Et voilà la suite et fin! ^_^
Emma roulait en direction du Rabbit Hole et malgré l'affection qu'elle avait pour tous les habitants de Storybrook, elle ne pouvait s'empêcher de râler contre le mauvais timing dont ils avait tous l'air d'être dotés. Elle ne comptait plus le nombre de fois où elle avait été interrompu de cette manière depuis qu'elle était shérif. Et si la plupart du temps, elle en riait avec sa compagne, elle avait bien senti qu'aujourd'hui avait été différent. Elle avait été prise d'un désir si violent à la vue de cette femme qui la fascinait tant, qu'elle l'avait voulu immédiatement. Malgré la distance évidente que la brune avait essayé d'instauré, malgré les plans qu'elle avait plus tard dans la soirée, elle n'avait pu s'abstenir de la réclamer. Rassurée par le fait que quelque soit la situation, sa reine ne pouvait pas lui résister.
Elle sentait encore le désir courir dans ses veines et faire frémir ses membres. Ça et le fait qu'elle était dans une situation dangereuse. Elle s'efforçait d'ignorer l'angoisse qui lui donner des crampes au plus profond de ses entrailles. Comme elle s'efforçait d'ignorer le masque de façade que Régina remettait en place ces derniers temps pour cacher ses émotions. Et par-dessus tout, elle s'efforçait d'ignorer le doute et l'inquiétude qui voilait les deux obsidiennes de sa compagne avant qu'elle n'affiche le dit masque.
La blonde réalisait que vouloir toujours plus, risquait de lui coûter ce qu'elle avait déjà. Mais était-ce suffisant ? Pouvait-elle se contenter de ça ? Peut-être, si ce n'avait été Régina...
Elle mît ses réflexions de côtés pour plus tard, étant déjà arrivée à destination. Elle gara sa fidèle coccinelle et en sortit hâtivement, bien décidée à régler le problème aussi vite que possible pour s'occuper de la suite. Un frisson d'excitation anticipée lui secoua l'échine qu'elle s'empressa de chasser de ses pensées pour se concentrer sur la situation.
En entrant dans le bar, elle jeta un coup d'œil à la ronde rapidement pour saisir l'ampleur du problème. Elle repéra sans difficulté le nain coutumier de sautes d'humeur dévastatrices, bien qu'aucunement comparable avec une certaine reine, se fit-elle la remarque en retenant un gloussement. Leroy avait, elle ne parvenait pas à savoir comment, réussi à atterrir debout sur le bar, brandissant un tabouret dans une main et une bouteille presque vide dans l'autre. Il semblait menacer de l'un ou l'autre le barman qu'il avait coincé entre le comptoir et le mur. La plupart des clients avaient sensiblement déserté les lieux, bien qu'il était encore trop tôt pour que l'établissement ait pu être vraiment plein. Les autres nains paraissaient impuissants, de l'autre côté du bar, à raisonner leur ami. Ne se sentant pas la patience de résoudre la situation de manière pacifique par le dialogue, elle s'approcha du comptoir à longues enjambées et avant même que Leroy ne puisse se rendre compte de sa présence, elle agrippa d'une main l'arrière de son col. Elle tira d'un coup sec et tendit l'autre main pour saisir le tabouret, empêchant l'objet de heurter quelqu'un, alors qu'elle regardait sans ciller l'homme ivre s'effondrer sur le sol et tomber inconscient. Le shérif reposa le tabouret sur ses pieds dans une atmosphère à présent si silencieuse, qu'elle faillit lever les yeux au ciel. Elle se dit en riant intérieurement que l'ancienne reine déteignait peut-être un peu sur elle. Ils la fixaient tous avec de grands yeux écarquillés, apparemment sidérés de la manière radicale et expéditive dont elle avait réglé ça.
« Vous m'aidez à le mettre dans la voiture pour que je l'embarque au poste ? »
Ils acquiescèrent tous d'un hochement de tête frénétique, clairement rendus muets par ses méthodes inhabituelles. Une fois, son colis imbibé chargé sur la banquette arrière de sa voiture, elle fila vers le commissariat. Son père sortit au son pétaradant du bolide jaune et l'aida à mettre Leroy en cellule de dégrisement. Le petit homme marmonna des paroles incompréhensibles, mais ne se réveilla pas.
« David, je dois filer, j'ai un truc important à faire. Je ne serais plus joignable pour la soirée. »
« Un problème, ma chérie ? »
« Non, tout va bien. Ne t'inquiète pas. Bonne soirée papa ! »
« Bonne soirée, Emma. » répondit David en souriant, ravi qu'elle l'appelle ainsi.
