Tout d'abord, merci aux revieweuses. Alors, on reste en Eden avec un point de vue différent sur la même journée. La prochaine fois, ce sera en Inferno au moment où Arthur se réveille dans les bras de Francis. Bonne lecture !

Au paradis,

Le cuisinier est français
Le policier est anglais
L'ingénieur est allemand
Le banquier est suisse
Et l'amoureux est italien

Au paradis (dans cette fanfiction),

Le pompier est américain

Le vétérinaire est grec

Le journaliste est russe

L'agriculteur est espagnol

(Mais le Maire est un Romain Antique).

A la fin de la chanson, Ludwig Beilschmidt entama sa journée en Eden avec sérénité. Pour une fois, il s'était réveillé dans un lit et non, au milieu du trajet entre le commissariat et son chez lui.

Son démon de nuit qui aimait pourtant la ponctualité ne se souciait pas de son confort personnel mais plutôt de délivrer presque tous les individus d'Inferno avant qu'ils ne redeviennent des personnes d'Eden. Eden, Inferno, tout lui revint.

A contrecœur, il se leva très rapidement pour se préparer à sa journée d'ingénieur.

Avec l'efficacité qu'on lui connaissait, il se retrouva à son poste dès huit heures et demie pétante. Le seul lycée de la ville l'appela immédiatement, il eut donc son frère au téléphone.

« Salut, frangin ! Désolé de te déranger avec mon awesome moi…

- Viens-en au fait.

- J'ai l'impression que les démons ont encore traficoté la chaudière de l'établissement. Je n'y connais rien à tout ceci, c'est ton boulot.

- J'arrive, je serais là dans vingt minutes.

- Et pas une de moins. »

Ludwig passa donc une bonne partie de la matinée à réparer la chaudière que son homologue de nuit avait soi-disant amélioré. Si un jour, il pouvait coincer se saligouin, il ne se gênerait pas pour mettre un terme à sa redoutable existence. Il avait failli faire sauter tout l'établissement scolaire.

En revenant à sa voiture, il croisa le pompier qui courrait après un chat perdu. Il y en avait dont il ne comprenait pas très bien la fonction dans Eden. Il était mauvaise langue. Quand il y avait un feu, Monsieur Jones était le premier à s'élancer dans les flammes pour sauver la situation.

Quand il revint à son bureau, un Italien bien connu de lui-même l'y attendait pour la pause déjeuner.

« Une demi-heure, pas plus, après je reprends le travail.

- Mais, je t'apporte à manger, c'est comme ceci que tu me remercies…

- Je suis désolé, Feliciano, je suis un peu sur les nerfs à cause de mon remplaçant de nuit. Il fait mal son travail…

- C'est pareil pour tout le monde, lui signifia l'italien avec un clin d'œil. Je préfère ne pas savoir ce que fait le mien…

- Ce n'est pourtant pas difficile de roucouler toute la journée. »

Feliciano eut un petit sourire avant d'aller embrasser Ludwig.

« Tu sais très bien qu'il n'y a qu'un seul homme dans mon cœur. Mon rôle, c'est de faire rêver les gens, être un hôte de marque n'est pas de tout repos surtout que j'ai toute la boutique d'élixir à gérer. D'ailleurs, à ce propos, j'ai un nouveau produit à faire breveter. Est-ce que tu pourrais le faire passer en douce ?

- Il faut que tu envoies un échantillon à Kiku Honda pour qu'il fasse des analyses. Il ne manquerait plus que tu empoisonnes quelqu'un.

- Est-ce qu'il peut le faire discrètement ? Sans en avertir le Maire…

- C'est encore cette histoire de contrebande ! Feliciano, je ne sais pas où tu veux en venir à ainsi défier l'autorité de ton grand-père mais tu vas finir par te faire arrêter. Ainsi que moi et Kiku…

- Oh, c'est très important, Ludwig. Je t'ai déjà expliqué pourquoi je me battais contre lui, tu sais tout en journée.

- A chaque fois, tu me fais tout oublier avant le début de la nuit. Et je ne sais pas comment tu fais chaque matin pour me faire souvenir dans quel cauchemar nous vivons. Je ne te connaissais pas aussi combattif auparavant.

- Je ne peux pas laisser faire…

- Je sais très bien, Italia.

- Ça fait du bien d'entendre le nom de mon pays, je me demande ce qu'il est devenu.

- Bon, c'est d'accord. Si Kiku n'y trouve aucun inconvénient, je te le ferais breveter. En passant par des voies administratives, tout ceci remontera forcément au maire.

