai tomber sur le canapé.
Mon Dieu.
"Et... Elle.. Elle va bien? Attendez, elle ma envoyé une lettre hier, elle ne m'en a pas parlé! "
La gêne envahit les traits de la directrice de Poudlard pendant une courte seconde.
"C'est Lily Potter qui nous en a fait part. Votre fille pense qu'il ne s'agit que de menaces en l'air.
Voilà. Je SAVAIS que je n'aurais pas du laisser Rose avec Harry autant de temps.
Il a déteint sur elle.
Ma fille allait m'entendre. Non mais. Des menaces en l'air. Ben voyons. Quelqu'un sachant que je suis sa mère ne peut lui vouloir que du mal, en envoyant ces mots.
"Votre demande pour le poste de professeur de métamorphose tient toujours?"
Tant pis pour Blaise. Je travaillerais avec lui par correspondance. Je ne POUVAIS PAS laisser ma fille.
"Bien évidemment Miss Granger.
-Parfait.
-Je dois vous informer que vous serez également directrice de Gryffondor. Je ne peux assurer cette fonction si vous arrivez.
-Encore mieux. "
Mon appartement sera dans la tour des Lions. Et juste au dessus de la bibliothèque.
Minerva McGonnagal tourna les talons, et se dirigea vers la poignée de la porte. Elle se retourna une dernière fois.
"L'Ordre du Phénix protégera votre enfant, Hermione."
.
Je dormis extrêmement mal. Le lendemain, je faillis hurler de peur dans la salle de bain.
Avant de le rendre compte que c'était mon reflet.
Aïe.
Bon, courage. Liste des choses à faire aujourd'hui:
- Faire ma malle.
- Aller acheter des manuels de métamorphose sur le Chemin de Traverse.
- Demander à Zabini si je peux continuer à travailler avec lui mais par correspondance pour une durée indéterminée.
- Récupérer mes affaires dans mon bureau.
- Envoyer une beuglante à Rose.
Commençons par la malle.
Je plongeai dans les abysses de ma penderie. À la recherche de mes robes de sorcière. J'en avais cinq noirs, deux noirs avec un col argenté, et une bleu nuit. Parfait. Je les rapetissai d'un sort, et les rangeai dans l'énorme valise trônant au centre de la chambre.
Je fis subir le même traitement à mon matériel de potion, aux trois quarts de mes livres, et à quelques effets personnels comme mon peigne et ma brosse à dents.
.
C'est décidé, le blond vénitien ne me va pas du tout. De même que les yeux noirs et les cheveux lisses.
Les sorciers sont des gros pervers. Même si je me baladais avec un écriteau "28 ans, divorcée, un enfant" ils continueraient à siffler.
Bref.
Les programmes de métamorphose ne sont pas bien compliqués. Je pourrais même rajouter des extras. Pourquoi pas.
En attendant, retrouver le Chemin de Traverse et l'agitation sorcière, ça fait bizarre. Très, même.
Je suis étourdie par la foule. C'en est limite inquiétant. Je deviens asociale.
.
ROSE GRANGER!
COMMENT PEUX TU, MAIS COMMENT PEUX FAIRE COMME SINDE RIEN N'ÉTAIT. JE TE JURE QUE DES MON ARRIVÉE À POUDLARD, TU M'ENTENDRAS! ET JE NE PLAISANTE PAS. JE TE CONSEILLE TOUT DE SUITE D'ALLER APPRENDRE LE CHARME DU BOUCLIER.
TU AS INTÉRÊT À AVOIR DES ARGUMENTS EN BÉTON. QUE DIS JE, EN ACIER TREMPÉ!
Après dix minute à hurler par dessus une feuille de papier d'un rouge sanglant, je lançai le sort, satisfaite de ma tirade. Parfait. Un petit avant goût de la discussion qui nous attendait.
.
"Hermione!"
Leonna me sauta carrément dessus. Arg.
"Oui, c'est moi. Oui, mon projet a été accepté. Non, je n'ouvrirai aucune lettre.
-Rooh Hermione, t'es pas marrante.
-Bref. "
Je n'avais pas pris en compte Leonna dans mes projets. Je ne pouvais pas annoncer à mon amie, comme ça, que j'allais partir, parce qu'un psychopathe dangereux menaçait ma fille.