La blonde culpabilisa légèrement de se débarrasser de lui ainsi. Elle avait encore du mal à appeler ses parents « papa et maman », cela lui paraissait plus facile de les appeler par leur prénom. Mais elle les connaissait assez pour pouvoir les manipuler avec le rappel de leur filiation, tant ils étaient tous deux avides d'être reconnus comme tels. Décidément l'ancienne reine déteignait vraiment sur elle ! Elle rit toute seule en sortant du commissariat.
Elle remonta dans sa coccinelle et conduisit jusqu'au Granny's. Elle vérifia sa montre, pile à l'heure. Elle sourit en voyant Ruby sortir du restaurant et lui faire signe de se garer dans la ruelle qui donnait sur l'arrière de l'établissement. Elle suivit les indications et sauta du véhicule, telle une boule de nerfs.
« Em', est-ce que Régina est sortie de la mairie ? » questionna la louve en observant le coin de la rue.
« Oui, elle est rentrée à la maison plus tôt. Pourquoi ? » interrogea la blonde, brusquement tendue.
« Ho, elle est déjà rentrée ? J'ai dû me tromper alors. J'ai cru voir sa Mercedes passer, mais c'était sûrement une autre voiture noire. »
Le shérif fit quelques pas jusqu'à la route et examina les alentours avec minutie. Tout semblait en ordre. Pas l'ombre d'une Mercedes noire ou de sa propriétaire en vue. Elle expira longuement à peine consciente d'avoir retenu sa respiration. Cela devait s'arrêter ce soir, absolument ou ses nerfs allaient lâcher. Elle rejoignit son amie et se mit à ranger les affaires qu'elle lui passait, sur la banquette arrière. Une fois le nécessaire chargé, elle attrapa la tenue qu'elle avait minutieusement préparé à l'avance et déposé dans son coffre en prévision de la soirée. Elle lança un clin d'œil à la louve et s'engouffra à l'arrière du restaurant pour se changer. Quand elle revint, à peine franchie la porte donnant sur la ruelle qu'elle entendit un sifflement appréciateur, qui lui arracha un sourire ravi.
« Merde, Em' ! T'es canon là-dedans ! »
La blonde haussa un sourcil sous le ton presque surpris de son amie.
« Arrête ça, on dirait Régina, c'est flippant. » lança Ruby, taquine. « Ce que je veux dire, c'est que tu es une femme belle et sexy, mais que dans cette tenue, tu es vraiment époustouflante. »
« Merci, Rub'. » se contenta-t-elle de répondre.
Elle avait longtemps hésité avant de choisir sa tenue et il avait bien évidemment fallu qu'elle sorte de Storybrook pour faire ses achats. Jusqu'au dernier moment, elle avait arrêté son choix sur une magnifique robe de soirée rouge, moulante et décolletée. Et puis le jour où elle s'était décidée à l'acheter, elle avait dû faire un détour et s'était garée devant une autre vitrine. La boutique l'avait étrangement attirée et avant même de réaliser ce qu'elle faisait, elle était déjà à l'intérieur. Le vieil artisan l'avait examiné d'un œil expert sans un mot et après un moment, il avait disparu entre les rayons. Un instant plus tard, il lui fourrait un ensemble dans les mains et la poussait dans une cabine. Elle avait craqué et jeté son dévolu sur le tailleur pantalon Yves Saint-Laurent qu'il lui avait fait essayé. Elle avait été étonnée de se sentir aussi à l'aise dans ce genre de vêtements. Il lui avait proposé ensuite un bustier rouge qui mettait ostensiblement sa poitrine en valeur, contrastant avec l'ensemble noir. Bien que la coupe soit féminine, elle ne s'attendait pas à ce qu'un vêtement à l'origine si masculin lui aille aussi bien.
Aujourd'hui, elle avait relevé ses cheveux en une sorte de chignon négligé, laissant quelques mèches s'échapper devant afin d'encadrer son visage. Le tailleur atténuait la douceur de ses traits, contrastant avec le bustier et les escarpins qu'elle avait enfilé, faisant ressortir ses atouts féminins.
« On y va ? » demanda-t-elle se sentant presque inconfortable sous le regard appréciateur de son amie.
« Bonne idée, allons-y ! Avant qu'il ne me vienne d'autres idées moins sages ! » blagua la louve avec un sourire enjôleur.
