Disclaimer : Les personnages appartiennent à leur créateurs de chez Marvel Comics, mais plus particulièrement à ceux qui les ont adaptés pour le grand écran, chez Marvel Studio's, qui appartient à Disney. Les citations sont à leurs auteurs. Je ne tire aucun bénéfice financier de ce texte.
Rating : K+.
Pairing : Steve Rogers/Tony Stark. Possibilité de quelques autres sous-entendu ou en background.
Note : Bonsoir tout le monde et bienvenus pour cette seconde partie qui, whaouh, est tellement plus courte que la première que s'en est indécent. Je tiens à remercier tout le beau monde qui est venu laisser un avis sur la première partie, comme tout auteur amateur j'apprécie que vous ayez prit ne serait-ce que deux minutes de votre temps pour vous exprimer. Les retours étaient très positifs et chaleureux, alors j'espère sincèrement que cette partie sera à la hauteur de vos attentes. Merci encore et bonne lecture !
I was the match and you were the rock
Maybe we started this fire
We sat apart and watched
All we had burned on the pyre
You said we were born with nothing
And we sure as hell have nothing now
These are the things, the things we lost
The things we lost In the fire, fire, fire
Do you understand that we'll never be the same again ? - Things We Lost in the Fire – Bastille
Si quand Steve avait ouvert la porte de son appartement, il était détendu et décontracté, actuellement, ce n'était vraiment plus le cas. Son corps s'était paralysé dès qu'il avait reconnu, sur le seuil, Tony Stark, le Tony Stark, en costume gris perle avec ses éternelles lunettes à verres fumées, un carton à pizza sous le bras, une bouteille de champagne et un bouquet de fleurs dans la même main. Tony leva les bras et lui décrocha un regard sarcastique accordé à un sourire presque enfantin, comme s'il se présentait lui-même comme un cadeau. Steve se maudit certainement cent fois en se demandant pourquoi il n'avait jamais appris à regarder par l'œil de bœuf de la porte d'entrée. Captain America était manifestement frappé d'excès de confiance. Ou commençait à prendre des risques. Quoique commencer n'était peut-être pas le bon verbe. Après tout, il avait pris des risques assez idiots pendant la guerre. Il avait accepté de brandir la bannière étoilée après soixante-quinze ans dans la glace. Et puis il avait fait entrer Tony Stark dans sa vie. Et ça, c'était pire qu'un risque.
En plus d'être entré dans sa vie Tony ne se gêna aucunement pour entrer dans l'appartement et s'en aller fièrement, à grandes enjambées, vers la salle à manger. Là, il déposa la pizza, les fleurs et le champagne sur la table et fila dans la cuisine, qu'il connaissait bien maintenant, certainement pour aller y prendre des verres.
« Tony… argua Steve assez sérieusement en rejoignant la salle à manger. Mais qu'est-ce que c'est ? »
C'était une question plutôt idiote. Après tout, c'était évident qu'il s'agissait là de fleurs, de pizza et de champagne, mais quelque chose n'allait pas.
Tony reparut. Steve devait l'avouer, il avait beau avoir gagné en force et en assurance, au point de tenir tête à Nick Fury sans ciller, de mener les Avengers sur le champ de bataille, certaines situations avaient tendance à le mettre toujours aussi mal à l'aise. Et là, il redevenait cette terrible jouvencelle qu'il avait été dans les années quarante, à l'époque où sa conversation la plus longue avec une femme n'excédait pas trente secondes. C'était une sensation détestable.
« C'est pour toi, lui dit l'ingénieur en lui faisant un clin d'œil tout en posant les verres sur la table. »
Ça aussi, c'était une réponse foncièrement idiote. Il était venu jusqu'ici alors forcément, ce qui se trouvait là était pour Steve. La chose n'aurait été plus explicite que s'il lui avait mis tous ses présents directement dans les mains. Sauf que même si Tony se cachait derrière ses verres fumés, lui aussi avait le don terrible de perdre ses moyens en présence de Steve Rogers. Captain America, il pouvait gérer : le costume était drôle, coloré, bariolé et quand il était face à Captain America, ils étaient cernés d'ennemis, d'aliens ou de robots alors il pouvait penser à autre chose.
