Me revoilà ! J J'espère que je n'ai pas été trop longue.. Il faut dire qu'entre fêtes, journées shopping, journées en amoureux, cette dernière semaine de vacances avant mon entrée à l'université n'a pas été Glandage Story ! lol ! Au fait, j'ai oublié de le dire dans mon tout petit laïus du chapitre 1, mais la fic m'a été inspirée d'une chanson de Camille : « Au port ». C'est le moment où elle chante « Hey, petite fille, on n'est jamais deux à partir, y en a toujours un pour larguer, l'autre pour languir au port.. au port.. » !

Enfin, sur ce, et sans plus attendre, place au chapitre 2 !


2. La découverte.

Pouvait-on dire que Tatiana regrettait son acte, deux semaines après l'avoir fait ? Pas vraiment. Elle était persuadée d'avoir fait ce qui était bon pour elle. Cependant une chose était sûre, elle devait être bien plus attachée au jeune homme qu'elle ne le croyait. Le voir lui faisait mal à l'estomac, penser à lui la faisait soupirer, de ces soupirs déchirants à faire fondre en larmes les pierres. Mais Tatiana était raisonnable. Elle savait qu'elle avait bien fait.

Le proverbe « un de perdu, dix de retrouvés » ne semblait pas s'appliquer à son cas. Par contre, son ex petit ami, lui, l'avait pris au pied de la lettre. Tous les deux, trois jours, il changeait de petite amie, confortant Tatiana dans son idée que tout ce qu'il voulait, c'était prendre du bon temps avec une fille, et que s'il restait avec elle, c'était juste pour l'allonger tôt ou tard.

Tatiana revenait de la bibliothèque, les bras remplis de romans. Elle avait terminé ses devoirs pour cette semaine-ci et les deux semaines à venir et, pour être tout à fait franche, elle n'avait pas envie de s'avancer plus encore. Se détendre lui ferait le plus grand bien.

Alors qu'elle marchait et ne regardait pas du tout où elle allait, déjà plongée dans l'un de ses bouquins, elle heurta quelqu'un et fit tomber sa dizaine de livres sur les pieds de celui-ci, dont les livres tombèrent également. Retenant une exclamation de surprise, elle se pencha pour les ramasser et une main se posa sur la sienne. Elle la retira vivement et releva les yeux pour les baisser aussitôt.

- Remus !

- Bonjour, Tatiana.

- Je suis désolée, j'étais dans la lune.. ce bouquin est tout à fait fascinant, se justifia-t-elle.

- Ha oui ? de quoi parle-t-il ? demanda le jeune homme en se relevant, invitant la jeune fille à faire de même.

- A lire la quatrième de couverture, il s'agirait de l'histoire d'un homme qui perd sa femme et tente d'apprendre le langage humain à sa chienne, car elle est la seule témoin de l'accident.

- Facile, il suffit..

- .. à la manière moldue, sourit Tatiana.

- Oh, dans ce cas..

Remus lui sourit et il y eut un moment de malaise. Comment réagissait-on avec les amis de son ex-petit ami, lorsque ceux-ci étaient les garçons les plus populaires de l'école, et étaient très sympas avec nous ? Tatiana n'était pas une experte des relations humaines. Remus était le plus taciturne des Maraudeurs. Elle toussota pour marquer sa gêne.

- Alors euh.. Ca va, toi ? demanda-t-elle en désespoir de cause.

- Ca va plutôt bien, oui, répondit-il poliment. Et toi ?

- Ca va bien..

- Toi aussi tu allais chercher de la lecture ?

- J'allais ramener quelques livres, j'ai été en emprunter de nouveaux mais j'ai oublié ceux que j'avais déjà lus dans mon dortoir.

- Han ok..

Le silence retomba. Gênée, Tatiana hésita puis posa la question qui lui brûlait les lèvres :

- Et euh.. Comment va Sirius ?

Remus parut assez surpris. Quoi, elle n'avait pas le droit de s'informer ? Il soupira et alors qu'il allait répondre, des éclats de voix leur parvinrent du couloir.

- Il ne doit plus être loin, il se dirigeait vers la bibliothèque quand j'ai regardé la carte dans la salle commune.

