Hello !
Me revoilà avec la suite de cette fic pour laquelle j'ai eu plus de reviews que ce que j'aurai pu imaginer. Et que des avis positifs ! Alors vraiment un énorme merci à tous pour vos messages qui me vont droit au coeur. Je n'étais pas censée poster ce chapitre avant la semaine prochaine mais que voulez-vous, les membres du forum sweetsauce savent se montrer insistants et y aller de leurs supplications et comme je suis siii gentille... Hm bref, remerciez les ainsi que ma bêta, Lotty-burbot qui m'a gentiment aidé à relire et corriger les fautes s'étant glissées en travers de mes phrases. Je pense que vous pouvez aussi remercier mes 3 nuits blanches qui, même si elles m'ont fait passer quelques journées de flemme intense, m'ont aussi permis d'avancer dans cette fiction.
Je vous laisse lire en espèrant que ce chapitre vous plaise tout autant et je vous dit à bientôt pour la suite et fin de cette histoire =)
Seconde partie : Culpabilité
Elle était à son chevet, encore une fois. Elle lui tenait la main. C'était presque devenu une habitude : lui frôlant la mort, et elle à lui tenir la main et surveiller ses constantes en attendant son réveil pour le réprimander sur la stupidité de l'acte qu'il avait commis.
Mais cette fois, elle savait que le réveil ne se passerait pas comme d'ordinaire. Si réveil il y avait. Non, elle n'en parlerait pas comme d'une hypothèse, il devait s'en sortir, elle en avait besoin.
Elle sentit le regard de Wilson de l'autre côté du lit. Il n'avait encore posé aucune question, trop sonné de voir son meilleur ami une fois de plus dans un lit d'hôpital. Mais elle savait qu'il se doutait de quelque chose. Il les connaissait trop bien, elle et House. Il devait se douter que si elle était là, à pleurer à son chevet après tous ces mois à renier ses sentiments pour lui, c'est que quelque chose s'était passé, que quelque chose avait changé.
« - Nous avons trouvé un taux anormalement élevé de Vicodin dans son sang qui a causé un ralentissement dangereux de son pouls mais pas de crise cardiaque, avec par contre une insuffisance respiratoire pour laquelle nous l'avons intubé. Il est maintenant dans un coma profond mais ses constantes sont relativement stables. » Déclara Chase d'une voix qu'il essayait assurée mais avec une inquiétude perceptible.
Cette déclaration n'était pas indispensable, ils étaient déjà au courant, eux aussi étaient médecins. Pourtant, cela les rassura. Il était traité comme n'importe quel patient. Et ils savaient exactement à quoi étaient dû ses symptômes. Pas de diagnostic compliqué qu'il aurait été le seul à pouvoir résoudre. Il serait donc plus aisé de prendre soin de lui.
« Sa consommation d'alcool ayant été assez importante dernièrement et mélangée à la prise d'ibuprofène, puis de Vicodin, a partiellement endommagé son foie. Rien d'irréversible cependant, nous allons soigner cette hépatite et après cela, il faudra attendre son réveil pour voir si son cerveau à subi quelconque dommage. »
Attendre son réveil. Chase aussi parlait de cela comme une chose certaine. Elle n'était pas la seule à y croire.
Elle avait eu si peur. Quand il avait fermé les yeux et lâché sa main, son pouls était devenu si faible qu'elle avait cru que son cœur s'était arrêté. Elle avait hurlé son nom dans un élan désespéré pour le faire revenir mais voyait bien que cela ne marchait pas. Elle avait l'impression d'étouffer. C'est à ce moment là que Wilson, Foreman et les ambulanciers avaient accouru dans la salle de bain, alertés par son cri.
Flash Back
Elle était accrochée à lui, le secouant dans un espoir désespéré de le faire revenir mais suffoquait en voyant à quel point ses efforts étaient vains. Wilson l'avait attrapée, essayant de l'éloigner du corps du diagnosticien malgré le fait que la doyenne se débattait dans tous les sens. Elle fondit en larmes dans ses bras pendant que Foreman et les ambulanciers plaçaient House sur un brancard.
