Voilà la suite :)
J'espère qu'elle vous plaira
Ginny se redressa et voulut reculer, mais une main lui agrippa la cheville. Une voix brisée par les cris, rompit le silence :
- Je ne te veux pas de mal, on est dans le même bateau. Dit une voix masculine.
La rousse s'éloigna malgré tout. Elle ne voulait pas qu'on la touche, plus après ce qu'elle vivait ici. Elle se recroquevilla dans un coin. Par le petit rectangle, des pupilles grises l'observaient. La lionne les regardait en retour. Un des yeux du garçon était entouré de violet. Il avait été frappé comme elle.
S'observant, les jeunes gens ne dirent pas un mot jusqu'à ce que des pas résonnent dans le couloir menant aux cellules. L'homme se releva en vitesse et relogea la pierre à sa place. Ginny eut un mouvement de panique, elle savait qu'il fallait replacer la brique, mais l'espace d'un instant et malgré son malaise, elle s'était sentie moins seule.
Il entra dans la pièce d'à côté.
Pendant ce qui parut une éternité à la rousse, Il tortura le jeune homme aux yeux gris. Il le faisait hurler. Avant de finalement venir dans sa cellule.
Il sourit en voyant la jeune femme avec des lambeaux en guise de vêtement.
- Je n'ai jamais été aussi heureux de voir une traîtresse à son sang.
Une fois sa torture quotidienne exécutée, le monstre quitta sa cellule. Ginny n'avait pas la force de bouger. Allongée sur le dos, le regard mort de la jeune femme, qui était autrefois si joyeuse, fixait le plafond de pierre. Son corps respirait, mais son esprit était loin, bien loin de cette sombre pièce. Soudain, un grattement familier attira son attention et c'est comme si elle réintégrait son corps. La pierre bougea et, bientôt, deux yeux gris apparurent. C'était ce garçon qu'elle entendait crier, pleurer et supplier, comme elle. Celui qui lui avait déjà parlé.
Le garçon voulut lui dire quelque chose mais seul un borborygme indistinct lui parvint. Cela eut au moins le mérite de la faire réagir et elle se traîna jusqu'au trou dans le mur. Pour autant, elle ne comprenait toujours pas ce qu'il voulait lui dire.
Au prix d'un effort de concentration, elle se concentra sur ce qu'il lui disait.
- Je suis désolé.
Ginny le regarda bizarrement. Elle ne comprenait pas pourquoi le jeune homme qui lui faisait face en venait à lui demander pardon. Qu'avait-il fait ? Il s'était fait torturer comme elle et il s'excusait ?! Pour le cerveau embrouillé de la rousse cela n'avait aucun sens. Néanmoins, elle n'avait pas la force de lui demander des explications. La jeune fille voulait seulement profiter de ne pas être seule. Un long moment s'écoula, ou chacun regardait l'autre. Un filet de sang coula sur la lèvre fendue de Ginny, après l'avoir essuyé elle se décida enfin à parler, mais lorsqu'elle ouvrit, il était clair que le garçon ne pouvait pas la comprendre car aucun son ne sortit.
Le jeune homme la regarda avec pitié.
- Qu'est-ce qu'il te fait ? Je t'entends hurler… Je sais que tu n'auras peut être pas envie de me répondre…
Elle ferma les yeux. La voix du garçon rappelait de vagues souvenirs à Ginny, mais elle n'y prêtait pas attention, elle préférait écouter l'instant présent plutôt que de retourner dans ses souvenirs et pleurer les bons moments disparus.
Elle ne répondit pas. La voix éraillée s'éleva à nouveau :
- Ginny…
La jeune fille sursauta. Il l'a connaissait ! Mais qui pouvait-il bien être ?
Elle ouvrit ses paupières et s'approcha encore plus du trou. Par les quelques centimètres, les yeux la fixaient, cependant ce n'était pas tout. De fines mèches blondes platines étaient visibles çà et là. Des cheveux reconnaissables entre tous.
Ginny se releva d'un bon et se précipita sur le mur opposé. Elle voulait être le plus loin possible. Elle ne pouvait que s'interroger sur la présence du jeune homme dans la cellule. Que faisait-il là, qu'avait-il fait ?
Drago Malefoy se trouvait devant elle.
Il lui parlait mais elle ne comprenait plus rien. Son cerveau semblait brouiller ses mots. L'héritier Malefoy en cellule.
Elle trouva enfin la solution. Il avait mis son propre fils en cellule afin de la piéger. Il voulait faire flancher la dernière chose qu'il lui restait encore, son esprit. Il voulait la briser mentalement. Elle n'allait pas se laisser avoir. Elle ne lui parlerait pas.
