Prologue partie 2 : Tout Loud qui monte, doit redescendre

((Note du traducteur :

Rebonjour à tous, voilà la seconde partie du prologue. Ça y est, on y arrive, l'Outremonde est à portée d'âme ! (*clin d'œil*)

Bon plus sérieusement, ce chapitre fut trèèès difficile pour moi, et m'a poussé plusieurs fois à vouloir abandonner. Non pas qu'il a été spécialement compliqué à traduire, mais à cause de fichiers corrompus à plusieurs reprises (parce qu'il y a des fois où le karma ne t'aime pas), j'ai dû réécrire le chapitre 3 fois. 3. FOIS. Autant dire que j'ai failli plus d'une fois balancer mon PC, pour me mettre ensuite en position fœtale sous mon bureau. Mais peu importe, on y est arrivé ! Moral de l'histoire les enfants : "Si traduire vous voulez, que votre PC ne fasse pas de caprice vous devez espérer."

Allez, sans plus attendre, je laisse la parole à Superdimentio77.))

Hey les gars. Le prologue continue, mais plus pour longtemps. Il y a encore un peu d'exposition et de singeries de Bienvenue chez les Loud, avant qu'on attaque la partie intéressante.

Bienvenue chez les Loud et Undertale ne m'appartiennent toujours pas, peu importe combien je souhaite que ça soit le cas...


Samuel J. Mota était un homme fier. Il avait une équipe fière, des objectifs fiers, et une santé fière. Mais le joyau de sa fierté était sans aucun doute son hôtel.

Le Golden Flower Resort était l'un des hôtels les plus visités et les plus adorés du pays tout entier. Les rumeurs concernant la montagne juste derrière ne ternissaient pas le moins du monde sa réputation, bien au contraire. Les étages étaient impeccables, idem pour le service, et surtout, ils étaient toujours préparés.

Mais il aurait dû savoir que ça ne pouvait pas durer.

Il avait entendu des rumeurs, des histoires via le bouche-à-oreille entre les directeurs de différentes institutions concernant une famille maudite grandissante, quelque part dans le Michigan. La famille Loud.

Il avait toujours pensé que ces rumeurs étaient des exagérations, des images floues des pires expériences de ces personnes avec la clientèle, condensées en une grande famille imaginaire. Mais quand il reçut le nom du gagnant du Tournoi National de Sabres & Cyborgs qui avait choisi son établissement pour s'y relaxer, la réalité lui frappa son visage parfaitement rasé.

Ils existaient.

Mais l'homme ne stationna pas immédiatement en mode panique (*Rimshot*). Il pouffa même d'amusement ce jour-là. Donc ils existaient, et alors ? Il avait déjà géré des groupes de plus de treize personnes. Tiens, son hôtel avait connu un mariage de 70 invités, et y avait survécu sans perdre un cheveu. Peu importe ce dont ces 'Loud' étaient capables, il les attendait. Car comme toujours, il s'y serait préparé.

...

Il n'était pas préparé.

Trois jours. Trois jours qu'ils étaient là, et l'hôtel avait connu plus de catastrophes en ce cours laps de temps que depuis les deux années précédentes.

Des paniers de basket cassés, des amplis stéréo grillées, des seaux d'eau tombant aléatoirement sur des personnes (parfois à l'extérieur), des témoignages d'une fille solitaire apparaissant et disparaissant au hasard dans les couloirs, des gribouillages et des notes en bas des pages de certains bouquins, des batailles de bains de boue, la spa toujours réservée, d'immondes odeurs...

Et vous n'aviez pas intérêt à lui parler des buffets-à-volonté. Pour la première fois depuis toujours, ils s'étaient vraiment retrouvés en pénurie de nourriture. Dix cuisiniers, et ils étaient en pénurie.

C'était un cauchemar, et un dont il ne pouvait pas se réveiller, même s'il essayait. Son hôtel était connu pour faire face à toutes les sortes de calamités avec expertise, et le slogan 'Le Client a toujours raison' était pratiquement imprimé dans les veines du personnel. De ce fait, leur en refuser l'accès aurait été la seule vilaine tache sur un parcours sans faute de 15 ans ! De plus, ils n'avaient techniquement blessé sérieusement personne. Pas encore.

Enfin, peut-être son propre dos qui se voûtait de désespoir depuis deux jours. Mais ça comptait à peine.

Cependant, une pensée frappa ensuite l'homme malheureux. Et si c'était un nouveau défi que lui lançait la vie ? Pour qu'il prenne des décisions auxquelles il n'avait jamais songé auparavant ? Samuel se releva, soulevant enfin sa tête de la flaque de larmes sur son bureau. Le temps des pleurs était terminé ! Il n'allait pas être effrayé par une famille de hooligans, il allait les conquérir comme il avait conquis le cœur de milliers de clients avec les valeurs et le service de sa station de vacances ! PARCE QU'IL ÉTAIT-

"Hum, monsieur ?" dit le réceptionniste en entrant dans le bureau du directeur. "De nouveaux problèmes sont survenus. Le sol du troisième étage a été ciré jusqu'à un niveau dangereux de glissade, deux serveurs ont littéralement été expulsés par le concert de ce soir, et le Chef Louis s'est enfermé dans le placard du concierge, et refuse d'en sortir. Il pleure dedans depuis le moment où quelqu'un lui a dit combien de jours la famille Loud allait rester dans cet hôtel."

La surface en bois du bureau n'allait pas se sentir seule plus longtemps, car il y écrasa son visage exactement au même endroit, résumant son chagrin. Il se rappelait aussi qu'ils allaient encore rester pendant onze jours. Sa misère ne faisait que commencer.

La seule chose qui lui permettait au moins d'aller de l'avant était cette randonnée en haut de la montage qu'allaient faire les Loud le lendemain. Ils allaient passer une nuit là-haut, loin de lui et de son précieux hôtel. Ils allaient revenir, mais il allait au moins dormir en paix pendant une nuit, sans se sentir obligé de repenser à cette famille maudite.

Samuel resongea à ce mot. Maudite. Ce n'était pas un homme superstitieux, et il pensa que ce vœu pieux était peut-être un tantinet cruel.

Et pourtant, une partie de son esprit continuait de prier. Prier pour que la légende du Mont Ebott s'avère vraie...


La lune s'élevait dans le ciel, et à l'étage de la Suite Royale, la fête battait son plein pour les enfants Loud, qui étaient tous en pyjama. Tandis que leurs parents étaient descendus boire un verre de vin ou deux, les enfants furent laissés à l'intérieur de l'immense chambre, qui était suffisamment grande pour les regrouper ensemble dans la même pièce, pendant que leurs parents occupaient une chambre séparée. Certains se plaignirent de ne pas avoir aussi une chambre à eux, mais ils s'y conformèrent assez vite, sans échapper à quelques bagarres bien entendu.

Lori achevait sa conversation d'une heure avec Bobby, gloussant mémorablement au poème du garçon concernant sa beauté.

Leni bataillait avec la ceinture de sa robe de chambre, déterminée à percer les secrets de la conception du mystique 'nœud'.

Luna divertissait Lily, en lui interprétant une version rock de Trois Petits Chatons, au plus grand plaisir de la bambine.

Luan lisait avec satisfaction un livre intitulé 'Comment faire de Halloween un Halolween en 28 étapes à se tordre de rire', ses lunettes de lecture fantaisistes sur son nez.

Lola était occupée à mâcher un fondant au chocolat fait-maison, ne se souciant pas des taches de saleté qu'elle faisait sur elle. Au diable les bonnes manières, elle avait du chocolat !

Lisa et Lucy participaient à une partie d'échecs. Le jeune génie avait besoin de perfectionner ses stratégies, et Lucy ne pépiait pas un mot en perdant ses pions noirs, partie après partie.

"Tu sais, je considère que tu as une intelligence moyenne un brin supérieure pour ta tranche d'âge, et je t'ai déjà vu jouer à ce jeu auparavant. Donc pourquoi n'essaies-tu pas de te défendre face à mes assauts ?" demanda Lisa, déjà à sa 14ème victoire d'affilée.

"J'aime juste voir mes pions être emportés." admit Lucy de sa voix monotone. "Nous sommes tous les pions de l'impitoyable jeu qu'est la vie. Et nous seront tous emportés un jour ou l'autre."

Lisa fixa simplement sa sœur, lui retournant son regard stoïque. Elle se tourna ensuite vers la caméra. "Et on dit que je suis la plus rationnelle."

Enfin, Lynn, Lana et Lincoln étaient engagés dans une bataille d'oreillers, sautant sur le lit triple tandis que des plumes virevoltaient dans tous les sens. Lynn était un maître féroce dans l'art du lancer d'oreiller, mais Lincoln savait bien se défendre, et Lana avait quelques atouts dans les manches de son pyjama.

Esquivant un autre oreiller, Lincoln se tourna vers la caméra. "Bon, je dirais que tout le monde apprécie ce voyage jusque-là. Enfin, peut-être pas le personnel. Ni les autres clients. Hey, j'y peux rien si j'adore tant glisser sur du sol ciré !" Il pivota, et donna un coup d'oreiller retourné à une Lana bondissante, la faisant rouler jusqu'à Lynn, et heurter les chaussettes de l'athlète dans le processus. "Dans tous les cas, notre séjour a été génial. Mais demain, ça sera encore mieux. Parce que demain, je vais peut-être enfin voir-"

POMF !