Steve Rogers, c'était différent.
« Je m'en doute, finit par dire Steve, mais… pourquoi ? Ça s'est pas super bien passé… La dernière fois. »
Ce « pourquoi » cachait derrière lui beaucoup d'autres questions. Toutes commençaient par pourquoi. Pourquoi on se retrouve seuls dans cette pièce. Pourquoi tu reviens encore. Pourquoi avons-nous commencé, tout simplement. Pourquoi cette persistance alors qu'à chaque fois qu'on se voit, les choses tournent au vinaigre.
Tony entendit toutes ces questions silencieuses et se contenta de faire la moue. La première fois, Steve n'avait pas compris qu'il s'agissait d'un rendez-vous galant. Une telle idée ne lui avait même jamais traversé l'esprit. Quand il avait compris quels genres de sentiments le fils Stark entretenait à son égard, il s'était enfui en courant. Littéralement. Mais il s'en était tellement voulu qu'il s'en était allé, de lui-même, retenter le coup. Parce qu'il avait senti que quelque chose s'était passé. Parce qu'il y avait eu ce regard, si étrange et pourtant si intense. Alors il avait accepté de lui laisser une chance. Et de se laisser une chance, à lui aussi. Sauf que la deuxième fois, les excès de narcissisme de Tony l'avaient agacé. Il était encore parti. La troisième fois, c'était Tony était revenu et Steve avait été magnanime. Ils avaient dérapé tous les deux, ce troisième rendez-vous était celui de la deuxième chance pour eux. Et ils avaient fini par s'embrasser.
Et Steve avait pleuré. Comme une madeleine, une pleureuse, une veuve éplorée ou il ne savait quoi d'autre. Il avait pleuré alors que Tony était encore accroché à ses lèvres. L'ingénieur n'avait pas su quoi faire. Alors il s'en était allé sans piper mot, lui aussi.
Ils en étaient là. La quatrième tentative d'une opération qui semblait complètement désespérée. Pourtant, quelque chose en eux remuait toujours, il y avait une flamme, un drôle d'étincelle qui s'allumait, qui avait fait qu'ils avaient fini par y croire, à espérer que cela marche. Tony déboucha la bouteille de champagne et déversa la boisson dorée dans un des verres à eau qu'il avait pris dans la cuisine.
« Tu me plais, Steve, annonça-t-il. Vraiment. Et je ne crois pas trop m'avancer si je dis que je te plais aussi. »
En guise de réponse, Steve haussa les sourcils et rehaussa ses épaules pour tenter de gagner en carrure. Il fit mine de réfléchir et balbutia quelques mots alors que le verre de champagne flottait jusqu'à lui, dans la main de Tony Stark, qui se retrouvait maintenant terriblement proche. Trop proche.
« Alors j'accepte de te laisser tout le temps qu'il te faudra. »
Steve ouvrit la bouche, et la referma. Une fois, deux fois, trois fois. Puis il secoua la tête et prit le verre. Sa main, tout comme celle de Tony, tremblait légèrement.