Les jours passaient, Drago essayait de parler à Ginny qui n'accordait aucun crédit à ce qu'elle entendait.
Un matin, ou peut-être était-ce le soir ? Ginny n'en avait aucune idée, cela faisait bien longtemps qu'elle n'avait plus aucune notion du temps. Pour la sorcière, cela faisait une éternité qu'elle croupissait ici. Elle entendit un bruit, un silence, puis à nouveau ce bruit. Un peu confuse elle se rapprocha du mur où Drago s'adressait à elle et le bruit se fit plus clair. Avec horreur la jeune femme se rendit compte que c'était des hurlements, la pierre était mal remise et elle entendait tout clairement. Et chaque nouveau cri semblait se répercuter en elle, impuissante.
Ginny entendit les coups portés sur la peau, les râles de rage du ravisseur, de celui qui torturait. Il ne faisait pas semblant.
La jeune femme entendit le mangemort tortionnaire s'essouffler et bientôt les cris de son voisin de cellule se calmèrent pour un moment. Jusqu'à la prochaine fois.
Son sang se glaça dans ses veines lorsque la voix du monstre raisonna dans la cellule voisine :
- J'espère que cette leçon t'aura au moins appris quelque chose Drago, susurra la voix suffisante. Maintenant tu m'excuseras, j'ai des esclaves à aller voir.
Le rire qui s'ensuivit fit monter la bile dans la gorge de la rousse qui se vida sur le sol.
Ce fut ensuite au tour de Ginny d'être torturée. Lucius Malefoy qu'elle considérait autrefois comme une personne froide était en fait quelqu'un de passionné. Il adorait trouver de nouveaux moyens de torture pour ensuite les essayer sur la rousse. Oh bien sûr, sur son fils il ne se contentait que de frapper, quelques fois de couper, mais jamais il n'aurait abimé son héritier en profondeur.
Ce jour-là il testa sur la jeune sorcière, la douleur psychologique, il rentrait dans sa tête et lui faisait vivre des scènes de terreur. Elle visitait l'enfer mentalement, des images terrifiantes défilaient devant ses yeux. Son corps, bien que toujours dans sa cellule, était consumé dans des bains d'acides, mangé par des corbeaux et ainsi de suite. Chaque image était pire que la précédente et aussi douloureuse que si cela avait été réel.
Lorsqu'il décida que c'en était assez, il la viola. Jamais il n'avait été aussi violent qu'à ce moment-là. Il lui tirait les cheveux, lui broyait les seins. Lorsqu'il le pouvait, il la coupait d'un revers de baguette. Il la pilonnait avec une attention toute particulière pour ses cris, plus ils se faisaient discrets, plus il tapait fort, plus il s'enfonçait en elle. Ginny avait essayé de simuler des cris de douleurs afin qu'il l'a laisse tranquille plus rapidement, mais cela eu l'effet inverse. Il la martyrisait. Il jouit en elle, mais il semblait ne pas en avoir fini. Le mangemort la releva, attacha la jeune femme contre le mur les poignets derrière le dos. Puis d'un mouvement de baguette, les chaînes s'élevèrent vers le plafond. Les bras de la jeune femme se tordirent dans une position douloureuse, inconfortable. Elle s'obligea à se pencher pour soulager la douleur. C'était ce que Malefoy attendait. La bouche de la jeune femme était arrivée à hauteur de sa verge qu'il enfonça sans précaution. Il se vida en elle pour la deuxième fois. À peine était-il sorti de sa cellule qu'elle se mit à vomir. Elle vidait encore le contenu de son estomac quand la pierre bougea.
Drago était dans un piteux état. Le peu de peau qu'elle voyait était couverte de sang et les yeux gris du garçon n'étaient visibles que par un mince filet.
En voyant l'état de la jeune femme, il eut un mouvement de recul mais se reprit très vite. Il recommença la conversation par son éternel question. À chaque fois qu'il s'adressait à elle, il lui posait cette interrogation ridicule et superflue :
- Est-ce que ça va ?
Ginny comme d'habitude ne lui répondit pas. En réalité elle ne lui répondait jamais mais elle l'écoutait cependant.
Le temps s'écoulait sans que Ginny n'en ait la moindre conscience. Cela pourrait faire des mois qu'elle était emprisonnée, peut-être même un an, cela ne l'aurait pas étonné. Pendant ce qui lui avait paru plusieurs jours, elle n'avait pas adressé un mot à Drago. Au début, il s'était découragé de son manque de réponse, mais un bout d'un moment il s'en ficha. Il avait besoin de le dire. Alors il lui raconta.
