II
Spock
Note de l'auteur : voilà le chapitre 2, du point de vue de Spock donc. La similitude de certaines scènes ou dialogue est volontaire, pour mettre l'accent sur le côté miroir. J'ai également décidé d'écrire un troisième et dernier chapitre, sur les retrouvailles.
Bonne lecture !
À la seconde où le téléporteur se stabilisa, je sus que quelque chose clochait. Pourtant, ils étaient bien de retour à bord et non pas sur Halkan. Mais, ce qui me perturba grandement, fut le regard de Jim. Il était dur, froid et ne cilla même pas quand il se posa sur moi. Il ne fit aucun geste dans ma direction, n'eut aucune parole pour moi, autre que l'expression de son énervement face aux négociations qui n'avançaient pas et l'ordre, parfaitement incongru, d'appliquer une procédure standard complètement inconnue. Il perdit ensuite rapidement son calme, face à l'incompréhension générale, jusqu'à nous menacer de mort, appuyé par Leonard, Nyota et monsieur Scott dont le comportement était tout aussi incohérent. J'en tirai rapidement la conclusion que ces individus n'étaient pas de notre monde, qu'une défaillance du téléporteur, causée par l'orage ionique, avait probablement provoqué un transfert avec un univers parallèle. Tout en étouffant l'inquiétude qui me prit aux tripes, quand j'imaginai Jim entouré de membres d'équipage du même acabit que ces quatre-là, je décidai de les mettre en cellules, en attendant de trouver une solution.
J'ordonnai à la sécurité, de les enfermer séparément, pour éviter tout complot, en particulier Kirk que j'entraînai personnellement dans une geôle isolée. Il vociféra, m'insulta, me menaça ouvertement, en se débattant avec énergie, en vain. J'étais bien trop fort pour lui. Une fois, prisonnier du champ de force, je pris enfin le temps de l'observer de plus près. Et je dus avouer, qu'en dehors des yeux froids et son sourire malveillant, les différences avec mon Jim n'étaient pas légion. C'en était troublant. Il dut le percevoir, car il tenta immédiatement de me soudoyer, pour sa libération.
« Très bien, Spock. Vous voulez de l'argent ? Je vais vous en donner. » Proposa-t-il. « Vous voulez de l'avancement ? Je peux vous arranger ça. » Enchaîna-t-il.
« Apparemment, il s'est produit une sorte de transposition. » Déduis-je, une fois de plus, face à son ton acerbe. « Je trouve cela… extrêmement fascinant. » Ajoutai-je, avant de commencer à partir.
« Spock ! » M'appela-t-il. « Avec quoi peut-on vous acheter ? » Je l'ignorai consciencieusement. « Vous pouvez bien faire ce que vous voulez de mon corps, si cela peut me faire sortir d'ici. »
Je m'immobilisai, choqué par ses paroles.
« Que sous entendez-vous ? »
« Allons, Spock. Je suis sûr, que vous et le Jim Kirk qui commande apparemment ce vaisseau… » Avança-t-il, laissant volontairement la fin de sa phrase en suspens.
« Cela ne vous concerne pas. »
« Je suis donc dans le vrai. Je suis sûr qu'il est bien trop sage pour satisfaire vos bas instincts. » Me provoqua-t-il.
« Il en vaut mille comme vous. » Le défendis-je, en revenant face à lui.
« Laissez-moi une chance de vous prouver le contraire. » Insista-t-il.
« Je n'ai aucunement l'intention de vous emmancher dans une cellule sordide. » Susurrai-je, à quelques centimètres du champ de force.
« Vraiment ? » Dit-il, d'un drôle d'air, en reculant.
Il enleva soudainement son t-shirt, d'un geste fluide, me présentant son torse large et puissant, parsemé, çà et là, de cicatrices que je n'avais jamais vues sur mon Jim.
« Je vous prierais de vous rhabiller. » Tentai-je, sans grande conviction.
Il m'ignora superbement. Ma bouche devint sèche et je ne pus détacher mes yeux de ses mains, lorsqu'elles le débarrassèrent lentement de ses bottes et de son pantalon, ne laissant que son boxer déformé par la bosse imposante que formait son érection, sous le tissu. J'avalai difficilement ma salive, quand finalement, il le retira également, s'offrant totalement nu à mon regard, nullement gêné par la situation surréaliste.