Le monologue de Lincoln fut interrompu par une double salve de tissu rembourré s'écrasant sur son visage, le faisant tomber du lit. "Hey grand frère ! Moins de réflexion, plus de coton !" cria Lana, rigolant avec Lynn.

"Joli tir les filles. Et désolé, je repensais juste à demain, c'est tout." s'excusa le frère.

"Tu veux parler de cette excursion pour aller camper en haut de la montagne dont tu as parlé toute la semaine ?" dit Lynn en levant un sourcil. "Qu'est-ce qu'elle a de spécial d'ailleurs ?"

"Je me posais la même question." sortit Lucy, faisant sursauter Lincoln de frayeur.

"Ouais, moi aussi. Je veux dire, tu en fais tellement une montagne. Hahaha, vous avez compris ?" rit Luan.

"En fait, il y a une meilleure question à poser." intervint Lori, qui venait de terminer sa conversation mielleuse. "Pourquoi as-tu voulu venir ici en premier lieu ? Tu aurais pu choisir d'aller à Lacto World en Virginie, ou à San Diego où il y a cette énorme convention Ace Savvy qui se déroule en ce moment, et pourtant tu as choisi de venir ici. Pourquoi ça ?" demanda la blonde avec une sincère curiosité.

Toutes les sœurs entouraient désormais Lincoln, toutes se posant la même question. Le garçon pacifia rapidement la foule. "Eh bien, c'est en quelque sorte une longue histoire. D'abord, installons-nous confortablement."

En peu de temps, toutes les filles s'assirent en cercle sur le large lit, toutes vraisemblablement curieuses de connaître l'histoire de leur frère. Les lumières de la pièce furent atténuées, afin d'instaurer une atmosphère au cas où les mots de Lincoln s'avéraient croyables.

"Parfait." prêcha-t-il. "Tout ce qui manque est un feu de camp, mais je ne pense pas que ça soit possible."

"Genre, pourquoi pas ?" demanda innocemment Leni.

"Car, Leni, il n'est pas nécessaire d'ajouter 'Pyromanie' à notre liste d'infâmes actions qui vont à l'encontre de cet établissement." expliqua Lisa.

"Pi-Romanie ? Mais je croyais qu'on était en Louisiane." dit la fille aux cheveux blond clair, confuse. Lisa soupira simplement. Triste de dire qu'elle s'y était désormais habituée.

"Ne vous en faites pas, je gère." décompressa Luna, sortant son portable et sélectionnant une appli spéciale. Là, elle fit défiler un briquet, une allumette, un lance-flammes, une Princesse des Flammes, et valida finalement une image d'un feu de camp, avec des sons de crépitements.

Lincoln sourit d'admiration. "Impressionnant..."

"Tu l'as dit frangin." dit Luna, échangeant un check avec le garçon à l'habit orange, et posant son portable au milieu du cercle humain, la faible lumière couleur ambre du feu se reflétant sur le visage de tous les frère et sœurs.

Maintenant sûr que tout était en place, Lincoln racla sa gorge pour attirer toute l'attention.

"Cette histoire débute en des temps immémoriaux." commença Lincoln avec une voix de narrateur. "Il est dit qu'il y a bien longtemps, deux races régnaient sur le monde : les Humains et les Monstres. Les deux races coexistaient pacifiquement et en parfaite harmonie. Les humains apportaient la force et la volonté, tandis que les monstres amenaient la cohésion et la magie. Les deux races connurent une ère de prospérité, et tous souhaitaient qu'elle dure éternellement. Mais, malheureusement, ce ne fut pas le cas." Il fit une petite pause pour l'effet dramatique.

"Un jour, une guerre éclata entre les deux races, la raison de ce combat s'étant perdue au fil du temps. Ce que l'on sait est qu'après une longue et fastidieuse bataille, les humains furent victorieux. Mais au lieu d'en finir avec les monstres restants, ils éprouvèrent de la pitié. De ce fait, les monstres furent emmenés de force dans et sous la montagne, leur nouvelle maison et prison. Et pour s'assurer qu'aucun monstre ne puisse s'échapper, sept des plus grands mages humains érigèrent une barrière magique pour sceller les monstres sous terre. Il fut demandé aux humains de se tenir éloignés de la montagne, mais comme les monstres avaient disparu, la magie en fit de même. La véritable raison fut progressivement oubliée, et l'avertissement devint une légende, car on raconte que ceux qui escaladent le Mt. Ebott ne reviennent jamais."

À ce moment-là, la plupart des sœurs ne pouvaient que lever les yeux au ciel d'enjouement ou de fatigue. Leur frère était de nouveau piégé dans ses propres petites fantaisies et légendes, comme avec la 'véritable raison' pour laquelle les chaussettes gauches continuaient de disparaître. Les seules qui n'agissaient pas ainsi étaient Lily, qui continuait de sourire distraitement, et Lucy, qui se trouvait intéressée par le sujet de la légende.

"Donc c'est pour ça que tu as voulu venir ici ? Pour un stupide conte de fée vague ?" demanda brutalement Lori.

Mais Lincoln ne fut pas dissuadé du tout. "Ah~, mais c'est là que tu te trompes, ma chère sœur. Non seulement ce conte n'est pas stupide - je veux dire, t'as pas trouvé plus rude ? - mais en plus ça ne s'arrête pas là. Ce n'était que pour préparer le terrain pour la partie intéressante." dit mystérieusement le frère, frottant ses mains en voyant les yeux de ses sœurs s'écarquiller, lui indiquant qu'il avait de nouveau leur attention. Ainsi, la narration se poursuivit.

"Il n'y a pas si longtemps, mais suffisamment pour que cette histoire soit en partie oubliée, il y avait un petit village. Le mystère entourait cet endroit, car les habitants se tenaient à l'écart du reste du monde, un peu comme les Amish, mais en moins sympas. Bien qu'il n'y avait rien de spécial à dire concernant le village, il y avait cet enfant qui un jour décida d'escalader le tristement célèbre Mont Ebott. 'Pourquoi ?' était la question que tout le monde se posait, mais la seule chose de sûre était que le jeune enfant n'était pas revenu. Les jours passèrent, puis les semaines, puis les mois, mais l'enfant ne réapparut simplement pas." Le visage de Lincoln gagna un sourire sournois. "Jusqu'à un jour fatidique."

Une aura de malveillance se fit sentir à l'intérieur de la pièce. Les filles commençaient à remuer à leurs places, certaines déglutissant d'appréhension, et d'autres sentant un long filet de sueur descendre le long de leur cou. Leni se tenait à sa grande sœur par sécurité, n'aimant pas du tout où tout cela menait.

"Ce jour-là était comme n'importe quel autre jour ensoleillé pour le petit village. Mais soudainement, des cris d'effroi résonnèrent parmi les villageois, car ils étaient témoins d'une scène véritablement horrifiante. Plusieurs mois après qu'il ait disparu, l'enfant fut revenu au village, mais pas entièrement. Allongé sur un lit de fleurs dorées, fierté du village, il y avait le corps sans vie de l'enfant." Des dents commencèrent à claquer, et les filles se collèrent un peu plus pour se rassurer. Lincoln continua malgré tout. "Oh, mais ça ne s'arrête pas là, car voyez-vous, le corps n'était pas le seul présent. Non, quelque chose, oserai-je dire quelqu'un, l'avait ramené. Mais pourquoi aucun des villageois n'a posé de question à cette personne ?" Lincoln fit une autre pause, et attrapa lentement quelque chose dans son dos. "Parce que VOILÀ CE QU'ILS ONT VU !"

Lincoln sortit une feuille de papier de derrière lui, se révélant être un dessin, et toutes les filles haletèrent de choc et d'effroi quand elles le virent dans la lumière du feu de camp digital.

Cela ressemblait à une chèvre anthropomorphique avec de la fourrure blanche rebelle, de longues oreilles, une étrange tenue, et de longues cornes taillées comme celles d'un démon. Ses yeux étaient intégralement noirs, à l'exception des deux iris rouges sang qui brûlaient comme les flammes de l'Enfer-même, avec des lignes ébènes descendant de son museau. Sa bouche était figée en un grognement, révélant une langue salivante et une rangée de dents affûtées comme des lames de rasoir. Ses longues griffes semblaient sur le point de déchirer quelqu'un en morceaux sanglants.

D'une manière générale, ce dessin était un condensé de cauchemars, et c'était ce que pensaient les sœurs Loud tremblantes, qui s'imaginaient déjà pourchassées par l'abominable chèvre cette nuit dans leurs rêves. Elles reculèrent la tête chaque fois que le dessin fut tourné vers leur direction générale, sentant son regard percer leurs âmes.

"Oui, effrayant n'est-ce pas ?" dit Lincoln en plissant les yeux. "Mais les villageois, toujours frappés d'horreur, décidèrent à la place de prendre leur courage à deux mains, et attaquèrent la bête. Des flèches et des lances furent tirées, des fourches et des épées transpercèrent sans relâche le monstre. La créature gronda et pesta, mais n'eut aucune chance d'attaquer. Après avoir tout donné, les villageois reculèrent. Le monstre était blessé, mais certainement pas mort. La partie la plus bizarre de toutes ? Il leur sourit. C'était sinistre, comme s'il savait quelque chose qu'ils ignoraient. Et sans un mot, le monstre prit le corps de l'enfant dans ses bras, se retourna, et repartit en direction de la montagne, conservant son sourire cryptique tandis qu'il disparaissait à l'horizon."