Il lui confia comment il était devenu le garçon qu'il était. Qu'il avait grandi sans mère. Il lui raconta que son père les avait séparés dès sa naissance et qu'il se servait de Drago comme moyen de pression sur Narcissa. Elle avait appris qu'il n'avait vu sa mère seule uniquement pour les courses de rentrée scolaire et qu'il avait adoré ces moments.
Souvent, il lui racontait des anecdotes sur Poudlard, des passages secrets qu'il utilisait pour voir des filles, surprendre des Gryffondors. Il lui racontait qu'il avait reçu la marque des ténèbres car son maître avait promis de tuer sa mère si jamais il ne lui obéissait pas. Le jeune sorcier était tiraillé entre l'envie de s'enfuir et le devoir qu'il devait faire tant que les mangemorts tenaient sa mère. Il n'avait jamais été plus mal qu'à ce moment-là.
Ginny essayait de ne pas s'attendrir sur ce que lui disait Malefoy mais maintenant qu'elle savait qu'il était autant prisonnier qu'elle, ses paroles avaient plus d'impact. Alors elle s'était mise à lui répondre.
Sans qu'ils ne le remarquent ni l'un ni l'autre, les deux jeunes gens commencèrent à entretenir une relation. Ce qui autrefois était impossible à Poudlard, devenait réel dans les cachots du manoir Malefoy. Drago,si antipathique envers les personnes qui l'entouraient, se souciait particulièrement du bien-être - ou du moins de ce qu'il pouvait en rester - de la Gryffondor. Elle était devenue sa seule alliée dans cet enfer. Ginny, qui au début était distante, s'était finalement lâchée, pensant que sa situation ne pouvait pas être pire qu'elle ne l'était actuellement. Seulement, elle se trompait. Très lourdement.
Un jour, ou peut-être était-ce une nuit, Malefoy revint voir Ginny. Comme à chaque fois, il commença à se déshabiller après avoir attaché la rousse sans ménagement. La lionne qui autrefois essayait de se débattre avait finalement fini par totalement lâcher prise, à tel point qu'elle ne luttait plus du tout lorsque son bourreau venait la visiter. Il commença alors à lui envoyer des images et des sensations plus terribles les unes que les autres, se réjouissant du mal évident qu'il lui faisait. Souvent, la voir crier de terreur le faisait bander. Lorsqu'il estimait qu'il avait attendu assez longtemps, il se jetait alors sur elle. Cette fois fut différente des autres.
Lorsque Ginny s'écroula sous le flot de douleur physique et mentale, il lui prit les hanches de manière à la mettre à quatre pattes, il la releva sans ménagement, lui claquant les genoux contre le sol. De souffrance, la rousse flancha, ce qui lui valut une brûlure dans le dos.
Le monstre s'agenouilla derrière elle. Elle le sentait s'approcher. Elle essaya pendant ce lapse de temps sans images atroces de se réfugier dans la partie déconnecté de son cerveau. Elle pourrait subir tout ceci sans donner à son bourreau la totale satisfaction. Mais un mouvement inhabituel la remmena soudainement à la réalité. Malefoy commençait à enfoncer sa verge dans l'anus de la jeune femme. Elle hurla. C'était pire que tout ce qu'elle n'avait jamais enduré. Elle sentait son ventre se déchirer sous les assauts de son geôlier. Des flots de sang se répandaient entre ses cuisses. Le diamètre plus serré de son orifice eut au moins pour effet de faire jouir rapidement Malefoy, qui, semblant rassasier pour cette fois, se releva. Avec un grand sourire aux lèvres et en guise d'au revoir, il balança un coup de pied dans le ventre de la rousse toujours à genoux. Elle s'écroula sur le côté tandis qu'il franchissait la porte.
La rousse entendit ses pas s'éloigner, remontant dans la partie habitable du manoir. Elle n'était pas la seule à l'avoir entendu car après que la pierre fut délogée, elle sentit la main de Drago se refermer sur la sienne. C'était la première fois qu'il s'autorisait à la toucher depuis qu'il avait agrippé sa cheville. Il s'attendait à un dégagement rapide de la rouge et or mais ce ne fut pas le cas. Elle s'agrippa à sa main, la serrant avec force tandis que des larmes coulaient sur ses joues silencieusement.
