Il semble que la fin du premier chapitre soit contrariante… rassurez vous : ça ne s'arrange pas : )

De rien Daniela, merci de m'avoir inspirée cette version )

Spéciale dédicace aux mousquetaires :

Paige0703, Jade181184, Nourann, Coljayjay, CoolMhouse et Val81

Et à tous ceux qui me lise en général

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Au matin, John s'apprêtait à sortir avec Bear lorsque leur nouveau numéro s'annonça.

-« Ah Bear ! Je crois que nous allons devoir changer nos projets »

-« Je le crains M Reese. Mais ne vous inquiétez pas je le sortirais tout à l'heure »

-« Tu entends Bear ? C'est juste un léger contre temps ! »

Le chien jappa et retourna patienter dans son panier.

-« Stewart Benson, 46 ans » annonça Finch

Reese tiqua en étudiant la photo qui venait de sortie de l'imprimante.

-« Un militaire » dit-il en l'accrochant au tableau

-« Réformé » précisa son associé qui s'efforça de rester neutre même s'il n'aimait pas recevoir ce genre de numéro. C'était toujours une possibilité de faire ressurgir de mauvais souvenirs pour son compagnon et il s'en méfiait.

-« Engagé à 18 ans. Il était dans les marines. Il a connu de nombreuses affectations au cours de sa carrière. Souvent en zone de conflit. A 38 ans il a été retiré du service actif mais il a continué les missions malgré cela, en intégrant le groupe chargé des communications comme opérateur radio. Cela lui a permis d'effectuer encore quelques missions. Il y a un an il a définitivement été mis en retraite après avoir été grièvement blessé lors d'une intervention »

-« S'il était affecté aux communications il n'aurait pas dû se trouver en intervention. Et pas exposé au point d'être gravement blessé » jugea Reese

-« D'après le rapport il s'était porté volontaire pour une opération de secours. Cela n'aurait jamais dû se produire, mais apparemment ils manquaient d'homme sur place et la mission s'était constituée avec des volontaires »

-« C'est étrange. Manquer d'hommes ? Il en reste toujours en arrière garde affectés aux missions de sauvetage »

-« Une partie du dossier est classée secret défense » constata Finch « Si je parviens à en obtenir une copie je pourrais connaître le fin mot de l'histoire » suggéra t-il

-« Pour quelqu'un capable de hacker la défense ça ne devrait pas être trop difficile » ironisa Reese

L'informaticien sourit à l'allusion.

-« Je vais m'y employer » répondit-il amusé.

-« Il a de la famille ? » demanda Reese en voyant la photo d'un couple s'afficher sur l'écran

-« Une épouse, Jenny, dont il est séparé. Ils ont entamés une procédure de divorce juste après son retour. Alors qu'il venait juste de quitter l'hôpital en fait »

-« Donc ils n'habitent plus ensemble ? »

-« Non. Miss Benson a gardé la maison. Lui loue un studio sur la treizième mais il n'y est pas souvent. Si j'en crois ce dossier il a fait trois séjours dans un institut psychiatrique depuis sa sortie de l'hôpital. L'un de ceux qui s'occupent plus précisément des vétérans. Huit mois en tout. Le troisième a commencé il y a une semaine. Il s'y trouve actuellement »

-« Je vois. Le retour a été difficile » commenta sobrement l'ex agent. Finch pinça les lèvres en voyant son regard s'assombrir.

-« Il a deux fils » poursuivit-il « Le premier, Stéphan, 25 ans, est cadre dans une petite entreprise d'imprimerie. Le second Sam, 23 ans, a suivi les traces de son père. C'est à peu près tout ce que j'ai trouvé pour le moment »

-« Je vais aller faire un tour à l'institut. Je verrais si je peux équiper sa chambre »

-« Entendu. Je continu les recherches et j'essaie d'obtenir le dossier complet. Soyez prudent » affirma Finch en se tournant vers lui

-« Toujours » répondit machinalement Reese. Il se détourna et avança vers le couloir.

-« John ? » l'interpella l'informaticien surprit de son geste.

-« Oui répondit l'ex agent en se tournant un instant. Finch se leva et le rejoignit.