- Il faut absolument qu'il sache ça ! Il..

La voix se tut alors que trois personnes firent leur apparition au détour d'un couloir. Sirius Black s'arrêta net lorsqu'il vit Tatiana avec Remus.

Le regard glacial qu'il lui coula serra le cœur de Tatiana. Elle eut un peu peur de lui en cet instant, il faut l'avouer. Ses deux amis étaient côte à côte, mais alors que Peter lui fit un petit sourire gentil, James se contenta de la regarder avec une indifférence des plus.. insultantes.

- Euh.. salut, tenta Tatiana en rabattant une mèche de cheveux derrière son oreille.

Sirius ne prit même pas la peine de répondre, et James lui fit à peine un hochement de tête. La solidarité entre mâles.. Elle avait vraiment dû le blesser dans sa fierté, pensa-t-elle. Et dire qu'elle l'avait connu si chaleureux et si avenant.. Comme quoi elle avait bien fait de faire ce qu'elle avait fait.

- Remus, on te cherchait, dit le beau brun avec une note de reproche dans la voix. On peut savoir ce que tu fiches ici ?

- Ben j'allais juste chercher un truc à la bibliothèque, répondit Remus.

- Ha bon ? Avec une fille ? Tu draguais pas plutôt ?

Ce « une fille » déplut fortement à Tatiana. Et dire qu'elle pensait encore à lui ! Tandis que ce crétin avait complètement tourné la page. « En même temps », fit une petite voix dans sa tête, « vous n'êtes restés que deux mois ensemble.. » Agacée, elle poussa un soupir. Sirius se tourna vers elle :

- Je vous ai dérangé, c'est ça qui te gêne ? Désolé. Allez faire ça ailleurs la prochaine fois.

Remus secoua la tête. Il ramassa ses livres, donna les siens à Tatiana sans même la regarder et partit avec ses amis, entraînant Sirius à part. James la fixa un instant avec un regard indéfinissable, et s'en fut lui aussi avec Peter et les autres.

Tatiana retourna à son dortoir. Là, elle s'installa dans un coussin mœlleux et confortable. Elle regarda un instant la pluie tomber par l'une des fenêtres de la tour commune, qui donnait une vue imprenable sur le lac. Puis elle se plongea dans son livre et, comme à chaque fois qu'elle sautait les pieds joints dans une histoire, elle oublia tout ce qui n'avait pas trait à celle-ci. Les mots la transportaient ailleurs, là où nul ne pouvait la rejoindre. Au fil de sa lecture, elle sourit à maintes reprises, retint une larme à d'autres et lorsqu'elle ferma le bouquin après avoir lu la dernière ligne, chamboulée, elle se sentit dans le vague quelques minutes, comme à chaque fois, le tout de se sortir de l'histoire.

Elle regarda le ciel. Il faisait sombre, et de minuscules flocons de neige tombaient, conférant une atmosphère magique à ce début de mois de décembre. Elle regarda alors sa montre : en hiver, la nuit tombait tellement vite qu'il était impossible de se référer au ciel pour savoir l'heure. Elle eut une exclamation de surprise : déjà l'heure du souper ! Elle avait lu tout l'après-midi. Elle se leva, alla poser ses livres sur sa table de chevet, dans son dortoir, puis descendit. Elle s'installa près de Sara, une copine de classe.

- Tiens, te voilà enfin ! fit celle-ci avec un sourire.

- Je lisais, je n'ai pas vu l'heure passer, répondit Tatiana en se servant de tomates farcies.

- Oui, j'ai vu. J'ai préféré ne pas te déranger, je te connais..

Les deux jeunes filles rirent légèrement. Il était vrai que lorsque Tatiana était plongée dans un livre, l'en sortir était à vos risques et périls. Lors de sa première année, elle avait pratiquement mordu un garçon de sa classe qui lui signalait qu'il était l'heure d'aller en cours. Et chacun de ceux qui essayaient se prenaient ses foudres pendant un bon quart d'heure, ce qui n'était pas spécialement agréable. Il valait mieux la laisser faire à son rythme, pour votre propre bien.