Ils restèrent un moment ainsi, sans la moindre parole, jusqu'à ce que Ginny se redresse lentement. Le jeune homme commençait à ramener sa main vers lui mais la rousse s'en saisit à nouveau.
- S'il-te-plait…
Ces simples mots murmurés eurent l'effet escompté sur Drago qui lia ses doigts à ceux de la rousse.
Des bruits de pas se firent entendre, Drago et Ginny qui s'étaient endormis les doigts entremêlés se relevèrent avec précipitation, remettant la pierre sans ménagement. Ginny colla son oreille sur le mur afin d'entendre :
- Drago, j'ai une très grande nouvelle à t'annoncer mon fils, s'exclama Malefoy avec joie, le seigneur des ténèbres estime que tu as assez purgé ta peine, tu peux revenir auprès de lui !
Elle entendit Malefoy relever son fils, groggy des tortures de la veille et l'emmener. Et ce fut tout. Elle était seule maintenant. Plus qu'une torture de Malefoy, cela la fit souffrir. Le départ de Draco sonna comme un glas en elle. Ils s'étaient peu à peu rapprochés, apprivoisés, se soutenaient l'un l'autre et voilà que maintenant, son ancien camarade était obligé de rejoindre son maître. Avant c'était déjà difficile, maintenant sans le soutien du Serpentard, la solitude allait lui peser presque autant que la torture.
Le fait que Drago soit partit avait eu au moins un côté positif. Ginny avait eu un temps de repos entre deux sessions plus important que ceux qu'elle avait connu. Elle supposait que plusieurs jours s'étaient écoulés car ses blessures avaient commencé à cicatriser, lorsque les bruits de pas se firent entendre à nouveau, signe d'une visite de son geôlier.
La pauvre sorcière continuait de subir les assauts du monstre. Toujours plus douloureux. Avec toujours plus de tortures. Quelques fois, elle arrivait à s'échapper de son corps le temps du supplice, elle plongeait dans ses souvenirs, rendant cela plus supportable.
Un jour, il vint la chercher. Comme à son habitude, il la violenta puis la tira par le bras pour la sortir de sa cellule. Malgré elle, sachant ce qui allait lui en coûter elle freinait des quatre fers. Elle reçut des coups, des coupures, il la brûla également mais rien n'y faisait, la sorcière était dans un tel état de peur qu'elle ne sentait plus la douleur.
Ils arrivèrent dans le salon du manoir. Beaucoup de mangemorts y étaient, environ une centaine et sur un fauteuil vert, surement le plus confortable de la pièce, se trouvait Voldemort. Face à lui se tenait un homme, tournant le dos à Ginny, mais ce qui attira son attention c'était ce qui se trouvait à la gauche du mage noir. À côté de lui, légèrement en retrait, raide comme un piquet, couverte de cicatrice des pieds au visage, se tenait Hermione.
Ginny, d'abord frappée par l'horreur de la découverte de Voldemort, s'immobilisa quand elle vit son amie. La jeune femme ne ressemblait plus à celle qu'elle était à Poudlard. Son corps était couvert de bleu et de cicatrices, plus aucune parcelle de son corps n'avait la teinte d'une peau. À peine vêtue, elle regardait le sol, les cheveux rasés ne cachaient même plus son visage. Lorsque la porte se referma derrière Malefoy, elle releva légèrement la tête, Ginny se pétrifia d'horreur. Hermione avait le visage ravagé, aucun centimètre de celui-ci n'était pas couvert de cicatrices. Certaines rouges et gonflée montraient qu'elles étaient récentes, d'autres plus anciennes tiraient sur le blanc, d'autres encore n'étaient qu'au stade de coupure, mais on pouvait très clairement voir qu'elles étaient en train de s'infecter. Tout le côté droit du visage de son amie était couvert de cloques, elle avait surement finit la tête dans le feu. La Weasley put même voir avec horreur que son amie n'avait plus d'oreilles et que les trous qui lui servaient à entendre avaient été rebouchés par sa peau. Mais ce qui frappa le plus Ginny c'était l'œil gauche d'Hermione, ou plutôt l'absence de son œil. À la place un trou béant laissait apercevoir le fond de sa cavité orbitale.
De son œil valide, Hermione remarqua son amie et son visage bien que marqué put encore se tendre dans une expression d'effroi. Elle tendit la main vers Ginny et ouvrit la bouche comme pour crier. La rousse remarqua avec horreur qu'il manquait des doigts à la main de son amie, mais la bouche était encore pire, il n'y avait plus aucunes dents de visibles, et au fond de la gorge restait ce qui, à l'origine, était une langue.
