Chapitre 2
It is important to remember that we all have magic inside of us.
Je courais. J'étais en retard. Plus tôt dans la soirée, le professeur Dumbledore m'avait accompagnée au ministère de la magie où nous avions appris que mon rendez-vous avait été déplacé de trois jours. Nous étions, ensuite, passés par le Terrier pour y rencontrer la mère de Ron et y déposer mes affaires. Dumbledore avait convaincu monsieur et madame Weasley de me laisser passer la fin des vacances chez eux. Il avait, bien sûr, insisté sur le fait que j'étais une amie de Ron, Harry et Hermione et que j'étais sous sa protection. Cela leur avait amplement suffit. Puis, il m'avait accompagnée jusqu'au lieu où se déroulait la coupe du monde de Quidditch. Avant de partir, il m'avait seulement dit que je devais me rendre vers la loge du ministre. Depuis cela ...je courais.
Je courais sans me retourner et sans demander mon chemin à personne. J'arrivais enfin lorsque je bousculai une femme blonde. Je m'excusai devant le regard perplexe du jeune garçon (que je reconnus aussitôt) qui se tenait à ses côtés. Je regardai autour de moi et me déplaçai comme une flèche en passant devant un groupe de personnes pour ensuite étouffer Harry d'une étreinte. Après l'avoir relâché, il me murmura quelque chose à l'oreille.
- Où ça ? m'inquiétai-je.
Il me montra un homme bedonnant avec un chapeau melon qui me regardait ébahi. Je m'approchai de lui et tendis ma main.
- Monsieur le Ministre...
Il me prit la main et demanda:
- A qui ai-je l'honneur ?
Je laissai un silence s'installer. Je voyais que beaucoup de gens autour de nous avaient interrompu leur conversation et attendaient ma réponse. Tout particulièrement intéressés, les Malefoy me regardaient. Je baissai la voix.
- Je suis la jeune fille que Dumbledore voulait vous présenter aujourd'hui.
Il s'exclama illuminé et assez fort pour que tout ceux qui nous prêtaient attention puissent entendre.
- Ah oui ! Le cas particulier, n'est-ce pas ? Dumbledore m'en a déjà un peu parler mais pas assez pour que je devine ce que vous me cachez avec tant de ferveur.
Je me sentis rougir. Pourquoi ? Peut-être n'étais-je pas encore habituée au regard d'autant de gens. Je baissai les yeux avant de dire:
- Si vous n'aviez pas annulé l'entretien d'aujourd'hui, vous en sauriez à présent beaucoup plus sur la jeune fille que je suis.
Il me regarda surpris. Normal, j'avais parlé sèchement. Puis ses traits s'adoucirent.
- Quelle impertinence ! J'attendrai donc avec encore plus d'impatience notre futur entretien.
Il s'éloigna d'un pas rapide. Deux grands garçons roux s'approchèrent de moi L'un dit joyeusement:
- Tu as vu comment tu viens de parler au Ministre. C'était génial ! Tu viens de surprendre le vieux Fudge et t'as tapé dans l'oeil des Malefoy.
Je soupirai en lançant un regard aux Malefoy qui discutaient avec le Ministre.
- Ce n'est qu'un homme parmi tant d'autres...
Ils approuvèrent vivement puis se présentèrent; Fred et George Weasley.
Je passai toute la durée du match entre les deux et je n'avais sûrement jamais autant ri de ma vie. De vrais petits plaisantins ! Ensuite, le drame se déroula. Les Mangemorts, les cris, le feu et la foule incontrôlable, tous combinés ensemble. J'aurais pu crier de douleur tant cela me donnait mal à la tête. Je ne supportais pas la souffrance des autres et la mort lorsqu'elles m'entouraient. Je pouvais les sentir ou les entendre et cela depuis la mort de ma mère. Je remarquai qu'à chaque fois que je me trouvais dans une situation qui concernait Harry et les partisans de Voldemort ou lui-même, je savais exactement ce qu'il fallait faire comme si j'étais au courant de choses avant qu'elles ne se passent. Je ne savais pas encore que cela allait s'intensifier davantage encore lors de mon année à Poudlard pour ensuite se confirmer au moment où... Bon revenons à présent à ma rencontre avec le Ministre de la magie.