« Je… dit-il après s'être raclé la gorge. Je viens de me souvenir que je dois aider Sam à… »
Il ne savait pas du tout comment il allait finir sa phrase. Il était en train de ficeler un mensonge de toute pièce et se sentait mourir de honte. Steve ne pouvait même plus regarder Tony dans les yeux depuis la mascarade précédente. Ce n'était pas possible. Il avait passé la semaine sous sa couverture, incapable de faire diminuer ce sentiment de honte qui s'était emparé de lui. Il avait d'abord appelé Bucky, naturellement, puis Sam, et enfin Natasha, et tous les trois avaient fait des roulements pour l'aider à se remettre sur les rails. S'il y avait quelque chose qu'ils n'avaient pas imaginé, c'était bien de devoir ramasser Captain America à la petite cuillère. Mais ce n'était pas de sa faute s'il faisait incessamment n'importe quoi. Il venait tout juste de réussir à comprendre comment approcher une femme. Alors un homme, qui était déjà, littéralement, très –trop- proche de lui, c'était vraiment une autre paire de manche, et quand la main disponible de Tony se posa sur sa poitrine, Steve se surprit à souhaiter un défibrillateur pour le prochain Noël. C'était dans ce genre de moment qu'il se souvenait qu'il avait quatre-vingt-quinze ans.
« Ha, ha, ha, Steve, tu n'iras nulle part cette fois, dit Tony d'une voix calme et claire. Et si ça peut te rassurer, moi non plus, je n'irais nulle part. »
Et cette fois, ça avait marché.
Les corps de Matt, Peter et Jessica furent posés délicatement sur des couvertures, qui ne tardèrent pas à être tachées de sang. De tous ceux qui venaient d'arriver, c'était les plus mal en point. Mais il n'y avait personne ici –omis Jennifer et Logan-, qui n'était pas revenu blessé. Les Vengeurs Secrets n'avaient pas tardé à s'agglutiner autour des nouveaux arrivants, se demandant ce qu'ils devaient faire de Tony, Reed et leur clique, mais Steve et Susan leur avait fait signe de reculer légèrement. Comprenant que les « Puissants Vengeurs » avaient été menés ici délibérément et sans intention belliqueuse, ils s'étaient plus ou moins rétractés.
Ils étaient tous blessés. Cela allait du simple œil au beurre de noir de Clint Barton à la profonde entaille dans la hanche de Johnny Storm, cicatrisée au feu. Les plus mal en point furent confiés aux soins de quelques bonnes âmes.
« Nous avons conclus une trêve, annonça posément Steve Rogers, qui avait recouvré toute son autorité. En unissant nos forces, nous pensons trouver un moyen de faire disparaître la gangue de glace qui nous retient ici et enfin nous échapper. Occupez-vous des blessés pendant notre absence. Bucky dirige les opérations jusqu'à notre retour. »
Sur ces mots, Captain America, le Faucon, Vision, le Fauve, Black Panther, Tornade, la Femme Invisible, Reed Richard, la Guêpe, Hank Pym, Rhodey, Iron Man, Miss-Hulk et Logan s'en étaient allés dans une autre aire du parking, où ils allaient élaboré calmement ce fameux plan censé tous les sauver. Bien que personne n'y croyait vraiment. Tous les héros qui s'étaient jadis déchirés s'entreregardèrent avant de hocher la tête, suivant envers et contre tout les ordres de leur Captain. Avant de partir, Logan ricana à leur encontre :
« Ils sont à vous. »
Clint Barton, Natasha Romanoff, Carol Denvers et Jessica Drew –toujours sonnée et mal en point- ne se sentirent jamais aussi petits que quand une vingtaine de paires d'yeux emplis de colère ou de haine se posèrent sur eux. Il était évident qu'il en fallait très peu pour que le premier leur saute à la gorge. Surtout Clint et Natasha, qui les avaient lâchement quittés pour rejoindre l'autre rive. Et aucun regard n'était plus hargneux et avide de vengeance que celui de Frank Castle, alias le Punisher. Il y avait aussi des sourires narquois, des rires mauvais. Mais c'était encore autre chose.
La silhouette massive de Bucky ne tarda pas à se poser entre les Vengeurs blessés et ceux qui étaient là, debout et en force.
« Contrairement à ce qu'a laissé entendre notre ami Logan, personne n'est à personne ici, dit-il placidement.
- T'es pas joueur, Barnes, soupira Castle.