Lincoln reposa le dessin, et voyant ses sœurs carrément terrifiées, décida de conclure son petit conte. "Cela s'est passé il y a bien des années. Mais pourtant, l'histoire n'est pas encore terminée. L'avertissement refit surface avec cet événement, mais ça n'arrêta pas certaines personnes d'essayer de visiter la montagne. Et alors que la plupart d'entre eux en sont revenus, ce n'est pas le cas de quelques enfants, six pour être précis. Pas le moindre indice n'a été trouvé concernant leurs disparitions, ils se sont simplement volatilisés.

Il est dit qu'ils ont trouvé une grotte particulière, creusée dans la montagne, et que si vous écoutez attentivement, vous pouvez toujours entendre les cris d'appel à l'aide des enfants depuis l'intérieur de la grotte... et les grattements de la monstrueuse chèvre qui y habite toujours..."

"MEEEEEEEH !" bêla soudainement Lynn, faisant fortement hurler les autres de terreur absolue. Une fois qu'ils se sont calmés, ils fixèrent tous furieusement la sportive, qui se roulait sur le matelas de rire. "HAHAHAHA ! Oh la vache, vous auriez dû voir vos têtes ! J'ai même vu tes yeux, Lucy !" Elle fut rapidement tue par une avalanche d'oreillers et de coussins, l'enterrant vivante. "Vous n'avez aucun sens de l'humour les gars." résonna sa voix étouffée.

Lori attendit que son cœur arrête de battre aussi vite que Luna pendant ses solos de batterie, avant d'essayer de calmer une Leni frappée d'horreur qui compressait son corps. Elle y arriva finalement, avec l'aide collective et rassurante de Luan et de Luna, puis se tourna vers son frère.

"Je dois l'admettre Lincoln, c'était une assez bonne histoire. Elle m'a presque fait peur." dit l'aînée avec une fierté bornée. Sa façade fut momentanément brisée quand les jumelles firent un bêlement collectif, ce qui poussa Lori à lâcher un petit cri aigu, avant de pousser furieusement le duo ricanant hors du lit. Elle regagna instantanément son calme. "Mais sérieux, tu crois vraiment à toutes ces idioties ? C'est clairement une histoire inventée par les gens du coin pour attirer les touristes naïfs afin qu'ils leur achètent toute leur camelote."

"En fait, notre frère n'a pas complètement tort." interrompit Lisa. Tout le monde regarda le petit génie comme si une seconde tête venait de lui pousser. "Pourquoi tout ce contact visuel soudain ?"

"Tu le crois ? Toi, la fille qui a arrêté de croire à la Petite Souris à 2 ans ?" demanda Lori d'ahurissement.

"Un instant, ce n'est pas ce que j'ai dit." répondit Lisa en faisant 'tsk tsk'. "J'ai dit qu'il n'avait pas complètement tort. Je ne dis certainement pas que je crois à ces histoires excentriques à propos de monstres et de magie. Comme tu l'as dit, ce ne sont que des balivernes enfantines, simplement trop ridicules pour la femme scientifique que je suis." Elle réajusta fièrement ses lunettes. "Mais il y a un point de vrai dans son histoire."

"Lequel ?" demanda Lynn, encore dans les vapes suite au coussin-mageddon qu'elle venait de recevoir.

"Celui concernant les enfants disparus." Cela déclencha des halètements de la part de l'audience. "Au cours du siècle dernier, six enfants ont bel et bien disparu sans laisser le moindre vestige de leur passage, et tous ont effectivement mentionnés quelque chose à propos d'une certaine caverne taillée dans le modeste pic avant leurs disparitions. Pour citer notre seul et unique frère, ils escaladèrent le Mt. Ebott, et ne revinrent jamais."

"Vous voyez ? Je vous l'avais dit." jubila Lincoln devant Lori, qui leva simplement les yeux au ciel.

"Oh s'il te plaît. Ce n'est qu'une stupide coïncidence exagérée."

"Je ne sais pas Lori. Tu devrais faire gaffe, ce genre de pensée peut te mener à des ennuis plein l'Ebott, hahaha !" craqua Luan, faisant grogner les autres.

"J'ai personnellement aimé la partie concernant le monstre-chèvre. Le feu dans ses yeux est comparable à la froideur de ceux de mon cher Edwin." marmonna Lucy, observant le dessin.

"Eh bien c'est cool et tout, mais qu'est-ce que tu comptes accomplir avec toutes ces infos ?" demanda Lola, les mains sur ses lèvres.

"Je suis content que tu demandes !" chanta Lincoln, montrant une carte à ses sœurs. "Voyez-vous, il se trouve que les terrains de camping dans la montagne suggérés par l'hôtel sont situés juste à côté de là où la fameuse grotte est supposée être. Et moi, Lincoln Loud, enthousiaste du paranormal, je vais la prendre en photo !" Son expression d'excitation devint ensuite un peu plus honteuse. "Du coup, je voulais vous demander les filles si ça vous dirait de me rejoindre pour la photo ?"

Lola souffla. "Ouais, ça ne risque pas d'arriver. Maudite ou pas, il est hors de question que je mette un orteil sortant d'une pédicure parfaite à l'intérieur d'une grotte dégoûtante."

Lincoln arqua un sourcil. "À l'intérieur ? Je ne vais pas à l'intérieur, je veux prendre une photo de l'entrée de la grotte. Je suis peut-être brave et enthousiaste, mais je ne suis pas fou."

"Mais pourquoi as-tu besoin de nous, brother ?" demanda Luna.

"Eh bien... je pensais juste que la photo aurait été bien meilleure si vous étiez toutes dessus." admit Lincoln en rougissant, conscient d'à quel point cela devait sonner ringard.

Les filles se raidirent, mais sentirent leurs cœurs se réchauffer. Il l'ignorait peut-être, mais Lincoln savait comment les prendre par les sentiments. De plus, elles sentirent que cela pouvait être un bon moyen de lui rendre sa gentillesse. Elles n'auraient jamais pu venir dans cette somptueuse station de vacances s'il n'avait pas choisi de partager sa victoire avec elles.

Lori soupira, et pourtant sourit en même temps. "Oh très bien, on va prendre cette photo avec toi. C'est le moins que l'on puisse faire." dit-elle, ce à quoi les autres hochèrent la tête.

Lincoln haleta de joie, et bondit sur ses sœurs, qui lui retournèrent le câlin. Juste un petit moment de pure tendresse entre les frère et sœurs Loud.

Cela fut seulement interrompu par des bâillements à l'unisson, ce qui les fit un peu glousser. "Eh ben, je suis morte. On ferait mieux d'aller pioncer avant de prendre la route demain matin." dit Lana, sentant la fatigue envahir son petit corps.

"Ouais, j'ai, genre, trois douches à prendre avant qu'on parte !" dit Leni, levant un certain nombre de doigts pour le prouver. Luna en baissa judicieusement un pour arriver au nombre exact, ce qui fit sourire innocemment la bonde.

Et ainsi, après s'être brossés les dents, avoir utilisé du fil dentaire, s'être rincés le visage, avoir forcé Lana à faire toutes ces nécessités hygiéniques, avoir embrassé leurs parents et leur avoir souhaité une bonne nuit, les enfants Loud s'amenèrent eux-mêmes au lit, et tombèrent de sommeil. Durant la nuit, leurs rêves semblaient tous tourner au fantasy, essayant d'échapper au terrifiant homme-chèvre, et imaginant ce à quoi tous ces monstres de fables pouvaient ressembler.

Bien que bientôt, ces créatures ne seraient plus seulement de fables...


Les choses s'enchaînèrent assez vite à partir de là. La famille engloutit rapidement son petit-déjeuner, n'y allant certainement de main morte sur la sauce au chocolat. Puis ils se rafraîchirent, et organisèrent leurs affaires pour la petite excursion.

Après cela, les parents Loud prirent la carte, et allèrent au point de vente d'équipement. Cette partie aurait pu s'éterniser, s'il n'y avait pas le personnel vraiment dynamique de la station qui avait été suffisamment aimable pour leur offrir de très grosses baisses de prix, réduisant grandement le temps supplémentaire à l'hôtel. Rita et Lynn Sr. trouvèrent cela légèrement bizarre, mais qui étaient-ils pour refuser quelques économies ?

Quoique la famille pouvait jurer avoir entendu de la Rumba commencer à émaner de l'hôtel à l'instant où ils en sortirent.

Le parcours jusqu'en haut de la montagne fut plutôt plaisant. Même s'il y eut quelques cris, comme lorsque Lana faillit croquer des baies sauvages, dont l'analyse de Lisa révéla qu'elles avaient des propriétés diarrhéiques, et que leur consommatrice n'aurait plus été capable de s'asseoir pour les deux semaines suivantes. Lana aimait s'asseoir, donc elle bouda judicieusement les baies.

Luan eut un léger différent avec quelques ratons-laveur, après avoir fait une très mauvaise vanne à propos de leurs rayures. Les ratons-laveur aimaient apparemment leurs rayures, vu la façon dont ils l'attaquèrent violemment.

Lynn apprit également que la constitution minérale du Mt. Ebott était bien plus solide que les autres, après avoir parié qu'elle pouvait fendre une pierre avec un bon coup de pied. Lynn avait gagné de la sagesse et un pied endolori, tandis que Lola avait gagné cinq dollars.