Un coup s'abattit alors sur la brune ce qui lui la fit s'écrouler au sol. Voldemort s'était saisi de sa baguette. La rousse cria et ramena son attention sur l'assemblée. Les mangemorts avaient de grands sourires aux lèvres et s'étaient approchés d'eux en formant un cercle. Ginny s'intéressa à l'homme qui lui tournait le dos, si jusque-là elle ne savait pas qui il était, il lui suffit d'un regard pour voir Drago. Ses cheveux blonds, coupés courts étaient plaquées en arrière comme lorsqu'il était à Poudlard. Habillé d'une robe noire, il se tenait le plus droit possible. La rousse voulut lui parler, mais elle savait qu'elles les mettraient tous les deux en danger si elle faisait ça mais il était déjà trop tard.
Voldemort repris la parole :
- Mon cher Drago, il est grand temps de savoir vers qui va réellement ton allégeance. Tu as été châtié pour ne pas avoir attrapé Potter à Poudlard, mais j'ai besoin de savoir si ton âme a retrouvé la noirceur d'antan. J'ai eu ouïe dire que tu t'étais accoquinée avec la traite à son sang Weasley et au vu de ta réaction à son cri je ne peux que confirmer. Nous allons donc voir jusqu'où va ta loyauté pour moi.
Il se leva et s'avança, après avoir fait le tour de Drago, il désigna Ginny sans la regarder :
- Torture-la.
Ginny le vit tressaillir, elle espérait qu'il n'allait pas obéir aux ordres du mage noir. Ses espoirs s'écroulèrent lorsqu'il se tourna vers elle. Son visage était froid, sans expression. Il s'approcha d'elle et d'un mouvement de baguette l'enchaîna au sol. Il arriva en face d'elle. Elle essaya de capter son regard et lorsqu'enfin elle réussit, elle y vit une détermination teinté de tristesse. Elle sut alors qu'il allait le faire, mais elle devait malgré tout essayer de l'en empêcher.
- Drago … Drago, non, ne fais pas ça ! Je t'en prie !
Il venait de s'arrêter devant elle et l'espace d'un instant elle vit sa résolution vaciller. Mais très vite son masque de parfait mangemort se remit en place.
Le jeune Malefoy l'attrapa à la gorge et serra. Ginny s'agrippa à l'avant-bras de Drago. Celui-ci finit par l'envoyer à terre en la repoussant d'un geste brusque. La rousse s'étala de tout son long au pied de Lord Voldemort. La tête de serpent l'observa pendant un moment un sourire aux lèvres, ses yeux rouges luisant, effrayant toute la salle. Hermione qui avait repris connaissance entre temps, voulu se précipiter vers son amie pour la relever, mais Lucius Malefoy l'arrêta dans son élan, lui mettant la canne entre les jambes. Déjà affaiblie par le coup sur sa tête, la jeune femme tomba juste à côté de son amie, mais celle-ci n'avait d'yeux que pour le blond qui lui faisait face.
La voix du Seigneur des ténèbres s'éleva :
- Allons Drago, c'est du travail d'amateur ça ! Si tu ne le fais pas mieux que ça j'ordonnerai à Fenrir de s'en occuper, et tu sais comme il adore torturer les jeunes femmes.
Ginny vit son ancien voisin de cellule blêmir. Il était déjà pâle à l'origine et la perte des couleurs dans son visage fit ressortir les veines bleues qui y circulaient.
Il immobilisa sa victime qui essaya de se débattre. Là où il aurait pu utiliser le sort de Pretrificus pour lui faire tout ce qu'il voulait, le plus jeune des Malefoy se contenta de lui nouer pieds et mains ensemble, la mettant ainsi dans une position grotesque qui fit bien rire le reste des mangemorts.
Drago éleva sa baguette et d'un informulé fit apparaître un poignard semblable à du verre. D'une dizaine de centimètres il semblait tout droit sorti de la baguette du sorcier. Ginny ne put que remarquer à quel point il était tranchant quand le jeune Malefoy lui coupa le crâne en voulant lui couper des cheveux. Le hurlement de douleur fit tressaillir le Serpentard. Afin de lui causer moins de mal que nécessaire, le blond lui tint la tête tandis qu'il continuait. De nombreuses fois son couteau entailla la peau de la rousse tandis que ses longs cheveux tombaient en tas à ses pieds. Le sang se mêlait aux filaments roux. Un mangemort, surement trop impatient, s'approcha de Drago et lui poussa le coude, enfonçant la lame dans le crâne de la prisonnière. Le regard du Malefoy au mangemort suffit à faire rentrer le mage noir dans les rangs. Une fois sa tâche terminé, Ginny releva les yeux vers Drago, celui-ci semblait chercher ce qu'il pouvait bien lui faire sans trop lui faire de mal. Cependant, un regard du Seigneur des Ténèbres vers Greyback le rappela à l'ordre.
