ROHAN, huit ans après

La forteresse d'Helm.

Encore et toujours, gravant sur son destin. Gravant sur le destin de leur famille, fardeau dévastateur, drame à la noirceur désespérante.

Maudite.

Maudite comme elle l'était, elle.

Maudite par Mandos. Maudite par elle-même.

Qui pouvait le savoir.

Le ciel était couleur de plomb, ce soir-là. Pas un rayon de soleil ne venait percer le manteau étouffant des sombres nuages. La pluie était dans l'air.

Les murs étaient hauts.

La pluie était dans l'air.

La forteresse d'Helm.

Grise comme les ténèbres célestes, grise comme le cœur de la Noldor, grise comme l'amertume.

Comme le désespoir, l'impuissance, la folie, la haine, la malédiction.

Tout était gris, cette nuit-là.

Les murs étaient hauts.

Tout était gris quand Elenwë entreprit de s'engouffrer dans l'enfer le plus noir, le plus tragiquement gris, de la forteresse d'Helm.

La respiration se faisait plus rare, le regard devenait vitreux et perdait de tout son éclat.

Un bleu délavé.

Un ciel sans étoiles.

Les murs étaient hauts.

Mais son désespoir était plus fort.

Alors, vous avez trouvé ça bizarre ? C'est normal, moi aussi à dire vrai ça m'est venu un peu comme ça, la date est totalement arbitraire par rapport à l'histoire (même si c'est une référence à la plus célèbre des didascalies cinématographiques – Un chien andalou, film autant fou que fascinant) dès le prochain chapitre on va revenir… huit ans plus tôt !

Ce chapitre-ci est déjà très proche de la fin, c'est plus un indice qu'autre chose, mais je pense que c'est juste dans la manière dont l'histoire sera racontée. J'aime beaucoup les flashbacks et flashforwards, même s'ils deviennent un peu obsédants.

Enfin j'en dis trop j'espère en tout cas que tout ça vous plaira ! P