Mais il y eut aussi quelques bonnes surprises, comme le fait que le réseau passait parfaitement au Mt. Ebott, permettant à Lori de textoter avec Bobby à n'importe quel moment sans interruption. Cela mit l'aînée de très bonne humeur.

Lisa s'en donnait aussi à cœur joie, notant avec enthousiasme toutes ses découvertes concernant la faune et la flore de l'Ebott dans son carnet, qui devint rapidement rempli d'encre noire. Des pissenlits rouges ? Des marmottes de soixante centimètres de long ? Des oiseaux moqueurs brillant dans le noir !? Le petit génie se surprenait elle-même avec le rire enfantin qu'elle lâchait aléatoirement.

N'importe quelle parcelle d'herbes semblait satisfaire Lily, qui s'y roulait, colorant sa couche et elle-même d'une légère nuance de vert. Lucy utilisait par ailleurs la nature à son avantage, trouvant en vérité beaucoup d'endroits ombragés pour y marcher, évitant le harcèlement constant du soleil.

Au cours de leur périple, la famille errante trouva même un lac pour s'y reposer. Les enfants ne purent résister à l'envie d'y plonger, et tous se parèrent des maillots et shorts de bain que Lola avait pris pour tout le monde ("Qui c'est qui emmène trop d'affaires maintenant, hein !?"). Dans l'eau, Leni assuma ce qu'elle avait accepté comme étant sa deuxième identité. Il n'y avait plus de Leni à ce moment-là, seulement le mystérieux et totalement étonnant Polo.

Une fois la nuit venue, la famille s'arrêta aux terrains de camping préfixés, cuisant quelques burgers sur le mini-grill loué, et caramélisant des marshmallows comme le voulait la tradition autour du feu de camp. Un vrai cette fois ! Luna était heureuse de prendre des demandes, rockant avec cette guitare acoustique comme si c'était une vraie Stratocaster. Qui aurait cru qu'on pouvait jouer une version aussi passionnée et électrisante de Elle descend de la montagne à cheval ?

Après toute cette excitation, les Loud allèrent se coucher, chaque paire habituelle de colocataires sous des tentes deux places, et Lincoln à l'intérieur d'une simple étroite. Il choisit celle-ci car elle lui rappelait son placard-transformé-en-chambre. Mais bien qu'elle était assez confortable, le garçon aux dents de lapin trouva difficilement le sommeil, songeant avec enthousiasme au jour suivant, mais y parvint après avoir pensé qu'il allait devoir rester éveillé le lendemain s'il voulait trouver l'entrée de cette grotte.

Mais ils allaient tous trouver bien plus le jour suivant...


La nuit laissait progressivement place à l'aurore, et les premiers rayons du soleil éclairèrent la fière et mystérieuse montagne. Les rayons jouèrent aussi le rôle de réveil immédiat pour Lincoln, car ses yeux s'ouvrirent brusquement, l'excitation faisant bouillonner son flux sanguin. 'C'est aujourd'hui, c'est aujourd'hui, C'EST AUJOURD'HUI !' pensait le garçon. Il attrapa immédiatement ses vêtements, son équipement photo, et était prêt à partir.

Enfin, il l'était dans tous les cas. Sauf pour ce qu'il n'avait pas prévu.

Son premier arrêt le plus logique fut la tente de Lori. Seule elle pouvait l'aider à faire se lever le reste des sœurs sans réveiller leurs parents. Il avait juste à la réveiller en premier.

Lincoln pencha sa tête à l'intérieur de la tente. Leni était confortablement enroulée dans son sac de couchage à froufrous fait-maison, son masque de sommeil placé sur son visage assoupi. Idem pour Lori, qui dormait dans un sac de couchage plus ordinaire, mais néanmoins plus confortable, cependant elle semblait très... occupée à cet instant.

"Zzz... oui Bobby, je vais manger tes abdos en chocolat... si musculairement délicieux..." saliva Lori, avant de prendre une bouchée de son oreiller. C'était véritablement gênant à regarder pour Lincoln, mais il les avait déjà vu s'embrasser tellement de fois, que cela ne le mettait qu'à moitié mal à l'aise désormais.

"J'ai pas le temps pour ça. Désolé Lori, mais l'heure du casse-croûte est terminée." marmonna Lincoln. Avec un bâton, il commença à tapoter le pied de Lori. "Psst, Lori." La fille grommela quelque chose d'incohérent pendant un instant, puis se remit à ronger son oreiller. "Lori. Réveille-toi, on doit y aller."

"Mmgh... guoi ?" dit Lori dans les vapes. Cela lui prit un petit moment pour se rendre compte de ce qu'elle faisait, et elle cracha finalement le doux rectangle blanc qui n'était pas du chocolat. Elle regarda dehors, et fronça les sourcils en voyant le ciel rougeâtre. "Urgh, as-tu une idée de l'heure qu'il est là maintenant ?"

"Six heures et demi. L'heure à laquelle on s'était tous mis d'accord pour aller chercher la grotte avant que Papa et Maman ne se lèvent, vu comment il est peu recommandé de s'en approcher." dit Lincoln avec un large sourire.

"Je n'ai littéralement jamais accepté une chose pareille." répondit Lori.

Le visage de Lincoln devint inexpressif. "Euh, si tu l'as fait. Vous l'avez toutes fait, je vous ai enregistré pour des preuves ultérieures. Tu l'as même noté sur ton portable."

Lori attrapa son précieux appareil de communication, et regarda dans son appli Bloc-note. À sa grande frustration, ça y était effectivement marqué. Mais l'aînée Loud n'était pas encore à court d'idées, et décida d'utiliser, comme dernière tentative, le dernier atout de sa manche.

"Mais est-ce qu'on est obligé ?" gémit Lori, un peu comme sa sœur obsédée par le rose. Elle fit même le coup de la lève inférieure tremblante avec les yeux humides de chiots de la mignonitude ultime !

Mais malheureusement, cela n'eut aucun effet sur Lincoln, qui fronça simplement les sourcils.

Lori s'effondra sur son oreiller en signe de défaite et frotta ses tempes. "Pourquoi je continue de faire des promesses ?" marmonna Lori à elle-même, avant de se tourner vers son frère. "Très bien, allons prendre ta photo débile, pour que je puisse littéralement finir ma nuit."

Le visage de Lincoln s'illumina immédiatement, et il fit un câlin à sa grande sœur. "Oui ! Merci Lori, t'es la meilleure !" s'exclama le garçon, avant de filer pour aller chercher quelques-unes de ses autres sœurs faciles à réveiller.

Lori cligna des yeux face à ce qui venait de se passer, avant d'esquisser un petit sourire. "Peut-être que c'est pour ça que je continue d'en faire..." Elle secoua sa tête, et alla réveiller Leni.


Bientôt, tout le groupe était levé. Enfin, levé de leurs lits, pour dire vrai. Les plus jeunes furent autorisées à dormir paisiblement quelques minutes de plus, même Lisa. "Zzz... bien sûr M. Freud, je prendrai volontiers un autre container cylindrique de cacao chaud pendant que nous discutons de votre théorie sur le conscient..." divaguait le petit génie, confortablement installé dans les bras de Luna.

Comme pour le reste, Lincoln était évidemment debout et prêt. Lucy, restant la personne nocturne qu'elle était, prit le réveil assez bien. Bien pour Lucy en tout cas. Luna et Luan le prirent plutôt bien aussi, mais avaient toujours les yeux cernés. Leni était toujours à moitié endormie, faisant de Lori sa canne humaine pour pas qu'elle ne s'écrase au sol. La blonde aînée était ainsi coincée entre Leni agrippée à son épaule, et Lana ronflant dans ses bras.

Lynn fut la plus ronchonne à réveiller, grognant quelques méchancetés qu'elle n'avait entendu qu'entre joueurs de hockey, mais suffisamment doucement pour que personne ne les remarque. La dernière chose dont elle avait besoin était que Lily, dans ses bras, entende ces mots dans son sommeil, et en fasse par la suite ses propres mots. "Et tu es sûr que ce n'est pas loin ?" grommela l'athlète à son frère.

"Ouaip ! Tout ce qu'on a à faire est de suivre cette carte, et on y sera un rien de temps !" promit Lincoln, tenant la dite carte. Il guida à travers une zone boueuse au hasard, et les autres le suivirent.

"Eh ben, on peut dire qu'on va le suivre." dit Luan d'une voix monotone, tenant fermement Lola.

Luna leva un sourcil à sa colocataire comique. "Euh, je l'ai pas compris celle-là." dit la fille aux habits violets, confuse.

"C'est trop tôt pour des blagues, c'est ça qu'il faut comprendre." fut sa répartie émoussée et fatiguée.

La randonnée qui suivit fut principalement silencieuse. Une à une, les plus jeunes sœurs (et Leni) se réveillèrent, soulageant les plus âgées du poids supplémentaire. Quoiqu'il n'y avait aucune raison d'être contrarié, avec l'air qui était frais et vivifiant, et le chemin dénué de buisson épineux, de pont en bois, ou d'autre obstacle stéréotype de chasse aux trésors.

Après dix minutes de marche cependant, des plaintes commencèrent à s'élever. "Est-ce qu'on y est ? Je veux retourner dormir." se plaignit Lola. "J'étais en train d'être sauvée d'un ogre répugnant par le Prince de mes rêves."