Fermant totalement son visage de toutes formes de sentiments, Drago Malefoy se mit à lancer Doloris sur Doloris à Ginny. Ses cris se répercutaient contre les murs, quelques fois applaudies par les Mangemorts. La souffrance de la jeune femme était telle que des larmes coulaient sur ses joues. Il l'avait trahie, elle avait pensé qu'il était son ami mais il n'en était rien. Lucius Malefoy avait enfin réussi son stratagème. Elle était brisée. Le temps s'écoula lentement pour la rousse qui subissait les Doloris.
Puis il y eut un changement. Dans son esprit une caresse se fit sentir. Quelque chose essayait de rentrer dans son esprit tout en douceur, effleurant son cerveau comme pour lui demander son autorisation. La jeune fille sentit une échappatoire, un instant elle espérait que ses amis avaient trouvé le moyen de l'aider dans son calvaire. Alors sans hésiter elle descendit le peu de barrière mentale qu'elle avait réussi à se forger contre Lucius Malefoy. La présence était douce, toute en lumière et en espoir. Elle avait l'impression d'être de retour au Terrier, en fait non, elle était de retour au Terrier. Elle pouvait voir la maison bancale de sa cachette derrière le hangar de son père, elle sentait l'odeur de l'herbe mais aussi celle du plat qui mijotait s'échappant de la fenêtre ouverte de la cuisine. Elle vit les gnomes de jardin se battre pour rentrer dans les bottes près de l'entrée. Elle pouvait même entendre ses frères rires de la farce qu'ils venaient de faire et sa mère qui leur criait dessus. Elle était heureuse.
Cela ne ressemblait en rien aux intrusions qu'elle connaissait auparavant. Celles du père de Drago, lorsqu'il s'imposait dans son esprit, elle avait l'impression d'être griffée, comme s'il rentrait ses ongles dans son âme afin d'y puiser de quoi la faire souffrir.
Un instant Ginny se sentit bien, enveloppée par cette présence. Mais celle-ci commença à se retirer, alors de toutes ses forces, la rousse essaya de prolonger ce moment. Pendant un instant elle crut y parvenir mais sans qu'elle ne comprenne comment, elle se retira, évoquant un souvenir du chemin de travers. Sa première rencontre avec Malefoy.
C'était Drago, la présence n'était autre que son ancien compagnon de cellule. Elle essaya alors de le faire sortir d'elle mais il était fort. Très fort.
En legilimens accomplit, il farfouilla dans son esprit. Lorsqu'il eut terminé, il fit ressortir un souvenir : une phrase qu'avait dis Harry peu avant la guerre.
- Il faut que tu me fasses confiance.
Alors la jeune fille se laissa totalement aller. Il lui montra ce que son esprit c'était totalement empêcher de remonter à la surface. Tout ce qu'il lui restait d'heureux.
Puis d'un coup la douleur reprit. Ginny sentait bien les doloris, son corps se convulsant au rythme des sorts, mais c'était un peu plus supportable quand son esprit était occupé à se remémorer de bonnes choses.
Pendant un moment elle revécu ce qu'elle aimait, elle revit Poudlard, ses amis, sa famille, vivant çà et là des moments de complicité avec eux. Son quatrième anniversaire, sa lettre de Poudlard…
Et aussi soudainement qu'il était apparu, le serpentard se retira de son esprit. La ramenant brutalement à la réalité.
- Je suis fier de toi Drago, s'exclama le maître des ténèbres.
Le fils Malefoy inclina légèrement la tête.
- Tu viens de reprendre ta place parmi les Mangemorts mon garçon. Mais je te préviens, je ne serai plus jamais aussi clément. Cette seconde chance était ta dernière. La prochaine fois, je te tuerai moi-même.
Le blondinet s'inclina si profondément que ses cheveux blonds frôlèrent le sol.
- Maître ? s'éleva alors une voix derrière Drago.
Le mage noir tourna la tête vers lui et inclina légèrement la tête, lui signifiant ainsi qu'il pouvait parler.