- Parce que nous ne sommes pas en train de jouer. Peter, Matt et Johnny sont aussi aux rangs des blessés, alors à moins que quelqu'un n'ait envie de se rendre utile, allez voir ailleurs en attendant le retour du Captain. »
Le fait que Steve lui laisse les commandes en son absence et en celle de Sam soulevait toujours des sentiments contradictoires chez Bucky. D'un côté, il était flatté par cette marque de confiance. De l'autre, il était assez agacé à l'idée de jouer les baby-sitters. Surtout maintenant. Il n'avait pas besoin d'une mini-guerre civile, surtout dans un parking. Ça aurait l'air tout au plus d'une vulgaire guerre des gangs dans une banlieue difficile. La plupart des Vengeurs Secrets finirent par se disperser dans le parking, et le Soldat de l'Hiver ne retint pas un soupir de soulagement, assez bas toutefois pour ne pas être entendu. Hercule, Luke Cage, Cyclope et Angel s'en allèrent chercher un des nécessaire de soins que les Vengeurs Secrets avaient entassés près de la chaudière qui autrefois, alimentait l'immeuble au-dessus de leur tête. Naturellement, il ne restait que des ruines de cet immeuble et par conséquent, la chaudière était obsolète, mais le coin était sec. Avec les nécessaires de soins se trouvaient aussi de la nourriture, principalement des conserves. Mais nourrir une trentaine de bouches faisait chuter les vivres dangereusement. Les plus raisonnables avaient bien compris l'urgence de la situation. S'il y avait un moment pour se serrer les coudes, c'était bien celui-là. Ils devaient s'entraider maintenant, autrement la moitié des plus grands héros du monde mourrait dans une tombe de glace aussi inutilement que stupidement.
Et puis il y avait eu ce moment, à Times Square. Steve avait brandi son bouclier et comme autrefois, avait scandé « Vengeurs, rassemblement ! ». Ils s'étaient battus côte à côte, comme autrefois, dans une même impulsion, poussés par ce cri de ralliement, comme obéissant à une pulsion naturelle. Et malgré le fait qu'ils en soient tous revenus plus ou moins blessés… Natasha Romanoff devait avouer que quelque part, ça lui avait fait du bien. De sentir que cette division pouvait de nouveau être effacée. Qu'ils pouvaient redevenir un tout. Parce qu'ils étaient tous brisés. Chaque Vengeur n'avait que les autres Vengeurs. Ils étaient devenus interdépendants. Ils n'avaient qu'eux-mêmes et sentir ce tout divisé, alors qu'eux-mêmes était déjà brisés à l'intérieur, c'était certainement pire que de se retrouver pris au piège dans un mini-Jotunheim. Alors qu'Angel se penchait sur son épaule et s'emparait d'une aiguille et d'un fil à suture, la Veuve Noire regarda autour d'elle, les Vengeurs dispersés dans cet immense parking, chacun discutant, à n'en pas douter, de la suite des événements.
« Vous êtes nombreux, souffla-t-elle. Mais… Moins nombreux que ce qu'on aurait cru. »
Elle serra les dents quand l'aiguille pénétra sa peau.
« La plupart des X-Men étaient à l'école de Xavier, expliqua Scott Summers en imbibant un coton de désinfectant. Ce qui nous a été d'une aide précieuse. Et on a eu le temps de laisser quelques-uns partir... Wanda, Docteur Strange… Ceux qui pouvaient tenter d'aider l'extérieur et de ralentir Loki et les autres le temps qu'on… Enfin, le temps qu'on arrive. »
Cyclope tendit un coton à Carol Danvers, qui tressauta. Elle était tellement préoccupée par l'état de Jessica qu'elle avait fini par oublier qu'elle était blessée à la tête et que le sang recouvrait la moitié de son visage.