Le matin, j'avais quitté le Terrier en compagnie de Mr. Weasley. Il m'avait emmené avec lui jusqu'à une petite salle d'attente où je devais attendre Dumbledore qui ne tarda pas. L'attente se passa en silence puis le Ministre ouvrit la porte de son bureau et nous rentrâmes. Ce fut principalement Dumbledore qui parla. Ils discutèrent d'abord des évènements récents. Le Ministre s'agita. Dumbledore changea donc le sujet. Il expliqua l'essence de mes origines sous le regard avide de Fudge. Il insista surtout sur le fait qu'étant la première fée ...enfin demi-fée à être intégrée dans le monde de la sorcellerie, on devrait montrer un certain respect envers ma personne. Enfin, pour tout dire, Dumbledore préparait le terrain pour annoncer au Ministre l'identité de mon paternel. Ce qu'il fit sans plus tarder. Fudge se mit alors dans tous ses états mais il finit par se laisser convaincre que j'avais beaucoup souffert à cause de ce lien de parenté. Je ne représentais donc aucun danger. En dernier, Dumbledore pria Fudge de ne révéler à personne ce fameux lien de parenté - en tout cas pas pendant le temps où Sirius était encore recherché - et soutira son consentement pour mon entrée plutôt retardée à Poudlard. Après l'entretien, Dumbledore me raccompagna auprès de Mr. Weasley avant de partir là où d'autres affaires l'attendaient.
Le jour du départ pour Poudlard, je fus retenue par faute d'oubli d'achat de matériel essentiel. Personnellement je n'y avais pas pensé. On me promit de me livrer le matériel à Poudlard dans les plus brefs délais. Ayant, bien entendu, raté le Poudlard Express, je me rendis au château par le moyen que j'utilisais peu souvent; en volant. Je ne me transformais presque jamais pour cause de principes. Premièrement, je n'avais pas encore la maîtrise totale de cette transformation puisque j'avais dû m'enseigner moi-même, ne connaissant aucun autre hybride pour m'aider, et deuxièmement, depuis presque toute ma vie, je m'étais cachée aux yeux du monde. Je me posai devant les grilles de Poudlard, une heure après l'arrivée officielle des élèves. J'atterris plus particulièrement devant un homme au visage cireux et au nez crochu….
Cet homme au visage cireux et au nez crochu attirait invraisemblablement ma sympathie et je n'aurais pas su dire pourquoi ! Il me fascina même encore lorsqu'il me parla sur un ton froid:
- En retard ! Mais qu'est-ce que c'est que cet accoutrement ?
Il me regarda de ses yeux d'un noir profond.
- Et qui êtes-vous d'abord ?
Je réfléchis un moment avant de répondre car ses yeux qui me toisaient me donnaient la chair de poule et je me demandais pourquoi tant de froideur. Une frustration ? Un passé lourd ? Cela égaya ma curiosité. Je répondis ensuite naturellement:
- Je suis le cas spécial.
Il me regarda avec dédain.
- Vous ne pouvez paraître dans l'enceinte de l'école dans un pareil accoutrement, fit-il remarquer.
Je regardai ma jolie robe. Personnellement, je la trouvais bien mignonne mais je soupirai quand même, fermai les yeux et inspirai l'odeur de la nature qui m'entourait. J'ouvris mes yeux pour observer mon uniforme. Ce n'était pas exactement celui imposé par l'école mais je n'avais pas pu me retenir d'y ajouter un grain de mode. Je levai les yeux vers l'homme visiblement impressionné.
- Voilà ! déclarai-je. Et vous ! Vous ne vous êtes pas encore présenté.
