Hi !

Me voilà de retour avec un nouveau chapitre ! Celui-ci est un peu plus tranquille que le précédent mais j'espère qu'il sera à votre goût.

Avant de commencer, je voudrais remercier Erimoon pour sa review. Mon salaire est de savoir que je peux transporter certaines personnes alors merci ! En espérant ne pas te décevoir à l'avenir ;)

Et bien sûr, merci à Lacrimis pour tout ce qu'elle fait pour moi, t'es la meilleure ;)

Aller, sans plus de bavardage, je vous laisse à votre lecture :)


...

Quand on te dit "ange", tu penses... ?

CHAPITRE 2

...

J'ai dit non ! s'écria Michael.

Lucifer était en train d'harceler son frère pour pouvoir se défouler sur Adam mais ce dernier ne savait pas exactement ce qu'ils se disaient. Ils parlaient dans une langue qui ne lui était pas familière et leurs voix étaient devenues insupportables pour des oreilles humaines. Adam se les bouchait comme il le pouvait mais du sang suintait d'elles, il le sentait. Il osait à peine imaginer ce que ça faisait d'entendre deux anges se crêper le chignon alors qu'ils sont sous leur vraie forme. Dans la cage, ce n'était déjà pas une partie de plaisir...

Adam ignorait depuis combien de temps Michael le défendait, mais à chaque fois que Lucifer s'approchait trop près de lui, il intervenait. En dépit des bonnes intentions de l'ange, ça commençait à l'embarrasser. Personne n'avait jamais pris sa défense, hormis sa mère, et il n'estimait pas en avoir besoin. Quoique cela soit un véritable soulagement de ne plus être torturer à longueur de temps.

L'adolescent perçut soudainement une espèce de « boum » et il comprit que Lucifer était retourné au rez-de-chaussée. A côté de lui, la lumière devint de plus en plus forte. Michael venait probablement s'asseoir près du jeune homme. La dernière fois qu'il avait osé tourner les yeux vers lui, il avait constaté que Michael, dans sa vague forme humaine emprunte d'une lumière aveuglante, avait reproduit sa propre façon de s'asseoir. En dehors du fait que ses yeux furent littéralement brûlés par la vue d'un ange, il avait été amusé de constater que Michael essayait de trouver une posture confortable en le copiant.

Ça devient gênant.

Quoi donc ? s'étonna Michael.

Le fait que tu me défendes comme ça.

Je te l'ai dit, je ne fais nullement cela pour toi.

Quand même. J'aime pas me sentir comme un être inférieur qui a besoin de protection.

C'est ce que tu es, affirma Michael.

Adam poussa un soupir. Il le savait que c'était ce qu'il était devenu mais il préférait se dire que ce n'était pas le cas. Du temps où il était humain – parce qu'on ne peut pas estimer être humain dans la cage – c'est lui qui prenait la défense des plus faibles. Sa mère disait souvent qu'il était comme le feu : imprévisible et vif. Cela lui rapportait souvent des heures de colles qu'il estimait déshonnêtes.

C'est quand même énervant.

Je ne comprends pas. Tu préfères être torturé ?

Non, j'suis pas maso ! se récria Adam. Mais imagine un instant qu'on prenne ta défense, à toi, le Grand Michael, un archange craint par tous.

Je n'ai pas besoin qu'on prenne ma défense, affirma Michael après un petit temps de réflexion.

Adam fit claquer la paume de sa main contre son front. Ces derniers temps, il discutait beaucoup avec Michael – par beaucoup, il entendait le maximum possible avec un ange, soit une dizaine de phrases entre d'infinis silences – et il tournait toujours les conversations de cette manière. Il fermait la discussion avec une phrase qui lui paraissait d'une évidence sans nom, laissant Adam complètement pantois. Ce dernier avait eu le temps d'observer que les anges manquaient cruellement d'imagination et aussi d'un certain sens de l'humour. Les quelques fois où le jeune homme s'était essayé à une vanne que n'importe qui aurait trouvée hilarante, il répondait par quelque chose qui n'avait aucun rapport. C'était bien pire avec les métaphores que l'ange décortiquait à chaque fois. Impossible de discuter avec ce type, s'était souvent dit Adam.

Encore une fois, il baissa les armes et décida que la discussion était close. S'appuyant sur ses coudes, il rejeta la tête en arrière et ferma les yeux. Il n'avait pas eue l'occasion de profiter d'autant de tranquillité depuis bien longtemps et cela, il le devait à Michael. Heureusement qu'il était là, tout compte fait.

Il y a quelque chose que je ne comprends pas.

Il y a des tas de choses que tu ne comprends pas, affirma Adam, d'un ton las.

Pourquoi tu aimes les hamburgers ?

