Salut tout le monde,
Me voici de retour avec une nouvelle traduction. Nous devons cette petite merveille d'écriture à Azrael Geffen qui m'avait déjà permis de traduire « Snape en vente ». Merci Az. Vous trouverez le lien avec la fic originale dans ma bio.
Auteure : Azrael Geffen
Traductrice : Falyla
Disclaimer : Les personnages de cette fic appartiennent à JK Rowling, l'intrigue, la trame et le talent sont à Azrael Geffen, je ne revendique que la traduction.
Titre : The Darkness
Paring : HP/HG au début, puis HG/SS et HP/DM
Rating : M
Avertissement : Cette histoire est une hétfic et un slash. Le slash implique des relations homosexuelles en hommes, si vous faites déjà la grimace, cette histoire n'est pas pour vous. Homophobes, passez votre chemin.
Avertissement (bis) : « The Darkness » est une fic très, très sombre qui pourrait choquer certaines âmes sensibles. La trame de l'histoire est basée sur des meurtres rituels pratiqués sur des enfants. Si cette idée vous met mal à l'aise, même traitée par le biais de la fiction, ne lisez pas.
Voilà, pour celles et ceux qui ne sont pas partis en courant en lisant le paragraphe juste en dessus et qui me font confiance quant à la qualité de cette histoire, bonne lecture.
Demoniac Cat's : Oui, ça commence fort et la suite est plus terrible encore. Bisous.
Flory Wess : Effectivement, c'est très captivant. Azrael a énormément de talent. Bises.
Angel's Heaven : Oui, c'est une histoire géniale, je t'encourage à la lire en vo. Bisous.
Yuki-chan : Cette fic n'est pas de moi mais je suis très contente de traduire une histoire aussi bien écrite. Bises.
Minerve : Fascinant, c'est vraiment le mot. Voici la suite. Bisous.
Dod : Oui et tu verras que la suite est aussi captivante. Bises.
Egwene Al'Vere : Ma foi, que de question ! Alors, non, seul le prologue est du point de vue de l'agent Thomas, les chapitres suivants sont le POV de Harry et Hermione. Il n'y a que 3 chapitres en vo pour l'instant mais ils sont assez longs et généralement augmentent avec le temps, donc il vaut mieux ne pas prendre trop de retard avec les fics d'Azrael Geffen parce que après, on n'a plus le courage de les traduire. Et enfin, l'attitude de chacun va s'expliquer au fur et à mesure mais le caractère des personnages est très fouillé et complexe, alors patience… Sinon, pour le mail sur MSN, je veux bien mais FFnet met à disposition de ses lecteurs des Author Alert, c'est exprès pour ça et c'est automatique. Bisous.
Vif d'Or : C'est vrai que j'ai pas mal d'occupations mais je suis relativement à jour et comment passer à côté d'une telle fic ? Je ne pouvais vraiment pas, même en sachant qu'Azrael va nous pondre un truc monumental. Que veux-tu ? Je suis incapable de résister à quelqu'un qui a un tel talent ! J'espère juste être à la hauteur dans ma traduction. Bises.
Aella : Merci. Voici la suite. Bisous.
Cyzia : Oui, c'est réellement passionnant. La suite est juste en dessous. Bises.
Smirnoff : Cette fic est vraiment géniale. Et je te promets que je n'essaie pas de faire des phrases tarabiscotées mais Azrael adore faire des phrases à rallonge. Je fais ce que je peux pour les rendre compréhensibles et fluides tout en respectant le style de l'auteur. Bisous.
Lem Black : Merci, ma douce ! La suite est juste plus bas. Bises.
Tolede : Effectivement, cette fic est noire et pas franchement joyeuse mais c'est écrit avec un tel talent. Petite précision, j'ai pas dit que le slash était soft, c'est pas le genre de l'auteur d'écrire des choses soft, j'ai juste dit que, pour l'instant, y avait rien à craindre de ce côté-là. Bisous.
Cassandre8 : Quelques réponses aux questions que tu te poses dans ce chapitre. Je pense que tous les lecteurs qui sont des parents vont se sentir concernés par les chapitres à venir. J'ai moi-même 3 enfants. Bises.
The Darkness
Chapitre 1 – 1ère partie.
Hermione Granger regarda fixement ses genoux et réalisa, consternée, que le motif floral imprimé sur la robe qu'elle avait revêtue s'accordait parfaitement avec le canapé récemment capitonné de sa grand-mère. C'était une robe hideuse et elle le savait mais ça ne l'empêchait pas d'en posséder trois comme celles-ci qu'elle utilisait pour ce genre de visites. Sa grand-mère aimait toujours la voir dans une robe – particulièrement s'il y avait des fleurs dessus.