« Et Thor ? demanda-t-elle alors, d'une voix plus basse qu'elle ne l'aurait cru. »
A la simple évocation de ce nom, tous ceux qui se trouvaient prêts d'elles, à savoir Barnes, Barton, Storm, Summers, Cage, et Angel, se figèrent et s'entreregardèrent. Luke tâche de faire comme s'il n'avait pas entendu et s'en alla vers les blessés graves, de même que Scott et Angel. Carol coula un regard vers Johnny Storm, qui haussa les épaules, l'air de dire que ce n'était pas vraiment ses affaires. Natasha fronça alors les sourcils et regarda Clint, qui se tourna vers Bucky, qui leva un sourcil pour jeter un regard à Hercule. Le héros grec plissa les lèvres, et, du menton, désigna une direction, que Carol, Clint et Natasha suivirent du regard.
Dans un coin ombragé du parking, en intense discussion avec Iceberg et le Punisher, ils virent alors la silhouette massive de Thor, assise sur le cadavre d'une voiture noire, marteau à ses pieds. Le dieu du tonnerre, qui était pourtant à une dizaine de mètres d'eux voire plus, se tourna vers eux. Carol croisa son regard. Et elle se sentit aussi glacée que si on l'avait jetée nue à l'extérieur. Elle frissonna, de même que ses camarades.
« Oh… » fut la seule chose que réussit à articuler Clint.
Steve dormait toujours très peu. C'était un des effets les plus connus du sérum qu'on lui avait injecté dans le corps il y avait plusieurs décennies de ça. Et il avait parfaitement réussi à s'y faire. Ou en tout cas, du temps où il était seul. Il lisait, la plupart du temps, pour rattraper son retard ou tout simplement pour se distraire. Cette faculté lui avait aussi été particulièrement utile quand il avait fallu s'élancer à la recherche de Bucky –même si le pauvre Sam avait vécu l'enfer de son côté tant tout cela l'avait épuisé-, et en bien d'autres circonstances. Mais à présent qu'il ne vivait plus seul, il ne savait plus vraiment qu'en faire. Certes, il pouvait toujours faire ce qu'il faisait autrefois, lire, rester devant un écran, mais ce n'était plus pareil. Ce n'était plus pareil quand quelqu'un dormait contre sa poitrine et ronflait allègrement. Steve n'arrivait plus à se concentrer. Il n'arrivait plus à détacher son regard de l'endormi, et ne pouvait rien faire d'autre que songer à quel point il l'aimait. Parfois, des heures durant.
« Y a pas de fenêtres dans les toilettes, grogna Tony, au plus fort du sommeil.
- Hein ? »
En fait, il fallait bien avouer que Tony ne dormait pas beaucoup non plus. Pas parce qu'il n'en avait pas besoin, mais parce qu'il n'en avait pas envie, qu'il travaillait des heures durant sans s'arrêter. En revanche, lorsqu'il s'endormait, c'était définitif. Une journée entière, voire plus, facile. Parfois un sommeil profond, parfois quelque chose d'un peu plus paradoxal. Les ronflements du fils Stark reprirent de plus belle, et même si Steve aimait regarder sa moitié dormir, ça, c'était pas super. Il se mit à siffler. Tony se réveilla presque en sursaut et regarda autour de lui comme s'il ne reconnaissait pas les lieux.
« Hm ? Steve ? Mais que…
- Tu ronfles, trésor, répondit un Steve quelque peu amusé, en se redressant sur un coude.
- Et donc toi tu siffles ? » rétorqua Tony en se frottant les yeux.
Steve pouffa et reposa sa tête sur son coussin. Tony ne tarda pas à l'imiter. Tous deux se regardèrent, allongés côte à côte, comme s'ils se voyaient pour la première fois. Steve s'étonna du fait que Tony soit particulièrement alerte. D'ordinaire, il se rendormait directement. Mais là, il semblait attentif. Rogers comprit immédiatement qu'il pensait à quelque chose et vu la mine qu'il arborait, ça devait être important.