Emma leva les yeux au ciel, mais ne put s'empêcher de sourire sous la taquinerie. Elle frissonna brusquement alors qu'elle s'apprêtait à monter en voiture, comme si une colonie de fourmis avait soudain déferlé en vagues sur sa peau. Elle se retourna vivement, mais la ruelle était déserte et la sensation disparut aussitôt. Elle haussa les épaules et rentra dans l'habitacle où Ruby l'attendait déjà. Il fallait qu'elle en finisse avec tout ça avant de devenir dingue.
Elle démarra, quitta la rue étroite et s'engagea sur la route sans voir l'air miroiter au coin du trottoir, avant qu'un nuage de fumée violette ne fasse disparaître la silhouette d'une brune très en colère.
Emma conduisit jusqu'à l'orée des bois et se gara près d'un espace dégagé. Aidée par Ruby, elle déballa toutes les affaires de la voiture et bientôt une table dressée pour deux se tînt au milieu de la clairière. La blonde observa la scène, fière d'elle et ravie du résultat. Elle se tourna vers son amie et la prit dans ses bras.
« C'est parfait, Rub' ! Merci infiniment ! »
« De rien, ma belle. Il se fait tard, tu devrais appeler Régina avant qu'elle ne s'inquiète. »
« Ce ne sera pas nécessaire, Miss Lucas ! » claqua une voix glaciale, les faisant sursauter toutes les deux.
« Oh merde ! »
La louve s'éloigna d'un bond du shérif et leva les mains en signe d'apaisement.
« Régina, ce n'est pas du tout ce que tu crois. » se hâta de vouloir préciser la serveuse.
« Vraiment ? Et qu'est-ce que je crois ? » demanda l'ancienne reine d'une voix basse et dangereuse en faisant un pas vers elle.
Emma s'interposa entre elles deux alors qu'elle voyait le regard noir briller d'une lueur violette. Elle agrippa le poignet fin, stoppant la main hâlée qui s'apprêtait sans aucun doute à faire naître une boule de feu. Elle plongea dans les yeux de la brune, sentant la colère sourde et implacable irradier du corps devant elle.
« Ruby, prends ma voiture et rentre chez toi. Les clés sont restées sur le contact. » ordonna-t-elle à son amie sans la regarder.
« Em', tu... »
« Miss Lucas, je... »
« Il suffit vous deux ! Rub', fais ce que je te dis, file ! » gronda le shérif sans tourner la tête. « Et toi, Régina, laisse-la partir s'il te plaît. » exigea-t-elle d'un ton proche de la supplique.
La maire brisa le contact et se détourna d'un mouvement brusque, semblant lui accorder sa requête. Elle hocha la tête en direction de la louve et lui fit un petit signe pour l'inciter à partir. Ruby hésita un instant et finit par accéder à sa demande, grimpant dans le petit bolide jaune pour retourner en ville.
« Régina, laisse-moi une chance de... »
« TU ME TROMPES ! » hurla l'ancienne reine la coupant avant même qu'elle ne puisse s'expliquer.
Ce n'était pas surprenant. Elle s'attendait à une telle réaction. Même si elle avait espéré qu'elle pourrait mener à terme tout ça sans incident, une part d'elle s'était préparée à cette confrontation.
« Je ne t'ai jamais été infidèle. » rétorqua-t-elle calmement avec honnêteté alors qu'elle voyait la douleur dans les yeux obsidiennes se battre avec la colère.
Mais elle savait pertinemment que l'une nourrissait l'autre chez la brune.
« Tu m'as menti ! »
Régina ne criait plus, mais le ton blessé rendit l'accusation véridique encore plus assassine.
« Je suis désolée. Je ne voulais pas te faire souffrir. »
La blonde savait que ces mots-là ne suffiraient pas. Elle espérait juste avoir la possibilité d'en dire d'autres.
« Tu savais pourtant que me mentir allait le faire. Alors pourquoi, Emma ? Qu'y a-t-il de si important qui vaille le risque de tout gâcher ?»
« Toi ! »
« Pardon ? »
Emma sentit la fissure dans le masque et s'y engouffra précipitamment. Elle parcourut la distance qui les séparait et emprisonna les mains hâlées entre les siennes.