-« Vous n'oubliez rien ? » interrogea t-il

-« Oh… si » murmura John « j'étais distrait » songea t-il spontanément mais il retint in extremis ces mots malvenus « Je vous avais embrassé en appelant Bear » justifia t-il

-« Et vous n'avez pas envie de recommencer ? » demanda Finch perplexe.

-« Bien sur que si » répliqua Reese en s'exécutant.

Finch trouva le baiser rapide, presque indifférent « il est préoccupé » songea t-il tout le regardant partir. Troublé, il se promit d'être vigilant.

De son côté Reese s'en voulait de son inattention, mais cette mission… elle n'arrivait pas au bon moment…

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Reese retrouva leur numéro alors que celui-ci quittait l'institut. Il le suivit toute la journée. Benson se balada à travers la ville sans paraître avoir de but précis, se déplaçant à pied ou en métro. Rien dans son comportement ne lui sembla suspect. Son téléphone, une fois appairé, ne leur révéla rien de particulier. Il s'arrêta dans trois boutiques sans jamais rien acheter, déjeuna d'un sandwich dans un parc. L'après midi il se rendit dans un cimetière militaire où il se recueillit de longues minutes devant l'une des tombes. John envoya le nom gravé sur la stèle à son associé. Celui-ci le rappela quelques minutes plus tard.

-« Du nouveau Finch ? » demanda Reese en décrochant

-« Oui. J'ai trouvé des informations sur l'homme dont M Benson a visité la tombe. Dylan West était un jeune sergent qui avait effectué une partie de sa formation et deux missions avec M Benson avant que celui-ci ne soit réformé. Il était une jeune recrue alors »

-« Stewart lui a probablement servi de mentor » constata Reese

-« C'est possible »

-« Que lui est-il arrivé ? »

-« Il a été tué en mission. Précisément à l'époque où M Benson a été blessé »

-« De là à penser qu'il faisait partie de l'affaire… » Estima John

-« C'est ce que je pense. Soit il était l'un des volontaires, soit il était l'un des hommes à secourir »

-« Je pencherais pour la deuxième solution. Cela aurait constitué une bonne motivation pour inciter Stewart à participer à la mission de sauvetage. Vous avez accéder au dossier ? »

-«Pas encore mais cela ne devrait plus tarder »

-« Je pense qu'il nous en apprendra beaucoup » jugea l'ex agent

-« Moi aussi. Je vous rappelle dès que j'en aurais eu connaissance »

-« Ok. A tout à l'heure »

Finch le rappela 1H plus tard.

-« J'ai obtenu le dossier M Reese »

-« Et ? »

-« Nous avions raison de penser que cela concernait M West. Le sergent faisait parti de l'unité qui avait été capturée par l'ennemi. Lui et trois autres hommes étaient gardés prisonniers par une faction qui exigeait une rançon »

-« Et l'état major n'a pas voulu envoyer d'équipe sur place » commenta Reese

-« Comment le savez-vous ? » s'étonna son associé

-« L'habitude. Dès qu'il y a demande de rançon on privilégie la "diplomatie" »

Finch capta le mépris dans la voix de son partenaire.

-« Et c'est inefficace ? » hasarda t-il

-« C'est toujours interminable. Eprouvant pour les otages et cela se termine plus souvent mal que bien »

-« Je comprend. C'est ce que devait penser M Benson quand il a décidé d'agir en faisant fit des consignes de ses supérieurs. Il a réuni quelques volontaires et s'est lancé dans une mission de sauvetage non autorisée »

-« Et il n'a pas fini devant la cour martial ? » s'étonna Reese.