Quoi de plus normal, hein Hermione?
Après avoir aidé l'Élu a tuer un mage noir complètement taré, il est tout à fait normal, voyons, d'avoir la communauté Mangemorte sur le dos.
Quoi de plus banal?
.
Les miracles existent.
Non, je ne veux pas dire que le type menaçant ma fille a atterri du plafond, ligoté, avec un ticket cadeau voyage pour Azkaban autour du coup, non.
Ça aurait été trop beau.
Le téléphone de Léo a simplement sonné.
Mais elle est allée de barricader dans son bureau.
VICTOIRE!
Dans mon bureau, d'un coup de baguette je rangeai toutes mes affaires dans mon sac.
Et les enveloppes vertes aussi.
Je piquai un sprint mémorable, et arrivai, pantelante et haletante, devant la porte du patron.
.
Blaise Zabini m'accueillit en haussant un sourcil, surpris.
"J'ai des problèmes, lançai je sans préambule. Je... Je peux rester dans la société mais travailler par correspondance?
-Hein?
-S'il te plaît, implorai je presque (j'ai bien dit PRESQUE).
-Mais... pourquoi?
-T-t-t, Zabini, pas t'es affaires, l'imitai je.
-Ma mère sort avec Ulrich. C'est son dix huitième fiancé. Elle s'arrange pour lui piquer son fric.
-ET TU CAUTIONNES ÇA?
-J'ai jamais dit ça. Mais bon. C'est pas mes affaires. À ton tours."
Je pesais le pour et le contre. Zabini était -jusqu'à preuve du contraire- gentil. Et il pourrait peut être m'aider.
"Tu connais quelqu'un qui veut ma peau?"
C'est sortit tout seul. Trop tard.
"Euh, à peu près tous les sang purs. Une poignée de loup garous, deux ou trois vampires, et peut être même quelques géants, énuméra-t-il.
-Waw. Je suis célèbre, harangai je.
-Faut croire que oui. Pourquoi?"
Cette fois, je n'hésitai pas.
"Quelqu'un menace ma fille.
-T'as des ENFANTS?!
-Faut croire que oui, l'imitai je à nouveau.
-Granger, tu devrais sérieusement lire les lettres que t'as jamais ouvert, là.
-Mais COMMENT tu sais.
-Tu verra.
.
"Des menaces de mort? "
Harry n'était pas là, et je discutais avec Ginny de mes dernières aventures.
"D'après Zabini, les Mangemorts a vouloir ma peau se mesurent en tonnes.
-En route vers de nouveaux horizons, hein? "
Voilà ce que j'appréciais chez Gin. Elle ne s'apitoyait pas sur mon sort. Elle en parlait comme si j'allais participer à un quelconque événement sportif. Et ça faisait du bien.
Comme lorsque son frère est partie. Tout le monde me regardait comme si j'étais condamnée à me livrer de moi même aux Mangemorts, et Ginny relativisait les choses. Du coup, même si je cambriolais Gringotts -ah non, ça c'est déjà fait mais bon- elle réussirait à rendre la chose aussi infime et dérisoire que des créatures illégales dans la maison d'Hagrid. Cette fille a des pouvoirs magiques.
Elle me sourit, avant de lancer.
"Tu surveillera mes enfants aussi? Et Gideon Sparks -le petit ami de Lily. Histoire qu'Harry ne le démolisse pas à mains nues. Tu sais, il est adorable. Il est en deuxième année à Serdaigle. Il m'appelle Madame, me dit que ma fille est un petit ange tombé du ciel -mytho!- et que les cookies que j'ai envoyé à Lily sont à tomber par terre.
-Pas de problèmes! Dis je avec un sourire.
-Tu veux manger quoi? Lança-t-elle sans transition.
-Je ne vais pas abuser de ton hospitalité plus longtemps, tentai je de placer.
-Avec un fou dangereux qui te cherche? Pas question, ajouta-t-elle comme si elle me disait qu'il y aura probablement de la pluie demain.
-Bon, d'accord, je reste.
-Au fait, tu vas à Poudlard comment?
-Cheminette ou Portoloin.