Déchiré entre le dégoût et l'envie, je me retrouvai honteusement à l'étroit dans mon sous-vêtement. Malgré tout mon contrôle, il me fut impossible de rester de marbre, face à cet homme si semblable à mon T'hy'la. Le quotidien qu'il devait mener, dans son monde probablement cauchemardesque, m'attristait bien plus que je ne voulais l'admettre. Les moyens qu'il était prêt à employer, pour sortir d'ici, confirmaient l'absence de compassion qu'il subissait sûrement tous les jours. Je ne m'étonnai qu'à moitié qu'il soit devenu si cruel, face à de telles conditions de vie. Mais, malgré tout, si je comprenais bien ce qu'il sous-entendait, nous nous étions tout de même trouvés, dans cet univers-là. Contre vents et marées. Et même si leur relation semblait posséder un côté quelque peu malsain, j'étais soulagé que ce Kirk ne soit pas totalement esseulé.
Quand le plat de ma main vint soudainement frapper le bouton qui maintenait le champ de force, il fut si surpris, qu'il ne réagit pas assez vite. J'avançai d'un pas dans la cellule et réitérai la commande, avant de retirer mon bras juste à temps, m'enfermant volontairement avec lui. Pour sortir, à présent, il me faudrait une aide extérieur que j'appellerai, le moment venu, avec mon communicateur.
Je m'approchai ensuite de lui, un air volontairement prédateur sur le visage, pour garder l'ascendant sur lui. Cela fonctionna, car il recula jusqu'à buter comme le mur du fond. Je le bloquai alors de mon corps, encore habillé, et encadrai son visage de mes mains. Il ferma les yeux, attendant visiblement quelque chose de brutal. Il ne sut donc pas quoi faire, quand je posai délicatement mes lèvres sur son front, embrassant les quelques mèches folles collées à sa peau en sueur, puis sur chacun de ses yeux, son nez, une joue, pour finir par ravir sa bouche, dans un baiser tendre et doux.
« Qu'est-ce que tu fais ? » Chuchota-t-il, contre mes lèvres, ses paupières papillonnant pour faire disparaître les larmes qui manquèrent de déborder de ses iris bleutés.
« Je te montre ce que veux dire aimer. » Répondis-je, tout bas, avant de l'embrasser de nouveau.
« Il n'y a pas d'amour, entre mon Spock et moi. » Prétendit-il, quand je dérivai dans son cou.
« J'ai du mal à le croire. » Murmurai-je à son oreille, avant de la lécher.
« Nous n'en avons pas le droit. Cela nous rendrait faibles aux yeux des autres. » Continua-t-il, alors que je m'attaquais à son torse, taquinant un téton au passage.
« À vous de le prendre, dans ce cas. » Contrai-je, en m'agenouillant devant lui.
« Au risque de nous faire tuer ? »
« C'est une cause qui vaut tous les sacrifices. » Affirmai-je, avant d'engloutir son membre chaud.
Il gémit sous la caresse de ma langue, en agrippant mes cheveux d'une main ferme. J'allai volontairement à un rythme lent, savourant la texture de sa peau, le faisant languir. Certainement habitué à plus de fougue, il finit par bouger, venant à ma rencontre avec plus de force. Je plaquai alors ses hanches contre le mur, d'une poigne ferme. Un soupir de frustration lui échappa et je décidai d'arrêter là, ma torture. Je me redressai ensuite et me postai devant lui, patient. Il dut comprendre le message, car il tendit les bras vers moi, dans l'intention manifeste de m'arracher mes vêtements.
« Doucement. » Le repris-je, alors qu'il s'était emparé du col de mon uniforme.
Il glissa alors ses mains sous mon t-shirt et le fit passer par-dessus ma tête. Il le jeta dans un coin, tout en me dévorant du regard. Des doigts presque timides caressèrent les poils noirs de mes pectoraux, avant de descendre buter sur le bouton de mon pantalon. Il s'y attaqua avec dextérité, puis le baissa lentement sur mes cuisses, avec mon sous-vêtement, libérant mon érection douloureuse. Il ne détacha pas ses yeux des miens durant toute la manœuvre, voulant me prouver qu'il en était capable. Ses paupières se fermèrent malgré tout d'elles-mêmes, quand il referma ses doigts sur moi et que mes vrilles se déroulèrent pour le cajoler. J'essayai de ne pas perdre mon souffle, tant il sembla ému. Il me caressa avec volupté, alors qu'une unique larme coula sur sa joue. Je la récupérai du bout de ma langue, avant de l'embrasser avec passion. Son corps montra des signes de faiblesse, peu habitué à tant d'attention, je l'allongeai donc délicatement sur la paillasse qui trônait contre l'un des murs de la pièce étriquée, avant de m'asseoir à cheval sur son bas-ventre.
