Deux octobre: Médusa (200 mots)

La fenêtre est ouverte, et une bourrasque secoue les rideaux de soie. Et Drago attend. À minuit, il osera.

Promis. À minuit.

Et le temps passe, et le tic-tac de l'horloge se répète inlassablement. Drago voudrait le stopper, mais il est déjà trop tard.

Les douze coups résonnent gravement dans la chambre. L'adolescent frissonne, et ses cheveux si clairs semblent blancs dans la lueur de la lune croissante. Ou alors c'est qu'on a retiré toutes les couleurs du monde.

Il est minuit.

Et il ose. Ses doigts tremblent quand il attrape la manche de son pyjama. Et il gémit de douleur quand il tire le tissu d'un coup sec.

Sous la lueur enchanteresse de la lune, il observe avec effroi le crâne grimaçant qui se découpe sur sa peau trop pâle. Et ce serpent aussi sombre que la nuit, et qui le tourmente sans pitié, il semble l'observer.

Pétrifié par une étrange fièvre glacée, Drago fixe l'immonde dessin noir qui détruit sa chair.

Et il croit entendre un rire, qui se pert dans le lointain quand le vent se met à souffler plus fort.

Sous sa peau blanche, elle s'est gravée. Sous sa peau blanche et écorchée, Médusa s'est glissée.

A demain !