-« Non. La mission fut un fiasco pour ce qui est du sauvetage. Lorsque le groupe est arrivé les négociations venaient d'être rompues et en représailles un des prisonniers avait été exécuté » Finch entendit le soupir de John, toutefois il n'aurait su dire ce qu'il traduisait, alors il continua « Il y a eu un accrochage. Deux des otages ont été tué pendant l'assaut dont le sergent West. Au final ils n'ont récupérés que le chauffeur, ont perdu deux des "sauveteurs" et deux autres ont été gravement atteint dont M Benson. Mais deux hommes du commando ont capturé le chef de la faction ennemie, une belle prise »

-« Ce qui leur a valu la clémence de l'état major et évité la cour martial » conclu Reese

-« Exact. Le dossier a été classé pour étouffer le fait que la mission de sauvetage était irrégulière. Ils ont passé sous silence les faits les plus gênants et rapatriés les protagonistes pour leur offrir une retraite anticipée »

-« Mais Stewart l'a mal vécu. Il n'a pas réussi à sauver son ami et maintenant il doit l'accepter »

-« Officiellement il souffre de troubles post-traumatique »

-« C'est une appellation commode parfois » ironisa Reese. Finch sentit le trouble de son partenaire, l'amertume derrière ses propos.

-« C'est une histoire difficile » jugea t-il prudemment.

-« Ils n'étaient que des marionnettes Finch. Comme tout les soldats » remarqua Reese amer « La cause est noble mais ce qui la défende ne sont pas toujours à la hauteur »

-« Vous vous l'étiez John » affirma spontanément l'informaticien

L'ex agent hésita puis murmura :

-« Peut être »

-« En tous cas vous avez fait de votre mieux avec les bonnes motivations. Pour le reste, vous n'êtes pas totalement responsable » insista Finch

Reese devina ses intentions

-« Merci Harold » répondit-il simplement. Puis il ajouta : « Stewart vient d'entrer dans un cyber café. Je le suis »

Finch sentit qu'il cherchait à détourner la conversation mais il ne voyait pas comment continuer sans paraître trop insistant. Il joua le jeu un peu à contrecoeur.

-« Un cyber café ? Je pourrais peut être hacker sa connexion et connaître les sites qu'il consulte ? »

-« Pas "peut être" » répliqua aussitôt John « Je vous envoi l'adresse »

Finch se connecta sur l'ordinateur utilisé par l'ex militaire et suivit ses recherches

-« Qu'est ce que ça donne ? » demanda Reese.

-« M Benson semble s'intéresser à un immeuble du centre ville. Un centre administratif appartenant à l'armée »

-« Pour quelle raison cherche t-il des informations sur ce lieu ? » demanda John comme pour lui-même

-« Il ne s'agit pas d'un site stratégique. On y traite que des dossiers relatifs aux assurances des biens appartenant aux armées. Je ne vois vraiment pas ce qui peut l'interpeller »

-« Si ce n'est pas le lieu cela pourrait être une personne ? »

-« C'est une idée » approuva l'informaticien

-« Vous pourriez trouver un organigramme Finch ? »

-« Oui c'est fait »

-« Un nom vous semble familier ? »

-« Non. Pas spécialement, mais en approfondissant les recherches… »

-« Je vous fais confiance. Moi je continu de le suivre, il a terminé »

-« Entendu M Reese. Je vous rappelle plus tard »

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John revint à la bibliothèque à 20H avec le dîner. Il trouva son partenaire entouré de piles de documents. Il se fraya un passage pour l'embrasser.

-« Stewart est rentré au centre. Les patients ont l'obligation d'y être à 20H au plus tard. Nous savons où il passera la nuit »

-« C'est une bonne chose » approuva Finch « Vous pourrez en profiter pour prendre quelques heures de repos »

-« Une piste ? » demanda Reese en déballant les paquets.

-« Je cherche »

-« Nous pourrions continuer après le dîner ? » suggéra l'ex agent.

-« D'accord » approuva Finch en reposant les feuillets qu'il tenait en mains « Je crois que j'ai oublié le déjeuner »

Bear aboya doucement comme pour l'approuver.

-« Harold, cette fois c'est vous qui n'êtes pas raisonnable » remarqua son compagnon.

-« Oh un petit jeun ne me fera pas de mal. Surtout avec votre habitude de ramener des beignets tout les matins » remarqua Finch

Reese se raidit

-« Si cela vous ennui… » Commença t-il

-« John, je n'ai pas dit cela voyons. C'était une plaisanterie » l'interrompit Finch, étonné de le voir si contrarié.

Reese réalisa qu'il s'était emporté pour rien. Ce qui ne lui ressemblait pas.