Le long du chemin entre l'appartement de House jusqu'à l'hôpital, elle était assise dans l'ambulance, contre Wilson qui, bien que mort d'inquiétude, tentait de la réconforter avec des paroles rassurantes tandis qu'elle n'écoutait que le bruit de l'électrocardiogramme qui faisait écho aux battements de cœur du diagnosticien.
Elle s'accrochait à ce son comme si sa vie en dépendait. Il était pourtant passé tellement de fois près de la mort. Et même plusieurs fois par sa propre volonté : le couteau qu'il avait enfoncé dans la prise ou les risques qu'il avait pris pour sauver Amber avaient été faits consciemment. Mais aujourd'hui, elle savait que ce geste ne résultait pas de sa curiosité insatiable, qu'il ne lui apporterait aucune réponse. C'était juste l'acte désespéré d'un homme qui souffrait. Qui souffrait assez pour avaler une dose mortelle de comprimés. Qui souffrait à cause d'elle.
Elle avait si mal. Elle avait envie de vomir. Elle ne se pardonnerait jamais le mal qu'elle lui avait causé ce soir. Car malgré tout le mal qu'il lui avait fait, malgré tous les points sensibles qu'il avait touché, il n'avait jamais été aussi loin qu'elle ce soir. Il n'avait jamais été assez loin pour lui donner l'envie de mettre fin à ses jours.
Fin du Flash Back
Même s'ils avaient que peu d'espoir de le voir se réveiller dès ce soir, Cuddy, Wilson et parfois quelques membres de l'équipe de House ne pouvaient s'empêcher de rester près de sa chambre.
Alors que Cuddy était partie se chercher un café, Foreman et Wilson discutaient, ressassant les évènements et émotions de la soirée.
« Je ne l'avais jamais vu perdre le contrôle d'elle-même à ce point. House a frôlé la mort plus d'une fois et pourtant c'est la première fois que je la vois dans un état pareil… » finit par dire Foreman, sans énoncer de nom particulier mais Wilson savait pertinemment qu'il parlait de la directrice.
« Parce que cette fois, c'est de ma faute », dit la concernée en faisant son entrée dans la chambre.
« Dr Cuddy, vous n'y êtes pour rien. Il allait mal en quittant l'hôpital. Je lui ai parlé et je ne l'avais jamais vu dans un état pareil. Je n'aurai jamais dû le laisser partir. » répondit Foreman, la tête baissée.
« N'exagérez pas tous les deux ! Croyez moi, je m'en veux aussi de ne pas avoir été là pour l'en empêcher, mais on ne peut pas le surveiller éternellement, il… » tenta de les rassurer Wilson.
« Je sais. Je ne parle pas de ça. » le coupa Cuddy d'une voix monotone.
Les deux hommes présents dans la pièce la dévisagèrent, étonnés. Voyant qu'ils ignoraient de quoi elle parlait, elle reprit :
« La nuit dernière, sur les lieux de l'accident à Trenton, on s'est disputé… Il a apprit que j'étais fiancée à Lucas et à partir de ce moment il s'est braqué contre moi avec la patiente. Du moins je croyais qu'il se servait d'elle pour m'énerver mais il s'est vraiment impliqué avec elle, il est resté à ses côtés, l'a rassurée, à tout fait pour la sauver…Et moi je n'ai rien arrangé en lui hurlant que je ne l'aimais pas et qu'il n'avait rien dans sa vie… »
Elle ne put continuer. Elle savait que les paroles qu'elle avait prononcées étaient horribles mais les entendre une seconde fois sortir de sa bouche la fit culpabiliser encore plus. Les larmes recommençaient déjà à perler aux coins de ses yeux.
Voyant qu'ils avaient besoin de discuter, Foreman s'éclipsa, laissant Wilson et Cuddy seuls au chevet de House.