Tant sa question l'ébranlait, Adam ne put s'empêcher de se tourner vers l'ange avant de fermer précipitamment les yeux. Pourquoi Michael lui posait une telle question ? La cage le rend vraiment étrange, celui-là.

Pourquoi j'aime ce que j'aime ? Ça, mon vieux, c'est une question sans réponse. Les goûts sont dans la nature, tu comprends ?

La nature, c'est mon père qui l'a créée.

Et il nous a créés pour qu'on invente ces merveilles de graisses et les aime. T'en as d'autres des questions dans ce genre ?!

Quelques unes.

Arrête ! s'exclama Adam, exaspéré. Je sais ce que tu penses de mon espèce. J'ai lu en toi quand tu étais à l'intérieur de moi. Je sais que jamais ta curiosité ne pourrait être attisée par les humains. Qu'est-ce que tu veux ?

Juste des réponses, répondit-il, peu affecté par les accusations de son ancien hôte.

Adam plissa les yeux. Il n'aimait pas beaucoup les questions de Michael. Elles paraissaient suspectes. Lui en avait des tas à son sujet mais ne les avait jamais posées par peur de se faire envoyer bouler. Il connaissait l'étendue de son amour pour sa famille ainsi que son indifférence totale envers l'humanité. Mais il ne savait pas grand-chose sur sa vie en dehors de quelques détails sur Lucifer quand ils s'apprêtaient à s'entretuer.

Si tu veux me poser des questions, il faudra répondre aux miennes, lui lança Adam.

Je ne vois pas ce que…

Contente-toi d'acquiescer, le coupa Adam. Quel âge as-tu ?

Je suis bien plus vieux que l'humanité, elle-même.

Ça ne me dit pas quel âge tu as, s'impatienta Adam, irrité.

Je ne saurais te le dire. Nous autres, anges, nous ne comptons pas les années.

Ni les jours ?

Non.

Donc ça veut dire qu'ici ou au Paradis, c'est du pareil au même pour toi. Bordel, vieux, tu dois te faire chier comme… non, laisse tomber.

Nous ne nous nourrissons pas, donc nous n'avons pas d'excréments.

Adam leva les yeux au ciel. Evidemment, il s'était retenu de débiter cette expression si humaine qu'il ne comprendrait pas et lui se vocalisait sur un détail de sa phrase qui lui avait échappé. Il secoua la tête, agacé.

Mais tu n'es jamais venu sur Terre avant ? Tu n'es venu que pour détruire ton frère ?

Non, j'étais déjà venu avant cela. Quelques fois. En l'occurrence, je suis venu éclairer les visions d'un prophète, du nom de Daniel qui avait prédit la venue au monde de tes frères mais aussi le fait que ce seraient nos véhicules à Lucifer et moi. Je suis aussi venu sauver la vie de Gabriel, entre autres. La plupart du temps, j'apparaissais pour protéger l'humanité des démons ou d'eux-mêmes.

Adam avait du mal à imaginer le point auquel la vie de Michael pouvait être redondante. Avant cette attaque de goules, il lui était déjà arrivé de sentir une certaine lassitude envers sa propre existence mais il n'avait pas idée de l'offense qu'il se faisait à lui-même, à l'époque.

Pourquoi fais-tu cette tête ? s'enquit Michael qui ne parvenait pas à identifier son expression.

Adam se dérida brusquement et lui dit qu'il ne faisait aucune tête. Avant que Michael ne continue à lui poser des questions sur ses grimaces, il lui dit de l'interroger sur ce qu'il voulait. L'archange réfléchit un instant.

Pourquoi as-tu finalement accepté d'être mon véhicule ? Tu savais que mes frères ne te rendraient pas ta mère alors pourquoi as-tu dit oui?

Tu ne l'as pas lu dans mes pensées quand tu étais en moi ? lâcha Adam, sarcastique. Ton frangin, Zachariah, m'a fait vomir mes tripes, alors…

Lucifer t'a fait bien pire et tu ne t'es jamais départi de ton courage. De plus, Zachariah était mort, tu pouvais très bien me dire non. Alors pourquoi ?

Je… j'en sais trop rien. Quand je t'ai vu apparaître, j'avais cette étrange question qui planait dans mon esprit et qui résumait assez bien mes pensées « qu'est-ce que ça fait d'être habité par un ange ? ». J'ai longtemps cru en vous. Quand j'étais gamin, je priais souvent les anges pour qu'ils protègent ma mère. Et même si en grandissant, je suis devenu un peu amer envers toutes ces croyances, elles ont été ravivées quand j'ai rencontré tes frères. Eux n'étaient que des enflures. Surtout crâne d'œuf, d'ailleurs. Mais quand j'ai senti ton énergie, si pure, si belle, si forte, j'ai songé que tu étais peut-être différent. Et puis, je voulais me rattraper avec mes frères. Je ne les ai pas cru un seul instant et j'ai insulté leur… notre père sans aucune hésitation mais ils sont quand même venus me secourir. Alors, j'ai dit oui pour que Dean n'ait pas à le faire… Et en plus, tu m'as enfermé ! J'avais le choix entre être cramé sur place et être possédé par un ange. C'était vite fait.