Pas qu'elle voyait sa grand-mère si souvent. Les trois robes étaient plus que suffisantes pour couvrir ses visites annuelles sans qu'elle ait à porter la même deux fois. Et à chaque visite, on lui servait son cota annuel de diplomate. Elle plaça son bol sur ses genoux et souhaita être encore assez jeune pour le cacher en toute impunité sous le coussin. Elle n'avait jamais trouvé le courage de dire à sa mamie qu'elle détestait le diplomate, c'était le dessert favori que sa mamie aimait préparer. Alors que Hermione trouvait la combinaison de biscuit, de crème anglaise et de gelée hautement repoussante, elle finit respectueusement chaque bouchée. C'était comme payer une pénitence pour ne pas venir plus souvent.
- J'ai cuisiné ton diplomate d'une façon un peu différente cette fois, Hermione, dit la mamie en se versant une nouvelle tasse de thé. C'est une nouvelle recette de Jamie Oliver.
Hermione fixa la vieille dame sans comprendre de quoi elle parlait. Connaissait-elle Jamie Oliver ? Etait-ce le fils d'un voisin oublié ou quelqu'un qui était allé à l'école avec elle ? Elle se força à avaler le diplomate qu'elle avait dans la bouche et s'éclaircit la gorge.
- Je suis désolée, mamie. Je ne connais pas Jamie Oliver.
- Tu ne connais pas Jamie Oliver ?
La mamie sembla plus qu'étonnée.
- Mais tu m'as offert son livre pour Noël…
Vraiment
- Il passe à la télé, c'est le Chef Nu !
Il y avait un chef qui cuisinait nu à la télé ? Et sa mamie regardait ça ?
- Hermione n'a pas le temps de regarder la télévision, Maman.
Hermione gratifia sa propre mère d'un sourire reconnaissant. Elle supposa que c'était sa mère qui avait offert le livre à sa mamie. Hermione avait passé le Noël précédent avec Harry et les Weasley et honteusement, elle n'avait pas accordé une seule pensée à sa grand-mère. Ses parents lui avaient sans doute dit qu'elle travaillait, quoiqu'elle ne fût pas entièrement sûre que sa mamie sache ce qu'elle faisait pour gagner sa vie ni même où elle vivait. Ses parents avaient été incroyablement vagues, disant que Hermione faisait « quelque chose dans les forces de police ».
Il avait été décidé, quand Hermione avait quitté la maison pour la première fois pour suivre l'enseignement de Poudlard, Ecole de Magie et de Sorcellerie, de dire à sa mamie qu'elle était en pensionnat dans une école pour enfants doués. Comme Hermione avait grandi, l'idée de dire à la vieille femme que sa petite-fille était en fait une sorcière était devenue de plus en plus lointaine et maintenant qu'elle était adulte, il lui semblait que ça ne servirait plus à grand-chose, sinon à la tracasser. Mamie aurait été remarquable sur ce point et aurait soupçonné sa famille d'être folle pour suggérer une chose pareille; essayer de le prouver en lui montrant quelques tours de magie symboliques lui aurait probablement provoqué une crise cardiaque et ça, personne ne le voulait. Alors les Granger mentaient pour expliquer les absences de leur fille dans leurs vies. Selon les estimations de Hermione, ses parents s'étaient si souvent servis de cette même excuse qu'il lui semblait qu'elle vivait « au travail » et n'avait aucune vie à elle de son côté. C'était un miracle que sa mamie y croit encore.
Assez effroyablement, c'était probablement vrai.
Sans se soucier de l'excuse qu'ils lui sortaient, Mamie était totalement stupéfaite que Hermione n'ait jamais entendu parler de Jamie Oliver. En vérité, Hermione vivait depuis si longtemps dans le monde sorcier qu'elle n'avait plus vu la télévision depuis plus de dix ans et la probabilité qu'elle entre dans le Waterstone local pour acheter un livre de cuisine à sa grand-mère était littéralement nulle.
Hermione vivait maintenant dans le monde sorcier depuis plus longtemps qu'elle n'avait vécu en tant que Moldue et la vie qu'elle aurait pu avoir ne lui avait jamais manqué. Elle ne savait pas utiliser un ordinateur, ni un four à micro-ondes et son petit cottage, caché dans les sommets du Derbyshire, n'avait ni électricité ni commodités tel qu'un four ou un frigo. Sa seule concession au confort de la vie moderne actuelle était d'avoir un endroit où on avait installé la plomberie pour avoir des toilettes et une salle de bain. Le fait était qu'elle n'avait pas besoin des nombreux appareils qui faisaient d'une maison moldue un foyer et qu'elle ne leur avait jamais accordé une pensée. Elle ne portait plus que rarement ses habits moldus, les horribles robes réservées pour ses visites à sa grand-mère n'étant qu'une partie de la très petite collection prévue lors de ses incursions dans le monde moldu. Occasionnellement, elle se surprenait à envier Harry et son habileté à rester complètement dans le monde sorcier. Elle ne pouvait pas se rappeler une fois pendant ces cinq dernières années où Harry était allé voir à sa tante.