Wilson enregistrait peu à peu les nouvelles informations fournies par Cuddy. Il comprenait mieux House tout d'un coup. Jusque-là, il s'était demandé comment la mort d'une patiente et la douleur à sa cuisse avaient pu suffire à le faire replonger dans la vicodin après avoir passé une année entière à se battre aussi fort. Car même s'il restait parfois un connard arrogant, il savait que son meilleur ami faisait des efforts. Et il savait pour qui il les faisait. Entendre la seule femme qu'il aimait et admirait lui dire que ses sentiments n'étaient pas réciproques avait dû être le coup de grâce. Mais il savait aussi que Cuddy l'aimait, en dépit de tout ce qu'elle avait pu dire.
Voyant qu'il ne répondait pas et qu'il semblait perdu dans une réflexion intérieure intense, Cuddy reprit :
« Je m'en veux tellement James. Je n'aurai jamais pensé le blesser autant et… »
« Je sais Lisa. Il est fragile, vous le savez aussi bien que moi et même s'il le nie sans arrêt, c'est le cas. Et il vous aime, ça aussi c'est une certitude. Oui, il s'y prend comme un manche pour vous le montrer, et je conçois qu'en lui disant tout cela, vous tentiez de protéger ce que vous aviez créé avec Lucas mais j'espère que les évènements de ce soir vous auront ouvert les yeux sur tous les efforts qu'il a fait jusque-là et sur vos sentiments. »
« J'ai rompu avec Lucas. » déclara-t-elle au bout d'un moment.
Devant l'air incrédule de Wilson, elle continua :
« Lorsque House est partit dans l'ambulance avec sa patiente et que j'ai vu son regard, j'ai compris qu'il avait abandonné tout espoir pour nous et j'ai réalisé que je ne voulais plus qu'il s'éloigne de moi. Que je voulais qu'il continue de se battre pour moi. Je suis passée à l'hôpital pour récupérer mes affaires et Lucas m'attendait. Il était devant moi, à m'attendre avec son sourire rassurant et je me suis rendue compte que la seule personne que j'avais envie de voir, c'était House. Alors je me suis excusée, j'ai rompu avec lui et j'ai foncé chez House pour lui dire que je capitulais. Que j'arrêtais de lutter contre mes sentiments. » expliqua-t-elle, les larmes aux yeux.
« Je vois. Vous n'aurez plus qu'à lui expliquer tout cela quand il se réveillera », répondit l'oncologue en offrant une étreinte apaisante à son amie.
Cela faisait déjà deux semaines qu'il était dans le coma. Deux interminables semaines. Il avait désormais battu son propre record qui n'était que de quelques jours d'inconscience.
Cela faisait plus ou moins deux semaines que Lisa Cuddy était à son chevet. Elle avait envoyé Rachel chez sa mère. Même si elle se sentait atrocement coupable de l'abandonner temporairement, elle savait qu'elle était entre de bonnes mains et qu'elle-même n'était pas en mesure de s'en occuper correctement. Relayée, par Wilson, elle passait désormais ses journées et ses nuits à l'hôpital, se forçant à travailler occasionnellement et ne passant chez elle que pour changer de vêtements.
Deux semaines. L'oncologue décida que cela avait trop duré.
Lisa, vous allez me faire le plaisir de sortir de cette chambre ! dit-il, d'un air qu'il essaya supérieur.
Ladite Lisa sortit avec difficulté de la catatonie dans laquelle elle s'était récemment enfermée et haussa un sourcil étonné vers son ami, ne faisant cependant pas l'effort de lui répondre. Il continua sur sa lancée :
Rentrez un peu chez vous, prenez un bain, faites vous un vrai repas et dormez dans un vrai lit ! Votre présence ici 24 heures sur 24 n'est pas utile.
Mais je…
Je prends le relai, rien que cette nuit. Et je promets de vous appeler dans la seconde qui suit s'il y a un quelconque changement. Mais vous avez sérieusement besoin de vous éloigner un peu de cette chambre.