« J'en ai marre de te voir porter ce masque de façade devant les autres. J'en ai marre de les entendre te dénigrer et de devoir les remettre à leur place parce qu'ils sont incapables de voir au-delà des apparences. J'en ai marre de... »
« J'ai saisi l'idée, Miss Swan. Tu en as marre de moi. » la coupa la maire en essayant de se dérober à son contact. « Toute cette mascarade n'était pas nécessaire. Je ne t'aurai pas arracher le cœur pour vouloir rompre avec moi. »
« Régina ! Bon sang ! » La blonde soupira en refermant sa prise sur ses mains. « Regarde-moi ! » commanda-t-elle d'un ton autoritaire.
Quand l'émeraude rencontra à nouveau l'obsidienne, elle l'embrassa avec une ferveur désespérée. Et même si le corps de la brune se figea comme une statue de glace, elle la sentit néanmoins finir par répondre à son baiser.
« Je ne cherche pas à te quitter. »
« Cela y ressemble pourtant. Tu me mens. Tu disparais. Tu rentres tard. Tu organises des rendez-vous secrets avec une autre femme. »
« C'est sûr que vu comme ça... » Emma fit une moue penaude.
« Tu ne peux pas tout avoir, Emma. Et je ne veux pas être ta « bonne action ». Je n'ai pas besoin de ta pitié. »
« Si ! »
« Pardon ? »
« Enfin non ! Haa bon sang, Régina. Tu ne me rends pas la tâche facile. »
« Ben voyons ! Tu veux peut-être que je te remercie du temps accordé et que je te laisse partir sans complication après ce que tu m'as fait subir ? Je mérite mieux que ça ! »
« Bien évidemment que tu mérites mieux. C'est ce que j'essaye de te dire. »
« Vraiment ? Cela n'a aucun sens. »
« Laisse-moi reprendre depuis le début. » supplia-t-elle désespérément.
Elle ne s'était pas imaginée que ce serait aussi dur d'avoir cette explication avec sa compagne. Enfin, ce serait tout de même moins difficile que d'essayer de s'expliquer en évitant des boules de feu ou tout autre sorts lancé par l'ancienne reine.
« La partie où tu m'as menti ? » répliqua la brune avec virulence.
« Je voulais te faire une surprise. »
Acceptation silencieuse.
« Tu disparaissais sans raison. »
« Je faisais les préparatifs de la surprise. »
Une moue dubitative.
« Tu rentrais à des heures indues. »
« J'ai du quitter la ville pour les préparatifs. »
Un plissement d'yeux suspicieux.
« Tu organises... »
« Le rendez-vous était pour toi ! » l'interrompit-elle doucement. « J'ai demandé de l'aide à ma meilleure amie pour organiser un rendez-vous romantique avec la femme que j'aime. »
« Je... »
La blonde posa un doigt sur les lèvres pulpeuses l'empêchant de parler.
« Tu es juste arrivée un peu trop tôt et avant même que je ne t'envoie l'invitation. »
Gentiment, elle la tira par la main jusqu'à la table. Elle la lâcha et ouvrit le grand sac qui attendait par terre. Elle sortit une bouteille et un tire-bouchon, l'ouvrit et la posa sur la table en annonçant.
« Tout d'abord, le vin préféré de sa Majesté. »
Elle attrapa ensuite les deux assiettes recouvertes d'une cloche et les disposa également sur la table avant de les découvrir.
« Ensuite l'entrée : gaspacho andalou, tartare de langoustines au basilic. »
Un silence insoutenable.
« Tu n'as pas pu préparer cela, même avec l'aide de Ruby. »
« En effet, le repas a été préparé par Granny. » expliqua la blonde avec un sourire affectueux devant l'expression prudente, mais intéressée de Régina.
« Qu'y a-t-il ensuite ? »
La curiosité timide l'attendrit encore plus, si c'était possible. Il était inutile de vouloir encore garder le mystère. Surtout à propos du menu.
« Des lasagnes froides au saumon fumé et avocat, puis une tarte tatin en dessert. »
« Cela a l'air délicieux. Mais pourquoi au milieu de nul part ? Et pourquoi toutes ces cachotteries ? Tu aurais pu me dire que tu préparais une soirée romantique à la maison, je t'aurais laissé faire sans poser de questions. »
« Tu ne vas pas lâcher le morceau avant de tout savoir, n'est-ce pas ? »
« Je ne pense pas qu'un pique-nique dans les bois, aussi romantique qu'il puisse paraître, méritait ta façon d'agir et ce que tu m'as fait ressentir. »
Emma souffla, résignée. Elle avait vraiment espéré faire cela correctement, mais elle aurait dû se douter que sa compagne ne se laisserait pas si facilement amadouée. Elle était déjà chanceuse d'avoir pu tenir une conversation assez longtemps pour lui expliquer à quoi rimait toute cette situation. Plissant les yeux, elle se mordit la lèvre avant de demander d'un ton séducteur.