J'ajoutai un petit sourire enjoué à mes paroles mais il devint à nouveau impassible et se mit à marcher en direction du château. Je le rattrapai pour marcher à ses côtés. Je ne pus m'empêcher d'admirer le château dont la beauté resplendissait à mes yeux.
- Je suis Severus Rogue, le professeur de potions.
Je répondis en un sourire.
- Enchantée de faire votre connaissance, professeur ! Je m'appelle... Leana.
Je pénétrai alors pour la première fois dans le château et je pus enfin observer sa splendeur au complet. Nous nous arrêtâmes devant les grandes portes qui, je devinais, devaient être celles de la Grande Salle. Harry m'en avait parlé dans le courant de l'année passée lorsque je lui avais demandé de me décrire le château dans tous ses détails.
Le professeur Rogue ouvrit les portes qui donnaient sur une immense salle dans laquelle étaient réunies cinq tables. Toute l'assemblée posa ses yeux sur le professeur Rogue puis sur moi. Je déglutis et me redressai pour marcher d'un pas léger derrière Rogue. Lorsque j'arrivai à la hauteur de mes amis, je leur adressai un petit signe de la main. Je n'avais averti aucun d'entre eux de ma future présence à Poudlard. Fred et George eurent l'air particulièrement ravi de me voir car je les voyais déjà comploter derrière mon dos. Dumbledore se leva et s'approcha de moi lorsque j'arrivai à sa hauteur. Il me regarda d'un air inquiet et me demanda:
- Leana, comment êtes-vous arrivée ici ?
Je baissai la voix.
- En volant. J'ai atterri devant les grilles du château et le professeur Rogue a eu la gentillesse de m'accompagner jusqu'ici.
Je lançai un magnifique sourire à Rogue qui fixa, tout à coup, le fond de la salle avec intérêt. Dumbledore se tourna vers les élèves tous très attentifs. Il posa sa main sur mon épaule et commença ma présentation aux résidents de Poudlard.
- Voici Leana...
Les murmures commencèrent.
- Elle est un cas assez particulier... elle a raté trois années d'apprentissage et ne devra pas les rattraper. J'annonce donc avec plaisir aux quatrièmes années qu'ils auront une nouvelle camarade.
Des protestations des plus âgés fusèrent. Dumbledore continua son discours en serrant mon épaule comme pour que je lui transmette un peu de mon énergie.
- J'aimerai, en autre, qu'en l'accueillant ici vous sachiez que Leana n'est pas comme vous et qu'elle ne fera pas les choses de la même façon. Toute l'assemblée, même les professeurs, demeuraient silencieux. - J'ai le plaisir de vous dire que nous accueillons pour la première fois à Poudlard...
Je fermai les yeux.
- ...une fée.
Des exclamations de stupeur s'élevèrent. J'ouvris mes yeux et rayonnai. J'étais tellement heureuse de pouvoir enfin m'intégrer au monde. A cet instant, je savais que tous mes moments de solitude prolongés n'allaient plus jamais exister. Dumbledore lança un bref regard à la chaise qui trônait à côté de moi et avertit:
- Je pense que nous devrions passer au choix de ta future maison.
J'étouffai un cri de stupeur en voyant une vieille femme au visage sévère s'approcher de nous avec un morceau de cuir tout rapiécé entre les mains.
- Mais! Je...je pensais rejoindre mes amis, balbutiai-je, je n'ai même pas eu le temps de m'inquiéter !
Je vis Fred et George exploser de rire et la vieille femme m'ordonna sèchement:
- Assis !
Je lui obéis et fermai les yeux avant de sentir le Choixpeau glisser sur le haut de mon crâne. Il se réveilla soudainement et commença à réfléchir à haute voix.
- Oh ! s'écria le Choixpeau. Quelle magnifique ascendance de sang-pur ! Une excellente caractéristique pour voler tout droit à Serpentard.