Pas que Harry veuille rendre visite à sa tante. Lorsque Hermione avait perdu contact avec sa vie moldue et peut-être oublier comment on vivait en tant que tel, Harry avait développé une totale et complète aversion pour les Moldus. Les derniers mots qu'il avait dit à sa famille n'avaient pas été agréables et les années d'abus entre leurs mains avaient laissé des marques sur lui. Hermione le savait mais elle était stupéfaite que ses préjugés contre eux se soient encore accrus dans son esprit tandis qu'il devenait un homme. C'était comme s'il blâmait tous les Moldus pour les péchés de son oncle et sa tante.
Harry n'avait sûrement pas regardé la télévision depuis des années et elle était certaine de ne rien savoir de cet homme nu cuisinant pour les téléspectateurs. Elle savait que si Harry avait été confronté avec l'énigme de Jamie Oliver, il aurait fait une petite grimace et dit : « Mais qui c'est, bordel ? ». Et pour quelque raison inconnue, cela réconforta Hermione de savoir que Harry aurait été aussi démuni qu'elle dans cette situation.
Elle essaya de maintenir son sourire sur son visage et eut l'air convenablement stupide tandis que sa mamie méditait sur comment il était possible que de nos jours et à notre époque, une fille ignore complètement l'existence d'un si fameux personnage tel que Jamie Oliver. Hermione fut tentée de lui lancer un rapide charme de mémoire pour la faire taire mais user de la magie sur sa propre grand-mère était bien sûr hors de question.
- Eh bien, maman, dit la mère de Hermione aussi diplomatiquement qu'elle le pouvait, Hermione est très occupée. Elle ne se consacre qu'à son travail.
- Mamie, fit Hermione, en tentant d'aider sa mère. C'est juste que je n'aime la télévision.
En vérité, elle pensait que c'était un radotage sans intérêt qui engourdissait le cerveau, elle n'avait pas de télévision et n'envisageait pas d'en avoir une.
- Je suis désolée, je ne sais pas qui est ce type qui cuisine nu, mais ce n'est pas vraiment ce qui compte, non ? Je veux dire, je suis trop occupée dans ma vie pour passer d'innombrables heures à la gaspiller pour regarder un crétin stupide cuisiner une nourriture que je ne mangerai jamais.
C'était ce que Harry appelait « la logique de Hermione ». Pour Hermione, l'argument était parfaitement acceptable même si sa famille la fixait comme si elle venait de suggérer qu'ils massacrent la Reine. Mamie se reprit et recommença à nouveau, comme si c'était vraiment important et Hermione laissa tomber en retombant dans son silence coutumier.
Sa mère avait raison ; elle se consacrait entièrement à son travail. Elle était en train de souhaiter y être en cet instant ; d'une façon ou d'une autre, la perspective de découvrir qui avait mutilé un enfant était plus attirante que rester assise ici pendant cinq minutes avec le thé et le diplomate. Bien qu'elle détestât l'admettre, elle comprenait bien mieux les bases fondamentales de son job qu'elle ne comprenait sa famille. Ça n'avait jamais semblé importer qu'elle ne plaise à personne dans une mesure qui les rendrait complètement heureux. Ses parents s'étaient honnêtement attendu à ce qu'elle finisse ses études à Poudlard et qu'elle revienne à ce qu'ils appelaient « une vie normale » ; mais ils savaient bien que sa vie ne serait jamais considérée comme normale par quiconque dans la famille. Ils n'avaient jamais compris qu'elle vivait dans un monde différent et qu'elle ne serait jamais capable de vivre comme eux. C'étaient des Moldus de banlieue ordinaires et ce qui s'était rapproché le plus pour eux d'une mort horrible avait été de rouler à côté d'un accident sur la M1.
Leur fille, d'un autre côté, avait survécu à une guerre dont ils ne connaissaient rien.
L'image du corps flasha dans son esprit et la photographie du drap ensanglanté tout écrit de runes. Les runes étaient si caractéristiques. Leurs runes. Des runes magiques pour un crime si épouvantable. Elle pouvait encore voir les visages suffisants des agents moldus qui s'étaient installés là et les avaient dévisagés comme s'ils faisaient partie d'un carnaval. Ils s'étaient sans doute bruyamment congratulés d'avoir collé le crime sur le dos du monde sorcier, comme si les Moldus ne pouvaient jamais commettre quelque chose d'aussi terribles eux-mêmes.
