Hey! voilà votre deuxième chapitre! Maintenant que j'ai mis un point final à mon ancienne fic je peut me consacrer entièrement à celle-ci et je vois à peu près ou je vais en venir! (heu...à peu près...). Et je tiens à préciser que pour moi un "chapitre plus court" c'est entre 2000 et 4000 mots... (je ne suis pas normale?) Vos reviews me font toujours aussi plaisir (surtout pour le début ou j'ai besoin d'avis!)

Enfin bref, ils vont encore en chier nos tourtereaux!


CHAPITRE 2

8 ans plus tôt,

La guerre d'Ishval battait son plein depuis près de 3 ans, et les alchimistes avaient maintenant rejoint le front. Le massacre avait pris une ampleur rarement vue pourtant, personne ne semblait décidé à mettre fin aux affronts. Il était évident qu'avec les renforts des alchimistes d'état le combat était devenu déloyal au profit des soldats d'Amestris.

Ainsi, Riza Hawkeye était contrainte d'exterminer des Ishvals, tout un peuple contre lesquels elle n'avait aucune rancoeur, aucun grief. Elle détestait ça, tuer était déjà bien un fardeau, mais tuer sans but qu'était-ce ? Immorale, inhumain. Mais elle le faisait, parce qu'on le lui demandait. Un pion parmi tant d'autres dans l'échiquier de Bradley. Une pièce à sacrifier.

En ce sombre jour de juin, elle avait pour mission d'enlever la vie à une famille ishval qui avait réussi à fuir un des villages mis à feu l'avant-veille. Elle était devenue un prédateur hors pair et elle retrouva leurs traces avec une facilité déconcertante en moins d'une heure.

Une vieille bâtisse en bois entravait le paysage inerte du désert ardent de ces terres. Elle arma son fusil, et ressentit tout de même l'anxiété lui serrer les tripes. Elle était tireuse d'élite, par conséquent elle tuait bien à l'abri de ses victimes, mais là une attaque de front s'imposait. Dans un combat rapproché, elle se ferait vite exterminer...Mais ce serait peut-être mieux, ce serait la fin de tout, sa punition, son châtiment.

Elle déglutit et d'un violent coup de pied fit éclater la porte en bois décrépit. Instinctivement elle pointa l'objectif de son arme sur la silhouette humaine qui lui était apparue. Elle ferma les yeux en feintant de ne pas voir sur qui elle tirait, elle ne voulait pas affronter la mort. Pourtant, elle savait éperdument qu'elle venait de tuer une mère et un enfant.

Quand les coups de feu cessèrent de résonner dans sa tête elle se permit d'ouvrir les yeux. Le spectacle qui s'offrait à elle lui donna un violent vertige, elle dut se retenir au mur pour ne pas s'évanouir.

C'est moi qui ai fait ça...C'est moi, moi, moi ,moi !

MOI !

L'enfant ensanglanté poussait de faibles gémissements dans les bras de sa mère résolument décédée.

Il était encore en vie, mais en vertu de ses blessures, ne survivrait pas. Il souffrait inutilement, son supplice n'en était que plus atroce.

C'est dans un noble but qu'elle lui infligea le coup fatal, pour mettre fin à ses souffrances et à sa vie.

Au même moment une vieille femme surgit dans la salle, elle constata sa famille gisante au sol et malgré la forte commotion qu'engendrait un tel choc émotif elle garda un calme irréprochable et fit face à Riza.

-Toi jeune fille, pour ne pas avoir d'autre conscience que celle que l'on te dicte, tu seras maudite, je te maudis de sorte que tu perdras la vie au moment où tu en auras le plus besoin.

Riza soutint le regard haineux de la vieille femme et pris d'une peur inconditionnelle, elle lâcha son arme et prit la fuite.

Elle se mise à courir comme une dératée sans aucune raison, peut-être juste fuyait-elle sa propre honte. Elle fuyait l'opprobre qui s'attachait à elle comme son ombre et la suivait partout dans ce désert désentravé.

Elle se réfugia dans les camps de soldat, et les paroles de la femme résonnèrent en elle toute la nuit.

Toi jeune fille, pour ne pas avoir d'autre conscience que celle que l'on te dicte, tu seras maudite, je te maudis de sorte que tu perdras la vie au moment où tu en auras le plus besoin.

