Le diner avait été extrêmement long et ennuyeux. Je me sentais plus que fatiguée mais Père ne permettrait pas que je parte me reposer. Je devais finir cette soirée qui était en l'honneur de moi et ma mère. Mais même en me forçant je n'arrivais pas à avaler le moindre choux.
Je n'avais pas parlé de toute la soirée, je ne me sentais pas à l'aise parmi tous ces gens. Je tournais mon regard vers Philippe plusieurs fois qui m'adressa un petit sourire d'encouragement à chaque fois avant de retourner à sa discussion avec le Roi. Je n'en pouvais plus.
Voyant ma détresse, Mère coupa sa conversation avec Madame de Montespan pour venir me distraire de tout cet univers de faux semblant.
- Je croyais que l'idée seule de venir à Versailles te comblait de bonheur. Dit Mère d'un ton sarcastique.
- Je ne crois pas que ce monde me corresponde. Répondis-je en marmonnant.
- Souris.
- Pardon Mère?
- Le Roi te regarde.
Un petit sourire innocent vint encombrer mes lèvres avant que je ne ferme les yeux de gêne. Je compris alors, le Roi ne devait pas voir que je n'aimais pas son oeuvre ni son diner. Je pris donc ma fourchette et pris à contre-coeur une bouchée de choux avant de me retourner vers ma mère en feignant de rire. Celle-ci hocha la tête de contentement. Mission réussie.
Je décidais alors qu'il était le moment de rencontrer son regard. Je croisais alors les yeux bleu azur du Roi qui semblait satisfait que je fasse attention à lui.
- Mon frère.
Philippe venait de reprendre l'attention du Roi et ils reprirent leur conversation avec vivacité. Mon ennuie revint donc avec rapidité.
Une fois que le repas fut terminé la Cour se déplaça dans un grand salon pour pouvoir discuter. Je me trouvais avec Père et Mère quand d'autres conseillers vinrent les accaparer. Je me retrouvais donc seule. J'avais l'air d'une idiote à ne rien faire.
Quand au loin je remarquais une jeune fille de mon âge seule également. Je me dirigeais vers elle avec beaucoup de nervosité, je n'étais pas trop douée pour me faire des amis. Quand je fus arrivée devant elle, elle me sourit. Elle parut soulagée de ne plus être seule.
- Vous devez être la fille Thomas, le conseiller du Roi qui est arrivée ce matin! Dit-elle avec enthousiasme.
- Mon nom est Maella. Ravi de te rencontrer. Répondis-je avec un sourire forcé.
- Je suis Sophie. Vous êtes vraiment... magnifique.
Je n'osais pas répondre à ce compliment qui me mettait un peu mal à l'aise. Je ne me trouvais pas belle, juste une fille normale.
Nous avons continué à parler pendant plusieurs minutes. Sophie me racontait toutes les rumeurs de Versailles et me présenta toutes les personnes importantes que je devais connaitre à la Cour Royale. Comme par exemple Madame Marie-Thérèse, la femme du Roi et donc la Reine; Le Chevalier de Lorraine qui se trouvait être celui qui nous avait surpris Philippe et moi. Sophie me précisa que il était l'amant de Philippe.
Un hoquettement que surprise s'échappa de ma bouche à ce moment-là et Sophie ajouta aussi que Philippe était marié à une magnifique princesse anglaise du nom d'Henriette qui était également la maîtresse du Roi.
- Tout ceci est bien trop compliqué pour moi, Sophie. Plaisantais-je.
- Et encore tu ne sais pas tout. Mais tu sembles absente, tu es sûre que tout va bien?
- Je suis juste extrêmement fatiguée je pense que je devrais aller me coucher et ne plus jamais ressortir de ma chambre.
- Je ne pense pas que tes parents seraient en accord avec cela.
Nous avons eus un petit rire avant que j'aperçoive mon père et ma mère au loin parler avec le Roi. Dès que mon père m'aperçus et me fis signe de la main de le rejoindre, ce dont je n'avais nullement envie mais je n'avais pas le choix. Je me tournais alors vers Sophie, un air résigner sur mon visage.
- Il est temps pour moi de rejoindre mes parents. J'ai été ravi de te rencontrer Sophie.
- Moi aussi Maella, à demain au petit déjeuner j'espère.
- À demain.
Je lui fis un petit sourire avant de me diriger vers mon père la peur au ventre. J'avais peur de tomber de fatigue, je ne tenais plus en place et je ne voulais pas donner une mauvaise impression au Roi.
Sous le regard de mon père je suis alors arrivée auprès d'eux. Le Roi posa son regard sur moi et me fit un petit sourire en coin. Je lui répondis avec un petit sourire faible et fis une petit révérence avant de me relever et d'affronter son regard.
- Majesté, permettez-moi de vous présenter ma fille, Maella. Déclara mon père en me regardant avec fierté.
- Alors voici la jeune femme dont n'arrête pas de me parler mon cher frère. Ainsi avait-il raison, vous êtes splendide ma chère. Répliqua le Roi en déposant un baiser sur ma main.
Je regardais alors mon père avec gêne, mais il ne pouvait rien faire. Qui oserait défier le Roi de France? Le Roi me regarda alors en attente d'une réponse. Mon regard devenait flou de fatigue, je ne tiendrais pas longtemps encore. Une petite rougeur envie mon visage.
- Vous rougissez? Ne souhaitez-vous pas plaire à votre Roi?
- Votre Majesté est vraiment... bien... bien trop gentille.
Et les discussions reprirent leurs cours. Mon Père commença à parler au Roi des futurs travaux qu'ils allaient commencer. Ma Mère me regardait avec beaucoup d'inquiétude. Je ne devais pas être très agréable à voire, peut-être ressemblais-je à un fantôme.
- Tout va bien Maella? Me demanda ma mère en aparté.
- Si vous voulez bien m'excuser.
J'étais consciente que je venais de manquer de respect à mon Roi mais j'étais bien trop fatiguée pour m'en préoccuper. Je fis une petite révérence et m'empressais de sortir de la salle pour retrouver mes appartements. Malgré la difficulté de la tâche je les trouvais en moins de quinze minutes.
Ce fut un véritable soulagement de m'allonger sur mon lit. Je n'eus même pas le temps de réfléchir, je suis tombée dans un sommeil profond. La journée avait été interminable pour moi et demain allait sans doute être pire qu'aujourd'hui.