"Ouais, et j'étais en train d'aider un ogre à faire souffrir un prince snobinard. Ce nullos ne m'a pas vu venir de ce buisson." gloussa Lana avec un soupçon de malice.

"Si on n'est pas arrivés dans cinq minutes, je repars." dit Lori, qui en avait aussi marre.

"Aww, mais Lincoln a l'air tellement heureux. Regardez-le." remarqua Leni en indiquant son frère.

Le visage de Lincoln avait en effet l'air être au summum de la joie, ses iris étincelants noircissant le blanc de ses yeux, et sa bouche formant un immense sourire qu'elles n'avaient plus vu depuis la fois où il avait trouvé un exemplaire du Ace Savvy #24 en parfait état, plusieurs mois auparavant.

En fait, un autre détail qu'elles remarquèrent rapidement fut le fait qu'il s'était arrêté juste après avoir passé un gros buisson. "Euh, Lincoln ? Pourquoi tu t'es carrément arrêté là ?" demanda Lori.

"On y est." murmura Lincoln, une certaine excitation perceptible dans sa voix et via les légers tremblements de son corps.

Les sœurs se regardèrent les unes les autres pendant un instant, puis regardèrent devant elles. Leurs yeux s'écarquillèrent collectivement face à ce qu'elles voyaient.

"Whoa..." soufflèrent-elles toutes.

'Whoa' était en effet le bon mot. L'entrée de la grotte était colossale, facilement quatre mètres de haut pour cinq de large. L'intérieur fut en grande partie bloqué par des panneaux en bois qui avaient été ajoutés il y a pas mal de temps, avec certains où l'on pouvait encore lire clairement 'DÉFENSE D'ENTRER'. Les planches avaient cependant l'air de perdre leur duel face au temps, avec une ou deux pourries qui étaient déjà tombées. Cela créait un petit trou depuis lequel on pouvait avoir une vue claire sur l'intérieur. Enfin, une vue claire sur l'obscurité la plus totale, en vérité.

Le détail le plus impressionnant cependant devait être ce que la nature avait sculpté tout autour. Deux grands trous circulaires vides et une rangée de stalactites sur la moitié supérieure, donnaient à la grotte l'apparence de la gueule d'un monstre, prêt à engloutir tout ce qui entrait.

"C'est même plus cool que je ne l'avais imaginé." dit Lincoln, lâchant une larme. "Vous n'êtes pas d'accord, les filles ?"

Les sœurs continuaient d'observer pendant un moment, mais revinrent d'elles-mêmes à la réalité. "C'est... pour le moins impressionnant." admit Lori.

"Je dois dire, les performances géologiques de la nature peuvent être assez stupéfiantes, même à une plus petite échelle." ajouta Lisa.

"Okay, je dois l'admettre, c'est en fait assez cool." dit Lynn, ne s'attendant pas vraiment à quelque chose de ce calibre.

"Je sais pas vrai ? Regardez-moi toutes ces dents pointues, prêtes à plonger sur leur prochain casse-dalle." s'extasia le garçon manqué à la casquette rouge.

"Les panneaux en bois sont une belle touche également. Cela s'ajoute vraiment bien à l'ambiance effrayante et surnaturelle." dit Lucy en esquissant un sourire.

"Eh ben, je sais à quoi va ressembler ma prochaine pochette d'album." sourit Luna.

"Super, mais on va la prendre cette photo ou quoi ?" s'énerva Lola qui, bien que tout aussi impressionnée, voulait qu'ils se dépêchent afin d'être de nouveau autorisée à dormir.

Lincoln, qui s'était perdu avec son fanboy intérieur, fut ramené à la réalité par la mention de son objectif ultime. "Ah oui, merci Lola. Très bien, tout le monde devant la grotte. Souriez juste comme on l'a fait pour le dernier cadeau d'anniversaire de Papa et Maman."

"Quel sourire ? Celui dont on a fini par s'ennuyer, ou celui avec ces horribles pulls de Noël ?" demanda Luan, se remémorant le dernier avec un froncement de sourcils. Dire qu'elle avait failli perdre ses lunettes ce jour-là, quelque chose qu'elle n'avait pas vu venir. (*Rimshot*)

"Euh, le premier. Et ne vous inquiétez pas, je règle bien le retardateur cette fois." assura Lincoln, ne voulant pas réitérer cet incident. Il adorait toujours cette photo familiale chaotique qu'il avait prise, mais il souhaitait en avoir une bien et naturelle cette fois-ci. "Okay, j'ajuste l'angle un petit peu sur la droite, et... c'est bon !"

Il courut auprès de ces sœurs, et se tint au milieu du groupe, tout comme la fois précédente. "Okay tout le monde, dites cheese."

"CHEESE !" dirent les frère et sœurs à l'unisson, ne s'arrêtant seulement lorsqu'ils entendirent le click et virent le flash. Les sœurs commencèrent à discuter entre elles à propos de la photo, tandis que Lincoln alla retirer son appareil photo du trépied. Cinq secondes plus tard, l'encre noire laissa place à la photo elle-même.

Lincoln sourit à la photo. Il était là, entre toutes ses sœurs, avec la grotte pour parfait arrière-plan. Chaque centimètre de la face rocheuse était précisément centré à l'intérieur du cadre, et la faible lumière du soleil se reflétait parfaitement sur la figure des humains.

"Elle est bonne !" annonça Lincoln. Des acclamations s'élevèrent, la plupart de joie de pouvoir retourner au lit. Mais alors que tout semblait bien et terminé, un détail attira l'œil attentif du garçon aux cheveux blancs. Ou plutôt, une absence de détail. "Attendez non, il y a un problème les filles. Lily n'est pas sur la photo."

Les filles firent "aww..." de déception, et quelques cailloux furent éjectés par coup de pied à la perspective de devoir refaire la photo encore une fois, juste parce que Lily n'y était pas.

Mais en fait, cela amena lentement une pensée jusque dans l'esprit des jeunes. Lincoln l'exprima soudainement, la peur s'instaurant lentement dans sa voix. "Les filles... où est Lily ?"

"Lynn, tu n'étais pas supposée la tenir ?" accusa Lola, bien que tout aussi préoccupée que les autres.

"Mais je l'ai passé à Luan quand c'était le moment de prendre la photo !" répondit Lynn en panique.

"Ne m'accuse pas si tu n'as pas de preuve photo. Héhé, vous avez compris ?" plaisanta Luan, bien qu'elle se fit immédiatement plus petite sous le regard méprisant des autres. "Je blague quand je panique. Je blanique, les gars !"

"Lily ! Lily, où es-tu ?" appela Lana. Les autres la suivirent, et commencèrent à appeler leur petite sœur. Ils se mirent à écarter les buissons, et à pousser les pierres hors de leur chemin. Lisa elle-même ne le montrait pas, mais elle était la plus effrayée, car partageant sa chambre avec Lily, elle savait pour sûr que la jeune boule de joie pouvait être assez rapide sur ses petites jambes sans surveillance.

Et alors que la panique commençait sérieusement à s'établir... Lily répondit.

"Popo. *Rire*"

Normalement, cela aurait dû aider les enfants Loud à souffler de soulagement, sachant que Lily était suffisamment près pour être entendue. Cela aurait dû les calmer, mais un petit détail fit glacer leur sang à la place.

Les rires de Lily étaient accompagnés d'un écho. Et la seule raison possible à cela était...

Lentement, leurs têtes se tournèrent collectivement vers l'entrée de la grotte. En regardant les panneaux en bois, ils remarquèrent que le trou créé par quelques-unes des planches tombées était très proche du sol, et suffisamment large pour qu'un chat puisse y passer facilement. Ou une marmotte. Ou même...

"LILY !" hurlèrent tous les enfants en même temps, la simple pensée de leur plus jeune sœur à l'intérieur de la 'Grotte-mangeuse-d'enfant' les rendant hystériques.

"Qu'est-ce qu'on fait, qu'est-ce qu'on fait !?" pleurait Leni, qui n'était pas connue pour très bien prendre les situations alarmantes. Et pour elle, les situations alarmantes étaient plus du niveau 'Mon sèche-cheveux ne marche plus', donc cet événement était même au-delà de l'alarmant.

"Hors de mon chemin !" ordonna Lynn avec audace. Les frère et sœurs obéirent immédiatement, et Lynn, avec un puissant cri, délivra un coup de pied retourné aérien aux rectangles de bois pourrissants. L'impact fit exploser la majorité d'entre eux dans toutes les directions, ne laissant que des fragments et un énorme trou béant dans la barrière érigée par l'homme, suffisant pour que les frère et sœurs puissent passer un à la fois.

Ils ne perdirent pas un instant, et entrèrent tous, ne pensant pas une seconde aux rumeurs entourant la grotte qu'ils pénétraient. "On arrive, Lily !" appela Lincoln, entrant en dernier.

...

Et ainsi, elle avait de nouveau frappé. Une nouvelle fois, l'inébranlable gueule du Mt. Ebott venait de voir de jeunes humains pénétrer sa sombre gorge.

Et tout comme pour les autres, aucun n'allait en réémerger.


Un problème survint dès que les frère et sœurs explorèrent la grotte plus en profondeur.

"Les gars, je n'arrive même pas à voir mes pieds." dit Luna, plissant les yeux dans l'obscurité.

"Eh ben, il est temps de sortir un portable, et que la lumière soit !" craqua Luan.