« Steve, finit-il par dire. Il y a une question que je me pose. »
Le blond haussa un sourcil alors que Tony se mordait la lèvre inférieure. Pour que cette idée lui revienne et le maintienne éveillé aussi longtemps, c'était qu'il y pensait depuis fichtrement longtemps. Et il y avait de quoi.
« Steve… Est-ce que tu veux qu'on se marie ? »
Pendant le debriefing et la planification de la mission, tout ce que Tony avait eu envie de faire, c'était disparaître. Et il s'était employé à le faire dès lors que Richards et Rogers avait proclamé un temps mort. Ils avaient débattus pendant trois heures sans s'arrêter sur un éventuel plan d'attaque et sur la manière d'agir. La moutarde n'avait pas mis beaucoup de temps à monter. Nombreux étaient ceux qui avaient besoin d'air. Tony en faisait naturellement partie, mais étrangement, il avait l'impression de ne pouvoir respirer nulle part. S'il s'échappait par une porte, il se retrouvait dans le parking où l'attendaient tous ceux qui l'avaient érigé en ennemi, s'il passait par une autre, il allait certainement se retrouver entre Sue et Reed Richards. Alors il s'était tapi dans un coin de la pièce en attendant la fin de la mi-temps.
Tony Stark n'était pas souvent fatigué. Du moins, il n'en avait pas souvent conscience. Mais là, il était éreinté. Il risquait de s'effondrer à tout moment. Parce que le pire, ce n'était pas la fatigue physique c'était la fatigue psychologique. Ça avait toujours été ça, le pire.
« Je ne te poserais qu'une seule question Tony, argua Steve. »
Captain America remit ses gants en place. Lui aussi avait l'air d'une épave. Cela se voyait tant, qu'il luttait pour rester debout, que Tony avait voulu se jeter dans ses bras dès qu'il l'avait revu. Malheureusement, difficile de dire si c'était pour le réconforter ou pour l'achever. Ils en étaient là.
« Est-ce que ça valait le coup ? »
« Il est hors de question que j'accepte ce truc. »
Sans appel. Tony sursauta presque. Il s'était naturellement attendu à ce que Steve ait des réserves par rapport à cette loi mais là, sa réaction avait presque été violente. Le dossier retomba sur la table, révélant le visage furieux du blond. Tony ne put rien faire, sinon déglutir, soudain intimidé.
« Steve… tenta-t-il.
- Comment est-ce que tu as pu me cacher qu'un truc pareil était en préparation, s'exclama l'autre en se redressant avec la vivacité d'un serpent. Tu as tout préparé en douce !
- J'ai juste préparé un filet de sécurité, pour nous deux ! répliqua un Tony tout aussi agressif.
- Oui, ironisa Rogers, c'est pour ça que tu t'es bien gardé de m'en parler ! »
Ne sachant pas quoi faire d'autre pour calmer ses nerfs, Steve reprit le dossier dans ses mains. « L.R.S » La Loi de Recensement des Super-Humains. Et il le jeta dans les airs, en direction du fils Stark. Les feuilles se répandirent dans les airs.
Comme autant de flocons.
« Steve ! s'écria Tony en voyant que le blond lui tournait le dos. Steve, ne fais pas ça ! »
Dans la situation actuelle, il savait que si son époux passait la porte, cela aurait des conséquences. Même la plus petite. Peut-être qu'il irait simplement passer un savon à Maria Hill. Peut-être qu'il se contenterait de faire un tour. Ou peut-être qu'il ne reviendrait pas. Tony connaissait assez son mari pour savoir que quoi qu'il fasse, cela prendrait une mauvaise tournure. Les mains hâles de l'ingénieur se refermèrent sur le bras massif du blond.
« S'il te plait ! »
Steve se dégagea brutalement de la poigne de l'ingénieur, et darda sur lui un regard glacé. Tony déglutit.
« Tu n'as pas idée des conséquences que ça va entraîner, » tenta le brun, la voix dure.