-« Excusez-moi. J'ai répondu un peu trop rapidement » murmura t-il

-« Vous êtes tendu. C'est cette mission » remarqua son associé.

-« Non. Tout va bien. Je suis juste un peu nerveux »

-« Bon alors essayons de nous détendre » suggéra Finch en l'embrassant au passage.

-« Oui. Cela nous fera du bien » approuva son compagnon.

L'informaticien ne fit pas de commentaire mais songea qu'il aimerait que cette enquête se termine rapidement. John semblait réellement perturbé et cela ne lui plaisait pas.

Après le dîner ils se partagèrent les feuillets. Ils les consultèrent pendant une heure sans rien trouver, jusqu'à ce que Reese soit interpellé par un détail

-« Finch vous avez vu que l'organigramme n'est pas à jour ? Il date de deux ans »

-« Tiens c'est vrai. Il n'y a peut être pas eu de changement ? Ou alors personne ne s'est occupé du site. Je vais vérifier »

John continua à lire tandis que Finch retournait à son ordinateur

-« Il semble que vous ayez mis le doigt sur un indice M Reese » affirma t-il après quelques minutes

-« Ah oui ? » demanda l'ex agent en levant les yeux

-« L'organigramme n'a pas été mis à jour pourtant il y a eu des changements. Un en particulier. Depuis un an le directeur de l'établissement est Oscar Lynch et j'ai déjà vu ce nom » Finch fouilla dans les feuillets « Voilà. Il était en poste au quartier général lors de la mission qui a mal tourné l'an dernier. Il faisait parti des négociateurs »

-« Et même bien plus » remarqua Reese qui lisait par-dessus son épaule « Il dirigeait l'équipe » Il réfléchit un instant. Finch suivait les expressions sur son visage

-« Savez-vous ce que cela signifie ? »

-« Non » avoua l'informaticien

-« A ce poste c'est à lui que revenait la décision d'autoriser une mission de sauvetage si la "diplomatie" ne fonctionnait pas »

-« C'est donc à cause de cet homme que rien n'a été tenté officiellement » comprit l'informaticien

-« Et c'est sa décision qui a poussé les volontaires à agir de manière illégale. Ils ont dû le solliciter plusieurs fois puis finalement lancé l'opération voyant qu'il ne cédait pas »

-« Et vous pensez que M Benson lui en veut de ne pas avoir autorisé la mission pour sauver son ami ? »

-« Non. Je pense qu'il le considère comme le responsable de l'échec de la mission »

-« Comment ça responsable ? »

-« Vous avez lu le rapport ? Il est clairement exposé qu'une mission rapide aurait eut de grande chance de réussite. Une intervention avant que les ravisseurs n'aient eu le temps de se retrancher dans leur camp était tout indiquée. Dans certain cas il est préférable de tenter une action rapide avant les négociations. Et parfois il vaut mieux négocier avant. Lynch a mal évalué la situation. C'était très clairement exposé dans le rapport »

-« Mais M Benson n'a pas pu accéder au rapport » constata Finch

-« Non sans doute pas, mais il avait bien assez d'expérience pour estimer convenablement les options et comprendre l'erreur de son supérieur »

-« Donc M Benson envisage une vengeance »

-« C'est une hypothèse à vérifier mais elle est solide »

-« Et au vu de l'instabilité mentale de M Benson c'est très probable » Finch soupira « Que croyez vous qu'il fera ? »

-« Il doit avoir repéré les habitudes de la cible. Il va essayer de l'intercepter et de frapper au bon moment. Où alors il voudra attirer l'attention et il tentera une action en force. C'est possible, il n'a plus grand-chose à perdre »

-« Sa femme l'a quitté mais il lui reste ses fils » remarqua Finch

-« Il doit être tiraillé entre eux et Dylan »

-« La fraternité d'arme ? »

Reese approuva d'un hochement de la tête.

-« Le mieux est que je le garde à vue en permanence et que je l'intercepte avant qu'il ne puisse agir »

-« Promettez-moi d'être prudent. C'est un ancien militaire, il sait se battre » répondit l'informaticien en posant une main sur son bras.

-« Mais moi aussi Finch je sais me battre » se moqua son agent.

-« Vous savez bien ce que je veux dire John » insista son associé sans se dérider.