Elles bavardèrent tout en mangeant, parlant littérature, devoirs, animaux de compagnie et garçons. Lorsque vint le sujet Sirius Black, Tatiana fut évasive et Sara comprit et changea de sujet. Lorsqu'elles eurent fini de manger, et toujours en papotant, elles revinrent à leur salle commune, où Sara décréta qu'elle allait faire ses devoirs tandis que Tatiana décida d'aller prendre une bonne douche, de se mettre dans un pyjama confortable et moelleux et de lire dans son lit jusqu'à ce que le sommeil vienne la chercher. Le week-end avait filé à la vitesse de l'éclair, le lendemain elle devrait déjà reprendre les cours. Elle voulait profiter encore un peu de tous les bouquins qu'elle avait choisis.

Lorsqu'elle se fut douchée abondamment, qu'elle eut revêtu son pyjama le plus doux et pelucheux, elle se glissa sous ses draps et attrapa le premier livre sur la petite pile qui se tenait sur la table de chevet. Elle fronça les sourcils. Non, elle était persuadée de n'avoir pas pris « Traité de démonologie avancée » par Lucie Fair. La démonologie n'était au programme des cours de DCFM qu'en dernière année. Elle avait dû se tromper. Elle en prit un autre : « La démonologie : une autre approche. » Bon ok, une erreur passe encore. Mais comment deux livres d'un sujet qu'elle n'avait pas encore, et qui ne l'intéressait pas outre mesure, se trouvaient dans sa pile de romans ?

Elle se rappela soudain la confusion dans laquelle Remus et elle avaient ramassé leurs livres. Avec la présence de Sirius tout près, ils n'avaient pas exactement pris le temps de regarder quoi était à qui. Elle jeta un œil à tous ses autres livres : il ne lui en manquait aucun. Non, il n'y avait apparemment qu'elle qui avait fait une erreur. Elle haussa les épaules et se leva pour mettre les bouquins de Remus dans son sac de cours. Elle le lui rendrait le lendemain.

Elle eut du mal à s'endormir, Sara gigotant sans cesse et grognant dans son sommeil, dans le lit tout proche du sien. Ayant le sommeil léger, le moindre petit bruit réveillait Tatiana et sa nuit fut bercée par la bougeotte de sa compagne de dortoir.

Lorsque son réveil sonna, à 6h30, elle eut l'impression qu'elle n'avait dormi qu'une heure ou deux. Avec un bâillement à s'en décrocher la mâchoire, elle se dirigea vers la salle de bains, prit une rapide douche, se lava les dents, s'occupa de ses boucles sauvages, mit un peu de mascara, de poudre bonne mine et revêtit l'uniforme règlementaire de l'école de sorcellerie, aux blasons de sa maison Serdaigle.

Ses compagnes de dortoir se disputaient maintenant pour savoir qui aurait la salle de bain la première. Voilà quel était l'avantage à se lever un quart d'heure plus tôt que tout le monde. Elle fit un petit sourire compatissant à Ellen, une blondinette qui leva ses yeux noirs au ciel, soupirant de frustration, et à Lucy, noirette aux yeux bleus, qui devraient toutes deux attendre que Sara ait terminé.

Descendue dans la salle commune, elle alla s'installer près de Lawrence, un garçon de sa classe, qui attendait lui aussi ses camarades pour alla prendre le petit-déjeuner. Ils papotèrent de tout et de rien pendant une bonne demi-heure, jusqu'à ce que Sara et Ellen pour les filles, Jake, Timothy et Andrew pour les garçons, fassent leur apparition. Ellen assura que Lucy leur avait dit de ne pas l'attendre, ce pour quoi les filles lui furent reconnaissantes, sachant que Lucy prenait presque autant de temps pour se préparer que les trois autres filles de Serdaigle réunies.

Tout en se servant d'un yaourt nature et de tartines grillées qu'elle tartina de beurre, Tatiana garda un œil sur la table des Gryffondor. Elle avait les bouquins de Remus dans son sac, et si elle ne les lui rendait pas maintenant, elle risquait d'oublier ou de ne plus avoir l'occasion de voir Remus de la journée.