- Ne t'inquiète pas pour ça. Et moins tu en sauras, mieux ce sera. Je suis obligé de passer par toi…

- Tu ne veux pas que mon démon policier soit au courant car il pourrait t'arrêter.

- Il me surveille déjà sans savoir pourquoi. Inconsciemment, il se doute de ce qu'il se prépare.

- Alors, ne m'en dis pas plus. »

Ils passèrent le déjeuner ensemble en parlant de sujets plus légers comme le travail officiel de Feliciano ou comme les dernières rumeurs sur le couple franco-anglais.

Durant l'après-midi, Ludwig fit des contrôles de routine sur les éléments fonctionnels de la ville en remerciant le ciel que son homologue de nuit n'y avait pas touché.

Il put ensuite passer à la banque où l'attendait de pied ferme un suisse très remonté.

« Je m'en suis aperçu en ouvrant un coffre pour madame Arlovskaya, les systèmes de sécurité ont été désactivés. Et pourtant, il ne manque rien !

- Votre banque allait sûrement être cambriolée prochainement, commenta Ludwig.

- Ces imbéciles de gérant de nuit se font toujours avoir comme des buses. Ils ont demandé à l'ingénieur de passer. Et quand on sait à quel point il veut mettre la main sur un certain document dans l'un des coffres, on ne devrait pas lui faire confiance.

- On ne devrait pas lui faire confiance du tout.

- Quel idée de se marier sans l'aval de ses démons de nuit ! Non, mais franchement… Je ne sais plus à combien de tentatives ils en sont la nuit pour mettre la main sur leur contrat.

- L'ingénieur est français ?

- Anglais ou français, je m'en fiche. C'est l'un des deux. Ou les deux, allez savoir ! Ils m'énervent. Et en plus, de jour, ils ne passent jamais pour régulariser leur compte. C'est pourtant très important.

- Je m'en doute bien. Et voilà, c'est réparé. Le circuit électrique d'alimentation de vos serrures électroniques avaient été coupé.

- Et pourquoi n'avait-il pas coupé aussi la grande porte de sécurité ?

- Il est très mauvais dans ce métier… »

Il discuta un moment avec le suisse sur un peu tout puis celui-ci lui proposa de faire un bilan de ses comptes.

« Ah, pourquoi pas ?

- Alors, vous êtes en règle de jour comme de nuit ce qui est extrêmement rare. Vous n'achetez pas de produits italiens.

- En quoi est-ce important ?

- En rien. Oubliez ça… Vous ne passez jamais au restaurant, c'est pourtant très bon là-bas. Vous devez être l'un de mes rares clients à ne pas se précipiter chez le français. Ah, vous êtes quand même allé chez le vétérinaire. »

Ludwig avait du mal à comprendre l'intérêt de passer au peigne fin ses dépenses.

« Monsieur Karpusi vous a-t-il remis quelque chose ?

- Seulement mon chat en bon état.

- Pas de facture ?

- J'ai payé avec ma carte bancaire et j'ai un ticket.

- Oh, vous êtes passé récemment au centre de soins. Rien de grave ?

- J'avais mal à la tête, c'est tout. J'ai pris une journée de repos.

- Très bien. Tout est normal, vous n'avez pas à vous inquiéter. N'hésitez pas à revenir faire un bilan complet de temps à autre.

- On dirait un médecin…

- La santé de vos comptes m'importe énormément. Si vous saviez toutes les folies que certains démons se permettent sur le dos de leurs anges, vous seriez épouvanté. Vous avez énormément de chance. Chaque matin, je suis obligé de rattraper toutes les bourdes de ces crétins de banquiers de nuit. Et mon compte personnel n'est pas dans le meilleur des états avec toutes les contraventions que je dois régler pour racolage…

- Racolage, s'étonna Ludwig.

- Je passe toutes mes nuits au poste pour racolage et harcèlement. A croire que le policier de nuit m'a dans le collimateur. »

Ludwig ria bêtement avant de prendre congé du banquier.

Il retourna chez lui où l'attendait de pied ferme Feliciano pour lui faire oublier certains détails de sa journée. Ils prenaient toujours le temps pour que Ludwig lui dise tout pour ainsi effacer ce qu'il ne devait pas savoir.

« J'aimerais bien que tu ne passes pas à la banque cette nuit mais je ne pourrais pas t'en dissuader, soupira Feliciano. Tu dois couvrir toute la ville à toi tout seul.

- Le seul moyen de m'occuper ailleurs est de créer un incident, tu le sais très bien.

- J'y réfléchirai. Bonne nuit, mon amour.

- Bonne nuit, Feliciano… Continue à te battre pour nous ! »

Feliciano mit en place le système d'hypnose pour l'endormir profondément.