-« Oui. Je sais » reprit Reese plus sérieusement. Il l'enlaça « Je ferais attention » affirma t-il avant de l'embrasser « Maintenant venez dormir, vous avez besoin de repos. Vous avez les traits tirés par la fatigue »

Finch eut un mince sourire.

-« Vous êtes dans le même cas M Reese ! »

-« Raison de plus » affirma John en l'entrainant vers la chambre.

Sitôt couché Finch se blottit contre son compagnon autant par besoin de se rassurer que par envie de lui faire comprendre qu'il était là pour lui. Reese le serra contre lui et l'embrassa longuement, conscient qu'il était ce soir là son meilleur point d'ancrage.

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La surveillance continua pendant deux jours. Benson semblait attendre le moment propice. Enfin le soir du deuxième jour il se glissa dans le bâtiment par une issue de secours qu'il força. Il savait que le vendredi Lynch restait toujours tard dans les bureaux. Il voulait agir pendant qu'il serait seul. Ce qu'il n'avait pas prévu c'est que ce soir là l'un des employés donnerait un pot de départ et lorsqu'il parvint dans le hall, il entendit les échos de la fête.

-« Tant pis » décida t-il resserrant sa main sur l'arme dans sa poche « Tant pis pour ceux qui se mettrons en travers de mon chemin » marmonna t-il

-« Je ne suis pas de votre avis » répliqua Reese sortant de l'ombre du couloir où il était tapi. L'effet de surprise joua à plein et quelque soit son expérience, Benson fut neutralisé en quelques secondes. Il se réveilla un peu plus tard dans un local de maintenance dûment attaché.

Il avisa l'ex agent assit près de lui attendant son réveil.

-« Pourquoi m'avoir empêché d'agir ? » questionna t-il spontanément.

-« Vous ne pouvez pas faire cela. Ca n'effacera rien du passé »

-« Vous ne comprenez pas » répondit Stewart en secouant la tête.

-« Si. Plus que vous ne le croyez. Je suis au courant pour la mission de sauvetage et ses conséquences »

-« Comment le pouvez-vous ? »

-« J'ai lu le rapport »

-« C'est impossible, il est classé secret défense »

-« J'ai mes sources » répondit Reese avec un sourire entendu

-« Vous êtes qui au juste ?»

-« Juste quelqu'un de bien renseigné et qui veux vous empêcher de commettre une grosse erreur »

-« J'en ai déjà commis tellement » soupira Stewart

-« Vous avez fait ce que vous pouviez pour sauver Dylan et ses compagnons. Allant jusqu'à risquer votre carrière et la cour martial. Vous n'avez rien à vous reprocher »

-« Je sais. J'aurais juste dû agir plus vite »

-« Même en agissant plus tôt l'issue était incertaine » jugea Reese

-« Les chances étaient meilleures » insista Stewart

-« Vous aviez des ordres »

-« Les ordres cela s'enfreint. La preuve. Seulement je l'ai fait trop tard »

-« Mais au moins vous avez agit » remarqua l'ex agent

L'ex militaire haussa les épaules sans répondre

-« Lynch s'est trompé en estimant la situation. Le tuer vous soulagerait peut être mais cela ne rendra pas la vie à Dylan » tenta Reese

-« Vous ne comprenez pas ! » protesta Stewart « Je ne lui reproche pas de s'être trompé, ça j'aurais put l'admettre ! »

-« Alors quoi ? » interrogea John

-« Au début je croyais comme tout le monde qu'il avait fait une erreur. Et puis un soldat est venu me voir à l'hôpital. Un de mes anciens élèves, un camarade de Dylan. Ce jour là il était à l'état major, il avait tout entendu et il voulait partager ce poids sur sa conscience avec quelqu'un. Et c'est moi qu'il est venu voir ! » Soupira Stewart