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Aujourd'hui, chez Riza :

Un long silence s'était imposé de suite à la révélation, et ne semblait pas être prêt à se rompre. Roy la fixait dans les yeux et lui tenait la main pour la rassurer de sa présence. Sauf qu'il était bien loin, quelque par à mis chemin entre le choc et l'affliction, dans les affres de son esprit torturé. En effet, tout s'expliquait. Plus besoin d'en rajouter, c'était à présent d'une évidence déconcertante. Elle voulait s'éloigner de lui le plus vite et radicalement possible pour mourir seule et ne pas à l'affliger d'une perte supplémentaire. Elle voulait juste son bien, juste l'épargner d'une lourde lypémanie passagère alors qu'elle était inexorablement condamnée à une mort prochaine...

Néanmoins, il ne pouvait se permettre de flancher comme ça, devant elle. C'était déloyal, c'était absurde ! Elle avait besoin de soutien, qu'on la rassure, qu'on l'aide et surtout qu'on la soigne bordel ! Mais à la place il restait inerte et pas le moins du monde rassurant. Il ne faisait que la contrister davantage.

Il l'aida à se relever, mais elle déclina son attention en feintant pouvoir se débrouiller seule, et elle vint trouver appui sur l'accoudoir d'un fauteuil. Ayant repris son souffle et ses esprits, Mustang tenta de la questionner davantage en essayant désespérément de ne pas la mettre mal à l'aise. S'il y a une chose qu'il n'accepterait pas, ce serait bien qu'elle le jette à nouveau et par conséquent, sans plus d'informations.

-Expliquez-moi...Que vous est-il arrivé ?

Elle se déroba à son regard avant de reprendre son idée d'origine.

-Non, vous feriez mieux de partir maintenant.

Le cœur de Roy rata un battement. Il s'approcha distinctement d'elle jusqu'à retrouver son visage à quelques centimètres du sien. Puis, il prit ses mains et les serra faiblement. Elle conserva un état stoïque mais il reformula sa requête.

-Expliquez-moi, souffla-t-il.

Prise au dépourvu et à peu près convaincue, elle se résolut à lui expliquer. Car de toute façon avec le peu d'information qu'il possédait il n'en démordrait pas.

Elle commença par bredouiller un début de phrase. Puis sentant sa gêne et en mettant cela sur la cause de leur proximité, il s'éloigna un peu sans pour autant lâcher ses mains. Elle se reprit aussitôt.

-Vous vous souvenez de notre dernière mission ?

-C'était...dans le désert d'Aréa pour stopper un fugitif dangereux qui migrait vers Xing.

-Oui. Et bien peu avant notre affrontement, nous avions monté le camp au beau milieu du désert, et c'est là qu'une sorte de scorpion m'a piquée. Je ne pensais pas que cela pouvait avoir une grande importance et puis vous étiez déjà bien assez occupé avec cette mission pour que je vienne me plaindre pour si peu.

Roy semblait pâlir au fur et à mesure de son discours. Mais il ne l'interrompit pas encore. Elle s'arrêta subitement pour constater l'expression de son supérieur et celle-ci semblait réclamer la suite. Alors, elle reprit sur le même ton hésitant.

-Après ça, rien ne s'est manifesté mais une semaine plus tard j'ai eu un malaise et j'ai été transportée à l'hôpital pour quelques examens de routine.

Bien évidemment Roy connaissait la suite, mais refusait d'y croire et même d'y songer tant qu'elle ne l'aurait pas prononcé.

-C'est là qu'ils se sont rendu compte que le venin était bien présent dans mon organisme et proliférait lentement mais surement...

Il retint son souffle.

-Le poison circule modérément mais ne tardera pas à atteindre les organes vitaux. L'estimation pour ce genre de maladie est de 3 mois avant un décès immédiat.

Elle parlait posément comme si elle faisait un rapport de mission, c'était ce qu'elle savait le mieux faire pour conserver une impassibilité infaillible.

Roy pressa imperceptiblement les mains de Riza et sans oser supporter son regard il serra les dents si fort que sa voix en trembla.

-Borel...

-Vous feriez mieux de rentrer Monsieur.

-Il y a forcément un moyen de vous soigner...C'est obligé...je dois trouver...je vais trouver. Je vous le jure, je ne vous laisserais jamais tomber.

-Mais je veux que vous me laissiez tomber ! Vous avez déjà le fardeau de la mort de Hugues à porter, je veux juste que vous soyez heureux et que vous répariez nos erreurs du passé en devenant Généralissime !

-Ne soyez pas stupide ! On se connait depuis l'enfance vous devriez savoir qu'il n'est pas dans mes habitudes d'abandonner un subordonné dans le besoin. Qui plus est...vous.

Il lâcha ses mains et l'enlaça. Il plongea dans ses cheveux délivrés de sa pince récalcitrante, et huma la fragrance de son parfum. Elle ne chercha pas à le repousser mais ne s'émoustilla pas pour autant.