L'état du petit corps ne l'avait dérangée autant qu'elle l'aurait souhaité. Elle avait déjà vu des cadavres avant. Il aurait été difficile de survivre à la dernière représentation de Voldemort sans voir quelque chose de mort. Il y avait des corps partout, les bons et les méchants, tous unis dans leur état commun mais en ce temps-là, leur vue n'avait été guère plus qu'une masse confuse. Les corps des personnes qu'elle connaissait étaient simplement des obstacles à franchir pour n'en rejoindre qu'un, le seul corps qui lui importait vraiment. Elle avait cherché Ron durant le dernier combat ; cherché et l'avait trouvé. Elle ne savait pas qui l'avait tué, elle ne s'en souciait pas vraiment. L'amour de sa vie était mort et c'était tout ce qui comptait. Sa vie ne serait plus jamais la même désormais.
Ses parents avaient appris que son petit ami était mort et ils lui avaient fourni une épaule pour pleurer et la réconforter aussi chaleureusement qu'ils pouvaient. Puis ils lui avaient dit qu'elle était encore jeune et qu'elle devait continuer à vivre. Ils lui avaient dit qu'elle devait le surmonter. Elle avait vingt ans alors et c'était probablement la dernière fois qu'elle avait choisi d'aller chez ses parents pour quelque chose.
Elle en avait vingt-sept maintenant et elle ne l'avait toujours pas surmonté.
Elle fit cesser le vagabondage de son esprit et essaya de focaliser son attention sur le présent. Penser à Ron n'allait pas l'aider quand elle était en visite chez sa mamie.
Elle avait suivi Harry au Ministère et ils étaient tous deux devenus des Aurors. Scrimgeour était prêt à tout, même à fermer les yeux sur leurs imprudences et leur avait fourni un emploi qui avantageait l'image du Ministère. Harry voulait seulement être Auror et Hermione, toujours dévastée, était incapable de se séparer du seul ami qui comprenait ce qu'elle traversait, alors ils étaient devenus des Aurors. Elle ne s'était pas attendu à apprécier autant son travail. Elle pouvait s'y jeter et lui permettre de la consumer et personne ne la questionnait. En fait, c'était ce que le Ministère attendait de ses Aurors.
Les agaçantes runes dansaient dans sa tête et elle sentit son estomac se retourner. Le corps avait été démembré… démembré et couvert de leurs runes.
Elle espérait que les Moldus leur avaient donnés les dossiers des indices. Ils avaient promis de les envoyer, mais combien de temps la poste moldue mettrait-elle ? Est-ce que les Moldus pouvaient envoyer du courrier au Ministère de la Magie ? Etait-ce même possible ? Normalement, obtenir de tels dossiers aurait été très facile, il suffisait de doucement forcer l'esprit du Moldu en question et prendre ce dont ils avaient besoin, mais peu importe combien ils auraient adoré le faire, ils étaient à l'intérieur du Ministère et aucun d'eux n'aurait risqué d'utiliser ce charme particulier sur un Moldu en face d'un officiel du Ministère – spécialement si cet officiel était Arthur Weasley. Elle se demanda si Harry serait d'accord pour rendre une petite visite à Scotland Yard quand elle en aurait fini avec sa famille.
- Alors, Hermione, ma chérie, dit sa mamie avec un sourire, tu ne t'es pas encore trouvé un gentil jeune homme ?
Hermione rougit et clignota des paupières et lui dit que non. Elle ne pouvait voir aucun « jeune homme » à l'horizon. Elle ne voulait aucun jeune homme, son homme à elle était mort huit ans auparavant et elle ne voulait pas en trouver un autre. Elle n'avait aucun désir de tomber amoureuse.
Pas qu'il n'y ait aucun amour physique – si on pouvait appeler ça de l'amour. Des moments dans l'obscurité lorsqu'elle avait besoin de sentir quelqu'un en elle. Elle sortait et trouvait des hommes, des hommes sans nom et sans visage desquels elle extrayait une sorte de plaisir et quittait avant l'aube, mais ces dernières années, elle employait Harry pour satisfaire ses besoins. Il comprenait ce qu'elle voulait et ne posait aucune question.
Elle était probablement la raison qui avait fait échouer le mariage de Harry mais elle essaya de ne pas y penser.
- Oh, grands dieux, maman, Hermione n'a pas le temps de sortir pour chercher un jeune homme !
La mère de Hermione lui lança un regard implorant, la suppliant de dire quelque chose pour sa défense.