Malheureusement, elle eut beau attendre, il ne vint pas. Vers huit heures moins dix, moins cinq, James, Sirius et Peter descendirent, avec leur tête des mauvais jours, du style « j'ai passé une nuit blanche ». Sirius et Peter s'installèrent ensemble, mais James se dirigea vers Lily Evans, jolie Préfète-en-Chef, sur laquelle le beau Maraudeur avait jeté son dévolu trois ans auparavant. Tatiana préféra ne pas aller les déranger. Elle attendit encore quelques minutes, pour voir si Remus n'arrivait pas. Ses camarades de classe commençaient déjà à quitter la Grande Salle. Elle devait les imiter dans un futur très proche si elle ne voulait pas être en retard pour ses cours, et toujours pas de Remus en vue.

Elle prit son courage à deux mains et se leva. Elle allait les donner à Peter, qui les rendrait lui-même à Remus. Ça revenait au même que si c'était elle qui l'avait fait. Mais, alors qu'elle marchait courageusement vers la table des rouge et or, Peter se leva et partit précipitamment. Pas glop. Il lui faudrait affronter Sirius. Elle ne pouvait plus décemment faire demi-tour comme si de rien n'était, comme si elle n'avait voulu que se délier les jambes, étant donné qu'elle était là, au milieu de la Grande Salle qui se vidait de plus en plus à mesure que huit heures quart approchaient.

Elle marcha donc d'un pas plus ou moins assuré vers Sirius, qui leva un regard brouillé et franchement surpris vers elle. Il bâilla.

- Qu'est-ce que tu veux ? dit-il.

- Euh.. Hier.. Remus et moi on a fait tomber nos livres et euh.. quand on les a ramassés, dans la confusion, euh.. je me suis trompée apparemment, et j'ai pris deux livres et euh.. ils ne sont pas à moi donc euh.. je suppose qu'ils étaient à Remus. J'aurais bien aimé lui rendre mais euh.. je ne l'ai pas vu ce matin..

Sirius grogna.

- Donne-le moi, j'irai lui rendre, dit-il.

- Il n'est pas là ? ne put-elle s'empêcher de demander.

- Bien sûr que si, il est là, il se cache sous la table, soupira Sirius. Non il n'est pas là, il n'était pas bien, il est allé à l'infirmerie, et je ne vois pas en quoi ça te regarde.

Ce fut au tour de Tatiana de soupirer. Sirius sauta sur l'occasion :

- Quoi ? Qu'est-ce qu'il y a ? Je t'ennuie ? Ben va-t'en alors !

- Sirius, répondit la jeune fille, énervée par le tour que prenait la conversation, je sais que ça a dû te faire très mal à l'ego de te faire larguer pour la première fois de ta vie, mais ce n'est pas une raison de me parler comme si j'étais une moins que rien.

Sirius se leva d'un bond, et Tatiana faillit faire un pas en arrière, mais résista.

- Rends-moi les livres, fit-il d'un ton autoritaire, puis, fiche-moi la paix à jamais.

Tatiana lui tendit les bouquins, les tenant par la reliure. Mais un papier s'échappa des pages de l'un d'entre eux. Elle se pencha et le ramassa puis, par automatisme, jeta un œil dessus. C'était un petit calendrier lunaire, où chaque pleine lune était entourée en rouge. Elle fronça les sourcils.

Sirius lui arracha le papier des mains, livide. Tatiana pensa qu'elle avait touché juste, et que sa tête lui prouvait.

- Je vais te ficher la paix à jamais, Sirius, parce que toi et ton orgueil démesuré, vous ne méritez rien de plus que mon indifférence, cracha-t-elle.

Elle tourna les talons et partit. Derrière elle, elle entendit Sirius dire très bas :

- Ce n'était pas de l'orgueil.

Elle arriva pile à l'heure pour Enchantements, son premier cours de la journée. Elle s'installa à côté de Sara. Celle-ci avait une mine épouvantable, mais Tatiana ne préféra pas le lui faire remarquer.

