Mot de l'auteur : Il est tard. Je n'avais pas de meilleure idée. Soyez doux avec moi.. :D
Disclaimer : Pas à moi, les cocos. J'aimerai bien, il y aurait bien plus de fanservice.
Warning : Toujours pluie/tempête, même si ça se voit pas encore.

"L'espace d'une vie est le même, qu'on le passe en chantant ou en pleurant."


BAM, BAM, BAM, BAMBAMBAM.

Pour un peu, ça l'aurait mis en rogne. Pour un peu ce bruit répétitif et profondément insupportable lui aurait cassé assez les pieds pour qu'il réagisse. Pour un peu, son voisin n'aurait déjà plus de mains, plus de tête, et plus d'appartement, et comme ça il n'aurait plus aucun moyen de faire du bruit.

Trois heures du matin et l'italien n'arrivait pas à fermer l'œil à cause de ce son hideux qui lui emplissait la tête, qu'il ne pouvait faire mine d'ignorer, et qu'il ne pouvait tout simplement pas oublier. Les sons répétitifs avaient la fâcheuse tendance à se faire entendre bien plus que les autres bruits, et pouvaient vite vous rendre totalement fous. Lui ne désirait aucunement devenir dingue, mais commettre un meurtre en pleine nuit juste pour avoir la paix ne lui semblait pas non plus la meilleure solution. En fait, si, mais il savait qu'il ne fallait pas le faire, ne serait-ce que pour ne pas causer d'ennuis inutiles à Tsuna.

Pourtant dieu, que c'était chiant.

« Tu comptes réagir ? »

Cette voix.

« Qu'est-ce que tu fous là ? »

Dans le noir complet de la nuit, impossible de discerner la personne qui venait de parler, mais l'italien n'avait pas besoin de ses yeux pour reconnaître cette intonation vaguement désenchantée et particulièrement hautaine. Insupportable même. Sa réponse à la question lui paraissait donc parfaitement appropriée.

« Rien de particulier. Pour tout t'avouer, je m'ennuyais. »

Il n'en fallut pas plus à l'adolescent aux cheveux argentés pour bondir hors de la protection doucereuse de son lit et se précipiter sur l'interrupteur afin de dévoiler à la lumière l'être auquel il s'adressait, parce qu'il ne supportait pas de parler à une entité prétentieuse qui n'avait même pas le cran de se montrer. Lorsque l'ampoule éclaira brutalement la pièce d'un éclat blanchâtre, l'autre homme lui apparût. Translucide. Avec cette aura rouge qui flottait autour de lui. Non attendez, ce n'était pas réellement rouge. Ca ressemblait plutôt à une sorte de teinte rose. Et il le fixait. Debout contre le mur, adossé comme s'il était chez lui et qu'il était le maître absolu du monde, cet italien au visage à demi recouvert de ces symboles tatoués étranges le fixait. Il lui en fallait moins que ça pour se mettre sur la défensive et montrer les crocs, malgré son pyjama rouge ridicule.

« Qu'est-ce que tu fous là, et m'oblige pas à répéter encore une fois !

- Je m'ennuyais.

- ARRETE DE MENTIR !

- Arrête de hurler, tu es fatiguant.

- Réponds à ma question et ne mens pas !

- On m'a confié la mission de te surveiller, maintenant que tu es digne de ton rôle en tant que gardien de la Tempête de la famille Vongola. Je ne suis pas vraiment emballé, pour être honnête, mais si c'est mon devoir…

- Me surveiller ? Pourquoi il faudrait qu'on me surveille ? Et pourquoi toi en particulier ?

- Je pense que je suis le plus apte à savoir si ce que tu fais est bien ou pas.

- Et moi je pense que je suis largement assez apte maintenant pour décider moi-même. J'ai compris la leçon !

- Vraiment ? Toi ? Comprendre une leçon ? Ne me raconte pas de foutaises. T'es totalement borné et cinquante personnes auraient beau te répéter la même chose que tu n'enregistrerais que dalle.

- Espèce de..!

- Excuse-moi, je m'emporte un peu. C'est que j'ai du mal à supporter la stupidité.

- ! »

Un rêve. Ca devait être un rêve. Un espèce de cauchemar où un type à la classe folle et aux cheveux roses se permettait de lui parler comme lui parlait à Yamamoto et qui pensait sincèrement qu'il allait s'en sortir comme ça… Et qui allait s'en sortir comme ça d'ailleurs, parce que l'italien ne pouvait strictement rien lui faire. Il ne pouvait pas supporter ce type. Même extenué, se savoir surveillé par un fantôme ne lui plaisait pas. Encore moins le fantôme de ce prétentieux.

« Gokudera.

- QUOI ?

- J'ai aussi une nouvelle à t'annoncer.

- Une nouvelle ?

- Oui. Une nouvelle qui ne va pas te plaire du tout.

- … Laquelle ?…

- Tu es indigne d'être le bras droit de Decimo.

- … QUOI ?

- Tu m'as bien entendu. Tu n'es qu'un déchet, inutile, un vrai boulet. Tu n'es qu'un danger de plus et un poids sur les épaules de ton parrain. Tu ne lui es d'aucune utilité. Tous tes efforts resteront vain, pour toujours, car tu n'es qu'un raté.

- Je ne…

- INDIGNE.

- ?

- I N D I I I I I G N E E E E E E E... »

G avait une drôle de tête d'un coup, elle avait même triplé de volume, et il criait sur l'adolescent en s'approchant de lui, approchant son énorme bouche de lui comme s'il voulait le dévorer vivant, et Gokudera ne pouvait s'enfuir, parce que derrière lui, il y avait le vide, un grand vide qui menaçait aussi de l'avaler s'il faisait le moindre pas de travers.

Quand il ouvrit les yeux, il remercia le ciel que ça n'ait été qu'un stupide cauchemar. Désagréable sensation que de se réveiller d'un cauchemar, le cœur encore un peu trop rapide, l'impression de s'en être sorti de justesse, et que quelque part on risquait encore de subir ce que l'on avait vécu dans le cauchemar. Un coup d'œil par la fenêtre, il faisait un temps de merde. Un coup d'œil au réveil, il avait quatre minutes de retard sur son planning. Levé en panique, l'italien se précipita vers la cuisine pour retrouver son dernier paquet de cigarettes, et il poussa un hurlement en apercevant un grand homme à l'aura rougeoyante adossé à son mur. Cri qui fit froncer les sourcils de surprise à ce dernier.

« … Quoi ?

- DEGAGE DE CHEZ MOI !

- … Bonjour à toi aussi, gamin. »

Le gamin en question grogna mais n'avait pas de temps à perdre, et il ne lui fallut que quelques minutes pour rejoindre la rue et courir à la vitesse de la lumière jusqu'à la maison de Tsuna, la pluie lui fouettant le visage.

Et cette nuit, là… Où était la réalité ? Quand avait commencé le cauchemar ? Il ne voulait plus y penser. La journée avait décidément vraiment mal commencé.