-« Expliquez-moi » l'incita Reese

-« Tout cela était un vaste coup monté. Il y avait une opération secrète en cours dans la région pour capturer le chef de la faction. Dylan et son unité l'ignorait. Ils se sont trouvés au mauvais endroit au mauvais moment. Mais quand l'état major l'a apprit ils ont trouvés là le prétexte pour un coup de force qu'il voulait lancer depuis un moment. Leur problème était de le justifier mais là ce n'était plus nécessaire. Ils ont délibérément sabotés les négociations avec l'intention d'envoyer une équipe ensuite, non pas de sauvetage mais d'intervention. Et puis ils ont découvert qu'un groupe s'apprêtait à désobéir aux ordres. Ils ont trouvé que c'était encore mieux et ils se sont empressés d'infiltrer deux hommes dans notre équipe. Ces deux là devaient s'occuper du chef et rien d'autre. Et si ça tournait mal ils avaient beau jeu de dire que l'intervention ne venait pas d'eux. Ils nous ont manipulé »

-« Ce n'est pas si surprenant » jugea Reese amer

-« C'est vrai » approuva Stewart « Vous connaissez le sujet on dirait ? »

-« Plutôt oui »

-« Vous étiez de la partie pas vrai ? »

-« Autrefois » éluda Reese

-« Alors vous savez que même si j'avais dit ce que je savais l'affaire n'aurait jamais eu de suite »

-« Etouffer ce qui n'est pas politiquement correct » commenta l'ex agent

-« Il ne restait qu'une seule solution pour que Lynch soit puni »

-« Ca ne vous aurait pas guéri » répondit John « Peut être soulagé mais pas guéri »

-« Je ne sais pas » murmura l'ex militaire.

John savait ce qu'il ressentait. Il le comprenait. Pourtant il fallait qu'il le détourne de ces idées.

-« Stewart vous n'êtes pas seul. Vous avez pensé à vos fils ? »

-« Mes fils » Murmura l'ex militaire.

-« Vous devriez leur accorder votre temps » suggéra Reese.

-« Non ! Surtout pas ! » S'exclama le militaire « Je dois rester seul. Vous savez combien les fautes passées peuvent peser lourd ?»

-« Je sais » concéda l'ex agent.

-« Alors vous savez que nous devons les affronter seul. Ce n'est qu'à nous »

-« Je suis sur que vous pourriez vous faire aider » insista John

-« Personne ne peux rien »

-« Vous faites erreur» murmura Reese « Moi j'ai quelqu'un » ajouta t-il après quelques secondes

-« Ah oui ? Alors profitez en bien. Cela ne durera pas. Il ne faut pas d'ailleurs »

-« Pourquoi ? »

-« Parce qu'un jour ou l'autre le passé nous rattrape et ce jour là ceux qui sont avec nous risque de souffrir tout autant »

John tressaillit à cette affirmation

-« Nous ne pouvons pas réparer mais au moins préserver ceux qui nous sont chers » continua le militaire « Croyez moi, j'ai vu ce qui s'est passé avec les autres gars de la mission. Aucun d'eux n'a retrouvé une vie normale et encore moins une famille. Moi j'ai réussi à éloigner la mienne avant qu'il ne soit trop tard. Mon dernier fils surtout pour qu'il ne souffre pas de ce que j'ai fait, de ce que je suis devenu… »

-« Vous n'auriez pas dû les écarter. Ils voulaient vous aider »

-« Ils ne pouvaient pas. Si j'avais réussi à éliminer Lynch j'aurais été un peu consolé »

-« Et les autre personnes présentes ? »

-« Ce n'était pas prévu. Mais si elles voulaient s'interposer… »

-« Vous croyez vraiment que tuer des gens qui ne sont pour rien dans ce qui vous ai arrivé vous aurez apporté un soulagement ? Cela vous aurez juste rabaissé au niveau des responsables » jugea l'ex agent.

Stewart parut réfléchir

-« Peut être pas. Mais si je ne peux même pas me venger que me reste t-il ? »

-« Il y a d'autre solution. Retournez au centre, ils vous aideront à les trouver et à dépasser tout cela et même à démarrer une nouvelle vie»

-« Ca ne marchera pas »

-« Il faut essayer. Allez venez » affirma John en le prenant par le bras pour l'inciter à le suivre. L'homme se laissa faire, docile, en apparence. Il le reconduisit au centre où un psychologue le reçu immédiatement.

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-« Ca ne va pas être facile pour lui Finch » commenta l'ex agent en résumant la fin de la mission pour son partenaire, une fois de retour dans leur repaire.