Lori garda pour elle un commentaire sarcastique, sachant que les enjeux étaient trop élevés pour le moment, et prit son portable. Elle sélectionna immédiatement l'appli Lampe-torche, illuminant la grotte avec une telle intensité que les frère et sœurs durent cligner des yeux pour s'y accommoder. "Okay, est-ce qu'on est tous là ?" demanda l'aînée, faisant l'appel avant que l'un de ses frère ou sœurs ne s'éloigne.

"En effet." s'exprima Lucy, donnant à sa sœur sa mini crise cardiaque habituelle. "J'ai compté tout le monde avant même que tu n'apportes la lumière dans ce royaume d'obscurité. Je pouvais sentir leurs présences subsister autour de mon propre esprit torturé."

"C'est... super." sourit Lori avec hésitation.

"D'ailleurs, attention avec les bruits et la lampe-torche. Mes cousines aux dents pointues n'aiment pas être dérangées." ajouta Lucy, en pointant le plafond.

Les Loud suivirent du regard la direction qu'elle indiquait, et virent que le plafond de la grotte était recouvert de chauves-souris. Lana et Lynn étaient au top de leurs réflexes, et empêchèrent Leni de produire un cri strident qui aurait mis les animaux dans un état de panique dangereux.

"Rester silencieux, compris. Maintenant continuons d'avancer." murmura Lincoln. Les autres hochèrent la tête, et le périple continua.

Ils restèrent assez proches les uns aux autres, un peu comme la dernière fois où ils s'étaient retrouvés dans une grotte sombre, et faisaient de leur mieux pour ne pas se marcher sur les pieds. Le passage était heureusement très simple, avec occasionnellement des cailloux sur le chemin, et même quelques vignes.

Après avoir tourné pour la troisième fois, les frère et sœurs remarquèrent une lumière éclatante au loin. Ils entendirent les rires de Lily plus clairement, et augmentèrent la cadence de leur marche. Et tandis qu'ils s'approchaient, ils remarquèrent quelque chose se tenant sans but près de la zone éclairée de la grotte. Et cela s'avéra être exactement ce qu'ils cherchaient.

"LILY !" crièrent collectivement les neufs sœurs et le frère de soulagement. La petite boule de joie les salua avec un joyeux gazouillis, heureuse de les voir.

Lori plongea immédiatement vers l'avant, et ramassa Lily au sol, la câlinant comme si elle allait de nouveau disparaître. Les autres l'entourèrent, et exprimèrent leur joie de voir leur petite sœur saine et sauve.

"Oh merci tu n'as rien..." expira Lori avec un sourire, qui se changea immédiatement en un froncement de sourcils en fixant le bébé droit dans les yeux. "Et qu'as-tu à dire pour ta défense, mademoiselle ? Nous abandonner juste pour qu'on se fasse un sang d'encre pour toi. Alors, un argument ?"

Lily toucha son nez. Lori soupira. Affaire classée !

Lincoln fit son propre soupir de soulagement, essuyant la sueur qui se formait sur son front. "Eh ben, c'étaient de sacrées montagnes russes émotionnelles tôt le matin. Maintenant, que diriez-vous de retourner aux terrains de camping avant que Papa et Maman ne remarquent qu'on soit parti, hein les filles ?" proposa Lincoln. Mais il n'eut en retour que du silence. "Euh, les filles ?"

En dehors de Lori et Lily, toutes les autres sœurs n'étaient plus là. Lori aussi remarqua vite ce fait. "Les filles ? Urgh, je les ai perdu de vue pendant une seconde..." grommela Lori d'exaspération. "Les filles, vous êtes où bon sang !?"

"Par ici !" appela Lynn. "Venez vite, il y a un truc que vous devez voir, surtout toi Lincoln !"

Lincoln et Lori se tournèrent vers là où la lumière du soleil brillait le plus, et virent leurs huit sœurs alignées, observant vraisemblablement quelque chose. Partageant un regard entre eux, puis avec Lily, ils approchèrent le groupe féminin avec un élan de curiosité. Quand ils furent suffisamment près pour regarder par-dessus les épaules de leurs sœurs pétrifiées, ils comprirent immédiatement pourquoi elles réagirent ainsi.

"Nom d'une salsepareille..." souffla Lincoln.

Juste devant eux se tenait un vaste trou dans le sol. Autour de celui-ci proliféraient des vignes et des racines de plusieurs couleurs, mêmes des bleues. Lincoln plissa les yeux pour essayer de voir ce qu'il y avait au fond, mais cela s'avéra futile, car les ténèbres engloutissantes du gouffre semblaient s'étendre indéfiniment jusqu'aux boyaux de la Terre.

Même l'obscurité semblait étrange, car le garçon pouvait jurer l'avoir vu bouger. En fait, il osait même dire qu'il avait l'impression qu'elle... le regardait. Cette seule pensée fit frissonner le garçon de onze ans.

"Mmh. Bizarre. Sombre. Mystérieux. Juste comme j'aime." dit Lucy, 'au moment' de parler.

"Vous pensez que ça va jusqu'au centre de la Terre ?" demanda Lola avec des yeux plein de curiosité enfantine.

"Négatif, ma chère sœur à la robe couleur cyclamen. Non seulement les sources magmatiques du manteau inférieur de la Terre auraient transformé cette montagne en un volcan bouillonnant, mais il est théorisé qu'en-dessous se trouverait une couche de vide pur, qui une fois atteinte, aspirerait immédiatement l'atmosphère pour combler le vide-même, provoquant potentiellement l'extinction de la vie telle qu'on la connaît." expliqua fastidieusement Lisa.

"Ouais, mais tu n'es pas un peu curieuse de savoir ce qu'il y a là-dessous ?" induit Lynn.

Lisa frotta son mention en pleine réflexion. Elle se vouait à la découverte, au nom de la science bien entendu. Et peut-être aussi juste parce qu'elle avait envie de savoir. Elle restait une enfant après tout.

"Mince, si seulement on avait une corde, on aurait pu descendre là-dedans et explorer..." fantasma Lana en souriant, s'approchant d'un chouïa plus près pour mieux voir.

Cette phrase et ce mouvement, cependant, furent suffisants pour faire sonner l'alarme dans la tête de Lori. "Woh woh woh, on arrête tout de suite ! On ne va PAS descendre là-dedans !"

"Wow, calmos Lori. Elle disait ça comme ça, elle ne pensait pas à mal." dit Luna, tentant de calmer la sœurtriarche agitée.

"Bien, alors assurons-nous que ça ne reste qu'une pensée ! Maintenant, tout le monde s'éloigne du trou sur le champ !" ordonna Lori. Les frère et sœurs se soumirent immédiatement à son ton menaçant, et mirent de la distance entre eux et l'énigmatique gouffre.

Lana baissa les yeux, pensant que c'était sa faute si Lori était de mauvaise humeur. "J-je suis désolée, je n'allais pas vraiment le faire, promis." gémit-elle tristement.

Lori prit de profondes respirations pour se calmer jusqu'à ce qu'elle sente son anxiété partir. "Je sais, c'est juste... excuse-moi, d'accord ?" se corrigea-t-elle auprès de sa petite sœur. "Je veux juste vraiment qu'on s'en aille. Cet endroit me file la chair de poule, pire que la tendance mode d'hiver 2013."

Un frémissement générale se fit sentir. Tellement de rayures, ça n'avait aucun sens...

"Lori a raison, partons juste d'ici. On prend une dernière photo avec Lily dessus, et ensuite on n'aura plus jamais à se soucier encore de cet endroit." dit Lincoln, dont l'idée fut unanimement approuvée. Toujours collés ensemble, les frère et sœurs se tournèrent pour marcher en direction de la sortie.

Et leurs yeux croisèrent immédiatement ceux d'une énorme chauve-souris cramoisie. Sur ces deux pattes et avec les ailes écartées, la créature était aussi grosse que les jumelles. Mais même si elle était de grande taille, elle avait l'air tout aussi terrifiée et surprise que les humains, bouches bées.

Soudainement, la chauve-souris ouvrit ses ailes et hurla. On ignore si c'était pour se rendre majestueuse et effrayante ou juste pour dire 'Comment ça va ?', mais cela fut suffisant pour faire crier les non-chauves-souris qui reculèrent prestement.

Tous sauf une. Et cela s'avérera être la cause de leur chute.

Lucy, la seule qui n'avait pas reculé, fut brutalement poussée en arrière. Pour empirer les choses, alors qu'elle essayait de regagner son équilibre, son pied heurta une vigne solide, qui la déconcentra et la fit reculer un peu plus.

Très bientôt, il n'allait plus y avoir de place pour reculer, et elle se retrouva juste au bord du trou béant. Elle tourna ses bras aussi vite qu'elle le pouvait, espérant pendant un court moment qu'elle soit sauve, les deux pieds au sol. Mais malheureusement, ça n'allait pas être le cas. Et elle le savait.

Quasiment au ralenti, les frère et sœurs se tournèrent vers leur sœur chancelante, une terreur sans précédent marquant leurs visages tandis qu'ils la regardaient. Même à travers ses franges, ils pouvaient voir les yeux de la fille de 8 ans refléter l'exacte même peur, quelque chose qu'elle n'avait même pas imaginé en étant engloutie par les ténèbres.

Son cri d'appel à l'aide mourut dans sa gorge dès qu'elle commença à sentir la gravité entrer en action.

