Hey tout le monde !

Ici Pline ! Amy et moi sommes absolument ravies que ce prologue vous ait plu !

Comme vous le savez peut-être, Amyette est en vacances donc elle ne pourra pas répondre à vos reviews mais je peux vous assurer qu'elle en était très heureuse !

Ce chapitre a été écrit à quatre mains, une nouvelle fois ! Le chapitre deux a déjà été écrit mais j'attendrai un peu pour le poster puisqu'il me manque ma très chère collaboratrice !

À très bientôt et encore merci !


RaR :

Sasha : ARG ! Sashette ! Tu nous fait rougir ! Merci !

PBG : Tu peux parler que je te fais des reviews gentilles ! Tu as vu la tienne ?

L'anonym : Hey ! Oui, bien sûr que je me souviens de toi ! Ravie de te revoir dans le coin !

DNG : ARG mais pourquoi vous voulez tous nous faire rougir comme ça ?

Ankouette : Calme-toi, l'AIPM arrive. Il va falloir que tu sois forte, mouahahaha !

WJ : Elle est là, my love ! Calme-toi, s'il-te-plaît ! *hug*

Alicia : Merci ! :D


Seul

Tony DiNozzo se sentit mal avant même d'avoir ouvert les yeux. Une forte nausée le prit. Son crâne tambourinait mais pas assez fort pour l'empêcher de penser.

Il se releva, toujours sans ouvrir les yeux. Son pied heurta un cadavre de bouteille. Il n'y fit pas attention.

Enfin, il daigna ouvrir ses paupières collées par l'alcool.

Des murs sombres, sales, vides.

Où étaient les murs clairs et chaleureux ?

Il fronça les sourcils et ce simple geste empira sa migraine. Mais qu'est-ce qu'il racontait ?

Il vivait dans ce taudis depuis des années.

Foutue vie.


Il mit un pied à l'extérieur, le froid hivernal se jetant sans prévenir sur lui, grogna intimement, enfonça son visage cerné dans son col noir usé, et se dirigea vers le cinéma sans dédier un regard au monde extérieur.

Il était trop gris ce monde. Trop terne. Trop lui.

La gorge serrée, il pénétra dans sa vieille voiture rouge, vestige de son ancienne vie, mit le contact, et roula jusqu'à son lieu de travail. Il aurait dû être heureux de travailler dans un cinéma, il adorait ça après tout les films.

Ouais, mais balayer, c'est tout de suite moins glamour, songea-t-il avec amertume.

Il déglutit alors qu'il arrivait, arrêta le moteur, remarqua combien sa langue était pâteuse, jura contre le nombre de bouteilles qu'il s'était enfilé la veille au soir, et sortit du véhicule.

Il lança un regard à la devanture du beau cinéma, seule chose un peu moins monotone dans sa vie, inspira une profonde bouffée d'air, contourna la file d'attente encore vide, trébucha contre des ordures, et poussa finalement la porte arrière du bâtiment.

Bah oui, il aurait fait tâche dans le paysage s'il était passé par devant. M'enfin. Voyons.

Il haïssait sa vie. Il se haïssait.

Il y a encore quelques années il était un flic prometteur de Baltimore. Et puis sa vie avait perdu tout sens. Pourquoi continuer ?

Autant abandonner. Autant oublier. Autant boire.

Tony prit son balai et commença son service.

C'était l'après-midi, des jeunes venaient s'empiffrer de pop-corn en regardant des block busters inintéressants.

Il détestait leurs sourires, si sûrs, si innocents.

Ces foutus sourires qui lui rappelaient tout ce qu'il n'avait pas.

Il vérifia que personne ne faisait attention à lui – de toute façon, personne ne faisait jamais attention à lui – et sortit une flasque remplie d'un whisky bas de gamme.

Il s'en fichait. L'alcool lui brûla la gorge, il sentit ses sens faiblir.

Et soudain, vertige.

Des yeux bleus perçants le regardaient, inquiets. Il sentait des mains sur sa poitrine. Sa poitrine... Pourquoi il avait autant mal ? Et son cœur ? Pourquoi souffrait-il autant ?

Tony vacilla.

C'était bizarre.

Il n'était pas encore ivre, pourtant.

Il ferma les yeux, calma les battements tout à fait anarchiques de l'organe le tenant en vie, une fine pellicule de sueur apparaissant sur son front, et s'appuya bien plus que nécessaire sur son cher balai.

Peut-être que tu supportes moins bien l'alcool avec l'âge, songea-t-il alors qu'il se forçait à rouvrir les yeux.

Il frissonna.

Toujours ces mêmes prunelles bleues glacées le fixant avec ardeur.

Il fronça les sourcils, sentant soudain le sol se dérober sous son poids, et découvrit avec ahurissement les murs oranges d'un Open Space.

Mais comment savait-il que c'était un Open Space ? Et d'où venait-il ?

Une main se posa fermement sur son épaule.

Et le rêve éveillé se fendit en deux dans un craquement répugnant.

« Monsieur DiNozzo, je peux savoir ce que vous faites avec cette bouteille d'alcool dans la main ? » pesta une voix masculine contre son oreille.

Il ne réussit même pas à lui répondre, hébété, l'esprit à l'envers.