Voyant l'air catégorique de Wilson, Cuddy acquiesça. Après tout, une vraie nuit de sommeil, même si elle allait avoir besoin de somnifères, lui ferait le plus grand bien. Elle profita que Wilson soit occupé à changer les chaînes de la télé pour déposer un léger baiser au coin des lèvres de House, s'attardant quelques secondes sur sa joue râpeuse et s'imprégnant de son odeur avant de s'éloigner. Après un signe de tête à l'oncologue, elle s'éclipsa, fuyant le regard des infirmières qui la regardaient passer avec un air désolé.
Le lendemain, elle se réveilla plus reposée qu'elle ne l'avait été ces derniers jours. Elle tourna la tête vers le réveil pour voir l'heure et ne put s'empêcher de bondir lorsqu'elle vit que le cadran affichait midi. Elle avait dormi 14 heures d'affilées ! Ce repos forcé avait définitivement été une bonne chose. Même mentalement, elle retrouvait de la motivation.
Avant de retourner à l'hôpital, elle prit l'initiative de se faire une beauté. Elle qui s'obstinait à s'attacher les cheveux et à mettre des pantalons depuis qu'elle veillait House, décida qu'il était temps de faire revenir cheveux bouclés, maquillage, décolletés et jupes cintrées.
Elle poussa les portes du Princeton Plainsboro avec détermination, faisant claquer ses talons au sol. Cette vieille habitude lui donna pendant quelques secondes l'impression que le diagnosticien allait surgir et demanderait son accord pour une opération folle. Cependant, le quasi-silence qui régnait la rappela à la réalité. Ses épaules s'affaissèrent un peu mais elle se dirigea d'un pas déterminé et la tête haute vers l'ascenseur, se demandant tout de même pourquoi les médecins la dévisageaient encore avec cet air désolé, avec encore plus de pitié que la veille.
Ce fut d'un pas moins assuré qu'elle pénétra dans la chambre de House. Wilson était toujours à son chevet mais il avait l'air exténué et encore plus inquiet que d'habitude. Comprenant alors que quelque chose ne tournait pas rond, elle attrapa d'un geste brusque la fiche au lit du diagnosticien avant que l'oncologue ait le temps de dire quoi que ce soit.
Elle parcourut le papier des yeux, voyant que les constantes avaient été régulièrement vérifiées et que tout semblait normal. Ou presque.
Un arrêt cardiaque ? S'exclama-t-elle en fusillant l'oncologue du regard.
Celui-ci ne savait plus où se mettre. Il aurait préféré s'enfuir en courant plutôt que de subir les foudres de la directrice mais il savait qu'elle ne l'entendrait pas de cette oreille.
Tout va bien Lisa, son cœur est reparti très rapidement et… commença-t-il d'une voix qui se voulait apaisante.
Tout va bien ? Vous vous foutez de moi ? Bon sang Wilson, un arrêt cardiaque ! Et même s'il n'avait duré qu'un dixième de seconde, ce dont je doute fort, vous étiez censé m'appelez au MOINDRE changement ! Tonna-t-elle.
Je sais bien, mais vous veniez de partir et je savais que si je vous prévenais, vous n'auriez plus voulu quitter son chevet alors que vous aviez vraiment besoin de repos… Essaya-t-il de s'excuser.
JE M'EN FOUS ! Répondit-elle aussitôt. Et si son cœur n'était pas reparti, vous auriez attendu aussi ? Vous m'auriez appelé pour m'annoncer l'heure de la mort ou vous auriez préféré attendre que j'arrive à l'hôpital pour me l'apprendre ?
Cuddy, ça suffit ! Vous devenez irrationnelle, vous…
Alors que la doyenne s'apprêtait à lancer une réplique cinglante à l'attention de Wilson, une voix qu'ils ne connaissaient que trop bien les interrompit.
Maman, Papa, arrêtez de crier !
Ils jetèrent tous les deux un regard ébahi vers le lit qu'ils avaient si souvent veillé ces derniers jours. Grégory House venait de se réveiller.
Fin de la seconde partie