- Elle est bien trop occupée par sa carrière…
Carrière. Ce simple mot invoquait des images de secrétaires moldues en tailleurs ajustés et chaussures à la mode, loin des robes de sorcier qu'elle préférait comme habituel habit de travail. Les robes conféraient une élégance à l'apparence du sorcier et elle était consciente de l'ironie de son opinion. Les arrogants Sangs-purs le disaient depuis des années et Hermione partageait cet avis. Elle savait qu'elle avait l'air bien mieux en robe de sorcier que dans cette hideuse robe moldue qui lui assurait présentement de ressembler à un coussin géant.
Elle pouvait bien sûr se tenir au courant de la mode moldue et s'habiller en conséquences. Il y avait plein de sorcières qui le faisaient, Ginny Weasley était l'une d'elles. Hermione était raisonnablement attirante et elle le savait. Molly Weasley était toujours en train de lui dire qu'elle était très jolie et qu'elle devrait peut-être utiliser un peu de maquillage pour mettre ses traits en valeur. Ses cheveux bruns avaient suffisamment grandis pour dépasser la phase touffue et maintenant, c'était une longe masse de longues boucles brunes qui résistait à toute tentative de mise en pli, si bien qu'ils finissaient pas être tordus en chignon indiscipliné à l'arrière de sa tête. Elle avait une belle peau, des yeux brun clair et des traits ordinaires – quoiqu'un peu petits – que les hommes trouvaient attirants. Le seul défaut réel sur son visage était une épaisse cicatrice qui coupait sa lèvre supérieure sur le côté gauche et altérait sa forme. Cette cicatrice était le résultat d'un maléfice particulièrement désagréable lancé par un Mangemort neuf ans auparavant.
- J'ai parlé avec ma bonne amie Ida, continua Mamie sans relâche, ramenant l'attention de Hermione sur la conversation tandis qu'elle s'asseyait avec son propre thé. Tu te rappelles de Ida, n'est-ce pas, Hermione ?
Hermione se souvenait d'une femme qui possédait une salle de séjour surchauffée qui sentait toujours le chien.
- Et bien, j'en ai parlé à Ida et elle pense que tu es peut-être une de ces lesbiennes. Alors, je lui ai dit que je me fichais de qui tu étais, je t'aime simplement comme tu es.
Hermione s'étrangla presque avec son gâteau et sa crème anglaise. Elle n'était pas certaine de savoir quoi dire. La dernière fois qu'ils avaient abordé la question de « rencontrer un gentil jeune homme », sa mamie lui avait donné des brochures sur une chirurgie plastique qui arrangerait sa lèvre, maintenant Mamie pensait qu'elle était lesbienne ? Comment pouvait-elle répondre à ça ?
Elle reposa son assiette et bégaya un peu sous le choc.
- Je… Je ne suis pas une lesbienne, Mamie.
- Je viens juste de te dire que c'est bon si tu l'es, ma chérie.
- Et bien… Merci pour ça… mais je ne suis pas une lesbienne alors ça n'a pas d'importance.
- J'ai lu dans Femme-Hebdo qu'il y a des gens ne réalisaient même pas qu'ils étaient homosexuels, dit Mamie avec un sourire serviable comme si elle ne s'adressait pas seulement à Hermione mais aussi à ses parents.
Hermione remarqua que son père était assis dans un des fauteuils à motif floral, la bouche grande ouverte tandis qu'il écoutait sa belle-mère dire à sa fille qu'elle était lesbienne et qu'elle ne le savait pas encore.
- Je…
Elle ne pouvait penser à aucun mot qui l'aiderait. Devait-elle dire franchement à sa grand-mère qu'elle avait baisé avec pas mal d'hommes et qu'elle y avait vraiment pris du plaisir et donc, se convertir au lesbianisme était hors de question ? D'une manière ou d'une autre, elle pensa qu'une telle réponse pourrait bien décevoir la vieille dame, c'était comme si Mamie était satisfaite d'avoir enfin compris comment fonctionnait Hermione.
- Maintenant, je veux juste que tu soies heureuse, et si une jolie fille te rend heureuse, je serais plus qu'enchantée de l'accueillir chez moi.
- Je ne suis pas lesbienne, Mamie.
Mamie continua de sourire mais Hermione l'entendit murmurer à mi-voix que Hermione vivait dans le déni.
- Mamie, je suis désolée si le fait que je ne soies pas lesbienne te déçoit mais je ne suis sexuellement pas attirée par les femmes, dit-elle d'une voix tranchante, puis elle s'arrêta.
Le débat était tout simplement trop ridicule pour continuer. Mamie garda son sourire entendu sur le visage et Hermione se souvint pourquoi elle ne venait lui rendre visite que trois fois dans l'année. Elle souhaitait être à la maison où elle pourrait boire du thé préparé dans une énorme bouilloire noire placée au-dessus d'un feu ouvert, un thé fait de petites feuilles qui n'avaient pas été excessivement traitées et empaquetées commodément dans petits sachets. Elle ne voulait rien d'autre que se coucher en boule avec les dossiers des indices de ce crime épouvantable alors elle pourrait découvrir la signification des runes qu'elle avait vues.