Michael resta silencieux pendant un long moment à tel point qu'Adam en vint à penser qu'il ne voulait plus parler, ce qui était probablement le cas. Mais lui n'en avait pas fini. Il avait bien envie de lui retourner la question.

Et toi alors ? Zachariah m'a clairement fait comprendre que je n'étais pas ton vrai véhicule alors pourquoi tu m'as choisi, finalement ?

Parce que tu as dis oui, admit Michael avec une sincérité qui déconcerta Adam.

Tu savais que j'allais dire oui ?

Non mais mieux valait tenter quelque chose avec toi, plutôt qu'avec Dean.

Il voyait donc Dean comme quelqu'un de plus entêté et fort que lui. Quelque part, Adam s'en sentit vexé. Il était pourtant au trente-sixième dessous, autant au sens propre qu'au figuré, mais son égo prit très mal cet état de fait.

Il fit la moue et s'allongea sur le sol ardent. Ces foutus anges réchauffaient la cage toute entière et si le corps d'Adam arrivait à se renouveler en eau alors qu'il n'en ingurgitait pas, il avait atrocement soif et il transpirait abondamment. Ça faisait bien longtemps qu'il s'était débarrassé de sa veste et de sa chemise en jean, qui étaient nouées autour de sa taille, mais il pensait de plus en plus fréquemment à se balader en caleçon dans la cage. Néanmoins, il lui restait des poils de fierté qui l'empêchait d'en venir là.

Sans déconner, si le soleil venait à disparaître vous pourriez le remplacer, se plaignit l'adolescent.

Pardon ?

J'ai remarqué que tu étais bien moins chaud que ton frangin, mais à vous deux vous créez une canicule dans un endroit qui ne voit même pas le soleil.

Michael ne répondit rien. Il était chaud, ça oui. Mais sous sa véritable apparence, il l'était bien plus.

Au fait, c'est quoi ces histoires de formes intermédiaires ? Sam m'en a parlé mais j'ai pas compris. Celle que tu as n'est pas la vraie ?

Non, la cage nous a modelé une nouvelle apparence qui inhibe nos pouvoirs. En réalité, je mesure plusieurs mètres de hauteur, ma voix est insupportable pour des oreilles humaines et je suis bien trop lumineux pour que tu puisses ne serait-ce que m'apercevoir. Je suis bien plus chaud aussi.

Heureusement. Me sentir comme Jack (NdA : Il fait référence à Jack dans « Jack et le haricot magique ») ne m'aurait pas vraiment emballé, en plus de cuire sur place.

Jack ?

Laisse tomber.

Un silence pesant s'installa entre l'ange et l'humain. Ce dernier avait eu les informations qu'il voulait et Michael ne voyait pas l'intérêt de poursuivre la conversation. Il ne savait pas qui était Jack et il n'en avait cure.

Bientôt, Adam plongea dans ses pensées les plus noires qui tournaient autour du désespoir qu'un jour il puisse sortir d'ici et de la peine de perdre sa mère. Sans parler de sa peur que Michael décide de ne plus le défendre et qu'il se fasse attraper par Lucifer. Il éprouvait aussi une certaine lassitude de vivre qui était bien plus présente avant que Michael décide d'intervenir dans ses séances de géhennes. Il aurait voulu ne plus penser à ces fatalités tortueuses mais c'était impossible dans ces moments de silences. Il n'allait jamais sortir d'ici, donc jamais mourir et donc toujours rester avec les deux anges les plus puissants de la création. Il était horrifié par cette idée, autant qu'il y trouvait un certain confort. Il était peut-être maso, tout compte fait, parce que cet endroit devenait peu à peu sa nouvelle maison. Pas qu'elle soit comparable à un lieu de convergence familiale où on aime se retrouver, mais la cage était juste le seul endroit où il pouvait rester, dorénavant.


Alors, ce chapitre ? Je tiens à le préciser, si on devait donner une estimation en temps, je dirais qu'au moins deux mois se sont écoulés depuis que Michael a secouru Adam, la première fois ;) Le prochain chapitre sera encore plus éloigné dans le temps mais je ne saurais donner d'estimation exacte parce que comme Adam, je suis un peu perdue à ce niveau-là.

J'espère que ça vous a plu, en tout cas ^^