Je regardai la table de ces derniers et aperçus le garçon blond qui avait presque causé la perte de Buck. Je fis une grimace de dégoût. Non, pas Serpentard ! Je sus à cette instant qu'Harry priait aussi pour que je n'aille pas à Serpentard. Le Choixpeau, par contre, s'exclama:
- J'aperçois aussi beaucoup de courage et une magie très pure, beaucoup de grandeur, de bonté et de gentillesse.
Il laissa un moment de suspens où l'on put sentir la tension dans la salle avant de dire :
- Gryffondor !
Après que le Choixpeau ait crié " Gryffondor!", je souris et le remerciai. On le ôta de ma tête et je pus rejoindre en sautillant la table des Gryffondors qui acclamaient la décision du Choixpeau magique. Je m'assis entre Fred et George qui s'étaient empressé de me faire une place. Je demandai ironiquement:
- Je vous ai manqué ?
Ils me sourirent et Fred déclara:
- Tout le monde voulait t'avoir dans sa propre maison mais c'est nous qui t'avons héritée. Les Serpentards doivent être en rage à cause du trophée qui vient de glisser de leurs mains pour aller tout droit dans les mains de l'ennemi.
Harry, Hermione, Ron et moi explosâmes de rire. Je souris à Harry qui me regardait des étoiles pleins les yeux. Il devait être heureux d'avoir au moins une fois dans sa vie quelqu'un qu'il pouvait considérer comme étant de sa famille auprès de lui. En y réfléchissant, je le considérais déjà comme un frère et un meilleur ami. J'avais l'impression de l'avoir toujours connu alors que je ne l'avais pas côtoyé depuis bientôt douze ans si je comptais l'année dernière. En effet, mon père, pendant mes premières années de vie, avait l'habitude de m'amener chez les Potter où je jouais avec Harry. Ainsi, il avait plus de temps pour s'occuper de ma mère souffrante.
En allant à la salle commune de Gryffondor, un seul sujet de conversation persistait: le Tournoi des Trois Sorciers. Fred et George se plaignaient de ne pas avoir l'âge requis tandis qu'Hermione et moi discutions des élèves des autres écoles, à savoir ceux de Durmstrang et de Beauxbâtons. Nous parlâmes de la France car Hermione y avait passé ses dernières vacances. Je connaissais très bien le pays et sa culture pour y avoir vagabondé pendant près de quatre années consécutives. Le professeur McGonagall, notre directrice de maison, m'expliqua encore comment se passaient les journées à Poudlard et me demanda quelles branches je voulais choisir. Au plus grand hasard, je choisis les mêmes options qu'Harry et Ron. Je ne fus donc pas étonnée le lendemain de me retrouver avec le même horaire qu'eux. Nous commençâmes avec un cours de métamorphose qui ne me plus guère puisque je n'avais pas de baguette magique (oui j'étais plus fée que sorcière à vrai dire). Je devais donc suivre mon intuition. Malheureusement, on ne m'avait pas épargné des devoirs qui ne rentraient pas en ligne de compte avec mes pouvoirs. Je devais apprendre toute la théorie des sorciers pour ne pas la pratiquer par la suite. Mais, contrairement à ce que je m'étais imaginé, la théorie fut une part de travail qui m'amusa tout de suite, et même si mes résultats n'étaient pas encore si excellents que ceux d'Hermione, je pouvais dire que j'étais bien meilleure en théorie qu'en pratique.
Vint, enfin, à la plus grande déception d'Harry et de Ron, le premier cours de potion avec Rogue et par-dessus le marché partagé avec les Serpentards. A la fin du cours, je fus félicitée par la majorité de mes camarades. Certains Serpentards me regardaient visiblement impressionnés et d'autres, avec aversion, juraient dans mon dos. Pour en dire plus, j'avais tenu tête à Rogue lorsqu'il avait voulu tester son autorité sur moi et enlever quelques points à Gryffondor quant à la médiocrité de ma potion. Je lui avais répondu qu'a mon avis, à moins qu'il n'ait besoin de lunettes et n'ait pas les yeux en face des trous, que ma potion, par rapport à la recette donnée, n'était pas excellente mais pas non plus médiocre comparée à la plupart des autres (exceptée celle d'Hermione bien entendu). Le professeur Rogue m'avait regardé furieux puis il avait annoncé la fin du cours. J'étais réjouie de ne pas laisser indifférent et impassible le professeur le plus insupportable d'après mes sources.