« Peux-tu m'accorder au moins une faveur avant ? »
« Avant quoi ? »
« Avant de te dévoiler la cause de tout ceci. »
« Expose ta requête, nous verrons ensuite. » répliqua la brune en croisant les bras, méfiante.
« Peux-tu changer de tenue pour quelque chose de plus en accord avec l'occasion ? »
« Mon tailleur ne te plaît pas ? » interrogea la maire, d'un ton dur et soupçonneux.
« Bien sûr que si. Tu es la femme la plus belle que je connaisse et tu es superbe dans n'importe quelle tenue. J'aimerais juste que... J'ai fait un effort, tu vois... Alors... »
La blonde ne savait pas vraiment comment justifier sa demande, mais elle souhaitait juste pouvoir se souvenir de sa compagne dans une autre tenue que les vêtements qu'elle mettait pour travailler à la mairie, pour ce moment précis. Elle sentit le regard obsidienne parcourir son corps et s'embraser en détaillant chaque centimètre. Une vague de chaleur la fit frémir alors que les yeux noirs d'un désir brûlant remontaient se planter dans les siens. Un mouvement de la main, un nuage de fumée violette et la peau hâlée se retrouva revêtue, ou plutôt dévêtue, d'une longue robe noire moulante. Les manches, des poignets jusqu'aux épaules se composaient d'une dentelle noire transparente, tout comme un large bandeau dévoilant une taille fine et séduisante. Emma sentit son souffle se couper et son cœur rater un battement. Comme elle disait, la plus belle femme qu'elle connaissait...
L'ancienne reine eut un sourire narquois sous la vénération visible dans le regard émeraude et se contenta de garder le silence, le maintien de sa silhouette dans une évidente attitude royale.
« Mer... Merci... » bafouilla la blonde.
Elle s'éclaircit la gorge et essaya de reprendre contenance. C'était au-delà de ses rêves. Malgré leur précédente altercation, qui avait failli faire tomber à l'eau ses projets, ceci était mieux que ce qu'elle avait planifié. Mais ce n'était pas encore terminé, et pour réussir à obtenir ce qu'elle voulait, il fallait que les mots sortent correctement de sa bouche.
Elle mit une main dans sa poche, fit un pas en avant pour finalement tomber à genoux devant la femme qu'elle aimait plus que tout.
« Régina Mills, tu es la femme la plus incroyable que je connaisse et je veux que toute le monde le sache. Mais surtout je veux que tout le monde sache que tu n'es pas disponible et que tu as trouvé ta fin heureuse, parce que tu mérites d'être heureuse et je souhaite par-dessus tout être celle qui te rend heureuse chaque jour de ta vie. »
Emma inspira le souffle court d'avoir parlé d'une traite, oubliant presque de respirer. Elle sortit la petite boîte qu'elle tenait au creux de sa main et l'ouvrit avant de la présenter à la déesse qui lui faisait face. Elle plongea dans les obsidiennes noircies par un déluge d'émotions, le désir se battant avec la joie et la surprise.
« Ma Reine, me feriez-vous l'honneur de devenir ma femme ? »
Le silence semblait assourdissant et Emma sentit une légère panique l'envahir.
« Régina ? »
Un regard incrédule.
« Veux-tu m'épouser ? »
Une longue inspiration. Une expiration tremblante.
« Oui ? »
« Oui ? »
« Oui ! Emma, oui ! »
La brune se jeta dans ses bras avant même qu'elle ait fini de se relever et elles manquèrent tomber alors qu'elles s'embrassaient fiévreusement. Régina finit par se reculer pour les laisser respirer et la blonde en profita pour lui enfiler la bague au doigt. L'ancienne reine admira le bijou quelques secondes, puis avec un sourire séducteur et leva la main, faisant disparaître toutes traces du pique-nique improvisé. Emma ouvrit la bouche, choquée, mais un nouveau mouvement de main l'empêcha de parler alors qu'un nuage de fumée violette les transportait dans leur chambre à coucher.
« Il faudra beaucoup plus que des langoustines et du saumon fumé pour te faire pardonner, très chère. »
Elle sourit d'un air qu'elle savait complètement idiot, mais cela n'avait aucune importance, parce qu'elle avait obtenu ce qu'elle désirait le plus au monde.
Fin