La journée se déroula tranquillement. La curiosité de Tatiana la poussait à se poser des questions à propos du petit calendrier dans le livre de Remus. Avait-ce trait à la démonologie ? A part les loups-garous, elle ne connaissait aucune créature maléfique qui craignait la Lune, mais qui sait.. Elle regretta qu'il soit à l'infirmerie, elle aurait bien aimé lui poser la question. D'ailleurs, qu'avait-il ? Il était relativement souvent souffrant. Elle n'était pas assez proche de lui pour se permettre d'aller lui dire bonjour, surtout maintenant qu'elle avait rompu avec Sirius.

Sara fut de mauvaise humeur toute la journée. Lors du souper, alors que Tatiana pensait encore au mystérieux calendrier –et oui, une Serdaigle qui veut tout savoir est aussi une Serdaigle curieuse-, Ellen n'en put plus et elle lui demanda :

- Oh, mais Sara, t'as tes règles ou quoi ? Tu as râlé toute la journée !

- C'est cette fichue pleine lune ! Elle me fout en rogne toute la journée.

- Tu es bien une fille de Moldus, soupira Lucy. Les sorciers savent pertinemment que tant que tu n'es pas un loup-garou, la pleine Lune ne peut pas t'affecter.

Les pièces s'assemblèrent dans la tête de Tatiana. Elle regarda dans le vague, sa fourchette à mi-chemin entre son assiette et sa bouche, puis reposa vivement sa fourchette et courut dans le couloir, à la suite de Sirius qui venait justement d'avoir fini son repas.

Il était accompagné de sa nouvelle petite-amie, ou de celle qui le deviendrait certainement, une Poufsouffle de septième, grande, jolie, rieuse et sympathique. Tatiana s'excusa, la Poufsouffle parut déçue mais assura que ce n'était rien, et laissa la Serdaigle empoigner son ex par le bras.

- Tatiana, soupira ce dernier, je croyais que c'était bien clair ce matin au petit déjeuner que je t'avais demandé de t'éloigner de moi, de sortir de ma vie.

- Sirius, j'ai quelque chose de très important à te dire, chuchota-t-elle en regardant autour d'elle.

Il fallait qu'il le sache, qu'elle le mette au courant, qu'il se protège. Elle n'avait jamais décelé aucune trace d'agressivité chez Remus, mais elle ne le « connaissait » que depuis trois mois, et seulement de vue..

Sirius la regarda d'un air franchement intrigué. Mais la jeune fille hésita tout à coup. Elle se demanda si, à la place de Remus, elle apprécierait qu'une inconnue pour ainsi dire, mette ses amis au courant de sa condition. Oui, mais il était un loup-garou.. Donc potentiellement dangereux ! Ah oui ? Et qui lui disait que les Maraudeurs n'étaient pas au courant ? Cette pensée la glaça. Ils savaient qu'ils dormaient dans le même dortoir qu'un loup-garou. Un incident serait si vite arrivé.. Allons allons, fit une voix dans sa tête, tu crois que Dumbledore laisserait une chose pareille arriver ? D'accord, mais Dumbledore devait savoir à propos de Remus. C'était obligé qu'il le sache.

- Tu veux ressortir avec moi ? murmura Sirius au bout d'un temps, comme Tatiana ne disait rien.

Celle-ci, perdue dans ses pensées, sursauta. Puis elle fronça les sourcils.

- Je te demande pardon ? articula-t-elle.

- Ben.. Je.. enfin, comme tu m'as emmené ici et que tu ne disais rien.. Je me demandais si ce n'était pas juste par timidité.. Et qu'en fait.. Tu voulais ressortir avec moi.

Il lui fit son célèbre sourire en coin, arrogant au possible, et se passa la main dans les cheveux, manie dont il avait hérité de James, mais qu'il n'appliquait que lorsqu'il était un peu nerveux. Tatiana écarquilla les yeux.

- Non mais je rêve, bougonna-t-elle.

- Il ne faut pas être gênée, tu sais.. Enfin, je veux dire.. Avec le temps, tu as dû te rendre compte que me plaquer était une erreur monumentale, que..

- Attends, Sirius, le coupa-t-elle, où tu t'embarques ? Je ne t'ai pas amené ici pour te demander de ressortir avec moi, loin de là ! J'ai fait le choix de te quitter, et je conçois que ça puisse être dur pour ton orgueil, comme je te l'ai déjà dit, mais en aucun cas je ne veux me remettre avec toi.