Parce que si Steve était têtu, Tony l'était tout autant que lui. Si jamais Steve faisait quelque chose que Tony n'estimait pas correct, il le lui ferait savoir. Tony était prêt à accepter cette loi et à la faire respecter. Parce qu'il s'était passé trop de choses, parce qu'il y avait trop à perdre. Steve se contenta de siffler de mécontentement.
« Contrairement à toi, si. J'ai une idée de la conséquence de mes actes. »
Thor avait tout suivi. Le débat après le message de Barton à Barnes, la mission de reconnaissance. L'arrivée des Puissants Vengeurs. Et il les avait vus. Stark. Pym. Un sentiment de haine plus puissant qu'aucun pouvoir, aucune arme s'était alors emparé de lui et il se surprit à vouloir les tuer, chacun d'entre eux, ces maudits scientifiques qui s'étaient servis de son ADN pour créer un monstre tueur. Ce sentiment avait été si fort que pendant un instant, il s'était moqué de ne plus être digne de ce marteau que lui seul pouvait porter. Pourtant, il n'avait pas bougé. D'un simple mouvement il aurait pu leur écraser la tête, mais il n'avait pas bougé. Rogers puis Barnes avaient respectivement annoncés et confirmé la trêve. Il n'avait pas bougé. Il avait discuté avec Castle, mais il s'était évertué à ne pas bouger. Car au moindre mouvement brusque, le fils d'Odin n'était pas certain de pouvoir répondre de ses actes. Il s'accrochait à l'idée qu'ils en avaient besoin pour s'échapper. Et s'il y avait une personne qui devait recevoir toute sa haine, il s'agissait bien de Loki.
Mais son esprit restait tourné vers les « Puissants » Vengeurs. Ses yeux avaient croisé ceux de Carol Danvers, Clint Barton et Natasha Romanoff, pendant que Barnes, Cage, Summers, Storm, Angel et Hercule s'amusaient à soigner les blessés dans un esprit de fraternité qui se voulait réaliste.
Le fils d'Odin ne savait plus où il en était. Il ne savait pas pourquoi tous ces héros étaient ici, en faisant semblant de s'apprécier. Il ne savait pas pourquoi tous s'accrochaient à l'idée qu'ils pouvaient de nouveau tous se prendre par la main et affronter le mal ensemble.
Car finalement, les évènements récents avaient prouvés que le mal, c'était eux. Eux et leur guerre idiote. Car Loki avait fait ce qu'il avait fait, mais si les héros ne s'étaient retournés les uns contre les autres à cause de cette stupide loi humaine, jamais ils ne seraient tombés aussi bas.
Thor Odinson ne savait plus qui haïr désormais. La porte s'ouvrit enfin, sur ceux qu'ils attendaient tant. Avec ce qu'ils voulaient un plan d'attaque, quelque chose à faire, quelque chose à frapper, pour déchaîner la fureur que tous contenaient. Cette haine latente qu'ils entretenaient les uns pour les autres, il fallait qu'ils la déchaînent contre l'ennemi commun. Pour ne pas s'entretuer ici.
Rogers et Richards prirent bien une heure pour leur expliquer le plan dans leur intégralité. Il était sophistiqué et détaillé, parce que chacun avait une chose précise à faire, mais pris dans son aspect général, il restait aussi simple qu'efficace. Un bon plan comme autrefois. Sam ne suivait qu'à moitié, après tout, il était là quand le plan avait été mis au point et il avait même participé à sa conception. Au lieu de ça, il observait silencieusement les autres. Certains étaient sceptiques, d'autres impressionnés, il y en avait qui étaient intimidés, d'autres récalcitrants, mais personne ne semblait réellement emballé. Certes, il y avait de quoi, mais un peu d'enthousiasme n'avait jamais fait de mal à personne. Et encore, ce n'était qu'au début. Plus ça allait, plus l'auditoire grimaçait. Le Faucon se demanda sincèrement comme ils allaient réagir à la toute fin du plan.