Ginny n'écouta pas la suite de la conversation, elle sondait son compagnon de cellule. Celui-ci cependant ne la regardait pas, il écoutait attentivement la discussion. Elle continua donc de le fixer essayant de lui faire tourner la tête afin qu'il la regarde. Elle voulait le confronter. Elle voulait lui faire comprendre que, même si son supplice avait été un peu plus agréable grâce à ses visions, il n'en restait pas moins un supplice. Elle ne lui pardonnerait pas ce qu'il avait fait. Mais lorsque le jeune homme tourna enfin la tête vers elle, il avait une expression horrifiée plaquée sur le visage.
Sans qu'elle ne comprenne comment ou pourquoi, des mangemorts l'encerclèrent, rompant le contact visuel entre elle et Drago. Les mages noirs la tiraient dans tous les sens, cherchant tous à se l'approprier. Jusqu'à ce que Voldemort ne se lève et s'exclame :
- Doucement messieurs, un peu de civilité tout de même, pas plus de trois à la fois que nous puissions tous profiter du spectacle.
Alors une espèce de cercle se forma autour d'elle. Un homme finalement s'approcha, lançant les hostilités. Il empoigna Ginny, la fit s'agenouiller de force et après avoir dégagé sa verge, d'un coup brusque s'enfonça en elle. Autant par étonnement que par douleur, la rousse hurla.
Elle passa de mains, en mains, de bras en bras, subissant les pires assauts de ces monstres. Ils l'obligèrent à les sucer, pendant qu'elle se faisait prendre de force. Elle se fit violer de nombreuses fois, par tous les mangemorts. Elle sentit divers objets également, des cannes entre autres, quelques fois sur son corps, quelques fois à l'intérieur. Elle, qui croyait avoir vécu l'enfer, se retrouva encore plus loin que ça. Elle souffrait tellement qu'elle aurait pu ne pas apercevoir cette caresse qu'elle avait déjà ressentie tout à l'heure, mais par un immense effort, Drago avait forcé son esprit. Ginny était tellement folle de rage, brisée intérieurement, trahie qu'elle décida d'ouvrir son esprit à l'héritier Malefoy. Celui-ci essaya alors de s'engouffrer dans le cerveau de la rousse mais ce n'était ce à quoi il s'était attendu. La Weasley souffrait comme jamais il n'avait souffert.
Effrayé par tant de douleur, il voulut reculer, retourner dans son esprit, mais la présence plein de souffrance s'enroula autour de lui, lui barrant toute retraite. Il était piégé, il devait endurer ce qu'elle vivait. Elle ne lui laissait pas accéder à ses souvenirs, elle avait retourné la situation l'obligeant à vivre son instant présent.
Après quelques minutes seulement il s'évanouit.
Lorsque la nuit fut tombée depuis plusieurs heures et que l'aube n'était pas très loin, les mangemorts en avaient fini avec la prisonnière. L'un d'entre eux eût néanmoins le courage de la rapporter au cachot où, comme pour se récompenser, la viola et lui promit de revenir avant de s'en aller. Ginny était tellement mal en point, qu'elle ne réussissait même plus à pleurer, où à dormir. Elle allait mourir cette nuit, elle le savait. Plus aucune cellule de son corps ne lui obéissait. Allongée sur le sol elle ne bougeait d'un pouce. Cela dura une heure, ou peut-être deux, avant qu'un bruit ne se fasse entendre dans le couloir. Pensant que c'était un nouvel agresseur, Ginny résignée, ne bougea pas, s'en sentant de toute façon incapable.
Une silhouette encapuchonnée s'approcha et la prit dans ses bras. Avec difficulté elle souleva Ginny qui se laissa porter, n'étant de toute façon pas en état de se débattre. L'inconnu tituba sous son poids, mais il tint bon. Après avoir monté les escaliers, il sortit du manoir et se dirigea vers le jardin. La rousse, qui était enfin dehors depuis tout ce temps, en profita pour regarder les étoiles. Le ciel dégagé permettait de voir chacune d'elles. Les astres lui souriaient se moquant de son triste sort. Enfin peut-être pas tant que ça, une étoile filante passa à ce moment-là, alors de tout son être elle se mit à faire un vœu.
- J'aimerais sortir de là …
Dans un dernier souffle elle réussit à articuler ces quelques mots…
Était-ce un rêve ? Lorsque Ginny se réveilla elle était sur une plage. Le soleil lui baignait le visage, la brûlant depuis tout ce temps. Elle entendait la mer qui la berçait de ses vagues. Tout était calme et serein. Était-ce ça de mourir, est-ce que c'était le paradis ? Ça en avait assurément l'apparence. Mais pourquoi avait-elle encore mal partout ?
Elle chercha alors dans sa mémoire ce qui lui était arrivé.