"LUCY !" cria Lynn, qui bondit dans l'action. Et elle l'avait plus ou moins littéralement fait, car il était trop tard pour attraper la main de sa petite sœur. Elle savait que Luna était juste derrière elle, donc elle n'hésita pas à se jeter elle-même dans le gouffre pendant quelques secondes. Elle sentit d'abord Lucy s'agripper à elle, puis elle sentit la main de Luna attraper sa jambe, et finalement elle prit l'autre main de Lucy. Elle tint bon, l'expression terrifiée de sa colocataire boostant sa ténacité.

À l'autre bout, les mains de Luna n'étaient pas prêtes de lâcher les chaussettes de Lynn. "Tenez bon, les copines !" hurla la rockeuse, en plein effort. Elle pouvait sentir ses genoux commencer à trembler. "Un coup de main serait le bienvenu par ici !"

"J'arrive ! Je vais pas vous laisser tomber, promis !" dit Luan, rejoignant sa grande sœur et agrippant à son tour Lynn. Doucement mais sûrement, elles remontèrent le duo athlète-gothique.

Mais pour accélérer le processus, Lola et Lana se sentirent obligées d'aider. Et malheureusement, celle en salopette choisit ce moment précis pour trébucher sur la robe de sa jumelle pomponnée.

"Fais gaffe- whoa !" fut tout ce que Lola put dire avant de s'emmêler et de dégringoler avec sa sœur de même apparence. Emportées par le mouvement, elles bousculèrent les deux sœurs-anagrammes, ce qui leur fit perdre l'équilibre et commencer à chuter elles aussi, agrippant toujours les pieds de leur sœur maniaque de sport.

Lana et Lola essayèrent rapidement de rattraper leur bêtise en agrippant une des bottes de Luna et une des chaussures à fleur de Luan. Cependant, leurs petits bras cédèrent rapidement sous le poids de quatre de leurs grandes sœurs, mais elles furent bientôt rejointes par la cavalerie, à savoir Leni et Lisa.

Mais même là, la série de malchances des Loud continua. Leni, d'habitude douée avec ses mains, bataillait en essayant de tenir les pieds d'une de ses sœurs, avec la panique qui rendait ses mains moites et son esprit encore plus confus. De même pour Lisa, dont les bras courts ne s'avéraient aucunement influents pour le sauvetage de ses sœurs, même si elle tenait comme elle pouvait. Et pour couronner le tout, les tongs de Leni glissèrent. Sur le sol rocheux !

Et ainsi il n'en restait que trois.

Lincoln et Lori, se maudissant fortement d'être aussi lents, attrapèrent chacun une des sandales de Leni. Lisa s'agrippait à la taille de Leni comme elle pouvait, alors que l'adolescente écervelée avait une jambe de Lana et de Lola dans chaque main, tandis qu'eux-mêmes tenaient Luna et Luan, qui supportaient Lynn et Lucy.

Et Lily était perchée sur les épaules de Lori, observant anxieusement la chaîne humaine pendante que ses frère et sœurs étaient devenus, incapable de leur venir en aide.

'Ça n'est pas en train d'arriver. Ça n'est pas en train d'arriver !' hyperventila intérieurement Lori. Un simple photo prise d'une grotte dont elle se fichait s'était changée en l'un de ses pires cauchemars. Oubliez ça, c'était son pire cauchemar. Tout ce qui manquait était Bobby qui lui disait qu'il la plaquait et sortait avec cette pimbêche de Carol Pingrey. Des larmes commencèrent à brûler ses yeux, avec ses bras à moitié entraînés qui lui criaient de laisser tomber, tandis que sa tête lui hurlait de tenir bon.

Lincoln n'allait pas bien non plus, car même aidé, il supportait toujours le poids de huit de ses sœurs terrifiées. Il savait qu'il ne pouvait pas lâcher, mais avec son corps qui commençait à faiblir, son esprit en fit de même. "Tout est de ma faute." murmura le pauvre garçon, sentant déjà des larmes couler le long de ses joues. "Il a fallu que j'insiste. Il a fallu que j'aille prendre une photo de cette maudite grotte. Et maintenant, j'ai mis tout le monde en danger. J-je ne voulais pas, mais je l'ai fait."

La volonté de Lincoln commençait à s'échapper, des vagues de culpabilité le frappant encore et encore. Mais... au fond de lui, une étincelle se fit entendre, engendrant une réaction immédiate dans la tête de Lincoln. Il pouvait sentir une nouvelle flamme, et pourtant familière vivifier son esprit. Il observa l'obscurité, ses sœurs, et au lieu de terreur, il sentit le besoin de combattre ses pensées pessimistes, car il ne pouvait pas abandonner, à aucun prix.

'Elles... comptent sur moi.' Le regard de Lincoln devint sérieux. 'On va rentrer à la maison.' Il pouvait sentir son être tout entier bouillonner de... Détermination. 'ON VA RENTRER À LA MAISON !'

Alimenté par sa conviction, le garçon aux cheveux blancs décala ses pieds, et tira plus fort que jamais. Les sessions de Lynn n'étaient pas comparables à l'effort qu'il demandait à ses bras à ce moment-là, mais il aurait été maudit s'il laissait sa famille chuter vers leur perte. Donc avec une force qu'il ignorait avoir, le garçon commença à ramener ses sœurs. Centimètre par centimètre, elles remontèrent, et Lincoln ne pouvait que prier pour que sa force miraculeuse dure, et que l'univers soit toujours de son côté.

...

Il sembla malheureusement que l'équipe de surveillance de l'univers faisait sa pause à ce moment-là.

*CRUNCH !*

Les yeux de Lincoln s'écarquillèrent, et il pouvait sentir sa détermination brûlante se refroidir avec le bruit de fissuration. Il voulait sincèrement se tromper, mais la terre tremblant sous ses pieds ne laissait aucun doute possible. Le bord du trou n'était pas suffisamment solide pour supporter le poids de onze jeunes humains à la fois.

De ce fait, de vilaines fissures commencèrent à se propager sous les pieds de Lori et de Lincoln. Le garçon regarda sa sœur, qui le fixa en retour avec la même expression de choc et d'effroi, tout comme Lily. Lincoln regarda ensuite ses sœurs pendantes, qui devinrent silencieuses avec le bruit des fissures qui continuaient de se propager.

Pour la première fois depuis longtemps, 'l'Homme qui avait tout planifié' de la maison des Loud fit chou blanc, tout comme son esprit. Une fois qu'il vit les marques au sol arrêter de s'élargir, il comprit, et en fermant les yeux, il couina deux humbles mots au monde de la surface.

"Et crotte."

Et la terre s'émietta, emportant le dernier des enfants Loud dans les ténèbres. Lincoln se tourna vers le ciel dans sa chute, ne voyant que la lumière du soleil s'amoindrir et n'entendant que les cris de terreur aigus de ses sœurs bien-aimées. Cela allait être son dernier souvenir, les cris d'appel à l'aide de sa famille, toutes chutant vers leur perte, celle qu'il avait causé. Dans ses derniers moments, Lincoln vit dans la lumière lointaine le visage d'une certaine fille latino, à qui il avait fait une promesse qu'il n'allait désormais jamais pouvoir tenir.

Tout ce que le pré-ado pouvait à présent ressentir était la tristesse, la culpabilité, le désespoir accablant... et pourtant une étrange sensation d'espoir, comme si une petite voix continuait de lui dire de ne pas abandonner.

Puis, il n'y eut que les ténèbres. Puis, tout passa au blanc.

Et ensuite, le rouge fut tout ce que Lincoln connut.


Rita Loud se réveilla en sursaut, haletant et pouvant sentir son être entier trempé de sueurs froides. Son corps frissonnait de peur et d'anxiété. Ce fut particulièrement étrange en sachant qu'elle ne se rappelait pas avoir fait le moindre cauchemar, et cette angoisse constante la saisit si bien qu'elle revint en contact avec la réalité.

Et pourtant, elle connaissait ce sentiment familier. C'était son instinct maternel, et il était en alerte rouge, quelque chose qu'elle n'avait plus ressenti depuis l'accident de voiture de Lori trois ans auparavant. Immédiatement, elle alla réveiller son mari.

"Chéri, réveille-toi !" supplia la mère, secouant l'homme assoupi, qui ne répondit que par un gémissement somnolent. "Lynn Joachim Senior, ouvre-moi ces yeux sur le champ, ou il n'y aura plus de pudding pour toi pour les deux prochains mois !"

Bien que la menace semblait enfantine, elle sembla fonctionner, et le père Loud sortit de son sommeil. Avec des yeux à moitié ouverts, il regarda sa femme. "D'accord, je suis réveillé, qu'est-ce qui se passe ?" marmonna-t-il en bavant sur son oreiller.

"Quelque chose ne va vraiment pas. J'ai un très mauvais pressentiment, j'ai l'estomac retourné."

Lynn cligna des yeux. "Tu es sûre que ce ne sont pas ces marshmallows que tu as mangé hier soir ?"

"Non ! Même si, ils n'aident pas." dit-elle, sentant son estomac toujours en désaccord avec les sucreries qu'elle digérait difficilement. Elle secoua sa tête. "C'est autre chose. Je crois que quelque chose ne va pas avec nos enfants."

"D'accord, tu dois être fatiguée, parce que là tu es assez rude." accusa Lynn Sr. en fronçant les sourcils.