-Je ne suis pas une subordonnée dans le besoin, je suis une mourante condamnée et vous n'y pouvait rien, pas plus que vous n'y êtes pour quelque chose.

La spontanéité de ses paroles laissa Roy pantois. Pourtant, il avait décelé son but depuis le début. Elle cherchait juste à l'éloigner pour son bien.

-Vous pensez vraiment qu'en me rejetant je vais vous en tenir rigueur et vous oublier du jour au lendemain à tel point que votre décès me laissera de marbre?

Il laissa planer un court silence et reprit.

-Notre relation bien qu'abstraite et indéfinissable à quelque chose d'éternel. Et même si vous me tuiez dans les prochains jours, rien ne changerait pour autant. Votre mort reste pour moi tout à fait inconcevable.

Elle rompit leur étreinte et se rembrunit de plus belle.

-Arrêter ça, vous avez franchement mieux à faire. Maintenant que vous savez ce que vous vouliez savoir, je vous demande de partir.

Il acquiesça d'un faible hochement de tête et s'éloigna vers la sortie. Il ouvrit la porte laissant échapper un courant d'air glacé qui les fit frissonner, puis se retourna une dernière fois.

-Vous ne partirez pas avant moi Lieutenant. J'ai crucialement besoin de vous.

-...

-Je reviendrais vous chercher quoiqu'il en coute.

Finalement il s'en alla, laissant Riza méditative sur ces dernières paroles. Que voulait-il dire par là ? Il n'irait tout de même pas user de l'alchimie pour la ramener ? C'était absurde ! Il ne l'avait pas fait pour Maes, et savait mieux que quiconque que les transmutations humaines n'aboutissaient à rien, si ce n'est que la perte de soi sous l'ironie tragique de la vérité...

Totalement désemparé par le cours des événements, Riza se laissa choir sur son lit tandis que le sommeil se chargeait lui-même de dissiper sa peine.

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Le lendemain, bibliothèque du QG de Centrale :

Roy tourna la dernière page de son grimoire d'alchimie puis en la survolant du regard il soupira lourdement avant de refermer rudement le livre. Ce matin il avait pris soin de réserver un jour de congé et depuis lors il enchainait comme un acharné d'innombrables ouvrages sur l'alchimie médicale, aussi appelée l'elixiroligie.

Il était bien décidé à sauver son lieutenant et même si la médecine en était incapable, il lui restait l'alchimie, et il excellait en la matière. Bien sûr, son vrai don consistait en la pratique du feu mais il était prêt à travailler comme jamais pour devenir aussi érudit en elixirologie. Le problème était que le temps lui manquait et pire encore, pour devenir vraiment expert il fallait surtout avoir un « maître » dans le domaine qui puisse lui inculquer son savoir. Or, à Centrale personne ne pourrait l'aider. Il ne renonça pas pour autant et arpenta à nouveau les étagères ornées de livres en tous genres. Aucun ne semblait répondre à ses attentes, pourtant, tout en haut de l'une d'en elle, un vieil ouvrage décrépit sembla attirer son attention. La tranche du livre lui rappelait étrangement les bouquins que collectionnait son ancien maître en alchimie. Il s'en empara et commença à feuilleter l'ouvrage durant quelques minutes. Ce qu'il y découvrit le laissa bouché bée.

Désormais fort intéressé, il décida de l'emprunter puis se rendit hâtivement chez lui.

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Quelques heures plus tard :

Riza essayait de ne pas trop se ménager, mais il n'était vraiment pas dans ses habitudes de rester inactif la journée durant. Ces trois prochains mois seraient sans doute les pires de sa vie, après l'enfer d'Ishval. Elle en venait à s'interroger, se demander pourquoi le sort s'abattait sur elle. Pourquoi maintenant. Sans lui...

Elle pouvait le nier autant qu'elle le voulait, mais elle savait éperdument qu'elle ne penserait qu'à lui, jusqu'à son dernier souffle. C'était inéluctable.

Des bruits de pas résonnèrent dans les couloirs de l'immeuble et Hayate se mit en alerte et jappa en remuant frénétiquement la queue, droit et fière, prêt à bondir sur le premier importun qui franchirait la porte.

-Du calme mon chien.

Il se calma aussitôt et accourut dans les jambes de sa maîtresse. Au même moment on frappa à la porte. Riza se changea en un éclair de seconde, enfila un jean et un pull, et vint ouvrir à nul autre que Roy Mustang. C'était la troisième fois qu'il se pointait à l'improviste chez elle, pourtant à chaque fois la surprise faisait battre son cœur à tout rompre.

Mais cela n'étant rien comparé à la prochaine déclaration de Mustang :

-Riza, faites vos bagages nous partons à Xing !


A suivre...