-Beurk! Grimaça-t-elle.
-Comme tu dis...
-Je hais les transports magiques!"
Je laissai mes pensées vagabonder, serpentant dans les entrelacs or du papier peint.
"Tu sais que si tu avais entendu raison le premier septembre 1999, rien de tout cela ne se passerait? Dit elle à nouveau comme si elle parlait de météo.
-Je n'aurais jamais eu Rose, rétorquai je butée. Et puis, qu'est ce que t'en sais?
-Tu étais enceinte avant, continua-t-elle.
-Gin, s'il te plaît, murmurai je. On en a déjà parlé.
-Oui mais non.
-Cette phrase ne veut rien dire!
-Laisse moi en placer une! Bien, poursuivit elle après que j'aie poussé un profond soupir. Tu sais ce que j'en pense... -Et c'est justement pour ça que je veux pas en par...
-LAISSE MOI EN PLACER UNE, J'AI DIT! Bref. Tu es une quadruple buse. Avec supplément super-petit-ami-trop-canon-qui-t'attend.
-Ok...je crois que le syndrome des surnoms à rallonge devient grave. Et ce N'EST PAS mon petit ami!
-Qui T'ATTEND, J'AI DIT!"
Ginny était l'une des rares à savoir ce qui c'était passé ce jour-là.
Non, en fait, c'était la seule. De mon côté. Et, aussi étonnant que cela puisse paraître, elle s'est toujours opposée à la relation avec Ronald. Ça peut paraître puéril. Comme si elle se vengeait parce qu'il ne la pas laissée sortir avec Harry, au début. Mais non, c'était une décision très réfléchie. Elle a été la seule à comprendre qu'aucun avenir n'était envisageable pour son frère et moi. Elle avait compris des le début que lui et moi étions trop différent. Et surtout, que son frère, comme elle me l'a dit plus tard, n'était pas assez sensible pour que l'on puisse former un couple.
Je me demande si elle a des liens de parenté avec Trealawney.
Harry n'est pas rentré dîner. Nous avons donc mangé toutes le deux, nous nourrissant exclusivement de desserts gras et hyper saturés en glucose . Mort aux régimes, vives les aliments riches!
"Attaque Gluante! Brailla la rousse en m'envoyant un énorme projectile blanchâtre parsemé d'éclat rouges.
-Protego! Hurlai-je a mon tour."
Je vis la boule de yaourt à la fraise, 0% matières grasses, arômes naturelles, s'écraser sur mon bouclier, bombardant le placard à ma gauche.
"Coco-mangue de la mort!"
Ginny se baissa, esquivant de peu la masse peu ragoutante qui arrivait droit sur elle.
"ÉCLAIR MENTHE PISTACHE!"
Là, je reçu un gros machin complètement dégueulasse en pleine figure, m'aveuglant partiellement.
"Un soldat à terre! Temps mort", réussi je a articuler à travers la masse épaisse et collante, entre deux éclats de rire.
Je levais un bras verticalement, et y apposai, perpendiculairement, ma paume. D'un sort, je me débarbouillai, puis rangeai la cuisine avec Ginny.
Cuisine que nous avions transformé en champs de bataille, après que j'eus l'idée brillante de reconstituer la bataille de Poudlard, grandeur nature, avec du yaourt ensorcelé en guise d'armes. C'était grisant. Génial.
Ginny, essoufflée, me proposa un film.
C'est ainsi que nous nous retrouvâmes devant la télé. Harry ayant eu une éducation moldue, ils avaient chacun un téléphone, une voiture familiale - légèrement trafiquée, légèrement hein, mais chut- Ginny regardait Desparate Housewifes en préparant le dîner et elle est Harry regardaient les Experts ensemble le soir. Que de clichés. Ginny avait un lot incroyable de mp3 et utilisait les ordinateurs comme une pro. Arthur semblait lui avoir transmit son amour des inventions moldues. La mauvaise prononciation et la fascination pathologique en moins.
Vêtue de mon épais pyjama bleu pastel -j'avais pris le chemin de la résidence Potter avec ma malle- je tombai quasi instantanément dans un sommeil profond, un sommeil plein de trains rouges et de cheveux blonds.