Alors doucement les souvenirs s'infiltrèrent en elle, l'homme qui l'avait porté, son vœu à l'étoile et la voix qui lui avait répondu.
- Je te sors de la Ginny.
Elle se souvient avoir passé le portail du manoir Malefoy et d'une sensation de malaise intense, avoir l'impression que ses intestins s'en allaient, elle se sentait emporté par un tourbillon. Et puis s'était retrouvée sur cette plage.
Dans un effort, elle tourna la tête, la silhouette encapuchonnée était là, étendue à côté d'elle. Le vent, léger faisait bouger la cape noire au rythme des vagues. La gryffondor se redressa et eut un mouvement de recul, le nouveau point de vue lui permit de voir une tignasse blond argenté et une peau albâtre. Drago Malefoy.
La lionne se releva et se précipita vers son compagnon de cellule, il n'était pas mort, elle pouvait voir son torse se lever sous sa chemise blanche. Lorsqu'elle s'agenouilla à ses côtés et posa les mains sur son ventre, le jeune homme se réveilla en sursaut, faisant peur à la rousse. De toute évidence il n'était pas mort, et l'inquiétude de la Weasley disparut instantanément. Ils étaient tous les deux sains et saufs. Puis les dernières heures lui revinrent en mémoire et violemment lui rappela ce que le serpentard lui avait fait. Elle se mit donc à le frapper de toutes les forces qui lui restaient. Drago encaissa les premiers coups avec un faible gémissement, puis reprenant le dessus, attrapa les poignets de la rousse et la retourna. Il était à présent sur elle, l'écrasant de tout son poids. Elle pleurait à chaudes larmes alors sans savoir pourquoi et comment, il se mit à lui hurler dessus :
- Je n'avais pas le choix Ginny ! Qu'est-ce-que tu crois ? Que ça m'a fait plaisir de te faire du mal ?! Tu crois que si je m'en étais pas pris à toi Voldemort ne s'en serait pas chargé lui-même, et ça aurait été pire ! J'ai essayé de t'aider Ginny et j'ai vu ce que tu endurais… Ginny… Je n'avais pas le choix !
En prononçant ces mots, les larmes s'étaient mises à couler sur ses joues et la rousse qui se débattait depuis tout à l'heure avait arrêté de bouger. Elle le regardait droit dans les yeux, en signe de défi. Puis tout à coup Drago vit une légère nuance dans ses pupilles, elle commençait à comprendre. Puis elle se remit à pleurer encore plus fort, alors n'y tenant plus, Drago s'allongea à côté d'elle et après avoir glissé un bras sous elle, l'attira à lui.
Ils restèrent un moment ainsi l'un blotti contre l'autre se réconfortant.
Le soleil entamait sa courbe vers l'Ouest quand Drago releva Ginny. Il se planta devant elle et enlaça ses mains à celle de la rousse :
- On est actuellement sur une petite île presque déserte d'Irlande. Un peu plus au nord vivent des moldus. Je suis venu ici une fois quand j'étais petit avec Rogue, une des rares fois où mon père voulait bien que je sorte de la maison.
Au moment de dire "mon père" Drago avait exprimé son dégoût d'une grimace. Il inspira et continua :
- Tu seras en sécurité ici. Ils ne viendront jamais ici.
Ginny acquiesça jusqu'à ce que les paroles du jeune Malefoy pénètrent son esprit :
- Je serai en sécurité ?! Mais toi ? Tu ne restes pas ?
Le serpentard baissa la tête :
- Il faut que j'y retourne. Ils vont te chercher, il faut que j'essaye de les emmener loin d'ici.
- Mais ils vont te tuer !
Le jeune homme plongea ses deux orbes gris dans celles de Ginny, qui se mit à pleurer. C'était une évidence et il en avait conscience.
- Il le faut … murmura-t-il
Il l'embrassa avec délicatesse.
Doucement, il délia ses doigts de ceux de la jeune femme et commença à se reculer. Ginny voulut le retenir mais c'était trop tard, il était déjà hors d'atteinte. Dès que le contact avait été rompu, il avait transplané.
La rousse restée seule sur l'île s'effondra à genoux et hurla à s'en déchirer la gorge. Elle pleura, jusqu'à ne plus avoir de larmes, et cria jusqu'à ne plus avoir de voix.
Et voilààààà, j'espère que vous avez aimé pour reprendre les mots d'une review de Sieba cette "monstruosité poussée à son summum".
Des bisous les loulous et à dimanche prochain pour l'épilogue ! Oui oui il y en un :)