Rita massa ses temps de frustration. "Ce n'est pas ce que je veux dire ! Je veux dire que je sens que quelque chose leur est arrivé, comme s'ils étaient en danger. Un instant, est-ce que tu entends ça ?"

Il tendit son oreille, essayant de comprendre de quoi sa femme parlait. Tout ce qu'il put entendre fut le vent, et le coup de bec occasionnel d'un pic vert éclatant sur un tronc d'arbre. "Euh, je n'entends rien."

"Précisément ! Il y a onze enfants autour de nous, et on n'entend aucun d'eux dormir. Ni même les blagues dans le sommeil de Luan ou les ronflements assourdissants de Lynn !" pressa la femme.

L'homme cligna de nouveau les yeux. Elle n'avait pas tort, c'était bizarre. Les fins murs de la maison des Loud signifiaient que l'on pouvait entendre n'importe qui dans la demeure, et les parents s'étaient habitués aux ronflements constants tout autour d'eux. Donc le sinistre silence qui les entourait à ce moment-là était des plus inquiétants.

Voyant que sa femme n'allait pas se rendormir de sitôt au vu de la situation actuelle, il décida de se soumettre. "Très bien, si ça peut te rassurer, je vais aller vérifier si tout va bien." dit-il, faisant une bise rassurante sur sa joue avant de sortir de la tente.

Rita conserva un silence tourmenté, tandis qu'elle entendait son mari ouvrir les tentes une par une. Elle tendit l'oreille pour écouter les plaintes somnolentes et les ronchonnements de ses enfants, espérant au moins entendre l'un d'eux pour qu'elle puisse permettre à ses nerfs de se reposer. Mais elle n'en entendit aucun. En fait, le bruit des tentes qui s'ouvraient de plus en plus frénétiquement ne faisait qu'accroître son appréhension.

Elle vit ensuite son mari revenir. Elle n'aimait pas son sourire tremblant et son front trempé de sueurs. "Bon, héhé, pas besoin de paniquer ou quoi. Mais, hum, il semblerait qu'il y ait une raison à pourquoi on ne les entend plus..."

La femme ne voulut pas entendre un autre mot. Elle poussa son mari sur le côté, et sortit. Elle vérifia tente après tente, seulement pour trouver le même résultat auquel elle n'arrivait pas à croire.

Vide.

Celle de ses filles les plus âgées ? Vide.

Celle des plus artistiques ? Vide.

Celle de l'athlète et de la poète ? Vide.

Celle des jumelles ? Vide.

Celle des jeunes prodiges ? Vide.

Celle de son seul et unique fils ? Vide.

C'était le pire cauchemar d'une mère, de voir ses enfants disparaître dans la nuit. Seule Rita Loud fut frappée avec une puissance onze fois supérieure. Elle oublia tous les cours de yoga auxquels elle avait assisté, et commença à hyperventiler, serrant son cœur de peur qu'il ne s'échappe de sa poitrine vu à quel point il battait fort.

Elle faillit même bondir de son propre pyjama quand elle sentit les mains de son mari l'agripper par ses épaules. L'homme s'adressa à elle d'une voix calme et sereine. "Chérie, calme-toi, tu vas faire une crise cardiaque."

Cependant, le ton de Lynn ne fit que troubler Rita un peu plus. "Me calmer ? Mes bébés se sont volatilisés sans laisser de trace. Ne t'avise pas de me dire de me calmer !"

"Je sais, mais ce n'est pas le moment de paniquer." insista-t-il.

"C'est le moment parfait pour paniquer !"

"CHÉRIE !" commanda Lynn de sa 'grosse voix' rarement utilisée. Cela stoppa Rita de paniquer, et l'homme renforça sa poigne sur ses épaules. "Écoute, je sais que ça a l'air d'aller mal, mais ce n'est PAS le moment de flipper ! Regarde, tous leurs pyjamas sont dans leurs tentes, et leurs vêtements d'hier n'y sont plus. Ça signifie qu'ils n'ont pas été tirés de leurs lits, ils l'ont fait de leur plein gré. Ils ont peut-être juste... décidé de faire un tour."

Rita y réfléchit, mais haleta quand elle se rappela de quelque chose. "Oh non... la légende de cet endroit, tu ne crois pas-"

"Ne tirons pas encore de conclusions." coupa le père. "Écoute, pour l'instant, nous allons simplement attendre quelques minutes qu'ils reviennent d'eux-mêmes. Sinon, nous irons les chercher. Mais je te promets que nous les retrouverons. Je te jure que je n'aurais pas de repos tant qu'ils ne seront pas retrouvés, okay ?"

Rita hocha lentement la tête à son mari, et tous deux se laissèrent tomber sur les pierres qu'ils avaient rassemblé la veille pour s'asseoir autour du feu de camp. La mère s'appuya sur son épaule, essayant de garder le contrôle sur sa tension croissante. Mais qui pouvait la blâmer, sérieusement ? Après avoir passé dix-sept années de sa vie à élever une famille toujours grandissante, revivant la joie de devenir mère encore et encore, et ne ressentant jamais l'envie de revenir en arrière, il est facile de comprendre ce que ressentait la femme brisée à ce moment-là.

Elle s'était toujours souciée de ses précieux enfants avant elle, elle en avait fait le centre de sa vie, et à présent ils étaient partis. Tous. De Lori, sa première petite boule de joie, jusqu'à Lily, toujours avec sa joyeuse jeunesse inconsciente. Chacune de ses filles et son fils lui avait apporté une nouvelle facette de vie. Peu de mères pouvaient se vanter de savoir qu'est-ce qui était à la mode dernièrement, de pouvoir réciter des chansons d'AC-DC par cœur, de comprendre toutes les règles du hockey, ET de connaître les plus grandes œuvres de Charles Baudelaire en même temps. Elle ne pouvait perdre l'un d'eux, laisser seul aucun d'entre eux.

Tapotant le dos de sa femme hoquetant, Lynn Sr. songea à la situation actuelle. Il gardait la tête froide, mais au fond, il était tout aussi épouvanté. Chacun de ses enfants était turbulent, depuis leurs naissances jusqu'à aujourd'hui. Regrettait-il d'avoir abandonné sa potentielle carrière de joueur de cloche à vache pour ça ? Pas une seule minute. Chaque bosse sur sa vertèbre lombaire était accompagnée d'un tendre souvenir, comme la fierté d'avoir appris à une de ses filles comment tacler, ou d'avoir montré à une autre comment marchait la clé à cliquet. Il savait qu'il n'avait pas été- n'était pas le plus expressif pour montrer ses émotions, mais le simple fait de les entendre gazouiller et rire gaiement était suffisant pour le patriarche Loud.

Et à présent... il n'allait peut-être plus jamais entendre leurs rires.

L'homme écarta immédiatement ces pensées de sa tête. C'était de ses enfants dont il parlait. Il les connaissait, et cela voulait dire qu'il savait que cette petite montagne et sa légende n'allaient certainement pas suffire pour les arrêter.

Sereins, courageux, confiants, astucieux, gentils, et sachant différencier le bien du mal. Il savait que tous ses enfants avaient ces qualités en eux, et que tant qu'ils restaient ensemble, rien ne pourrait les surpasser.

Tout ira bien pour eux. Il pensait, savait qu'ils allaient revenir sains et saufs.

Après tout, que ou qui pouvait possiblement les arrêter ?


La cascade était présente.

Comme toujours.

Une fleur se tenait seule dans la pièce.

Des eaux calmes partout.

Toujours la même rengaine.

...

Des ondulations dérangèrent le flot tranquille.

L'une des pétales dorées de la fleur tressaillit.

Il y avait quelque chose d'inhabituel dans l'air.

Quelque chose de différent.

Un rire enfantin résonna dans la pièce.

Enfin... quelque chose de nouveau.

...

La Fleur disparut.

LOUDERTALE


Note de l'auteur : Et le prologue est terminé ! Enfin, on peut passer à la partie fun, avec les Enfants Loud qui entrent enfin en collision avec l'Outremonde. Je suis sûr que vous avez déjà imaginé les paires de personnages entre les deux univers, surtout la plus évidente. Voyons si vous pouvez deviner qui sera associé à qui...

À présent, je dois vous demander quelques conseils. Comme vous le savez, chaque enfant doit avoir une couleur d'ÂME, et elles ne peuvent pas toutes être rouges, et celle qui le sera a déjà été choisie. Mais j'aimerais savoir de chacun d'entre vous : De quelle couleur pensez-vous que les âmes des enfants devraient être ? J'ai déjà choisi pour la plupart, mais un deuxième avis ne pourrait pas faire de mal. Donc n'hésitez pas à en discuter. Non vraiment, j'ai besoin de contact humain !

N'oubliez pas de mettre un avis et de me dire si quelque chose ne va pas. Si vous êtes suffisamment déterminé, soyez suffisamment bon pour me faire remarquer mes erreurs linguistiques, il semblerait que j'en ai fait quelques-unes. Cela vient du fait que l'Anglais n'est pas ma langue natale en premier lieu...

((Note du traducteur : Cela concerne surtout la version originale de la fanfic. Mais de même, si vous remarquez des erreurs de traduction ici, n'hésitez pas à me les faire remarquer. Il est plus que probable que je fasse des anglicismes ou même des fautes de français sans m'en rendre compte.))

Enfin bref, c'était Superdimentio77, se déconnectant.

(Cette Fanfiction va s'auto-détruire... quand j'en aurais envie.)