Après le dîner, je fus accostée par les deux jumeaux Weasley. Les nouvelles allaient si vite que je fus félicitée par les plus grands chenapans de l'école. Mais ils n'étaient pas venu que pour cela. Fred me demanda:
- Tu avais dit que tu savais bien chanter...
George continua:
- Et nous aimerions bien que tu nous en donnes la preuve.
Il haussa un sourcil, interrogateur. Je soupirai:
- Et vous ? Vous vous en sortez comment ?
Fred éclata de rire.
- Bien… enfin pour ce qui est de chanter sous la douche, je peux t'assurer que nous sommes les meilleurs !
George, quant à lui, s'impatienta:
- N'essaie surtout pas de changer de sujet. On te lâchera pas, ça tu peux en être sûre.
Il adressa un clin d'oeil à son frère jumeau. Sachant que je n'avais aucune chance de leur échapper, je saisis l'occasion pour révéler au monde un peu de mon pouvoir. J'inspirai la force et l'énergie de la nature pour laisser une mélodie emplir l'espace. Puis, j'entamai la chanson tout en m'imaginant de ne pas être le centre de l'attention.
- Nous, nous ne disposons pas à vous soucier de rien parce que nous avons obtenu le feu, et nous brûlons un enfer d'une chose.
Je chantais comme si je leur parlais. Ils étaient surpris par mon jeu d'acteur. J'avoue que quand on est seul pendant des années, il nous arrive de trouver des occupations quelques peu hors du commun (ou pas!).
- Ils, qu'ils vont nous voir depuis l'espace. Light It Up, comme nous sommes les étoiles de la race humaine.
Je me détachai d'eux et commençai à avancer vers la cour qui s'ouvrait devant moi, les bras tendus à l'horizontal, je tournoyai sur moi-même, sautillai et laissai émaner la joie que la chanson me procurait telle une énergie qui affluait de moi.
- Lorsque les lumières se sont bas, ils ne savent ce qu'ils ont entendu. Frappez le match, jouer fort, donner de l'amour dans le monde. Nous soulèverons nos mains, brillant vers le ciel.
Je levai les bras au ciel et des étincelles jaillirent de mes paumes. Certains élèves, enfin la majorité de ceux qui étaient présent dans la cour et les couloirs alentours, me regardaient étonnés et séduits. J'en fis abstraction et continuai:
- Parce que nous avons obtenu le feu.
Je tournoyai sur moi-même envahie par la chaleur de la musique et de ses paroles.
- Nous pouvons l'allumer. Donc, ils ne peuvent pas l'éteindre
J'aperçus les visages d'Harry et de Malefoy.
- Et on va le laisser brûler, brûler Burn.
Tout à coup, les cierges et les bougies des chandeliers s'allumèrent. Les élèves se retournèrent surpris. Oui, c'était mes pouvoirs qui s'emportaient. C'était de la magie régie par la nature et mes sentiments, belle et pure.
- On va le laisser brûler !
Je finis sur ce mot et comme si jamais rien ne s'était passé les lumières s'éteignirent. Je repris mon souffle. Je me figeai à la vue de tous ces regards braqués sur moi mais je souris en voyant les jumeaux bouche bée. George fut celui qui ouvrit la bouche en premier:
- Je crois que je viens de perdre mon pari.
Il sortit de sa poche quelques mornilles et les tendit à Fred. Mon sourire s'effaça instantanément. Je les regardai frustrée d'avoir été manipulée de la sorte pour faire l'objet d'un stupide pari.
- Vous avez osé parier sur moi ?!