Ça pouvait être une attaque de loup-garou. Il y avait eu des cas de lycanthropes qui attaquaient alors qu'ils étaient toujours sous leur forme humaine, Fenrir Greyback avait été comme ça. Il avait même montré une prédisposition à attaquer les enfants. S'il n'était pas déjà mort, il aurait été en tête de la liste des suspects de Hermione. Mais un loup-garou ne se serait pas ennuyé à envelopper le corps et ils ne se seraient pas non plus tracasser avec toutes ces runes.
Mais avant qu'elle puisse ne serait-ce que jeter un œil à toutes ces choses, elle devait terminer sa visite chez sa famille et ça signifiait qu'elle devait s'asseoir là et sourire et accepter qu'elle était une affreuse petite-fille qui prenait de l'âge et qui probablement ne produirait aucun arrière-petit-fils avant longtemps. Elle allait le faire, bien sûr et espérer que le temps passerait plus rapidement si elle opinait du chef et se taisait. Merde, elle était même capable de dire qu'elle était lesbienne.
Tout pour un peu de paix.
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Le plafond du cottage de Harry Potter était notoirement bas. Tous ceux qui l'avaient un jour visité ne manquaient jamais de le faire remarquer. Même Ginny, qui n'était pas particulièrement grande, se plaignait qu'elle devait baisser la tête sous la lumière. Elle avait vécu là pendant trois ans et pas un seul jour n'était passé sans qu'elle grommelle à propos de l'état du toit. Le jour où finalement Harry l'avait conduite hors de la maison, elle s'était réjouie en privé du fait qu'elle pourrait enfin se redresser et se tenir droite.
Harry ne pensait pas que c'était particulièrement terrible. Oui, il devait rester voûté quand il se tenait debout mais tout ce qui inquiétait Harry était de savoir s'il pouvait s'asseoir. Il avait trouvé le cottage en ruine et sans toit, avec des murs prêts à s'écrouler. Ça avait pris des mois pour lui rendre minutieusement son état d'origine et le constructeur moldu lui avait conseillé de démonter l'étage pour qu'il ait plus d'espace frontal. Harry l'avait ignoré. Il aimait le cottage comme il était.
C'était aussi notoirement encombré. Harry avait l'habitude d'acheter tout ce qui avait l'heur de lui plaire par caprice et son idée de la décoration était de remplir l'endroit jusqu'au plafond. Il était aussi un peu dégoûtant et les visiteurs se trouvaient souvent assis à côté de tasses de thé qui avaient d'étranges bestioles qui grouillaient dans leur fond… si tant est qu'ils arrivent à trouver un endroit pour s'asseoir qui ne soit pas recouvert de morceaux de parchemins ou vêtements.
Hermione vivait en bas du chemin et Harry ne pouvait s'empêcher de remarquer que les gens préféraient de loin le rencontrer là-bas. Elle avait son propre cottage considérablement modernisé et Harry pensait qu'il était beaucoup plus spacieux que ces cottages ne devaient l'être. Bien sûr, les standards moldus ne l'auraient pas trouvé particulièrement moderne mais il l'était, en comparaison de celui de Harry. Elle avait une douche ! Et même des toilettes intérieures !
Harry trouvait la maison de Hermione un peu froide et il croyait secrètement qu'elle le pensait aussi, parce qu'elle venait très souvent chez lui.
Bien sûr, Hermione lui avait souvent dit qu'il vivait dans un étroit taudis bas de plafond mais elle passait tellement de temps là-bas qu'il savait qu'elle ne le dédaignait pas tant que ça. Il pensait en cachette qu'elle n'aimait pas aller chez elle. C'était l'endroit où elle était censée vivre avec Ron et bien que Ron n'y ait jamais mis les pieds – à vrai dire, il était mort depuis longtemps quand elle l'avait acheté – elle se sentait étrangement seule là-bas. Hermione aurait probablement discuté cette idée avec une grande vigueur mais il ne fallait pas être un génie pour voir qu'elle avait rempli le cottage des photographies de Ron et qu'elle y passait rarement la nuit. Harry s'était souvent demandé si elle avait prévu de tomber à nouveau amoureuse et puis il devait admettre qu'il était probablement un obstacle à un processus particulier. Ses propres besoins égoïstes étaient suffisants pour assurer qu'il ne lui refuserait jamais son lit mais c'était aussi suffisant pour s'assurer qu'elle n'allait pas sortir chercher quelqu'un d'autre.
Pourtant elle avait commencé à sortir et elle avait développé l'habitude de baiser avec des inconnus sans raison apparente alors peut-être qu'il en était la meilleure diversion. Elle prétendait qu'elle était heureuse comme ça et pour lui, suggérer le contraire signifiait écoper d'un mauvais sort ou autre.