Elle mentait, évidemment. En le voyant faire ses yeux de chiot battu, quel genre de fille aurait pu résister ? Certainement pas elle. Mais elle était plus raisonnable et rationnelle qu'émotive et romantique. Elle était venue ici pour lui parler de tout autre chose.. Et un frisson lui parcourut l'échine. Elle ne savait pas quoi faire. Elle aurait d'abord dû faire la liste. Il lui arrivait d'être impulsive mais la plupart du temps, elle aimait être ordonnée et avoir bien réfléchi à tout avant de prendre une décision. D'où la liste : un côté « pour », un côté « contre », chaque argument bien pesé. Là, à cet instant, c'était sa spontanéité cachée qui avait parlé pour elle. Elle soupira, puis respira un grand coup, et se jeta à l'eau.

- Je suis venue te parler à propos de Remus.

Sirius eut un rire mauvais, du style « pffhan ! ». Tatiana l'interrogea du regard.

- Ecoute, si tu veux sortir avec Remus, ne t'attends pas que je t'arrange le coup. C'est déjà assez difficile comme ça pour moi ces temps-ci, je te serais assez gré de ne pas venir me demander de l'aide pour tes futures histoires d'amour. De toute façon, continua-t-il avant qu'elle n'ait pu ajouter quoi que ce soit, si c'est pour que tu traites Remus de la même façon que tu m'as traité, le plaquer alors qu'il n'a rien demandé à personne et que tout allait bien, et bien sois sûre que je ne te laisserai pas faire. Remus a assez de soucis comme ça, sans devoir y ajouter une fille en plus. Puis en plus..

- Tu as fini ? claqua Tatiana, agacée. Je ne veux absolument pas sortir avec Remus, je ne passe pas d'un mec à l'autre comme ça, moi.

- Ca fait quand même deux semaines que c'est finit, dit-il, acide, il est peut-être temps que tu te cherches quelqu'un d'autre, on pourrait finir par croire que je te plais encore.

- Je rêve là ! s'emporta-t-elle. Ce n'est pas parce que toi, tu es sorti avec environ cinq à six filles depuis notre rupture que je devrais faire le même ! Je ne suis pas comme toi, il faut que je connaisse un minimum la personne avant de m'engager !

- Comme tu parles ! rit-il. T'engager ! Tu parles d'un engagement, deux mois ! Mademoiselle sait prendre des risques !

- Fiche-moi la paix, Sirius, si tu voulais des explications, il fallait venir les demander avant.

- Je n'en ai pas besoin, de tes foutues explications. Tu as voulu me lâcher, par fierté. Puis c'est moi l'arrogant. Va te faire foutre, Tatiana Wolbergh !

Il tourna le dos et partit à grandes enjambées. Tatiana mit quelques secondes à réagir, la bouche grande ouverte, avant de lui courir après.

- Je n'avais pas fini, Sirius ! Je n'avais même pas commencé !

- Je m'en fous ! cria-t-il, accélérant la cadence.

- Reviens ici ! Tu m'énerves ! répliqua-t-elle sur le même ton, courant presque.

Il n'était plus question de Remus, maintenant. Il l'énervait. Elle n'aimait pas que l'on l'énerve. Enfin, en général, elle ne perdait pas vite son calme, et même énervée, elle gardait le contrôle d'elle-même. Mais là, il la faisait sortir de ses gonds. C'était pas possible d'être aussi arrogant ! Pour qui se prenait-il ? Tout ça parce que monsieur était populaire, il pensait qu'il avait le droit de l'envoyer se faire foutre, et juste parce qu'elle était une Serdaigle inconnue de 6ème ?

Il se retourna, fulminant de rage. Tatiana stoppa net. Gloups. Il était assez effrayant, à vrai dire. Il revint vers elle, tout aussi vite, et elle dût se faire violence pour ne pas reculer d'un pas.

- Quoi ? Qu'est-ce qu'il y avait de si important, hein ? demanda-t-il, en colère.

- Euh..

Pouvait-elle encore lui parler de Remus à cet instant ? Le moment n'avait jamais été aussi mal choisi.

- Réponds ! cria-t-il, la faisant sursauter.