L'incompréhension se lut sur son visage, quand je m'emparai de sa main encore abondamment imprégnée du lubrifiant naturel sécrété par mon sexe, pour la guider jusqu'à mon intimité, dans une demande muette.
« Doucement. » Répétai-je, de nouveau, dans un souffle, alors qu'il enfouissait ses phalanges en moi.
Il sembla comme hypnotisé par le mouvement de mes hanches, alors que je venais à sa rencontre, désireux de plus. De sa main libre, il reprit ses caresses sur mon membre, me faisant gémir sans que je puisse m'en empêcher. Quand il me sentit prêt, et seulement là, il cessa de me tourmenter, pour m'agripper par la taille. Je me laissai guider, jusqu'à le sentir s'enfoncer dans la chaleur de mon corps. Il rejeta la tête en arrière, dans un cri muet qui ne passa pas ses lèvres, alors que je me calquai sur son rythme, le laissant trouver ses marques. Il se redressa soudainement, enroulant un bras autour de moi, pour venir m'embrasser. Je lui rendis son éteinte, en perdant le peu de contrôle qui me restait, quand il s'occupa de nouveau de mon membre, d'une poigne un peu plus ferme. Ses coups de reins se firent plus profonds, plus intenses, me mettant au supplice. Je priai silencieusement, pour que personne ne vienne voir où j'étais passé, tout en mordant ma lèvre inférieure pour retenir mes cris. Je m'accrochai à ses épaules larges, quand l'orgasme me faucha au vol, alors qu'il accélérait encore la cadence, jusqu'à me rejoindre dans l'apogée du plaisir.
Je laissai mon front reposer sur le sien, mêlant nos souffles erratiques, le gardant un peu plus longtemps en moi. Je restai sans voix, quand je sentis ses doigts fébriles tracer des arabesques apaisantes dans mon dos, tendrement.
« Tu n'as pas voulu fusionner mentalement avec moi. » Constata-t-il, une pointe de déception dans la voix.
« Non. Cela est réservé à un autre moi, dans un autre univers. C'est à lui que tu dois dire ce que tu ressens. » Répondis-je.
« Et s'il ne m'aime pas ? »
« Ceci me semble hautement improbable. » Lui assurai-je, en me relevant. « Nous allons trouver un moyen d'inverser le processus. Tu devras malheureusement rester ici, en attendant. Ce ne serait certainement pas une bonne idée que tes subalternes t'aperçoivent en train de te promener librement dans le vaisseau. » Ajoutai-je en me rhabillant tranquillement.
« Je serai accusé de trahison. Je préfère donc attendre là. » Acquiesça-t-il, en m'imitant.
« Très bien. Je vais voir où en sont les recherches. » Dis-je, en sortant mon communicateur, pour appeler un garde de la sécurité, à qui j'expliquai vaguement que j'étais entré pour faire parler le prisonnier.
Je me postai ensuite devant le champ de force, en reprenant mon air impassible habituel.
« Attends. » Me rappela-t-il, précipitamment. « Tu es mal coiffé. » M'informa-t-il, après que je me sois retourné vers lui.
Il remit mes cheveux en place, consciencieusement, avant de déposer un dernier baiser sur mes lèvres, juste avant l'arrivée de l'Enseigne au t-shirt rouge, qui vint me libérer.
Nous finîmes fort heureusement, avec l'aide précieuse de monsieur Scott, par réussir à ramener nos amis à bord, en renvoyant leurs doubles chez eux. Je ne pus me retenir d'afficher mon soulagement, quand mon Jim apparut, sain et sauf, sur la plateforme de téléportation. Il me sourit et je sus avec certitude, qu'il avait lui aussi fait en sorte d'apporter des changements à cet univers en souffrance. Un micro-sourire orna mes lèvres, face à l'espoir que je vis briller dans ses yeux.
