Bon, j'ai finalement pu poster.
Bonne lecture !
J'ai toujours trouvé ridicule les journaux intimes. Se confier à un bout de papier qui ne pourra jamais nous répondre, c'est absurde. Quel réconfort pourrait-il jamais nous apporter ? Ce n'est pas un être vivant, alors à quoi bon ?
C'est risible, n'est-ce pas, Abigail ? C'est risible que je dénigre ce procédé, alors que c'est exactement ce que je fais en ce moment ? C'est risible que je dise que seuls les êtres vivants peuvent réconforter, alors que les lettres sont ce qui me permet de garder la tête hors de l'eau, hors du sang, plutôt. C'est risible, non ? C'est risible.
Enfin, sans doute que mes lettres sont différentes que les journaux des enfants. Je n'y décris pas ma journée, au moins. En même temps, j'aurai du mal à faire plus d'une page. Ou alors j'en ferais dix, parce que je n'aurais pu m'empêcher de m'insurger contre les Carrow tout au long de mon récit. Ou encore, je ferais dix pages larmoyantes et débordantes d'auto-apitoiement. Et de l'auto-apitoiement, ce n'est pas ça qui manque au château. Entre ceux qui se complaisent dans leur rôle de victime avec force de soupirs déprimants, ceux qui jouent les pleureuses à un enterrement n'importe où et n'importe quand, et ceux qui portent la « résistance » à bout de bras et qui n'en peuvent plus des pleureuses et des victimes… L'école est devenue aussi sinistre qu'un cimetière par une nuit d'hiver. Et on ne peut pas dire que les adultes non psychopathes aide beaucoup.
Tu verrais l'ambiance dans la salle commune, ce n'est que sanglots et discussions démoralisantes. Si quelqu'un rit, on le fusille du regard, comme si il venait de commettre un acte inadmissible et irrespectueux. Quelle différence avec notre première année !
Et les professeurs… Ils sont soi-disant pieds et mains liés. Tu parles ! Mc Gonagall l'est sans doute, mais les autres… Ils sont juste trop terrifiés pour intervenir. Je ne leur reproche pas, enfin si, un peu. Mais il serait hypocrite de les blâmer alors que moi-même je suis dans le même état.
On décrivait, Poudlard comme le dernier lieu sûr. Un havre de paix au milieu de la guerre, une île au milieu de la tempête, une oasis au milieu du désert. Je ne l'ai jamais considéré comme ça. Même Dumbeldore n'était pas infaillible. La preuve, il n'a pu empêcher le basilic de pétrifier ses élèves, il n'a pu empêcher les détraqueurs de venir sur le terrain de Quidditch, il n'a pu empêcher Potter de se faire emporter, il n'a pas pu empêcher Cédric de mourir, il n'a pas pu empêcher Voldemort de revenir. Il n'a pas pu empêcher Ombrage de s'installer, il n'a pas pu empêcher sa propre mort. Je ne dis pas que c'était à lui d'empêcher tout ça, ce serai illusoire et stupide. Mais jusqu'à notre cinquième année, il faisait toujours peser sur nous une ombre rassurante, et maintenant qu'il n'est plus là, j'ai comme l'impression que notre île est en train de couler.
Mais il est hors de question que je la laisse faire.
Je le dois au moins à ta mémoire, Abby.
Donc, une nouvelle histoire, moins larmoyante parce qu'il faut bien que je pose les bases !
J'espère que ça vous aura plu !
A vendredi pour la suite !
Et, en passant, merci à Arwalia pour sa rewiew ! J'espère que la suite te plaira autant !
(J'utilise beaucoup trop de point d'exclamation... Non ?)
Amazaria