- Rien !

- Tu vas me le dire, oui ?

Il la prit par le bras et la regarda au fond des yeux. Ses sourcils étaient froncés comme jamais, il était énervé au delà du dicible. Elle cria de douleur.

- Lache-moi, Sirius, tu me fais mal !

- Dis-moi ! Dis moi pourquoi il fallait absolument que tu me parles ! Tu n'es pas assez contente de m'avoir largué comme un moins que rien et sans raison, il faut en plus que maintenant tu fasses tout pour que je pense encore à toi ?

- Sirius, LACHE-MOI ! cria-t-elle.

Elle le gifla, mais il ne desserra pas prise. Elle commençait à paniquer.

- Qu'est-ce qu'il se passe, ici ?

Ils se retournèrent d'un même homme. Il y avait plusieurs élèves autour d'eux qui les regardaient avec de gros yeux ronds, et le professeur de DCFM, Mr Born.

- Rien, répondirent-ils ensemble.

- Il ne me semblait pas, moi. Je vais devoir vous mettre une retenue pour tapage dans les couloirs, et pour début de bagarre, aussi.

- On n'allait pas se battre ! s'indigna Tatiana.

- Et pourquoi la main de Mr Black serre-t-elle si fort votre bras, dans ce cas, Miss Wolbergh ?

Il la lâcha rapidement et elle s'écarta tout aussi vivement. Mais Mr Born ne semblait pas décidé à lâcher prise.

- Suivez-moi dans le bureau de Mr Rusard.

La tête baissée, Tatiana s'exécuta. C'était sa toute première retenue. Elle tremblait de tous ses membres. Comment cela se passait-il ? Allait-ce être dans son dossier scolaire ? La suivre tout au long de sa vie ? Sa réputation d'élève travailleuse serait-elle entichée à jamais ? Elle jeta un regard en biais à Sirius qui gardait lui aussi les yeux sur ses pieds.

Ils arrivèrent au bureau de Rusard, le concierge et chargé des retenues.

- Je vous amène ces deux-là, Rusard, expliqua Born. Ils étaient près à se battre dans un couloir près de la Grande Salle.

Rusard eut un large sourire.

- Je m'en occupe, dit-il d'une voix doucereuse à Born.

Celui-ci opina du chef puis quitta la pièce dans un bruissement de robe. Rusard s'approcha d'eux, son sourire s'agrandissant.

- Mais qu'avons-nous là, Monsieur Black, quelle surprise.. On s'en prend aux femmes, maintenant ?

- Je ne m'en suis pas.. commença Sirius avec indignation.

- Tututut, coupa Rusard. N'essayez pas de vous justifier. Et vous..

Il se tourna vers elle et elle baissa très vite les yeux. Il l'observa quelques secondes.

- Je ne vous connais pas encore. Déclinez votre nom, prénom, maison, année.

- Euh.. Wol.. Wolbergh Tatiana, euh.. Ser.. Serdaigle, sixième année.

- Et bien on va vous faire un joli dossier.. Il faut un début, à tout non ?

Il alla se rasseoir derrière son bureau. Il s'occupa de paperasserie durant quelques minutes. Quand il leva la tête, il semblait les avoir oubliés.

- Oh ! Je ne vous ai pas dit. Et bien la salle des trophées a besoin d'un bon coup de chiffon, si vous voyez ce que je veux dire.

- Mais je l'ai astiquée il y a deux mois ! s'insurgea Sirius.

- Tututut, Monsieur Black, nous sommes dans un vieux château poussiéreux, vous savez. Il va de soi que vous n'utiliserez pas la magie, que vous ferez ça à la bonne vieille manière moldue. Et vous tâcherez de ne pas vous taper dessus avec les brosses et les seaux, n'est-ce pas. Vendredi, 19h30. Vous pouvez disposer.

Tatiana fila sans demander son reste, n'accordant même plus un regard à Sirius. Et dire que pendant ce temps, Remus était toujours un loup-garou. Cette pensée la fit frissonner, à nouveau. Elle décida de le garder pour elle avant de savoir quoi faire de cette information. Maintenant, la seule chose qu'elle avait en tête était sa toute première retenue, vendredi soir.