Il allait vraiment devoir arrêter la boisson avant de devenir complètement schizophrène.


Il avait été viré. Il s'y attendait, ce n'était même pas une surprise.

Son patron – son ex patron – l'avait prévenu assez de fois. Arrêter de boire au travail, après si ça lui chantait mais pas au travail.

Foutu boulot.

Ça ne lui plaisait même pas de toute façon.

Passer le balai, à qui ça pouvait plaire ?

Il s'en fichait que cela soit un cinéma. Il n'aimait plus le cinéma.

Et puis, qui écouterait ses références stupides ?

Personne. Personne ne l'écoutait.

Il était seul.

Foutue solitude.

Pourquoi continuer ?

Il perdait la tête. Pourquoi il continuait à voir ses yeux ? À les sentir sur lui ?

Il ne les avait jamais vu de toute façon.

Pas dans cette vie.

Tony s'avachit sur un banc, démantibulé, brisé, vidé. Il ne remarqua pas la vieille dame qui lui lança un regard offusqué et s'en alla.

Il but.

« Je perds la boule, pensa-t-il. Après tout, c'est tout ce qu'il me restait »

Et ses yeux.

Il ferma les siens. Il devait se rappeler.

À qui appartenaient-ils ? Ils étaient importants.

Des yeux bleus, glacés mais qui vous réchauffaient l'âme.

Il devait se souvenir, bordel !

Passant une main éreintée sur son visage, il se leva brusquement, son sang battant dans ses veines, et s'élança dans la rue bétonnée, peu enclin à prendre son véhicule pour rentrer chez lui.

Et à rentrer chez lui tout court en fait.

Une mélancolie et un dégoût de la vie peu communs collaient au mur de son appartement, et il n'avait pas envie de voir ça.

Il marcha sans but, sans voir, sans entendre, les mains dans les poches, le regard perdu devant lui.

Aller de l'avant, ils disaient.

Mouais, aller de l'avant pour voir un avenir encore plus obscure que le présent ? Non merci, ça va aller, je ferai sans.

Rouspétant silencieusement contre la Terre entière, son attention fut soudain attiré bien malgré-lui par un jeune couple sortant d'un restaurant.

Main dans la main, collés l'un à l'autre.

Il fronça le nez. C'en était presque mignon leur histoire.

Lui, l'amour, ça faisait pas mal de temps qu'il avait cessé d'y croire.

Il s'avança un peu plus dans l'allée, ne quittant pas des yeux le jeune homme contre toute logique.

Et puis il croisa son regard, un regard clair, respirant la vie.

Et un adjectif vint lui mordre la langue.

Le bleu.

Sans réfléchir – mais réfléchissait-il vraiment encore ? – il s'élança vers le couple.

« Hey, le Bleu ! » cria-t-il d'une voix pâteuse.

Le jeune homme lui lança un regard intrigué.

« Ça va le Bleu ? J'vois qu't'as trouvé une jolie dame, marmonna-t-il en prenant la main de la jolie blonde et en lui faisant un maladroit baise-main.

- Lâchez-la ! »

Cette voix lui était familière.

Un nom s'imposa dans son esprit.

« Tim ?

- Je vous connais ? »

Il eut un violent haut-le-cœur mais se retint de recracher tout l'alcool ingéré depuis son réveil.

« Tim... murmura la jeune femme d'une voix suppliante. Allons nous en. »

Tim observa l'homme en face de lui : vieilli par la boisson, abîmé par la vie.

Comment connaissait-il son prénom ? Il ne l'avait jamais vu.

« Tu as raison, Rose, partons. »

Et sans un regard en arrière, ils s'éloignèrent de Tony.

Le laissant tout seul.

Encore.

C'était ridicule, ils ne les connaissaient pas. Il ne savait pas comment il avait pu savoir le nom de ce type. Peut-être il avait juste une tête à s'appeler Tim. Ou le Bleu.

Mais il était parti et ça faisait ridiculement mal.

Il avait espéré...

Il avait espéré quoi au juste ? Ça faisait longtemps qu'il n'avait plus d'espoir.

Une douleur effroyable déchira sa poitrine en deux et le fit tomber à genoux sans sommation.

Son crâne semblait soudain envahi d'une meute d'abeille carnivores affamées qui le dévoraient de l'intérieur.

Il gémit de douleur, ses mains venant soutenir ses joues brûlantes.

Le sol se déroba alors avec une violence inouïe sous ses pieds, et il s'affaissa par terre, ne supportant plus la souffrance qui irradiait chaque molécules de son corps.

Mais qu'est ce qu'il m'arrive ?!

Des larmes brûlantes au coin des yeux, la gorge maintenue par un étau de fer, il distingua soudain des chaussures cirées à la perfection.

Releva les yeux.

Et recroisa le regard bleu scintillant de vie.

Tim se pencha vers lui, un léger sourire moqueur aux lèvres.

« Hé bah Tony, debout, sinon Gibbs va te tuer ! »

Il bafouilla, tenta de toutes ses forces de lui répondre.

Mais une lame brûlante s'enfonça dans sa poitrine.

Il suffoqua.

Et puis plus rien.

Le noir.