Harry avait beaucoup d'opinions sur ce que Hermione pensait, ressentait ou faisait ; ça l'aidait à oublier qu'il avait lui-même de nombreux problèmes de son côté.
Jadis, il avait partagé son cottage avec sa femme et leur fille et il avait pensé que le petit cottage deviendrait silencieux et isolé une fois que Ginny serait partie. Il l'avait suppliée de rester, fait des promesses qu'il savait qu'il ne tiendrait jamais et à la fin, il l'avait regardée s'éloigner avec Luella sur sa hanche. Il avait cru qu'elles lui manqueraient mais il lui sembla s'en accommoder presque à la minute où elle s'en allait et il était plutôt honteux d'admettre que le silence qui s'installait dans la maison, alors que le Magicobus s'éloignait, la rendait plus chaleureuse que jamais. Il aimait le fait qu'il pouvait s'asseoir dans son salon et boire du vin pendant qu'il examinait un cas sur lequel il travaillait et de ne pas avoir à s'inquiéter de la maintenir éveillée parce qu'il ne venait pas se coucher. Il aimait le fait qu'il n'avait pas à rentrer à la maison s'il ne le voulait pas, avec pour résultat de se retrouver encore collé à sa table de travail au Bureau des Aurors vingt-quatre heures après son arrivée.
Il ne pouvait qu'imaginer qu'il n'avait jamais été vraiment amoureux d'elle. Comment pouvait-il l'aimer si elle ne lui manquait même pas un instant ? Mais bien sûr, il y avait eu ces moments. Des moments où il se sentait vide, où son âme était douloureuse et même la présence de Hermione couchée à ses côtés ne pouvait le réconforter. Mais il se demandait dans ces moments-là si Ginny aurait été capable de l'apaiser ou si ce vide était uniquement le besoin de quelque chose d'entièrement différent. Ou de quelqu'un d'autre. S'il avait été honnête avec lui-même, il aurait admis qu'il était seul, mais de tels instants d'honnêteté étaient rares et plus fréquemment, il se permettait de se plonger dans son travail plutôt que faire face à de telles vérités.
Il avait été irrité par le cas du meurtre moldu. Ils avaient passé les six derniers mois à travailler sur de nombreux vols à la banque Gringotts. Les Gobelins étaient sans dessus dessous par une brèche dans leur sécurité et partout les sorciers avaient soudainement décidé de cacher leur or sous leurs lits. Le cas les avait déconcertés pendant des mois et juste quand ils paraissaient avoir trouvé la lumière au bout du tunnel, Scrimgeour avait décidé d'introduire ce que Hermione appelait le « facteur Potter » pour que les Moldus le voient et en soient impressionnés. Le Ministre Scrimgeour aimait beaucoup introduire le « facteur Potter ». Harry et Hermione s'étaient retrouvés à agir comme des gardes du corps pour tous les dignitaires étrangers qui avaient décidé de passer par l'Angleterre. Ça semblait les exciter d'avoir Harry Potter à leurs côtés et Scrimgeour savourait l'image que son Ministère gagnait à l'étranger uniquement en utilisant sa petite écurie personnelle. Pourtant, Harry ne comprenait pas pourquoi ils s'étaient tracassés à l'envoyer rencontrer un groupe de Moldus qui n'avaient pas la moindre idée de qui il était de toute façon. En fait, les Moldus n'avaient regardé les deux Aurors qu'avec des ricanements d'incrédulité, sans doute incapable de comprendre pourquoi le Ministère de la Magie avait envoyé deux personnes qui étaient si jeunes. Seul le vieil Agent Thomas avait semblé impressionné par lui et Harry avait supposé que cet homme était à la tête du Département et que le reste était juste là pour la galerie.
Il était certain que c'était Thomas qui avait envoyé les dossiers si promptement. Arthur avait dit à Harry avant qu'il ne parte pour la soirée que Thomas avait accès aux hiboux dès qu'il avait besoin d'eux et peu après qu'il soit arrivé à la maison, Harry avait été dérangé par un oiseau fauve à sa fenêtre.
Il ménagea un espace sur sa table basse et étala les photographies et les pages de notes légèrement enroulées à côté. Dans un monde parfait, il aurait espéré pouvoir examiner ces images et décider qu'il n'avait rien à faire avec elles, que c'était juste un autre cas de Moldus se brutalisant les uns, les autres et que c'était tout. Mais bien sûr, ce n'était pas un monde parfait et les runes commençaient à le troubler autant qu'elles avaient perturbé Hermione.