Fred me regarda apeuré mais dit gentiment:
- Tu nous as beaucoup étonné...
Puis en un sourire enjoué:
- Mais un pari reste un pari !
- Tu dois me promettre de continuer à chanter. C'était extraordinaire !
Je regardai George. Il tirait la même tête qu'un poisson et cela m'aida à retrouver le sourire. Je les laissai seuls afin de rejoindre Harry qui avait prévu de jouer un peu au Quidditch avec Ron. J'avais demandé si je pouvais les accompagner et ils avaient dit qu'il n'y avait aucun problème à cela. Je m'assis dans les tribunes après avoir parlé durant tout le trajet de mes pouvoirs magiques.
Je les regardai voler sur leur balai. Je trouvais ces engins très peu sécurisés, même dangereux, mais bon lorsqu'on avait pas d'ailes, il fallait bien trouver un autre moyen d'atteindre le ciel.
Harry s'arrêta soudainement et regarda sur le bord du terrain. Un groupe de Serpentards, mené par Drago Malefoy était arrivé sur le terrain. Ils allèrent s'installer dans les tribunes à quelques dizaines de mètres de moi. Harry vola vers moi.
- Il le fait vraiment exprès, marmonna-t-il agacé.
Je lui souris et lui caressai avec affection la joue.
- Fais abstraction de ces petits emmerdeurs… tant qu'ils n'embêtent pas.
Il me sourit en retour et déclara les yeux soudain pétillants:
- En fait, tu es une fée. Est-ce que tu… enfin comment est-ce que tu fais pour voler ?
Je lui lançai un regard de défi.
- Hey Harry ! Tu viens ?
Harry se tourna en direction de Ron.
- Oui, j'arrive ! Il allait s'éloigner lorsque je pris ma décision.
- Harry, attends !
J'inspirai l'air frais dans mes poumons et laissai l'énergie de la nature m'envelopper et prendre possession de mon corps. L'effet fut instantané. Je rayonnai tandis que l'énergie me dessinait de nouveaux vêtements. Un picotement dans le dos m'avertit que c'était fini. Le flux d'énergie autour de moi s'estompa automatiquement. Les yeux d'Harry était fixé sur la nouvelle apparence dans laquelle la nature m'avait transformée. Mes cheveux tombaient en légères boucles dans mon dos où de fins rubans s'entrecroisaient dévoilant ma peau claire. Ma robe s'arrêtait à la moitié de mes cuisses et était de couleur verte avec des rubans rose pâle à ses extrémités. Quant à mes ailes, elles étaient grandes et joliment dessinées. Aujourd'hui, elles étaient verte pâle et parsemées d'une pluie de points bleus. En un élan, je m'élançai dans les airs. Ron me lança le Souaffle. Je l'attrapai avec aisance. Je filai ensuite à toute vitesse devant Harry et marquai, laissant Ron béât et Harry émerveillé. Je fis une pirouette sur moi-même et observai qu'il manquait une balle de plus à la caisse qui les contenait. Je remarquai vite qu'il s'agissait d'un des deux cognards. Soudain, inquiète, je regardai autour de moi. Je pus voir ce que je venais de m'imaginer. Le cognard fonçait tout droit sur le groupe habillé de vert et qui n'y prêtait pas du tout attention. Il visait plus particulièrement le garçon au cheveux trop blond pour être caractérisé comme blond. Prise par un élan d'adrénaline, je fonçai plus vite que le cognard et pus me placer à temps en face de la balle. Je ne savais pas quoi faire mais je tendis les mains devant moi comme pour me protéger de l'impact et concentrai toute mon énergie sur le cognard. Une lueur d'un blanc éblouissant jaillit devant moi faisant office de bouclier. La lueur prit la forme d'un dragon blanc et celui-ci s'élança vers le cognard. Sa gueule avala la balle qui retomba inerte sur le sol comme vidée de son âme. Epuisée, je tombai à genou. J'entendis Harry crier mon nom et puis tout devint noir.