-« Je m'en doute M Reese. Toutefois il a tort de ne pas vouloir l'aide de ceux qui l'entoure. S'isoler ne l'aidera pas »

-« Il est persuadé qu'il ne pourra que leur faire du mal » répondit John, l'air sombre. Lui-même avait souvent eu cette pensée. Les gens autour de lui se trouvaient facilement exposé et ça ne s'était pas toujours bien terminé. Il ne put s'empêcher de penser à Jessica. Ses engagements avaient joué contre elle. Et si tous ceux qui l'approchaient risquer réellement de souffrir ? Alors Harold…

Il sentit la main de son compagnon sur son bras, rassurante. Il leva les yeux et croisa son regard inquiet.

-« Tout va bien John ? »

-« Oui » répondit-il mais il lui sembla que Finch lisait dans ses pensées.

-« Vous ne devez pas accorder trop de poids aux paroles de M Stewart. Il a besoin d'être aidé avant tout »

-« Je sais »

-« Le passé ne peut pas être réécrit mais il peut aider à bâtir le présent John, en nous évitant de refaire certaines erreurs»

-« Vous avez raison » jugea Reese après un instant de réflexion.

-« Alors tout est pour le mieux ? » insista Finch.

-« Oui tout est bien » répondit John. Il serra son compagnon contre lui et l'embrassa tendrement « Tout est bien » se répéta t-il comme pour s'en convaincre.

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John revenait de mission quelques jours plus tard lorsqu'il apprit la nouvelle. Stewart s'était suicidé la veille. Un peu avant son ex femme était passée à la clinique lui annonçant que leur plus jeune fils avait été victime d'une attaque lors d'une mission de son unité. Il était gravement blessé et les médecins ne savaient pas s'ils pourraient le sauver. Elle était venue l'annoncer à son ex mari mais c'était surtout pour le lui reprocher. Ils s'étaient violement disputés lorsqu'elle lui avait dit que tout était de sa faute, lui ses histoires de missions et d'acte de bravoure. Il avait subjugué leur fils. C'était pour être comme lui que le jeune Sam s'était engagé. Pour elle c'était de sa faute s'il en était là. Il n'en fallait pas tant pour que le sentiment de culpabilité qu'éprouvait Stewart ne le submerge. Il s'était excusé mais elle l'avait rejetée, continuant ses accusations. Alors il avait saisit son cou et il avait serré. L'intervention d'un infirmier l'avait stoppé in extremis. Mais lorsqu'il avait réalisé son geste Stewart s'était enfui du centre. Par suite il avait réussi à se procurer une arme et s'était fait justice lui-même, laissant un mot où il disait que c'était la seule façon pour lui de protéger les siens.

John accepta difficilement la nouvelle. Il faisait des parallèles. Serait-il capable d'agir ainsi lui aussi le jour où son passé le rattraperait ?

Finch avait senti le danger. S'efforçant de rester près de lui aussi souvent que possible, il l'avait rassuré de son mieux

-« Vous n'êtes pas comme lui John. Vous êtes bien plus fort » lui répétait-il « Votre passé vous a déjà rattraper et vous avez tenu bon parce que vous n'êtes pas responsable d'une grande partie de vos actes. Vous ne faisiez qu'obéir et vous le savez bien. Moi je n'ai pas peur » lui avait-il affirmé.

Mais il avait eu beau faire, depuis ce jour John était resté plus fermé sur lui même. Quelque chose était différent, même si en apparence il ne le montrait pas. Finch le devinait mais en dépit de ses efforts il ne parvint pas à découvrir quoi. Ses questions restèrent sans réponses précises. Il le sentait distant parfois et il ne put que remarquer que John ne cherchait plus systématiquement à le retenir le soir. Pourtant au quotidien son attitude restait la même, il était attentif, protecteur, patient. Et cette constatation finit par endormir sa méfiance. Finalement, le temps passant, il finit par croire que John avait totalement surmonté cette histoire comme il l'avait déjà fait auparavant dans de pareilles circonstances, et qu'il n'avait pas réellement d'autres sujets de préoccupation. A tort…