Il n'était pas particulièrement brillant à déchiffrer les runes anciennes mais il en savait assez pour les écrire sur divers talismans et rituels quand il en avait besoin. Il utilisait aussi les symboles runiques pour les nombres comme tous les sorciers le faisaient, en fait il n'avait pas écrit un nombre moldu depuis des années. Il crut reconnaître le symbole de la mort, mais il était relié à quelque chose qui ne collait pas et il réalisa qu'il était possible que le Moldu qui les avait recopiées d'après les photographies les ait mal retranscrites. Les Moldus n'avaient pas l'habitude des nuances de l'écriture des sorciers, ils ne pouvaient pas comprendre où un mot finissait et où un autre commençait ou qu'un trait qui était légèrement en retrait pouvait en changer entièrement la signification.
Décidant qu'il devrait attendre Hermione pour l'aider avec les runes, il reporta son attention sur les photographies du petit corps mutilé. Le petit garçon n'était pas très âgé, une année ou deux de plus que sa propre fille, âgée de quatre ans. Il sentit son estomac se retourner et il souhaita ne pas se sentir si concerné. Luella était en sécurité au Terrier avec sa mère et ses grands-parents, il faudrait une armée pour l'atteindre.
Les bras, les jambes, les parties génitales et la tête du garçon manquaient et les Moldus avaient été incapables de les localiser bien qu'ils aient dragué le fleuve. On supposait que celui ou ceux qui avaient tué le garçon les avaient gardés. Ils avaient aussi incisé l'enfant et ôté les organes internes avant de recoudre la blessure. D'après les annotations du médecin légiste, le cœur, les poumons, la rate, les intestins, l'estomac et la prostate avaient été enlevés, tout comme plusieurs vertèbres du dos de l'enfant.
D'après les photos prises en gros plan, il pouvait voir que les membres et la tête avaient été découpés avec un couteau de la façon dont on s'y prendrait pour disjoindre un poulet. Il pouvait voir la manière dont la peau et les muscles avaient été séparés et tirés en arrière de l'extrémité protubérante de l'os à vif qui faisait saillie, là où son partenaire aurait dû se connecter.
Il espérait que Hermione ne voudrait pas aller voir le corps. Harry pouvait supporter les photographies, probablement plus que Hermione mais il savait qu'il ne voulait pas voir le corps étendu à la morgue. Il ne voulait certainement pas s'approcher et le toucher. Hermione était bien plus du genre à palper que lui ne le serait jamais. Elle ne ferait jamais confiance aux Moldus pour tout fixer sur pellicule – elle n'aurait probablement pas eu confiance en un sorcier non plus. Il avait le mauvais pressentiment qu'elle voudrait aller voir le corps dès qu'elle pourrait.
Et bien sûr, il devait y aller aussi. Il pouvait difficilement la laisser y aller seule et une partie de lui le réalisa avec horreur. Un châtiment pour ses péchés, peut-être, et bien plus efficace que d'essayer de trouver un voleur à Gringotts.
Il regarda l'horloge sur le mur et se demanda où était Hermione. Il se faisait tard et il pensait qu'elle aurait dû être là, maintenant. Pas qu'elle lui ait dit qu'elle viendrait mais il savait qu'elle le ferait. Elle était à une de ses rares visites de famille et elle aurait besoin de quelque chose. Il se demanda si l'épreuve l'avait envoyée dans un bar sur sa route, à la recherche d'un coup à tirer. Ce n'était pas sans précédent et certainement possible bien qu'autant qu'il le sache, elle ne l'avait pas fait depuis longtemps. Il ne comprenait tout simplement pas ce que sa famille lui faisait pour l'énerver comme ça. Il l'avait vu marcher dans une rivière de sang jusqu'à la taille sans sourciller mais une heure avec sa grand-mère la mettait dans un épouvantable état de tremblements.
Elle ne s'était pas arrêtée pour une rapide partie de jambes en l'air et il le savait. Elle arriverait bien assez tôt, dépressive, en quête de sympathie et de sexe pour la nuit. Il n'avait jamais refusé ou donner à contrecœur ce qu'elle demandait parce que ce besoin particulier, il le sentait lui-même. Ce besoin d'être avec quelqu'un. Le besoin de baiser, de se sentir, de se consumer et d'être consumé. Le besoin d'être proche. Occasionnellement il se demandait simplement qui elle voyait quand elle jouissait, Ron ou lui, mais en fin de compte, ça n'importait pas vraiment. Au lit, il était juste un corps, indifférent et sans visage ; quelque chose qui lui donnait du plaisir et c'était tout. Il était bon à ça. Il nourrissait son âme.
Et elle nourrissait la sienne.
A suivre…
Voilà, merci d'avoir lu jusque-là. Vous avez aimé, détesté ? J'attends vos commentaires.
Bisous
Falyla