« Et quand ce sera fait, achevait Richards. Il faudra quelqu'un qui se tienne exactement au centre du périmètre, pour stabiliser les six générateurs de chaleur et empêcher leur énergie de dévaster la ville.
- Enfin ce qu'il en reste, » argua Spider-Man.
Difficile de lui donner tort. Même si personne n'avait l'air d'être humeur à rire à la moindre blague. Jimmy Kimmel pourrait venir ici assurer le show que cela ne leur ferait ni chaud ni froid. Et puis naturellement, la même question était sur toutes les lèvres. Qui allait se rendre en ce point fatal, absorber l'énergie débordante des générateurs de chaleur par le biais d'ils-ne-savaient quelle invention de . Parce que c'était un aller sans retour. Ils le voyaient de loin. Celui qui se rendrait ici le ferait pour écrire la fin de son histoire. Et ça apparaissait comme une fuite. Fuir la douleur, fuir leur échec, fuir la désolation qu'ils avaient semés. Alors que le fait qu'ils se retrouvaient tous, ici, dans ce parking, prouvait qu'ils tenaient suffisamment à leur vie de misère pour continuer de se battre avec des lambeaux. Ou alors, aucun d'entre eux n'était suffisamment héroïque pour accepter de mourir maintenant. Au-début, Carol Danvers s'était presque proposée d'office, car son pouvoir consistait tout de même à absorber les énergies. Mais quand Sue lui avait dit que même elle n'y survivrait pas, toute sa perspective avait changé.
« J'irais, » annonça alors Steve Rogers.
Toute l'assistance fut traversée par un hoquet de surprise mais étonnamment, Sam était sûr que s'il posait la question, personne ne pourrait dire qu'il était vraiment surpris. Ça allait être l'apanage de Tony ou de Steve. Tout le monde savait ce qu'ils traînaient derrière eux depuis le début de la guerre, poids qui s'était alourdi depuis qu'ils s'étaient tous retrouvés enfermés ici. D'ordinaire, c'était plutôt Tony qui jouait la carte du sacrifié. Mais Steve avait décidé de jouer avec lui sur ce coup-là. Un silence de mort était tombé dans le parking, mais Rogers s'était contenté de tourner les talons. Et tout le monde s'était dispersé.
Sam vit Barnes arriver à toutes jambes vers lui et sur le front du Soldat de l'Hiver, il put voir danser les mots « viens, allons l'empêcher de faire une connerie plus grosse que lui ». Les deux coéquipiers de Captain America s'élancèrent à la recherche du super-soldat mais manifestement, ils avaient été devancés. Par Tony Stark.
« Steve n'y vas pas ! »
Comprenant qu'ils allaient interrompre quelque chose, tous deux marquèrent un temps d'arrêt et reculèrent. Assez pour ne pas être vu, mais pour toujours entendre. Tony était aux bords des larmes. Et il était évident que la carapace de Steve allait aussi craquer. Ce n'était qu'une question de minutes. Face à Tony Stark, il n'y avait pas de Captain America. Juste Steve Rogers.
« S'il te plait ! » insista Tony.
Mais il savait comment ça allait finir. Il se souvenait l'avoir supplié de la même manière avant que tout cela ne commence. Il se souvenait aussi que Steve lui avait tourné le dos. Peut-être que c'était de sa faute, finalement. Peut-être que c'était lui qui ne faisait pas ce qu'il fallait, pour que Steve n'ait jamais envie de rester à ses côtés. Les mots de l'ingénieur restèrent coincés dans sa gorge. Il savait qu'il avait perdu. Il le savait depuis longtemps.
Et voilà pour cette deuxième partie désespérement courte mais j'espère qu'elle compense le côté un peu bourratif de la première. Allez, plus que l'épilogue et je vous laisserais tranquille avec ça. Naturellement avant ça, vous êtes invité à laisser avis/autre choses/recommandations, dans la case du bas ! Merci d'avance et à la semaine prochaine !
